samedi 16 juillet 2016

Lange & Söhne: Saxonia Automatique Terra Braun

La réouverture de la boutique de Tokyo donne l'opportunité à Lange & Söhne de proposer une nouvelle couleur de cadran pour la Saxonia Automatique. Il s'agit selon moi d'une très bonne nouvelle puisque j'ai regretté depuis plusieurs années le manque de diversité de couleurs au sein du catalogue de la manufacture saxonne.


La nouvelle couleur est le brun terre (Terra Braun). De prime abord, elle ne semble guère originale car similaire au marron chocolat. Mais heureusement, elle se distingue de cette dernière du fait de sa large palette chromatique. En effet, selon les conditions de lumière, le cadran peut se rapprocher du gris. C'est la raison pour laquelle cette couleur est disponible avec un boîtier en or rose et un boîtier en or gris. 

La version la plus intéressante selon moi est celle avec le métal neutre. Elle est plus originale car elle offre un joli contraste entre le boîtier et le cadran. Et surtout, elle propose une combinaison de couleurs unique chez Lange. Un point important est cependant à souligner: compte tenu du rendu plus sombre du cadran, les deux montres Terra Braun ont une taille perçue inférieure à celle à cadran argenté.


Les autres éléments de la Saxonia Automatique restent identiques. Le boîtier de 38,5mm possède une taille idéale pour ce type de montre, ni trop grand, ni trop petit. Il est surtout bien adapté au diamètre propre du mouvement L086.1 (30,4mm) comme cela se remarque avec la taille et la position du sous-cadran de la trotteuse. L'épaisseur du boîtier (7,8mm) est limitée et la Saxonia Automatique, sans être une montre extra-plate, se distingue par un style élancé.


Le mouvement L086.1, qui utilise un spiral maison, possède une fréquence de 3hz et une réserve de marche de 72 heures. L'argument de l'augmentation de la réserve de marche est celui qui est généralement mis en avant par Lange pour expliquer l'abandon du calibre Sax-O-Mat à rotor 3/4, remplacé par ce mouvement à rotor central. Je ne nie pas l'intérêt de cette réserve de marche accrue et la qualité de l'exécution du mouvement L086.1 le rend très agréable à observer. Le style Lange et les finitions irréprochables sont des atouts incontestables. Mais il faut bien avouer que le mouvement L086.1 n'a pas le charme du Sax-O-Mat. J'aimerais tant le revoir dans le contexte d'une montre Lange simple.


Malgré ce bémol que je formule régulièrement, les Saxonia Automatique Terra Braun n'en demeurent pas moins des montres habillées convaincantes et qui possèdent un soupçon d'originalité grâce à leur couleur de cadran. Mais dans un contexte purement Lange, j'aurais attendu un peu plus d'audace dans le traitement de ces deux montres. Quitte à proposer une nouvelle couleur, un choix plus radical aurait peut-être été plus judicieux afin de trancher de façon plus nette avec la collection habituelle. Mais on ne se refait pas et Lange aime rester dans des critères traditionnels. J'aimerais tant que la manufacture lâche un peu plus la bride pour nous surprendre.


Les deux versions de la Saxonia Automatique Terra Braun sont disponibles à la boutique Lange de la rue de la Paix à Paris.

Les +:
+ les proportions du boîtier
+ la combinaison des couleurs offerte par la version en or gris
+ la réserve de marche de 3 jours
+ la qualité des finitions

Les -:
- le calibre L096.1 n'a pas le charme du Sax-O-Mat
- la couleur du cadran est sympathique mais n'est pas d'une très grande audace

vendredi 15 juillet 2016

Un lancement mondial avec des stars a-t-il encore du sens en 2016?

Préambule: le lancement de la Piaget Polo S me donne l'opportunité d'écrire ce billet. J'aurais pu le faire à partir de n'importe quel autre événement similaire. Le billet n'est nullement une critique contre la montre qui fera l'objet d'un article spécifique dans quelques jours.

Le lancement mondial à New-York de la nouvelle Polo S de Piaget m'inspire quelques réflexions sur la forme de ce type d'événements qui sont organisés régulièrement par les plus grandes marques. Je reviendrai en fin d'année sur la montre lorsqu'elle sera visible sur Paris car elle mérite une certaine attention compte tenu de son rôle stratégique au sein de la collection.

Justement, qui dit montre stratégique, dit lancement spécifique. De prime abord, la présentation d'une montre importante pour la collection dans une période moins chargée de l'année (début de l'été) et dans une ville symbole (New-York) est une bonne idée. Un tel contexte festif entouré de stars, d'ambassadeurs assure un relai de communication fort auprès des médias sociaux et de la presse "people". Il permet également d'inviter des blogueurs et des journalistes et c'est une façon de remercier des partenaires qui pour la plupart ont accompagné la marque depuis de nombreuses années. Tout ceci est bien normal.

En revanche, je m'interroge sur l'efficacité de telles dépenses dans une situation de crise pour l'horlogerie. Alors évidemment, l'argument principal d'un tel événement est de contribuer à la part de rêve et de glamour que chaque marque de luxe se doit d'incarner et d'assurer une couverture médiatique forte. Mais la réalité n'est-elle pas différente?

J'ai la conviction qu'en 2016, les aspirations des clients, y compris sur les marchés moins matures que l'Europe ou le Japon, ont bien changé. En 2016, ce n'est plus vraiment le rêve et le glamour qui sont les principaux vecteurs d'achat mais bien le contenu horloger et la cohérence de ce contenu avec les prix pratiqués. En d'autres termes, le produit, qui se doit d'être créatif et audacieux (les clients veulent s'amuser!) devient l'élément central. C'est au bout du compte une excellente nouvelle.

De plus, les clients, qui progressent chaque jour dans la compréhension du marché horloger, ont de plus en plus de mal à comprendre les dépenses liées à de tels événements qui peuvent au final être contre-productives. Rien de pire que les pages "événements" dans certains magazines horlogers qui ne font qu'accréditer aux yeux de certains la thèse selon laquelle les prix élevés sont dus à des coûts "marketing et communication" somptuaires. Je ne parle même pas des ambassadeurs qui ont assurément fait vendre des montres il y a quelques années  mais dont l'impact est aujourd'hui nul voire même négatif sur la clientèle qui aime de moins en moins le rattachement à une personnalité de l'objet convoité.

Ces côtés négatifs seraient facilement balayés si l'événement remplissait pleinement son rôle de support de communication efficace au produit, notamment sur les réseaux sociaux. Et d'après moi, c'est là que réside le principal problème.

24 heures après le lancement, j'ai analysé les images sur Instagram utilisant le hashtag officiel: #piagetpolos. La présence des stars et autres ambassadeurs, dont les comptes Instagram sont puissants a remisé dans les oubliettes les photos des médias plus horlogers. L'analyse des meilleures publications du hashtag est édifiante. Seules des photos non horlogères, à l'exception d'un wristshot éloigné, ressortent:


(les meilleurs publications du hashtag #piagetpolos telle qu'observées le 15 juillet vers 22h00 témoignent d'une communication orientée life-style au détriment d'une approche plus horlogère)

Or, la Polo S mériterait, pour les raisons évoquées plus tôt et compte tenu de son statut de produit d'appel, un vecteur bien plus horloger. Car il faut expliquer pourquoi cette montre est intéressante. Son inspiration "Emperador Coussin". Le boîtier et le bracelet en acier. Ses mouvements de manufacture pour des prix contenus. Ces images ne traduisent rien de tout cela et pourraient être associées à n'importe quelle autre montre.

La Polo S chronographe au poignet:


Et si elle trouvait son inspiration dans cette Emperador Coussin qui est ici portée de façon décontractée avec ce NATO?



Et puis, comment ne pas évoquer l'illusion créée par la clientèle life-style? Les marques traditionnelles horlogères, dans leur recherche de relais de croissance, misent beaucoup sur cette clientèle. Malheureusement une communication adaptée, telle que mise en oeuvre sur Instagram ne suffit pas. Cette clientèle veut s'amuser à des prix beaucoup plus bas que ceux pratiqués habituellement par les marques. Ne tournons pas autour du pot: les marques des grands groupes n'ont aujourd'hui ni les produits ni la flexibilité ni les tarifs pour véritablement séduire ces nouveaux clients. Ces derniers ont même l'impression d'acheter un produit plus exclusif (et donc plus valorisant) avec une montre de quelques centaines d'euros d'une petite marque issue d'un projet Kickstarter qu'avec une montre d'une marque reconnue.

Lancée mondialement en juillet, la Polo S ne sera disponible en boutique qu'à la rentrée. Le décalage entre la date de lancement et le moment où la montre sera disponible pour ceux qui n'ont pu se rendre à New-York est beaucoup trop important et crée une frustration. Et cette frustration se ressent à travers les commentaires de certains qui ne furent pas invités à New-York... C'est un autre effet pervers: les langues se délient lorsqu'on ne fait pas partie des élus! Car il faut le savoir: les blogueurs ont de l'ego! Heureusement pour les Français, Piaget a organisé un pré-lancement boutique en France si bien que les différents modèles Polo S sont disponibles d'ores et déjà dans notre beau pays. Je pourrai donc revenir dessus rapidement.

Tous ces éléments mis bout à bout m'incitent donc à penser que cette forme de lancement a vécu. Elle m'apparaît inefficace et inappropriée car à l'opposé des aspirations des clients. La période de crise actuelle crée une véritable opportunité: celle qui remet le produit et ses caractéristiques sur le devant de la scène. Une communication plus simple, plus horlogère avec des prototypes disponibles dans les principales villes pour assurer un vrai relai des médias, des blogs et des comptes Instagram qui comptent aurait été plus adaptée pour soutenir le lancement de la Polo S. Le buzz sans fondement horloger ne conduit pas forcément à un volume de vente conséquent. Le monde change, il faudrait que les marques réalisent que les recettes d'aujourd'hui ne sont plus celles du passé.

dimanche 3 juillet 2016

Omega: Seamaster Planet Ocean "Deep Black"

Omega s'est installé à compter du 25 juin jusqu'au 20 août au sein de l'Atrium du Printemps de la Mode à Paris. Cette mise en scène célèbre le partenariat entre la marque horlogère et le CIO et son rôle de chronométreur officiel des Jeux Olympiques. Ecrans et anneaux olympiques sur les murs, piste d'athlétisme sur le sol, plots de départ sur les côtés, Omega a entièrement redécoré l'Atrium aux couleurs des Jeux et profite de l'occasion pour animer un atelier horloger et présenter ses dernières nouveautés. 

La décoration de l'Atrium du Printemps:


L'élément aquatique fait partie des composantes essentielles des Jeux Olympiques avec notamment les épreuves de natation ou de voile. C'est peut-être la raison pour laquelle Omega attendit la proximité avec les Jeux Olympiques et le cocktail d'inauguration de l'Atrium pour présenter en France ses toutes nouvelles Seamaster Planet Ocean "Deep Black" qui constituent une belle démonstration du savoir-faire de la marque et de façon plus large, du Swatch Group.


En effet, les Planet Ocean "Deep Black", disponibles en quatre versions, sont bien plus que des évolutions de montres existantes. Elles se distinguent par leurs boîtiers et leurs cadrans en céramique noire et par l'utilisation du calibre 8906 dont la certification Master Chronometer  a été approuvée par le METAS. Ces caractéristiques sont dans la ligne de l'orientation stratégique de la marque qui oeuvre à l'amélioration constante des produits grâce à une approche innovante des matériaux et à l'augmentation significative de la part des montres certifiée Master Chronometer dans le catalogue.


Compte tenu de leurs boîtiers en céramique noire, les Planet Ocean "Deep Black" peuvent être considérées comme une sorte de prolongement du développement de la Speedmaster "Dark Side of the Moon". Cependant, des contraintes supplémentaires inhérentes aux caractéristiques d'une montre de plongée doivent être gérées. Le boîtier doit ainsi résister à une pression correspondant à une profondeur de 600 mètres et la lisibilité des informations nécessaires pour la sécurité de la plongée doit demeurer optimale. L'avantage de la céramique est la résistance aux rayures et sa stabilité. Ici, pas besoin de revêtement pour obtenir cette couleur noire. En revanche, demeure le point d'interrogation sur le risque de casse de la céramique en cas de choc violent.


La finition du boîtier, usiné à partir d'un unique bloc de céramique, est excellente et témoigne de la maîtrise d'Omega sur le sujet. Les boîtiers proposent une finition brillante sur les versions black et or Sedna tandis que les versions rouge et bleu se distinguent par leurs finitions brossées. Dans les deux cas, le rendu de la céramique est très agréable et la dominante noire parvient tout de même à réduire la taille perçue ce qui est une bonne nouvelle. L'épaisseur demeure toutefois relativement conséquente et j'ai préféré faire glisser la chemise légèrement sous la montre pour porter cette dernière avec aisance.

La version bleu:


La lunette unidirectionnelle utilise pour son échelle de plongée selon les versions soit du Liquidmetal, soit du Ceragold soit du caoutchouc. Sa manipulation est agréable avec une bonne prise en main et offrant la fermeté requise pour des raisons évidentes de sécurité. 

Le cadran est également réussi. Les index et aiguilles se détachent nettement et j'apprécie la texture du fond en céramique. Je ne sais pas si c'est la proximité des Jeux Olympiques qui a forcé cette décision mais Omega fit le choix de rajouter une complication avec l'affichage d'un second fuseau horaire grâce à une aiguille supplémentaire. Je dois avouer que de prime abord, je n'étais pas emballé par l'idée craignant un risque de confusion. Heureusement, la luminescence a été étudiée en conséquence et l'aiguille du second fuseau se distingue nettement de la trotteuse et évidemment de l'aiguille des minutes. Omega a d'ailleurs eu l'excellente idée d'apposer une luminescence spécifique sur cette aiguille des minutes qui se reconnaît en une fraction de seconde. Le rehaut sert de base à l'échelle du second fuseau et réduit l'ouverture du cadran. C'est de nouveau un bon point permettant de contrôler la taille perçue. Au bout du compte, l'affichage du second fuseau ne m'a pas dérangé et complète les fonctions de la montre avec une complication utile et intéressante.

La version rouge:


La couronne de droite, qui est facile à utiliser, est dédiée aux fonctions de la montre. La couronne de gauche  correspond à la valve à hélium. 

Le fond du boîtier permet d'apprécier le calibre 8906 et son architecture contemporaine. Il est tout de même rare de pouvoir observer un mouvement dans le contexte d'une montre étanche à 600 mètres et anti-magnétique. J'aime ainsi l'imposant pont de balancier traversant ainsi que la forme particulière des bras du balancier (dont le spiral est en silicium). Certification METAS oblige, le mouvement est résistant aux champs magnétiques jusqu'à 15.000 gauss. Les deux barillets n'ont pas la vocation première d'augmenter la réserve de marche puisque cette dernière se situe autour de 60 heures. Omega a travaillé en priorité sur l'efficacité du remontage et sur le couple afin d'assurer de bonnes performances chronométriques. Enfin, la décoration simple et efficace en Côtes de Genève en arabesque fonctionne bien avec la présentation du mouvement qui apparaît comme cohérent et bien pensé. A noter qu'Omega a veillé à ce que les inscriptions à l'arrière du boîtier soient toujours alignées de la même façon grâce au système Naiad Lock.

La version or Sedna:


Quatre versions de la Planet Ocean "Deep Black" sont donc disponibles: noir, or Sedna, rouge et bleu. Mes versions préférées sont incontestablement celle en or Sedna, la plus raffinée et celle à détails bleu que je trouve très séduisante. Dans tous les cas, le bracelet caoutchouc assure le bon maintien au poignet et les montres se portent avec confort malgré leur épaisseur.

Il est toujours délicat d'apporter un jugement définitif sur une montre de plongée car seul un test en situation permet d'apprécier ses performances, son efficacité et donc sa réussite. De mon point de vue, la Planet Ocean "Deep Black" possède tous les ingrédients d'une excellente montre de plongée. Elle est également séduisante dans un usage moins extrême, plus urbain même si sa taille et son épaisseur lui donnent un côté assez radical. Elle n'offre clairement pas, selon moi, la polyvalence esthétique que certaines montres de plongée, comme la Seamaster 300, peuvent avoir. D'un autre côté, le rendu très réussi du boîtier et du cadran en céramique noire et la présence d'une complication utile sont des arguments favorables pour des clients à la recherche d'une pièce de caractère mais non dénuée d'un certain raffinement.

La version noir:


Les plus:
+ la finition du boîtier en céramique noire
+ la présence d'une complication utile
+ les performances du calibre 8906
+ le confort au porter malgré le gabarit

Les moins:
- le gabarit ne la rend pas adaptée à tous les poignets
- j'ai toujours un point d'interrogation sur la céramique relatif au risque de casse en cas de choc violent

IWC: quelques mots sur l'Ingénieur Calendrier Perpétuel Digital

La semaine passée, la boutique IWC de la rue de la Paix organisa à l'attention de ses clients et en partenariat avec Mercedes-Benz le test de plusieurs véhicules de la gamme Mercedes-AMG dans les rues de Paris. Cet événement, qui fut très apprécié par les invités, rappelle le fort lien qui existe entre la marque à l'étoile et la manufacture de Schaffhouse. Il me donna l'occasion de revoir l'Ingénieur Calendrier Perpétuel Digital. En effet, une montre de la collection Ingénieur me semblait être toute indiquée dans ce contexte automobile... et tant qu'à faire, autant choisir une des plus compliquées!

Votre serviteur avec l'Ingénieur Calendrier Perpétuel digital au poignet:


 

Les Mercedes-AMG attendent leurs conducteurs devant la boutique IWC de la rue de la Paix:


On a tendance à l'oublier mais IWC a fortement travaillé sur le développement de ses mouvements lors de ces dernières années et un des calibres les plus intéressants issus de la Manufacture est assurément le 8980x que nous retrouvons dans plusieurs montres des collections Da Vinci, Montres d'aviateurs, Portugieser, Ingénieur et Aquatimer (soit toutes les collections du catalogue sauf la Portofino). Ce calibre est intéressant du fait de ses performances mais également parce qu'il permet une organisation originale du cadran. A ce titre, il redéfinit l'architecture traditionnelle des cadrans des montres chronographe à calendrier perpétuel.

L'organisation particulière du cadran avec les deux affichages digitaux qui se détachent nettement:


 C'est ce que j'apprécie le plus dans ce calibre. Il se reconnaît au premier coup d'oeil non pas à l'observant à l'arrière de la montre mais grâce aux deux affichages digitaux sur le cadran. Les quantièmes et les mois sont en effet indiqués à travers deux double-guichets qui assurent une lisibilité optimale des informations calendaires. J'apprécie ainsi beaucoup que l'information principale, les quantièmes (car après tout, telle est le rôle d'un mécanisme à quantièmes perpétuels: afficher les quantièmes de façon exacte sans devoir intervenir sur le réglage de la montre) soit si facilement accessible. J'ai toujours tendance à penser qu'une montre à quantièmes perpétuels dont la date est extrêmement difficile à lire perd de son intérêt.


L'autre plus-value liée au calibre 8980x (dont la réserve de marche se situe autour de 68 heures) est l'intégration des données du chronographe (avec retour en vol) sur le cadran. Les compteurs des heures et des minutes sont regroupés dans un unique sous-cadran à douze heures. Cette présentation est très agréable à l'usage et peut même servir en tant que second fuseau horaire si le chronographe est lancé au bon moment et maintenu en permanence en fonctionnement. La contrepartie d'une telle organisation de cadran orientée vers l'efficacité et la lisibilité est que la trotteuse du chronographe est sacrifiée. Certes, elle est toujours présente mais les sous-cadrans de l'Ingénieur coupent la graduation périphérique qui de toutes les façons, ne comporte pas les intervalles entre les secondes. Dans ce contexte, la mesure au 8ième de seconde n'est guère possible.


C'est cependant dans le contexte de l'Ingénieur que je préfère le mouvement, principalement pour une raison de cohérence entre l'esthétique de la montre et la complication. Je trouve que les affichages digitaux se marient parfaitement avec ce style profondément marqué par l'univers automobile. La montre est imposante (le diamètre est de 46mm) et épaisse (17mm) et dans ce contexte, la présentation du cadran correspond bien au sentiment de puissance que le boîtier dégage. Ce dernier est en aluminure de titane et la montre se positionne bien sur le poignet, le bracelet étant en contact avec le boîtier. Lors du changement d'année, les trois affichages liés au calendrier perpétuel (les deux double-guichets et le guichet simple de l'année bissextile) se mettent en mouvement et animent de façon simultanée le cadran. Les effets de semi-transparence de ces affichages ne s'apprécient pas uniquement lors de ce moment précis. Ils apportent une touche esthétique technique en dévoilant subtilement les mécanismes côté cadran du calibre 89802.


J'apprécie donc cette Ingénieur Calendrier Perpétuel Digital. Elle est bien entendu excessive compte tenu de son gabarit mais je ne perçois pas ce point comme un défaut car il renforce l'atmosphère automobile et de puissance de la montre. La décoration du mouvement, sans être spectaculaire, est elle aussi en adéquation avec cette atmosphère, la masse oscillante étant inspirée par les rayons d'une jante. Ce sont tous ces détails qui mis bout à bout m'incitent à penser qu'elle est la meilleure interprétation du mouvement 8980x d'IWC. Au-delà de la dimension pratique, les affichages digitaux contribuent à la réussite esthétique de l'ensemble.


Merci à l'équipe IWC France.