dimanche 5 février 2017

Lange & Söhne: Richard Lange Pour le Mérite en or gris (2016)

Je dois l'avouer, je fus très surpris de découvrir une nouvelle version, en or gris, de la Richard Lange Pour le Mérite à la fin de l'année 2016. Je ne m'y attendais pas du tout car je considérais les versions en platine et en or rose présentées en 2009 comme définitives. Cependant, je n'allais pas bouder mon plaisir car j'ai toujours considéré la Richard Lange Pour le Mérite comme la montre à trois aiguilles la plus aboutie en provenance d'une grande marque de haute horlogerie.

La ligne Richard Lange est celle dédiée à la chronométrie au sein du catalogue Lange. La Richard Lange Pour le Mérite se caractérise par la présence d'un mécanisme à chaîne&fusée qui assure une stabilité du comportement du mouvement tout le long de la réserve de marche (36 heures). C'est la raison pour laquelle elle porte la dénomination de "Pour le Mérite" qui caractérise les montres Lange & Söhne à chaîne&fusée. Elle est d'ailleurs la seule à ce jour en provenance de la manufacture saxonne à posséder ce mécanisme sans qu'il soit accompagné par un tourbillon et cette spécificité explique une grande partie de son charme. Car quand on l'observe côté cadran, rien ne semble la distinguer d'une simple montre 3 aiguilles à petite seconde à 6 heures... tout du moins dans la façon dont le cadran est organisé.


Les deux versions de 2009 possèdent en effet une caractéristique esthétique qui leur permettent d'occuper une place à part dans l'histoire du catalogue contemporain de Lange & Söhne: elles furent les premières, depuis la Langematik Anniversary à proposer un cadran en émail. Ce cadran était plus complexe à réaliser que celui de la Langematik car composé de 3 couches. Elément fondamental de la Richard Lange Pour le Mérite au même titre que son mouvement particulier, il disparaît étrangement de la version en or gris de 2016. "Etrangement" n'est peut-être pas l'adverbe approprié car une raison simple explique le remplacement du cadran en émail par un cadran noir en argent massif. La montre de 2016 est commercialisée, dans le contexte d'une série limitée de 218 exemplaires (correspondant au nombre de points de vente), à un prix quasi identique que celui de la version en or rose de 2009 (82.000 euros vs 82.400 euros 7 années plus tôt) ce qui constitue, compte tenu de l'inflation horlogère, à une baisse significative en euros constants.


En un sens, c'est un point positif. Lange & Söhne tient compte du contexte du marché et ajuste ses prix. Mais était-ce pertinent de procéder ainsi dans ce segment de prix extrêmement élevé? Après tout, la clientèle d'une montre de collectionneurs, de connaisseurs (on parle d'une montre à 3 aiguilles à plus de 80.000 euros!), est moins sensible (voire réfractaire) à ce type d'argument et se focalise avant tout sur le contenu horloger et sur la notion de valeur intrinsèque du produit. Et que dire aux collectionneurs qui ont acheté la Richard Lange Pour le Mérite en 2009 et qui apprennent 8 ans plus tard que 218 exemplaires supplémentaires de cette montre vont être produits? Pas simple à expliquer alors que la rareté et l'exclusivité du mouvement étaient des critères fondamentaux d'achat des versions d'origine. Il y a donc, selon moi, une certaine ambiguïté derrière la présentation de cette montre en 2016 et j'ai la conviction que les propriétaires des versions platine ou or rose auraient préféré qu'elle ne sortît jamais.

Si je mets de côté ce contexte et me focalise sur les qualités propres de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris, elle apparaît de façon incontestable comme une très belle montre. Sa grande force demeure le superbe mouvement L044.1 d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 36 heures. Au-delà de la qualité de ses finitions et de son architecture mettant en valeur le mécanisme de chaîne&fusée, il surprend par la finesse des 636 maillons de la chaîne. Le comportement de cette dernière est donc extrêmement fluide ce qui n'est pas le cas de toutes les montres à chaîne&fusée que j'ai pu voir. Le balancier est équipé d'un spiral maison et les ouvertures sur la platine 3/4 sont réalisées avec soin.


Le cadran noir de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris est en argent massif comme précisé précédemment. Il est inutile de le nier: il n'a ni le charme ni l'impact visuel du cadran en émail des versions d'origine. Il n'en demeure pas moins séduisant et conserve, fort heureusement, les 3 niveaux apportant une petite touche de relief. J'apprécie les petites touches de rouge sur les chiffres des quarts qui empêchent le cadran de tomber dans une trop grande austérité. Mais l'ensemble reste visuellement très sobre.

Son boîtier est un modèle d'équilibre: avec un diamètre de 40,5mm et une épaisseur de 10,5mm, il offre des proportions harmonieuses. Je trouve cette taille idéale pour ce type de montre qui doit à la fois proposer une certaine élégance et aussi une belle présence au poignet compte tenu de la spécificité du mouvement. La couleur dominante du cadran réduit la perception de la taille et donne l'impression que cette version est légèrement plus petite que les versions d'origine. La montre apparaît aussi comme étant moins chaleureuse, affichant une rigueur toute germanique.


Heureusement, toute la magie du mouvement L044.1 est conservée et le plaisir de remonter ce mouvement, d'observer le comportement de la chaîne et de profiter d'une montre rare en toute discrétion font de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris une pièce exceptionnelle. Et même si son tarif est élevé, elle est la seule à pouvoir offrir le mécanisme à chaîne&fusée chez Lange&Söhne à un prix inférieur à 100.000 euros. Alors, la présentation de cette montre est finalement une bonne nouvelle... pour les collectionneurs qui n'avaient pas pu se positionner sur les versions en or rose ou en platine. L'insatisfaction des uns fait le bonheur des autres...

Merci à la boutique Lange&Söhne de Paris.

Les plus:
+ les spécificités et finitions du mouvement L044.1
+ la finesse et la fluidité de la chaîne
+ une présentation sobre et élégante
+ la présence au poignet

Les moins:
- le cadran n'a ni le charme ni l'impact visuel du cadran en émail
- une sortie surprenante et plutôt difficile à expliquer aux collectionneurs qui se sont positionnés sur les versions d'origine de 2009

dimanche 18 décembre 2016

Emile Chouriet: Ice Cliff

Il est étonnant de constater que le thème de la montagne, qui fait pourtant partie intégrante de la culture suisse, est rarement abordé par les marques horlogères. Certes, ici et là, des montres sont associées aux équipes de secours en montagne et d'autres ont accompagné des alpinistes dans leurs exploits. Mais très peu ont utilisé le potentiel esthétique lié aux massifs et pics qui définissent le paysage typique de carte postale de la Suisse. Le paradoxe est que c'est une jeune marque genevoise, Emile Chouriet, fondée en 1998, qui parvient à proposer une montre convaincante et réussie inspirée par la conquête des Alpes Suisses. Comme quoi, il n'est pas nécessaire d'habiter dans les hauteurs pour ressentir l'ivresse des sommets! L'observation des chaînes de montagne qui entourent le lac peut suffire à donner l'étincelle créatrice!


La grande force de l'Ice Cliff est de posséder sa propre identité et d'être reconnaissable au premier coup d'oeil ce qui n'est jamais chose aisée dans le paysage horloger actuel. Cette caractéristique appréciable est due au cadran qui mélange avec bonheur force et délicatesse. Son originalité provient du large rehaut anthracite qui plonge sur le cadran par le biais d'avancées qui évoquent des pics escarpés. De fait, il contribue à donner un spectaculaire effet de relief ainsi que du caractère. Ces pointes sont agressives, aiguisées et la façon avec laquelle elles progressent sur le cadran apporte une dose d'énergie et de force. Mais il y a une deuxième façon de les considérer et c'est toute la magie de ce cadran. Si j'oublie le rehaut et me concentre sur la partie centrale argentée, je me rends compte que la forme ainsi dessinée par les pointes évoque un flocon de neige. La montre oscille donc en permanence entre cette vision pleine de fragilité et de délicatesse et la puissance du rehaut ce qui en fait une grande partie de son intérêt.

La minuterie est discrètement positionnée sur le rehaut mais elle laisse le premier rôle aux index des heures qui utilisent généreusement les espaces crées par les pointes. Quatre de ces espaces sont occupés par des chiffres romains en relief et par le guichet de date. S'ils sont joliment exécutés, ce sont bien les huit autres espaces qui sont les plus intéressants à observer. Les index des heures de ces espaces sont composés de longs bâtons luminescents apposés sur des sommets teintés de jaune qui renforcent l'atmosphère alpine de la montre. 


L'ensemble est visuellement surprenant et selon l'humeur du moment, je peux trouver ce cadran très masculin mais également plutôt précieux et délicat. Dans ce contexte, la typographie particulière du nom de la marque se fond aisément sur le cadran ce qui n'était pas simple de prime abord: les caractères gothiques font rarement bon ménage sur les cadrans. Le guichet de date s'insère lui aussi efficacement même s'il est positionné un peu trop proche du centre. Cependant, cela ne se ressent pas compte tenu du rehaut et de la présence d'une esquisse du III romain à ses côtés. Enfin, les aiguilles principales, elles aussi inhabituelles, reprennent le motif des index des heures avec un long trait noir positionné sur une zone luminescente. Elles indiquent ainsi le temps avec cohérence et en harmonie avec les index.

Si le cadran est l'élément différenciant de l'Ice Cliff, le boîtier n'en demeure pas moins intéressant. Il n'est certes pas aussi original mais son design est abouti. J'y vois une légère inspiration "Genta-esque" avec la base de sa lunette à pans et le protège-couronne proéminent. Cependant, à aucun moment, il ne tombe dans la caricature et surtout il complète idéalement le cadran compte tenu de son approche discrète et sobre. Son diamètre de 40mm est adapté du fait de l'atmosphère de l'Ice Cliff. Je ne pouvais pas imaginer une montre évoquant les sommets avec un diamètre ridicule mais sa taille la rend aussi portable pour les poignets plus modestes. Deux types de bracelets sont disponibles: l'un en textile noir qui met en valeur les pièces de bout imposantes ou l'autre en acier qui s'intègre parfaitement  dans le design général et que je recommande.


Le fond transparent du boîtier permet d'observer le mouvement qui équipe l'Ice Cliff. Il s'agit sans grande surprise d'un calibre ETA2824 à la fréquence de 4hz et à la réserve de marche d'un peu moins de 40 heures. Extrêmement répandu, fiable et à l'excellente efficacité au remontage, il est un compagnon de cordée parfait pour l'Ice Cliff. Sa finition est ici brute de décoffrage ce qui n'est pas gênant compte tenu du style de la montre et surtout de son prix, très attractif. J'aurais pourtant préféré un fond plein, peut-être mieux adapté à la polyvalence de la montre.

Le bilan de l'Ice Cliff est donc extrêmement positif. Emile Chouriet est parvenu à créer une montre à la fois élégante et racée, masculine et raffinée. Le rendu visuel du cadran attire le regard instantanément et en est le principal atout. Cette montre est bel et bien une excellente nouvelle pour cette jeune marque: elle possède enfin son porte-drapeau qui peut contribuer à son développement. Et pourquoi pas en France? Car pour l'instant malheureusement, l'Ice Cliff n'est pas disponible dans notre beau pays. D'un autre côté, cela donne une bonne raison de se déplacer en Suisse pour profiter de façon combinée d'un séjour à la montagne et de la montre qui rend hommage aux sommets enneigés. 


L'Ice Cliff est disponible aux prix de 1.120 CHF avec le bracelet textile noir et de 1.200 CHF avec le bracelet en acier.

Les plus:
+ une montre polyvalente tant du point de vue esthétique que du point de vue fonctionnel (étanchéité de 50 mètres)
+ la présentation et la finition du cadran, ce dernier étant une réussite esthétique
+ un mouvement sans histoire
+ le prix que je trouve attractif pour une montre au design particulier

Les moins: 
- un fond plein m'aurait semblé mieux adapté
- la réserve de marche du mouvement est un peu courte

dimanche 11 décembre 2016

Les décorations de Noël de la boutique Cartier de la rue de la Paix

Un de mes grands plaisirs pendant la période des fêtes de fin d'année est de visiter la boutique historique de Cartier située au 13 rue de la Paix. C'est en effet un véritable régal pour les yeux que de découvrir les décorations de Noël de cet écrin dans lequel se ressent toute l'âme de la marque et son histoire. Même si son intérieur a été refait, qu'elle n'est plus à proprement parler dans sa configuration d'origine, la boutique de la rue de la Paix constitue un lieu de visite obligatoire pour tout amateur de Cartier ou pour toute personne souhaitant découvrir un lieu incontournable du chic parisien. 

L'excellente nouvelle est qu'au-delà de la beauté du lieu, s'y trouvent réunies plusieurs pièces de haute horlogerie qui valent le détour: j'ai pu ainsi mettre au poignet la Rotonde Tourbillon Volant Répétition Minutes, la Rotonde Astrocalendaire et la Rotonde Double-Tourbillon Mystérieux. Ces 3 montres constituent une parfaite synthèse de la diversité et des capacités techniques et créatives de la manufacture Cartier car abordant de façon originale les différentes complications.

Je vous propose de découvrir l'atmosphère particulière de la boutique avec ces quelques clichés:

Le Salon Jeanne Toussaint est situé au premier étage:



Pour se rendre au Salon, il faut emprunter le majestueux escalier central:


Le sens de l'accueil chez Cartier:


La Rotonde Double-Tourbillon Mystérieux est une des montres les plus envoûtantes que j'ai portées. Le comportement aérien et hypnotisant du tourbillon est magique. L'effet "mystérieux" est parfaitement retranscrit du fait de la double révolution. Le tourbillon est si important sur cette montre qu'il se permet de couper un segment important de l'affichage de l'heure rendant cette dernière plus difficile à lire lorsque l'aiguille des minutes est autour de la demi-heure. Un défaut vite pardonné car l'observation du tourbillon fait oublier toutes les contraintes possibles ou inimaginables!


La Rotonde Tourbillon Volant Répétition Minutes provoque un effet inverse. Malgré la présence du tourbillon au sommet du cadran, le rôle principal est laissé à la répétition minutes comme le prouvent les marteaux présents côté cadran. Le son de cette montre est de qualité avec un bon volume et un excellent rythme de sonnerie.


La Rotonde Astrocalendaire est peut-être la plus originale des 3. Originale par son design, originale par sa façon de traiter la complication du quantième perpétuel. Le tourbillon volant se retrouve au sein d'une sorte d'arène à plusieurs niveaux qui sert d'affichage des informations calendaires. Les différents  guichets se déplacent pour se positionner sur les quantièmes, jours et mois à indiquer. Malheureusement l'affichage de l'heure est dans ce cas aussi coupé. Enfin, le tourbillon volant anime joliment l'ensemble.


Si vous êtes sur Paris pendant la période des fêtes, n'hésitez donc pas à vous rendre à la boutique Cartier de la rue de la Paix: vous apprécierez cette plongée unique dans l'univers de Cartier!

Lange & Söhne: un bracelet spécial pour la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel

La 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel est une des plus belles montres du catalogue actuel de Lange & Söhne. Elle est une nouvelle preuve qu'au sein de la manufacture saxonne, les choses se font différemment. Alors qu'elle combine des complications qui se retrouvent dans d'autres montres, elle a fait l'objet d'un développement spécifique qui la rend très éloignée de ce qu'aurait pu être une synthèse entre un Double-Split et un Datograph Perpetual. 

Cette montre possède d'ailleurs une particularité qui la rend unique chez Lange & Söhne: elle est la seule, depuis la renaissance de la marque, à afficher les quantièmes sans le double-guichet de grande date. J'aime beaucoup son cadran, inspiré par celui des montres de poche, que je trouve équilibré et lisible, malgré la multiplication des informations. J'apprécie notamment la présentation de l'affichage des phases de lune qui n'apparaît pas écrasé comme c'est le cas sur le Datograph Perpetual ainsi que l'indicateur de la réserve de marche (de 42 heures) à douze heures.


L'architecture du mouvement est, comme avec tout mouvement chronographe en provenance de chez Lange & Söhne, magnifique même si la sensation de profondeur est moindre qu'avec un Double-Split. Le mécanisme de rattrapante se distingue nettement ainsi que les deux roues à colonne.

Le boîtier possède des dimensions raisonnables compte tenu de la complexité de la montre avec un diamètre de 41,9mm et une épaisseur de 14,7mm. La montre ne peut pas être considérée comme élancée mais elle n'en demeure pas moins harmonieuse.

Quintessence de l'horlogerie classique et parfaite représentante de ce qu'est une pièce de haute horlogerie compliquée et traditionnelle, la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel est vendue avec un bracelet en croco marron dans sa version en or rose. Rien de bien surprenant, je retrouve l'habituelle combinaison de chez Lange. Elle est évidemment de très bon goût mais il faut l'avouer, sans grande prise de risque. D'ailleurs, aucune de mes Lange n'a conservé son bracelet d'origine, qu'il soit noir ou marron. Ils m'ennuient et j'ai toujours eu envie de rendre ces montres moins formelles. Heureusement, l'équipe Lange Europe de l'Ouest a eu l'excellente idée d'habiller cette 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel, ainsi que quelques autres représentantes de la collection (toutes en or rose), avec des bracelets réalisés pour l'occasion par Camille Fournet afin de donner plus d'énergie et de casser un peu les codes, parfois trop rigides, de la manufacture. Pour l'occasion, Alexander Kraft, PDG de Sotheby's International Realty France-Monaco, s'est prêté au jeu et a apporté son oeil aiguisé de dandy et d'ambassadeur d'élégance et de style pour définir les textures, les formes et les couleurs des bracelets. Le résultat est parfois surprenant mais toujours raffiné. Dans tous les cas, les bracelets apportent une nouvelle dimension aux montres en les plongeant dans une atmosphère différente et ont tendance à atténuer l'impact de l'or rose, certaines pièces ayant même un rendu proche de celui de l'or miel.


La combinaison la plus spectaculaire est celle réalisée avec la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel car la couleur orange dynamite le côté sage et bien rangé de la pièce. Le rendu lisse est également surprenant tout comme l'épaisseur du bracelet qui s'explique par la hauteur du boîtier. Mais quel plaisir de mettre cette montre au poignet! La bracelet se révèle être très souple et le confort en devient amélioré par rapport à un croco neuf qui est toujours rigide au départ. Et puis, le fait de ranger au placard la sempiternelle combinaison marron - or rose est pour moi jouissif! Enfin, cette audace, cette énergie rendent comme par hasard la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel encore plus désirable.

Tout cela me fait dire que les marques ont tort de négliger de façon générale le sujet des bracelets, restant dans les couleurs et textures ultra balisées. D'ailleurs, j'observe de plus en plus qu'en boutique, les vendeurs osent des combinaisons plus risquées avec des couleurs plus tranchées pour présenter les montres en vitrine. Cela ne nuit pas à l'image des marques qu'ils représentent bien au contraire: cela dépoussière le style, attirant ainsi une clientèle plus jeune et plus féminine.  Dans un contexte où l'offre horlogère s'éloigne de plus en plus des aspirations de cette nouvelle clientèle qui constitue le potentiel commercial de demain, il serait temps que les marques comprennent que l'absence de prise de risque n'est pas la solution. C'est la raison pour laquelle je salue la démarche de l'équipe Lange Europe de l'Ouest qui a bien compris cet enjeu.


Les différentes montres habillées par les bracelets Camille Fournet créés avec Alexander Kraft sont disponibles à la boutique Lange & Söhne de la rue de la Paix.