dimanche 28 août 2016

Piaget: Polo S

La tendance se confirme. Les marques de Richemont profitent de plus en plus fréquemment d'événements organisés en dehors du SIHH pour dévoiler les montres clé de l'année. L'exemple est frappant avec Piaget qui, par le biais d'un lancement qui s'est déroulé à New-York en plein mois de juillet, a présenté une gamme de montres d'une grande importance stratégique pour la manufacture. Car c'est bien de cela dont il s'agit: la vocation de la gamme Polo S est de donner une impulsion dynamique à Piaget en élargissant et rajeunissant sa base de clientèle.

La Polo S Chronographe à cadran argenté:


Le rôle fondamental de la Polo S est facile à appréhender: il suffit de se rendre compte des moyens mis en oeuvre par Piaget lors du lancement. Ce sont bien 9 ambassadeurs, et pas un de moins, qui vont accompagner le destin de la Polo S. Ces 9 ambassadeurs ont été choisis avec soin: ils couvrent un spectre géographique extrêmement large et leurs sphères d'influence sont diverses et variées. Mais au-delà de la stratégie de communication et du plan marketing, il est crucial que la montre soit à la hauteur de cette ambition. En tout cas, Piaget s'est donné tous les moyens pour réussir.

Tout d'abord, une excellente nouvelle s'est produite pour Piaget. Du fait du lancement décalé et de l'actualité horlogère plutôt limitée en plein mois de juillet, tous les regards se sont concentrés sur la Polo S. Et je dois avouer que rarement une gamme de montres s'est faite autant critiquer par la blogosphère horlogère. Je considère ce déchaînement de critiques comme un très bon signe. Une montre qui connaît le succès est une montre qui avant tout suscite de l'émotion, positive ou négative. L'indifférence polie est le pire pour une nouvelle pièce. Au moins, sur ce point-là, la mission est accomplie. Je n'ai pas le souvenir d'une montre Piaget suscitant autant de commentaires.

Le mouvement chronographe 1160P:


La base des critiques est la même pour tous: le design de la montre, que ce soit dans sa version 3 aiguilles ou dans sa version chronographe est trop inspiré, trop "Genta-esque" et certains ont même vu en la Polo S une sorte de croisement improbable entre la Nautilus et l'Aquanaut. Je pense personnellement qu'il s'agit d'un mauvais procès. Il est inutile de le nier: évidemment qu'il existe des similitudes esthétiques, des tendances de style communes. Mais ces similitudes sont inhérentes à ce qu'a voulu accomplir Piaget en rendant plus décontractée et consensuelle la ligne Polo et n'ont rien à voir, selon moi, avec une histoire de forte inspiration, pour ne pas dire de plagiat de ce que propose la concurrence. D'ailleurs, en mettant les différentes versions de la Polo S au poignet, j'ai bien eu le sentiment de porter une montre Piaget et pas "un hommage" à une célèbre montre d'une autre marque dont le nom commence par la même lettre.

La Polo S à cadran argenté:


La Polo a été créée à la fin des années 70 et on oublie fréquemment l'extraordinaire richesse esthétique de cette collection. Les lignes horizontales traversant le cadran et le bracelet font partie intégrante de mon imaginaire du style Polo. Evoluant sans cesse, la Polo a incarné non pas la montre sport chic mais la montre au raffinement décontracté ce qui n'est pas la même chose. Malgré l'utilisation récente de boîtiers en titane et de bracelets en caoutchouc, la Polo a cependant toujours eu du mal à être considérée comme une montre à l'aise en toute circonstance.

C'est là où la Polo S intervient. Elle a plusieurs missions: elle doit ouvrir de nouvelles perspectives commerciales pour Piaget grâce à un prix plus attractif, un boîtier et un bracelet en acier (S signifiant Steel). Elle doit également devenir une véritable montre de complément pour la clientèle traditionnelle de Piaget en étant facile à porter y compris le week-end au cours d'activités plus sportives.

La Polo S à cadran argenté au poignet:


Le tournant esthétique est net. La Polo S, quelle que soit sa version, peut être considérée comme une montre néo-rétro mais qui n'est pas une évolution de ce que fut la collection Polo pendant près de 4 décennies. Elle est plutôt une vision actuelle de ce qu'aurait pu être la Polo en 1979 si la montre avait été plus sportive que raffinée. Le résultat est très surprenant si on se réfère aux Polo du passé. J'y vois d'ailleurs plus une inspiration de l'Emperador Coussin que de la Polo. Le style est assurément plus consensuel et plus versatile que celui plus recherché et plus affirmé des Polo récentes ou du passé.

Et si la véritable inspiration de la Polo S était l'Emperador Coussin? La ressemblance est frappante avec cette version portée en toute décontraction:


En fait, il est plus facile d'apprécier la Polo S au premier coup d'oeil et cet aspect plus lisse correspond bien à l'ambition géographiquement large de Piaget: la montre doit plaire partout et le design retranscrit cette ambition. Le revers de la médaille est que la montre ne possède plus le caractère si particulier des Polo qui en faisait des pièces à part dans le petit monde horloger. La Polo S rentre dans le rang à ce niveau et c'est dommage. C'est mon principal point de reproche: soignée mais sans aspérité, la Polo S est plus perçue comme la démonstration d'une ambition marketing globale que comme un projet esthétique audacieux mené à son terme sans contrainte. Je peux le regretter mais je dois aussi être réaliste. Le monde d'aujourd'hui est ainsi fait et on assiste à une mondialisation des goûts dont cette Polo S en est l’exemple.

Le mouvement 1110P:


S'arrêter sur cette remarque serait cependant réducteur. Car la Polo S possède des atouts certains:
  • Malgré ce virage à 180 degrés du style Polo, la Polo S demeure une véritable montre Piaget dont la signature se reconnaît dans la forme de la lunette. Je retrouve aussi les lignes horizontales de la collection Polo dans les stries du cadran et une fois mise au poignet, la Polo S dégage bien sa propre atmosphère.
  • 5 versions sont disponibles. 3 couleurs de cadran (bleu, argenté et gris) sont proposées pour la Polo S Automatique à 3 aiguilles, 2 (bleu et argenté) pour la Polo S Chronographe. Ces couleurs fonctionnent très bien avec le design de la montre et ma version préférée est la Polo S automatique 3 aiguilles à cadran gris. Cette couleur est dans ce contexte moins conventionnelle et apporte une touche particulière à la montre.
  • La qualité des finitions est tout à fait correcte notamment au niveau du boîtier et du bracelet. Elle est cohérente avec les prix proposés.
  • Les mouvements de manufacture qui équipent la gamme Polo S (le 111OP et le 1160P) ont été développés pour la gamme. Pour être plus précis, ils constituent une évolution des mouvements existants (le duo 800P et 880P) et adaptés au contexte tarifaire de la Polo S. Ils présentent une fréquence de 4hz et une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures. Compte tenu de leurs origines, j'ai confiance sur le fait qu'ils fonctionneront avec précision et fiabilité. Leur décoration est très sobre mais soignée. La masse oscillante est malheureusement un peu triste et heureusement le mouvement chronographe est un peu rehaussé par la roue à colonne visible. A noter que le chronographe perd son traditionnel affichage du second fuseau horaire, ce qui est regrettable. Même la Gouverneur le propose tout en n'ayant que deux sous-cadrans. La Polo S privilégie un totalisateur des heures.
  • Une des forces de Piaget étant de maîtriser la finesse des mouvements, le chronographe est à peine plus épais que la montre à 3 aiguilles (11,2mm vs 9,4mm). Le boîtier étant dans les deux cas d’un diamètre de 42mm, la Polo S présente un aspect relativement élancé très agréable. Une fois le bracelet mis à la taille, les montres se révèlent être très confortables au porter. Etanches à 100 mètres et bien positionnées sur le poignet, les différentes versions de la Polo S répondent sans souci à l’ambition d’en faire des montres à l’aise en toutes circonstances. A noter que la taille perçue est inférieure à la taille réelle compte tenu de l’épaisseur de la lunette. Ce phénomène est évidemment accentué avec les cadrans bleu qui diminuent la perception de la taille.
  • Enfin, les prix se révèlent attractifs compte tenu de la grille tarifaire à laquelle Piaget nous avait habitués. La version automatique à 3 aiguilles est proposée à 10.900 euros tandis que le chronographe est vendu au prix de 14.500 euros.
La Polo S Chronographe à cadran bleu:


La Polo S est donc une gamme de montres passionnante à analyser. Elle incarne à la fois une orientation stratégique importante de la marque et un changement total de direction vis-à-vis de la collection Polo.

La Polo était pour moi une montre particulière avec une personnalité propre. La Polo S est une montre consensuelle et globale dont l’objectif est de favoriser l’expansion de Piaget sur des marchés où la marque est moins présente. Je touche là le double-paradoxe de cette montre. En devenant plus sage et en faisant disparaître les traits de caractère de la collection Polo, Piaget perd un peu de son style, de son audace et sa magie. La marque m’a toujours habitué à marier efficacement originalité et raffinement. Je ne retrouve pas cette touche unique ici. L’autre paradoxe est que les ambassadeurs ont été choisis car étant des « game changers ». Or, la montre ne donne justement pas l’impression de révolutionner le design horloger… alors que Piaget l’a fait à de très nombreuses reprises antérieurement!

La Polo S à cadran gris, ma version préférée:


C’est peut-être cela le plus décevant, ce sentiment que la montre est dictée uniquement par une stratégie marketing et non pas par une approche créative sincère. Alors, malgré ses indéniables qualités, la Polo S a de la peine à me séduire totalement. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la version qui me plaît le plus est celle à cadran gris. Lorsque Piaget sort des sentiers battus, il n’en devient que meilleur. Une leçon que la manufacture devrait méditer.

Merci à l’équipe de la boutique Piaget de la Place Vendôme.

Les plus :
+ une montre, quelle que soit sa version, confortable à porter et à l’aise en toutes circonstances
+ le sérieux et la qualité de l’exécution
+ l’épaisseur maîtrisée du boîtier du chronographe
+ le prix plus accessible pour une manufacture du niveau de Piaget

Les moins :
- un design trop consensuel qui gomme la personnalité des montres Piaget
- une montre qui finalement évoque plus l’Emperador Coussin que la Polo !
- le chronographe perd l'affichage du second fuseau habituellement proposé par Piaget (j'imagine qu'il reviendra par le biais d'une Polo S spécifique)

samedi 27 août 2016

Zenith: El Primero 36.000 VpH Classic Cars

Depuis plusieurs années, Zenith a intensifié son implication dans le monde des véhicules de collection comme l'attestent les partenariats avec le Tour de France Automobile, la Hero Cup ou la SVRA. Le Chronographe El Primero Classic Cars a pour but de rappeler cette implication mais en la célébrant d'une façon différente de celle des différentes montres en série limitée. En fait, ce Chronographe El Primero Classic Cars offre plusieurs bonnes nouvelles:
  • la montre qui a servi de base est l'El Primero 36.000 VpH. Zenith évite donc une nième déclinaison du cadran open et c'est pour moi un véritable soulagement,
  • la finition du cadran du modèle Classic Cars tranche radicalement avec la montre d'origine grâce à un motif "brossé moteur" anthracite qui est spectaculaire et élégant,
  • et surtout, Zenith traite de façon enfin correcte la priorité des compteurs.

Il est important de revenir sur ce dernier point qui est pour moi fondamental. Il corrige en effet une aberration présente sur plusieurs chronographes de la manufacture. Compte tenu de l'élargissement de la taille des boîtiers (celui-ci ayant un diamètre de 42mm dans ce cas précis), les dimensions propres du mouvement deviennent trop petites. Pour équilibrer la présentation du cadran, Zenith se trouve dans l'obligation d'élargir les compteurs et ces derniers se coupent car il n'est malheureusement pas possible de changer la position des aiguilles... à moins de développer un nouveau mouvement. Or, de façon très étrange, Zenith prit la décision pour un certain nombre de montres de recouvrir une partie du compteur des minutes par celui des heures. Cette décision est totalement absurde puisqu'elle rend inutilisable le compteur pendant plusieurs minutes! Heureusement, le Chronographe El Primero Classic Cars renverse les priorités et met le compteur des minutes au-dessus de celui des heures. L'effet est immédiat: le compteur est dorénavant totalement lisible, quelle que soit la position de l'aiguille sans nuire à la lisibilité de celui des heures.

Dans un monde idéal, il serait d'ailleurs souhaitable que Zenith effectue un tel changement sur l'ensemble des chronographes affectés par cette anomalie.


Pour le reste, il faut avouer que les designers ont bien travaillé pour concevoir le cadran spécifique du Chronographe El Primero Classic Cars. Grâce à l'échelle tachymétrique périphérique et le guichet de date qui ne mord pas sur le compteur des heures, la montre dégage un sentiment d'équilibre. De plus, sa taille perçue semble inférieure compte tenu des teintes du cadran.

J'emploie le pluriel car la plus belle réussite sur cette pièce est la très large palette chromatique qu'elle propose. La finition du cadran est basée sur le motif "brossé moteur", des sortes de larges Côtes de Genève qui donnent selon la lumière un rendu tantôt lumineux tantôt sombre. J'ai été très surpris par les couleurs qui se dégageaient, le cadran passant continuellement du bronze au gris anthracite ce qui contribue à la sensation de raffinement et d'élégance décontractée de la montre. 


Le mouvement qui l'équipe est sans surprise le calibre El Primero 400B d'une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures. Comme toujours, sa fréquence de 5hz lui permet de mesurer les temps au 10ième de seconde. La présentation du mouvement, visible à travers le fond transparent, est agréable. Ce n'est pas dû à la finition qui reste correcte, sans plus, malgré la mise en valeur de la roue à colonne et quelques éléments décoratifs. C'est en revanche l'architecture du calibre, une véritable réussite visuelle, qui rend son observation si intéressante. Fiable et précis, efficace au remontage, le calibre El Primero 400B est le parfait "moteur" de ce chronographe.

Malgré son diamètre un peu imposant, le chronographe El  Primero Classic Cars se porte avec confort grâce à l'efficacité de la boucle déployante et du bracelet en cuir de veau brun qui positionnent idéalement le boîtier en acier sur le poignet. Il y a cependant un point surprenant avec le bracelet, joli au demeurant. Les perforations n'ont qu'un seul but esthétique car le bracelet en entièrement doublé de caoutchouc. Un choix un peu surprenant car le résultat va à l'encontre du but recherché par les perforations: la peau respire moins.


Cette dernière remarque ne doit cependant pas altérer un bilan extrêmement positif. Cette montre est pour moi la plus réussie de toutes celles dédiées au monde automobile vintage de la part de Zenith. Le cadran plein et excellemment fini  la rend plus raffinée et moins lassante que celles à cadrans ouverts. Elle est également très agréable à porter. La lisibilité des compteurs est enfin l'argument qui fait mouche et qui la rend même prioritaire par rapport à n'importe quelle autre chronographe dont le compteur des minutes est coupé. Rien que pour cela, je ne peux que me réjouir de la sortie de ce chronographe El Primero Classic Cars.

PS: si vous souhaitez un point de vue féminin sur cette pièce (et découvrir de très belles photos), je vous conseille l'excellent article de Macha Vananty publié sur son blog Watch Her.  

Les plus:
+ le cadran plein, excellemment fini
+ la priorité des compteurs est enfin logique et ils deviennent totalement lisibles
+ un mouvement mythique
+ le confort au porter

Les moins:
- un bracelet dont les perforations uniquement décoratives

lundi 15 août 2016

Quelques photos prises à Rome avec la Cartier Calibre Diver au poignet

La Cartier Calibre Diver fit partie des montres qui m'accompagnèrent durant mon traditionnel séjour estival à Rome. Une montre étanche me semble en effet indispensable pour profiter non pas de la plage à Ostie mais des fontaines de la ville! Rome est depuis toujours une ville d'eau! En fait, j'apprécie beaucoup cette montre car je trouve qu'elle parvient à conserver une certaine élégance malgré sa fonction de montre de plongée. L'intégration d'éléments typiques du design de Cartier comme les chiffres romains, les aiguilles glaive ou la couronne ornée d'un cabochon lui donne un style plutôt original, clairement différent des modèles de la concurrence du même segment. Son boîtier, à peine plus épais que celui de la Calibre "classique" offre un rendu élancé compte tenu de son diamètre de 42mm.

Il y a pourtant un détail que je souhaitais modifier avant de partir en Italie: c'était le bracelet. Le bracelet caoutchouc noir de Cartier s'intègre idéalement dans le design de la montre. Mais j'avais envie de plus de fun, plus de couleurs. Malheureusement, l'offre alternative de Cartier est inexistante ce qui regrettable. C'est le bracelet caoutchouc noir ou le bracelet métal. Des bracelets caoutchouc avec d'autres couleurs permettraient aux clients de jouer avec leurs montres et de varier les plaisirs. Dommage que les grandes marques horlogères n'arrivent pas à comprendre que le fun fait partie des souhaits de la clientèle actuelle. A noter que la Calibre Diver Bleu est livrée avec un bracelet veau bleu doublé en caoutchouc et que la même montre est disponible uniquement aux Etats-Unis  avec un bracelet en caoutchouc bleu. Comprenne qui pourra.

Quoi qu'il en soit, j'ai retiré le bracelet d'origine de Cartier et l'ai remplacé par un bracelet caoutchouc orange en provenance de chez MATWATCHES. Malheureusement, si les dimensions à l'entre-corne sont les mêmes (24mm), elles sont différentes au niveau de la boucle ardillon ce qui m'obligea d'utiliser une boucle spécifique. Rien de bien grave.

Le bracelet MATWATCHES a deux vertus qui me le font apprécier beaucoup. Il est parfumé à la vanille ce qui me rappelle les Hublot de Carlo Crocco! Et surtout la surface au contact de la peau est recouverte de tous petits picots qui permettent à la peau de bien respirer. Le bracelet Cartier, qui est lisse sur ce côté me fait beaucoup plus transpirer.

La Calibre Diver  profite pleinement de cette touche additionnelle de couleur. La combinaison entre le noir et l'orange fonctionne bien et je dois avouer que cela fait du bien de voir une montre Cartier, maison éminemment sérieuse, avec un aspect plus décontracté et décalé. J'ai ainsi pris beaucoup de plaisir à la porter lors de mes pérégrinations romaines grâce également au fonctionnement précis et fiable du mouvement 1904MC.

Je vous propose donc quelques photos prises lors de mon séjour afin de voir la Calibre Diver en situation... et à l'oeuvre!

A Campo de Fiori devant le célèbre triporteur aux couleurs de l'AS Rome:


La fameuse pizza de chez Da Baffetto:


Le soleil couchant sur Piazza di Pietra:


Voici pourquoi il me faut une plongeuse! Cette fontaine, qui est une de mes préférées, est la Fontana degli Artisti de la Via Margutta:


La plus célèbre fontaine de Rome! J'ai bien sûr fait mes deux voeux avant de quitter la Ville Eternelle:


Devant St Jean de Latran:


La Calibre Diver devient lumineuse sous le soleil romain:


Devant un célèbre personnage dans la galerie Alberto Sordi:


Sur la colline de l'Aventin:


Le superbe décor romain:


Le fait de rédiger cet article et de poster ces photos me donne d'ores et déjà envie de repartir... malheureusement, je vais devoir attendre une bonne année! Mais ce n'est pas grave, la Calibre Diver me rappellera constamment ces beaux souvenirs même dans la grisaille parisienne.

IWC: Portugieser Chronographe Rattrapante Edition Limitée Boutique Milan

Une des Portugaises (maintenant dénommées Portugieser) d'IWC préférées des collectionneurs est sans aucun doute le chronographe à rattrapante qui malheureusement n'est plus dans la collection depuis de nombreuses années. Du point de vue visuel, cette montre se distinguait du chronographe automatique essentiellement par son poussoir à 10 heures. Mais son principal attrait était le traitement de la complication, une des plus complexes à réaliser. Le mouvement qui l'équipait était le calibre 76240 basé sur un mouvement Valjoux 7760 à remontage manuel sur lequel était rajouté, côté ponts, le module à rattrapante développé par Richard Habring lorsqu'il travaillait chez IWC. 


L'excellente nouvelle est que l'ouverture de la troisième boutique IWC en Italie, à Milan, marque le retour de la Portugaise chronographe à rattrapante par le biais d'une série limitée à 100 exemplaires en or rose. Du point de vue mécanique, le mouvement utilisé est de nouveau le 76240 et c'est la raison pour laquelle la montre offre exactement les mêmes caractéristiques techniques que les modèles antérieurs: le poussoir de la rattrapante est à 10 heures, la fréquence du mouvement est de 4hz et sa réserve de marche de 48 heures. Le 7760 a été retravaillé pour obtenir la présentation traditionnelle du cadran des Portugaises chronographes à savoir le totalisateur des minutes dans le sous-cadran supérieur et la trotteuse permanente dans le sous-cadran inférieur. La montre n'a toujours pas de guichet de date ce qui évidemment contribue à la réussite esthétique de l'ensemble.

La Portugaise chronographe à rattrapante série limitée Barozzi:

Credits: watchuwant.com

En fait, la spécificité de la série limitée est son cadran que je trouve particulièrement réussi. Il combine une échelle tachymétrique centrale avec une échelle télémétrique périphérique. La présence de ces deux échelles donne à la Portugaise un côté "chronographe vintage" très agréable tout en conservant le style inhérent à la collection qui se manifeste avec les aiguilles feuille et les chiffres arabes appliqués.


Ce n'est pas la première fois qu'IWC utilise ce cadran puisqu'il a été déjà été mis en oeuvre dans le cadre d'une série limitée, déjà italienne, dédiée au détaillant de Brescia, Orologi Barozzi (et à l'époque disponible en acier). La Portugaise Barozzi possédait une palette de couleurs finalement... très française: un cadran blanc, des chiffres et des aiguilles bleu et des touches de rouge sur l'échelle tachymétrique. La palette chromatique de la série limitée de Milan est différente. Le cadran est d'un bleu profond extrêmement réussi. Les chiffres et les aiguilles en or rose se marient avec le boîtier et les inscriptions demeurent discrètes. La montre est ainsi beaucoup plus raffinée et élégante que la Portugaise Barozzi qui jouait plutôt la carte de la décontraction. De plus, compte tenu de sa couleur dominante, j'imagine que sa taille perçue est inférieure à celle à cadran blanc, les diamètres du boîtier demeurant identiques (41mm) et ce quelque soit la version de la Portugaise chronographe à rattrapante.


Mon seul regret concernant la série limitée de Milan est le fond plein. Certes, il n'est pas désagréable puisqu'il propose une gravure de la vouivre (biscione) de la maison Visconti. J'aurais cependant apprécié de pouvoir observer le mécanisme de rattrapante de Richard Habring et sa "pince de rattrapante" particulière comme une série limitée dans le passé en donna l'occasion.

Ce regret n'altère pas mon opinion extrêmement positive sur cette montre. En effet, je la considère comme une des plus belles IWC de ces dernières années. La combinaison du bleu et de l'or rose est magique et la présentation du cadran ne fait que renforcer la beauté de la pièce. La boutique de Milan ne pouvait pas rêver d'un plus beau porte-drapeau pour démarrer son activité.


La Portugaise chronographe à rattrapante dédiée à la boutique de Milan est vendue au prix de 21.500 euros TTC.

Les plus:
+ le retour de la Portugaise chronographe à rattrapante
+ un module développé par un horloger de renom
+ la beauté du cadran
+ l'harmonie entre le cadran et le boîtier en or rose

Les moins:
- j'aurais aimé pouvoir apprécier le module à travers un fond transparent
- un bracelet navy était peut-être mieux indiqué qu'un bracelet noir mais cela se change facilement