lundi 15 septembre 2014

March LA.B: AM1 2014

Les derniers jours d'Arnaud Montebourg au sein du gouvernement auront finalement beaucoup servi la cause horlogère: en portant de façon visible une March LA.B AM2 à cadran noir et à quartz lors de la fameuse Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, il mit sous les feux des projecteurs la marque d'Alain Marhic et de Jérôme Mage qui revendique avec fierté ses origines et sa production françaises (les montres étant assemblées à Morteau). Cette projection médiatique est méritée car March LA.B a su trouver son identité, se distinguant depuis plusieurs années par un style  décontracté et élégant qui sent bon l'inspiration des années 70. 


Le dernier trimestre 2014 va être très important pour March LA.B car d'importantes évolutions vont être apportées aux différents modèles de la collection. Certes, le contexte esthétique va peu changer et les prochaines montres March LA.B demeureront fidèles à leurs devancières grâce notamment à leurs boîtiers caractéristiques, à leurs couronnes décalées et aux verres rehaussés. Cependant, plusieurs éléments fondamentaux vont être impactés comme les nouvelles AM1 vont en témoigner.

Je rappelle brièvement que la collection March LA.B est structurée autour de la forme des boîtiers: l'AM1 est la montre ronde, l'AM2 la montre carrée et l'AM3 la montre "coussin". L'AM1 demeure peut-être celle qui est la plus facile à aborder du fait de sa forme plus consensuelle. Cependant, son apparente bonhomie due à sa rondeur cache un caractère bien trempé. L'observation attentive du boîtier révèle quelques traits plus anguleux sans oublier ce qui fait une des composantes du style de March LA.B: l'alternance de segments polis (sur les côtés) et brossés (au milieu).


Les principales modifications sont loin d'être anodines et ont pour la plupart l'objectif de répondre à des remarques faites par la clientèle:
  • l'entre-cornes passe de 19 à 20mm. Ce petit millimètre a une grande influence puisque au-delà de son impact visuel, il permet l'utilisation de bracelets standards, permettant ainsi aux propriétaires des pièces de se prêter plus facilement au jeu du changement  d'"habillage" de leurs montres.
  • l'épaisseur du boîtier est augmentée de 2,5mm. C'est un écart extrêmement important qui vise à donner un aspect plus puissant et masculin à l'AM1. Le côté délicat s'estompe pour laisser place à un rendu incontestablement plus viril. La conséquence de cette nouvelle hauteur de boîtier est le rendu plus gonflé du bracelet qui équilibre esthétiquement l'ensemble.
  • si les aiguilles diapason et le finition soleillée du cadran demeurent, les index appliqués deviennent plus présents.

  • le mouvement automatique change de nationalité. L'ETA2892-A2 suisse est remplacé par un calibre Miyota 9015 japonais, simple et fiable. Nous touchons ici à une orientation stratégique forte de la marque. Ce ne sont évidemment pas les clients qui ont demandé une telle modification puisque, selon moi, ils sont peu préoccupés par la nature du mouvement, étant plus attirés par l'atmosphère dégagée par les montres et leurs designs. En revanche, ce changement voulu par March LA.B présente un intérêt majeur vis-à-vis de cette clientèle: il permet de modifier la grille tarifaire et de maintenir la montre automatique à boîtier acier d'un diamètre de 40mm sous le seuil psychologique des 1.000 euros: une façon pour la marque d'Alain Marhic de suivre une tendance du marché grandissante, celle des montres aux designs originaux et aboutis proposées à des tarifs raisonnables, s'adressant plus à des amateurs  "life-style" et "mode" qu'à des férus d'horlogerie.

  • une gamme de bracelets à trois maillons de largeur a également été développé et sera disponible dans les mêmes couleurs que les boîtiers: acier, doré et noir. A noter qu'un NATO spécifique sera également à disposition avec une boucle et des passants reprenant les codes de March LA.B avec une alternance de poli et de brossé. 

 

L'AM1 photographiée est un prototype par encore totalement achevé et la masse oscillante sera personnalisée. J'ai pu malgré tout profiter d'ores et déjà de la jolie finition du cadran vert, la couleur fétiche d'Alain Marhic. La montre se porte avec confort et le bracelet cuir tamponné lézard contribue efficacement à l'atmosphère rétro qu'elle dégage. Je fus en revanche moins convaincu par l'augmentation significative de la hauteur du boîtier, je regrette cette perte d'élégance même si le boîtier conserve ses traits caractéristiques.  

La nouvelle AM1 symbolise donc une nouvelle étape pour March LA.B: une étape à la fois stylistique avec ce gain de virilité mais aussi industrielle avec l'utilisation du calibre Miyota. J'ai la conviction qu'Alain Marhic a fait le bon choix avec ce changement de mouvement car la maîtrise des prix de vente est une clé de réussite dans le marché actuel. La marque peut ainsi s'appuyer sur ses prix compétitifs pour surfer sur son identité et sur la fidélité de sa clientèle.


Merci à Alain Marhic pour son accueil à la boutique March LA.B située 50 rue Charlot dans le 3ième arrondissement à Paris.

Les plus:
+ une très jolie finition de cadran rehaussée par la finition soleillée et les index appliqués
+ l'élargissement du bracelet
+ l'alternance de parties polies et brossées du boîtier
+ le prix maintenu sous les 1.000 euros

Les moins:
- je trouve l'augmentation de l'épaisseur du boîtier trop importante: cela casse un peu l'élégance naturelle de l'AM1

dimanche 14 septembre 2014

Dietrich: Organic Time OT-1

Designer réputé exerçant le métier depuis plus de 20 ans, Emmanuel Dietrich prit la décision de lancer sa propre marque en 2012. La première pièce créée sous son propre nom fut une montre au style très épuré animée par un mouvement Unitas. Cependant, malgré son intérêt esthétique, cette montre souffrait d'un positionnement prix délicat car se trouvant dans un des segments les plus concurrentiels du marché horloger.


Sa toute nouvelle création, l'Organic Time qui se décline en 3 versions, tranche radicalement avec ce projet initial témoignant par là même d'une meilleure adéquation avec l'évolution de la demande de la clientèle. L'Organic Time rassemble en effet deux vertus qui lui donnent les meilleures chances de succès: un prix contenu (1.255 CHF hors taxes) et un design audacieux et abouti. Cette combinaison se retrouve aussi au sein de marques comme SevenFriday ou March LA.B et je ne peux que me réjouir de voir ce créneau particulier du marché, basé avant tout sur la forte identité des montres qui le composent, prendre de l'importance jour après jour. Les marques plus établies devraient d'ailleurs sérieusement se pencher sur ce mouvement car sinon elles risquent de se retrouver totalement à côté des aspirations de cette clientèle plus "life-style" qu'horlogère.


La grande force de l'Organic Time est la cohérence qu'elle dégage. Tout le talent d'Emmanuel Dietrich s'y exprime. Malgré son originalité, sa taille (46x48mm sans la couronne), la montre respire l'harmonie car inspirée par la nature. Chaque détail qui la compose fait référence à un élément naturel créant ainsi une sorte de paysage animé.


La forme du boîtier en acier micro-billé est complexe et fluide à la fois. Elle semble ovoïde mais la présence des vis sur la lunette lui donne un côté plus géométrique. Ces quatre vis sont reliées entre elles par des vaisseaux non symétriques qui renforcent le sentiment d'être en face d'un organisme vivant. Le contraste entre la lunette et la base du boîtier (recouverte d'un PVD noir)  est saisissant comme pour souligner toute l'ingéniosité du système de changement du bracelet. Car au-delà de la réussite esthétique du boîtier, de son poids relativement lourd et de la qualité de ses finitions, le boîtier se révèle être d'un très grand aspect pratique. En effet, le bracelet est réalisé en une seule partie et il suffit de tirer dessus pour le retirer et de le faire glisser dans les ouvertures de la base du boîtier pour le remettre. En dix secondes, vous pouvez, en toute simplicité, changer de bracelet et je dois avouer que je fus particulièrement séduit par l'ingéniosité du système. La forme de la base du boîtier a un atout supplémentaire: elle permet d'assoir la montre sur le poignet (si ce dernier a la taille adéquate) et d'éviter qu'elle ne bouge. Le confort s'en trouve amélioré malgré le gabarit de la pièce.

La fluidité des lignes de la base du boîtier:


Même si les qualités du boîtier sont très appréciables, c'est le cadran qui se révèle être l'élément majeur de l'Organic Time. Profitant de l'épaisseur de la montre (13,7mm tout de même), Emmanuel Dietrich a imaginé bien plus qu'un cadran qui donne l'heure mais une véritable mise en scène, une ode à la nature qui vit, qui bouge. Plusieurs niveaux se succèdent avec des alternances de finition des parties brossées, définissant ainsi une plongée tri-dimensionnelle dans le mouvement. Les graduations au niveau du verre, puis les aiguilles principales, la trotteuse en forme de soleil, les vaisseaux et enfin l'indicateur sur 24 heures constituent les différentes étapes vers la platine et le balancier discrètement visible du mouvement. Le résultat visuel est vraiment fascinant et tout simplement inattendu pour une montre de ce prix. Le risque avec une telle complexité est de rendre la lecture de l'heure délicate. Ce n'est nullement le cas ici puisque les aiguilles "feuilles" (au sens premier du mot) se détachent nettement grâce à leur formes et à leur couleur luminescente. 

Choisir le bracelet prend plus de temps que de l'installer:


La couleur des aiguilles, vertes dans la OT-1, me fait  d'ailleurs préférer cette version aux deux autres. Je trouve que le vert est le plus approprié compte tenu du contexte de l'Organic Time et de son inspiration. Pour avoir porté pendant plusieurs jours cette montre, je fus séduit par sa lisibilité (indicateur des 24 heures à part), son confort et sa présence au poignet. L'Organic Time est une montre qui se remarque et qui revendique son originalité plus par son esthétique que par sa taille ce qui prouve la réussite du coup de crayon d'Emmanuel Dietrich.


Compte tenu du prix de vente ajusté, des concessions ont dû être faites principalement au niveau du mouvement pour rester dans des coûts de production raisonnables. Le calibre qui équipe l'Organic Time n'est pas suisse mais japonais s'agissant du Miyota 82-S-7 que l'on retrouve également chez SevenFriday ou chez Egard. Je ne pense pas que cela pose un grand problème. Tout d'abord, le mouvement en lui-même est fiable et son efficacité au remontage est tout à fait correcte. La montre a présenté des performances chronométriques tout à fait acceptables les jours où je l'ai portée. Du point de vue commercial, je ne vois pas de souci non plus. Le principal attrait de la montre demeure son design abouti et la clientèle sera bien plus séduite par son originalité et son audace que par une éventuelle origine suisse du mouvement. Je trouve que le choix du Miyota est le bon car dans la situation actuelle du marché horloger, l'attractivité des prix est un facteur clé de réussite.


De toutes les façons, l'Organic Time offre déjà beaucoup et sous certains aspects, bien plus que de nombreuses montres plus onéreuses. Elle prouve qu'il n'est pas nécessaire de dépenser des fortunes pour acquérir une montre de caractère, qui a du style tout simplement et qui sort des sentiers battus. Sa source d'inspiration, qui peut sembler logique pour une montre car les cycles de la nature suivent l'évolution du temps, a rarement été aussi bien mis en scène que dans cette montre. La qualité des finitions est surprenante pour le prix et à l'usage, l'Organic Time séduit par son confort et le côté pratique du changement de bracelet. Toutes ces raisons font que je la considère comme étant une des montres majeures de cette année.

L'Organic Time OT-1 dans son élément naturel:


Merci à Emmanuel Dietrich.

Les plus:
+ une vraie réussite esthétique
+ les différents niveaux du cadran qui proposent une plongée spectaculaire vers le mouvement
+ le système de changement de bracelet
+ les finitions très convaincantes pour le tarif
+ le prix contenu

Les moins:
- l'affichage sur 24 heures n'est pas très lisible
- le gabarit imposant rend la montre peu adaptée aux petits poignets

mardi 9 septembre 2014

Hublot: Classic Fusion Coupe du Monde 2014

Nous avons tendance à l'oublier mais la Classic Fusion Coupe du Monde 2014 est en fait la seconde montre de ce type dédiée à l'événement footballistique planétaire puisque la première fut présentée en 2010. C'est justement le point le plus intéressant à considérer car la comparaison entre ces deux montres est un bon indicateur de l'évolution de Hublot pendant ces 4 dernières années.

Elles partagent bien entendu un contexte esthétique similaire avec le boîtier Classic Fusion en or rose d'un diamètre de 45mm et le cadran également en or (amateurs de discrétion, passez votre chemin). Mais pour le reste, tout semble les opposer. La date disparaît, la trotteuse centrale est remplacée par la petite seconde décalée, les aiguilles sont changées et surtout le mouvement à remontage automatique laisse sa place au mouvement exclusif à remontage manuel HUB1300 d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 90 heures.


Au-delà de la disponibilité du mouvement, je ne pense pas que Hublot aurait été capable de sortir une telle montre en 2010. La légitimité horlogère n'était pas assez forte  pour se lancer dans le projet d'une pièce  à remontage manuel, plus difficile à vendre qu'une automatique, afin de célébrer un tel événement. Le fait qu'un 2014 Hublot n'hésite pas à le faire (tout comme avec la Shawn Carter) est un bon indicateur de la confiance de la marque dans ses produits et sur la conviction que les clients adhéreront à une montre d'un abord plus difficile.


Le thème de la montre commémorative est toujours délicat. Même si cette Classic Fusion n'apporte strictement rien de nouveau par rapport à une montre équivalente du catalogue permanent si ce n'est le cadran en or, Hublot s'en sort relativement bien grâce à la couleur dominante du boîtier et du cadran qui rappelle celle du Trophée. De plus, le mouvement HUB 1300 demeure un des plus agréables à observer chez Hublot avec une jolie finition des ponts. Le diamètre de 45mm peut sembler rédhibitoire mais la taille perçue est plus petite du fait de l'épaisseur de la lunette et de la forme des cornes.


En revanche, la durée de vie d'une telle montre est extrêmement courte. A moins de l'acheter dans les semaines qui précèdent et de prier très fort que son équipe aille le plus loin possible, je pense que seul un supporter de l'équipe gagnante aura le désir de porter un tel rappel à la compétition qui s'est déroulée au Brésil. C'est la dure loi du sport: un seul vainqueur et trente et un perdants. Car étrangement, la Classic Fusion Coupe du Monde 2014 tombe dans un piège que la précédente avait évité. Le cadran de la première montre était orné d'une gravure du Trophée sans référence à la date de la compétition. En revanche, le cadran de la seconde montre est décoré par le logo propre de la compétition  avec un 2014 clairement apparent. Pour pénétrer le marché brésilien, c'est raté. En revanche, peut-être que la très grande majorité des cent exemplaires trouvera rapidement preneur en Allemagne. Je l'espère pour Hublot car l'intérêt de cette Classic Fusion risque de s'évaporer avec le temps.


Merci à l'équipe de la boutique Hublot à Paris.

Les plus:
+ la finition et le plaisir au porté du boîtier Classic Fusion
+ le mouvement HUB 1300 et le confort apporté par sa longue réserve de marche
+ un cadran plus équilibré que celui de sa devancière

Les moins:
- la montre est liée non pas à la Coupe du Monde de façon générale mais à la compétition au Brésil ce qui la rend éphémère
- son côté ostentatoire la rend difficile à porter

samedi 6 septembre 2014

F.P. Journe: Chronomètre Bleu "Byblos"

Il est important en préambule de chasser un malentendu: le "Byblos" de la toute dernière série limitée du Chronomètre Bleu de F.P. Journe n'évoque pas le célèbre hôtel de St Tropez mais la ville du Liban connue pour avoir été le plus ancien port phénicien au monde. Même si les sept millénaires d'histoire culturelle, économique et religieuse de la ville portuaire correspondent bien à l'image d'intemporalité et d'élégance du Chronomètre Bleu, la question se pose sur son lien avec une montre F.P. Journe. En fait, cette série limitée de 99 exemplaires célèbre l'ouverture de la 10ième boutique de la manufacture dans le monde à Beyrouth. L'activité de Byblos, cité portuaire se projetant sur le monde méditerranéen symbolise en un sens le fait que la disponibilité de la montre n'est pas uniquement réservée au nouveau point de vente puisqu'elle sera distribuée également dans les neuf autres boutiques. 


Une dixième boutique, c'est une étape importante dans le développement d'une marque au faible volume de production. Elle symbolise la stratégie de distribution qui s'appuie en priorité sur son réseau propre tout en poursuivant le partenariat de longue date avec quelques détaillants fidèles. Pour marquer cet événement, il fallait que la montre commémorative soit à la hauteur. L'objectif est atteint grâce à une interprétation originale du Chronomètre Bleu.

A vrai dire, il n'y a qu'une seule différence entre un Chronomètre Bleu "classique" et celui de cette série limitée. Mais quelle différence! Le cadran a été entièrement revu pour s'ouvrir et dessiner une forme qui au-delà de son aspect décoratif rappelle la dimension "orientale" de la montre.

En épousant la forme du tour d'heures périphérique, la découpe du cadran dessine une représentation du soleil d'Orient à travers le ciel bleu méditerranéen. Ce style décoratif, pour le moins audacieux, donne un côté précieux à la montre car il dévoile le guillochage et le perlage du mouvement en or rose. Il permet aussi de constater que la finition du mouvement est excellente y compris sur les parties traditionnellement non visibles.  Malgré la dimension technique plus présente compte tenu du mécanisme de remontoir apparent, la forme de l'ouverture du cadran et le contraste entre le bleu du tour d'heures et l'or du mouvement confèrent à la montre un côté plus féminin et délicat que le Chronomètre Bleu d'origine. 


J'apprécie particulièrement sur ce cadran ajouré l'intégration de la petite seconde décalée et bien entendu la gravure du logo F.P. Journe sur le mouvement. Cette gravure mérite d'être observée de plus près. Elle contient deux détails surprenants. Tout d'abord le mot "Byblos" remplace l'incontournable "Invenit et Fecit". La série limitée est donc d'importance pour que sa référence chasse le slogan si cher à François-Paul Journe. Puis, plus discrètement, le J est écrit en alphabet phénicien: une opportunité offerte par le contexte de la montre qui tombe à pic! En effet, cette lettre est chargée de symboles: elle évoque la main et souligne le travail artisanal effectué à la manufacture. Elle est aussi la dixième lettre de l'alphabet et incarne ainsi la toute nouvelle boutique.

Si ce cadran spécifique semble si réussi, c'est bien parce qu'il s'intègre avec bonheur dans le contexte habituel du Chronomètre Bleu. Le boîtier en tantale d'un diamètre de 39mm de diamètre se marie harmonieusement avec le tour d'heures tout en évitant que la montre devienne trop ostentatoire. Il était important que le boîtier conservât un aspect discret pour que le soleil central ne brille pas trop fort. 


Le calibre 1304 se retrouve inchangé et s'adapte parfaitement lui aussi au contexte de la montre. Une telle montre se devait d'être animée par un mouvement à remontage manuel pour avoir le plaisir de profiter de près du spectacle offert par le cadran lorsque les tours de couronne sont donnés quotidiennement. La finition du calibre est irréprochable et son remontage agréable mais ce que j'apprécie le plus est son architecture qui met en valeur ses deux barillets qui interviennent plus pour donner du couple et assurer une excellente chronométrie que pour allonger la réserve de marche (autour de 56 heures pour une fréquence de 3hz).

Finalement, l'élément qui m'a le moins convaincu est le bracelet en buffle d'une couleur miel. Je vois bien le but recherché à travers ce bracelet: son rendu rappelle la zone centrale du cadran et vise donc à atténuer son impact visuel en équilibrant les couleurs. Cependant, plus que sa couleur, c'est sa texture qui me dérange. Le Chronomètre Bleu demeure une montre d'une grande élégance malgré ses originalités. Un bracelet plus formel, plus habillé me semblerait être un meilleur choix. Le bon côté de ce problème est qu'il n'est pas rédhibitoire.


Le Chronomètre Bleu "Byblos" m'a donc séduit grâce à l'originalité de son cadran qui donne une nouvelle dynamique à cette pièce fondamentale de la collection de F.P. Journe. Malgré la taille importante de la partie ajourée, cette montre arrive à conserver une relative discrétion. S'appuyant sur les forces du Chronomètre Bleu tout en renouvelant son esprit, elle constitue une série limitée digne de la dixième boutique de la manufacture.

Merci à l'équipe F.P. Journe de Paris.

Les plus:
+ le plaisir de retrouver le Chronomètre Bleu dans un contexte différent
+ l'originalité du cadran
+ les reflets et le poids du boîtier en tantale
+ l'efficacité et la beauté du calibre 1304

Les moins:
- il se dégage un côté un peu plus féminin et délicat qui peut surprendre
- la texture du bracelet en buffle ne me semble pas adapté à cette montre