lundi 17 avril 2017

Une application à découvrir: Watch Essentials par la Fondation de la Haute Horlogerie

La Fondation de la Haute Horlogerie, par le biais de la HH Academy, vient de lancer une application disponible sur Apple Store et Google Play Store: Watch Essentials. Cette application a un double objectif. Elle s'adresse aux néophytes qui peuvent acquérir des notions de base sur les montres mécaniques et les caractéristiques du segment de la haute-horlogerie. Mais les amateurs confirmés peuvent également la parcourir pour rafraîchir leurs connaissances.

L'application, disponible en plusieurs langues, est à la fois ludique, didactique. Les 9 modules qui la composent permettent d'obtenir un aperçu complet de la culture horlogère. Certes, il ne s'agit que d'un verni mais la plus grande vertu de l'application est de donner envie d'en savoir plus. Watch Essentials remplit donc la mission d'éducation de la Fondation de la Haute Horlogerie.

L'application a été construite avec intelligence. Chacun des thèmes abordés (Terminologie, Habillage, Fonctionnement, Matériaux, Introduction aux complications, Décoration, Histoire,  Acteurs du marché, Culture et excellence) est structuré de façon similaire: selon les cas, un jeu de questions & réponses, une vidéo, une animation plantent le décor et apportent les informations de base. Puis un quizz permet de valider les connaissances apprises lors du parcours du module. Il est obligatoire d'atteindre un certain pourcentage de bonnes réponses afin de considérer le module comme accompli. Si c'est le cas, le taux de progression de l'application augmente et un fichier pdf récapitulatif est envoyé par email. Etape par étape, en fonction de l'avancement dans les différents modules, les utilisateurs de l'application bâtissent leurs montres virtuelles en choisissant ses composants.

Le reporting qui assure ce suivi est donc stimulant et nous incite à poursuivre la progression dans l'application. Cette motivation permanente n'est pas anodine car une récompense est au bout du chemin pour les plus rapides! En effet, les 1.000 premières personnes qui terminent le parcours se voient offrir la possibilité de s'inscrire gratuitement au test validant la HH Certification. 

Watch Essentials est selon moi une belle réussite. Nullement rébarbative, elle rappelle de façon claire et rythmée les fondamentaux de l'horlogerie traditionnelle. J'ai particulièrement aimé le module dédié au fonctionnement car extrêmement clair. L'utilisation d'un mouvement Lange pour illustrer le module consacré à la décoration est également judicieuse. J'aurais cependant apprécié plus de profondeur dans la partie dédiée aux complications, notamment sur leurs fonctionnements. Mais l'application vient juste d'être lancée et je suis sûr qu'elle fera l'objet dans le futur de plusieurs mises à jour et que son contenu sera enrichi. En attendant, je recommande vivement le téléchargement de Watch Essentials pour apprendre ou réviser tout en s'amusant.

Les explications simples et claires du module fonctionnement:


L'introduction aux complications:


L'utilisation d'un mouvement Lange permet d'illustrer efficacement les différentes techniques décoratives:


Les personnalités, dates et innovations clé sont rappelées dans le septième module: 


Le module dédié aux acteurs de l'horlogerie décrit le marché actuel:


Une fois que le quizz du module est franchi avec succès, le taux de progression de l'application monte. Il est possible de recevoir une fiche récapitulative au format pdf:


 J'adresse mes félicitations à l'équipe de la HH Academy pour cette belle réussite.

dimanche 9 avril 2017

Baselworld 2017: Rolex

J'ai envie de qualifier très simplement la collection 2017 de Rolex. Elle est pour moi solide et réaliste. Solide car elle concerne plusieurs lignes du catalogue et a pour vocation à étendre et renforcer le succès de la marque au-delà des références clé de la marque. Réaliste car en proposant des déclinaisons en acier de la Sky-Dweller et de la Datejust 41, Rolex se veut compétitif et conquérant dans un marché ultra compétitif. L'exemple de la Sky-Dweller est à ce titre très révélateur. La montre est une des plus innovantes de la manufacture avec son astucieux sélecteur à la lunette et son affichage original des mois. Elle regroupe deux complications utiles, le calendrier annuel et l'affichage du second fuseau, le tout pour un prix de 13.150 euros TTC ce qui, dans le contexte qualitatif de Rolex, est extrêmement attractif.

Et puis Rolex nous offre en même temps son cocktail habituel de surprise (le retour de l'affichage des phases de lune après des décennies d'absence) et de buzz avec la nouvelle Sea-Dweller qui suscita beaucoup d'émotions compte tenu de son diamètre élargi et de la présence de la loupe cyclope. L'essentiel est pourtant ailleurs. Cette collection 2017 n'est pas forcément la plus spectaculaire (je n'ai pas ressenti une émotion esthétique aussi forte comme avec l'Air-King de l'an passé) mais tout ce qui est présenté est intelligemment fait... et répond à l'attente des détaillants qui ne doutent pas du succès de certaines références. Voici un rapide tour d'horizon de ces nouveautés sachant que je reviendrai en détails sur certaines d'entre elles.

La Cellini héberge une nouvelle complication avec l'affichage des phases de lune qui fait donc son grand retour chez Rolex. La montre, disponible en or rose, profite de sa taille équilibrée (39mm) et de la présence permanente de la lune en météorite pour offrir un très joli cocktail harmonieux et poétique. La contrepartie de cet affichage permanent est qu'il nécessite une période d'accoutumance pour s'habituer à son fonctionnement. La date périphérique est également une très bonne idée, renforçant l'élégance de l'ensemble. Une belle réussite... Rolex détient enfin peut-être le véritable porte-drapeau de la collection Cellini.


La Yach-Master II est pour moi une montre paradoxale. C'est peut-être une des plus abouties techniquement mais elle ne semble pas posséder la même cote d'amour que d'autres références de la marque. Cela est sûrement dû à sa taille et à son style plus radical. J'aime cependant beaucoup cette montre et les petites différences esthétiques apportées sur la version 2017 visent à la rendre plus lisible et à renforcer son identité.  Je trouve que les nouvelles aiguilles lui vont bien.


La Sky-Dweller en version acier a fait l'unanimité. Le cadran est épuré et le retrait des chiffres romains lui confère un style plus actuel.  J'aime particulièrement la version à cadran bleu qui réduit la perception de la taille. Les deux complications sont intégrées avec style sur le cadran et le système de réglage, basé sur le sélecteur à la lunette est d'une grande facilité d'utilisation. La Sky-Dweller en acier est une montre qui offre beaucoup pour un prix attractif.


La Daytona en or (jaune, everose et gris) s'équipe du bracelet Oysterflex et de la lunette Cerachrom noire. Les trois versions sont visuellement très différentes. La version en or gris est la plus sage incontestablement. La version en or rose est la plus spectaculaire et originale. Mais ma préférée, de loin, est celle en or jaune. J'y retrouve, malgré ces deux éléments contemporains, une atmosphère presque rétro et pleine de charme. Le contraste entre l'or jaune et le noir ne m'a pas paru agressif (il m'a plus surpris sur la version en or rose) et j'ai été sous le charme de cette montre élégante et raffinée. Mais il faut dire que j'aime beaucoup l'or...





 

La Datejust 41 profite elle aussi d'un boîtier en acier et tout comme la Sky-Dweller, c'est la version à cadran bleu que je préfère. Un grand classique de Rolex qui a tous les atouts pour devenir un best-seller.


La star de l'année est assurément la nouvelle Sea-Dweller. Suscitant de nombreux commentaires du fait de son augmentation de taille et de sa loupe cyclope, la Sea-Dweller est pour moi le symbole d'une parfaite gestion de catalogue de la part de Rolex. Je trouve que la situation précédente était presque anormale avec finalement deux références proches ayant le même diamètre. Rolex propose maintenant une plongeuse avec un diamètre de 40mm, une autre avec un diamètre de 43mm et demeure la Deep-Sea avec son diamètre de 44mm. L'offre m'apparaît plus logique ainsi. La loupe cyclope fait partie de l'identité de la marque et sa présence ne me choque pas. Quant à la ligne rouge, elle contribue au mythe Rolex en étant la bougie d'anniversaire de la Sea-Dweller.


Pour finir, Rolex s'est aventuré sur un territoire plus coloré. Cette Yach-Master à lunette sertie est surprenante mais finalement plus portable que je l'imaginais au départ. Une montre à tendance estivale s'adressant à une clientèle mixte recherchant une touche précieuse.


Merci à l'équipe Rolex pour sa disponibilité.

vendredi 7 avril 2017

Exposition de montres Heuer à la boutique Tag Heuer de Paris Opéra (boulevard des Capucines)

La boutique Tag Heuer de Paris Opéra organise une exposition d'une douzaine de montres Heuer, en provenance du Musée ou appartenant à des collectionneurs, qui ont joué un rôle significatif dans l'histoire de la marque et qui ont servi, pour certaines d'entre elles, d'inspiration pour des rééditions. Cette exposition qui se déroule jusqu'au 28 avril rappelle l'extrême richesse de styles, de designs et de fonctions déployée par Heuer pendant plusieurs décennies. Derrière une complication commune (la quasi totalité des montres sont des chronographes), les pièces ainsi exposées apportent la preuve de la créativité  des équipes Heuer et témoignent également des tendances artistiques des différentes périodes. Mais dans chaque cas, se ressent le même leitmotiv: l'aspect pratique était prioritaire et  le confort d'utilisation était l'objectif poursuivi par toute évolution du design. Je vous propose de découvrir certaines de ces montres et vous encourage vivement à les voir à la boutique lors des prochains jours si vous êtes de passage sur Paris.

L'Autavia (contraction d'AUTomobile et AVIAtion) de 1964 est le premier chronographe de poignet à utiliser une lunette tournante créée par Jack Heuer:


La Silverstone de 1974 fut portée par Clay Regazzoni. J'aime beaucoup cette couleur "Bordeaux" qui ne fut pas utilisée lors des rééditions.


Le cadran de cette Daytona de 1976 a pris un aspect absolument charmant:


Cette Monza de 1976 créée pour Niki Lauda, champion du monde de Formule 1 inspira la réédition de la Monza de 2016 qui gagna une récompense lors du dernier Grand Prix d'Horlogerie de Genève.


La Monaco de 1969 fut portée par Steve McQueen sur le tournage du film "Le Mans" en 1970:


Une de mes pièces préférées de l'exposition est la Carrera de 1972 qui rend hommage à la "Carrera Panamericana":


Très marquée par son époque, la Montréal de 1972 célèbre le pilote canadien Gilles Villeneuve:


Des circuits de Formule 1 jusqu'à la mer, il n'y a qu'un pas, aisément franchi par la Skipper de 1985 qui intègre un compte-à-rebours de régate: 


Enfin, je fus séduit par la pureté de la Camaro de 1970:


Merci à l'équipe de la boutique Tag Heuer de Paris Opéra pour son accueil.


mercredi 22 mars 2017

Parmigiani: Toric Chronomètre

Je vais vous faire un aveu: malgré ses qualités, je suis plutôt insensible à la Tonda 1950. Peut-être que je la trouve trop sage malgré l'intérêt de son mouvement à micro-rotor. Avant le SIHH 2017, je me retrouvais donc dans la situation où Parmigiani avait du mal à me convaincre dans son entrée de gamme et dans son offre de montres à 3 aiguilles. Mais tout a changé avec la présentation de la Toric Chronomètre. Certes, comme elle n'est actuellement disponible qu'en or, son prix se situe bien au-delà de la Tonda 1950 en acier. Mais elle devient une proposition crédible dans le segment très encombré des montres simples de haute horlogerie.


La Toric, première montre dessinée par Michel Parmigiani, est généralement dédiée aux complications prestigieuses de la marque. Cependant, la simplicité lui va à ravir et elle a même tendance à profiter pleinement de cette approche très épurée. Le style Topic possède en effet des éléments caractéristiques comme sa lunette cannelée et ses aiguilles Javelot et ces éléments sont mis en valeur par cette sobriété de bon ton. Certes la luminescence sur les aiguilles peut surprendre dans le contexte d'une montre habillée alors que les autres composantes de la lecture du temps n'en possèdent pas. Mais ce détail est bien à l'image de ce qu'est cette Toric: sage mais pas trop. De plus, la position des aiguilles suffit à deviner l'heure dans le noir même en l'absence de repères.


Le travail sur le boîtier, disponible en or gris ou en or rose, est particulièrement réussi. La lunette cannelée attire immédiatement le regard mais elle ne doit pas faire oublier les lignes élancées du boîtier. Avec un ratio diamètre (40,8mm) sur épaisseur (9,5mm) plutôt élevé, la montre semble fine sans toutefois perdre du caractère et de la présence sur le poignet. J'aime le travail sur les cornes qui sont à la fois galbées et nerveuses. La cannelure est dans le contexte de la Toric Chronomètre simple et étroite alors que certaines Toric compliquées du passé pouvaient en proposer des doubles et rendre la lunette épaisse. De fait, l'ouverture du cadran est ici harmonieuse contribuant à la sensation générale d'équilibre.


Le cadran est faussement simple et permet aussi de retrouver des détails typique du style Toric comme la forme des chiffres. La minuterie périphérique est  allégée afin d'aérer le cadran. Elle offre ainsi une excellente lisibilité et devient le complément idéal de la grande trotteuse qui prend tout son sens dans une montre chronomètre.  Deux couleurs de cadran sont disponibles avec les deux matériaux du boîtier: soit blanc grené, soit noir. Le cadran grené est très intéressant car il apporte une petite touche d'originalité du fait de sa texture. J'ai également apprécié son rendu "ivoire" qui lui permet de se marier particulièrement bien avec le boîtier en or rose. Le cadran noir est plus traditionnel et son meilleur compagnon est le boîtier en or gris. Dans chacun des cas, Parmigiani prit la décision d'insérer un guichet de date à la forte présence visuelle. Le guichet de date, je m'en passe aisément et je pense que cette montre à l'esprit chronométrique aurait pu exister sans. Comme toujours, les contraintes commerciales et l'aspect pratique imposèrent sa présence. Le guichet se détache nettement du cadran pour plusieurs raisons: sa couleur contraste avec celle du cadran, il est particulièrement large et il est joliment entouré par une fine applique en or rose. Je n'aime généralement pas ces guichets en éventail qui affichent plusieurs chiffres mais la recette fonctionne ici. D'abord parce que ce type de guichet est cohérent avec le style Parmigiani, ensuite parce qu'il est à l'image de la Toric Chronomètre en apportant une touche de caractère. Les aiguilles Javelot et la trotteuse au contre-poids en croissant de lune complètent avec élégance et singularité le spectacle réussi proposé par le cadran.


Les designers ont bien travaillé puisque côté cadran, je n'ai pas ressenti le fait que le mouvement PF331, d'un diamètre de 25,6mm est petit pour le boîtier. C'est évidemment visible à l'arrière de la montre qui propose un fond transparent, sans que cela soit véritablement choquant. L'utilisation du mouvement PF331 est un gage de fiabilité et de pérennité. Ce mouvement de base est utilisé depuis plus de 15 ans par Parmigiani et il a fait ses preuves sur la durée. Il est équipé d'un double-barillet dont l'objectif principal est de donner du couple, plus que d'augmenter la réserve de marche (de 55 heures). Sa fréquence est de 4hz. Il est décoré avec sobriété et avec soin. J'apprécie notamment la décoration de la masse oscillante en or et la continuité des Côtes de Genève. L'indication "chronomètre" pourtant présente côté cadran se retrouve aussi à l'arrière de la montre. Une preuve que la certification COSC est un élément important dans la démarche de Parmigiani.


Mes versions préférées de la Toric Chronomètre sont celles à cadran blanc grené en or rose et à cadran noir en or gris. L'une est chaleureuse, l'autre est sobre et discrète. Cependant, chaque version possède suffisamment de charme pour être séduisante. Dans tous les cas, j'ai été très convaincu par ce cocktail bien dosé entre simplicité et originalité. Le parcours de la grande trotteuse procure beaucoup de plaisir et les détails du boîtier et du cadran rendent la montre passionnante à observer. Une vraie réussite de la part de Parmigiani.


Merci à l'équipe du Salon Parmigiani de Paris - Palais Royal.

Les plus:
+ une réussite esthétique combinant élégance et originalité
+ le mouvement PF331, fiable et éprouvé
+ la certification COSC

Les moins:
- le mouvement est petit pour le boîtier