mardi 24 février 2015

Lange & Söhne: 1815 "200th Anniversary F.A. Lange"

Ces derniers mois, les cadrans noirs reviennent en force chez Lange & Söhne: après la Lange One Tourbillon Handwerkskunst, la Langematik Perpetual en or gris, voici donc la 1815 "200th Anniversary F.A. Lange" qui propose un cadran de la même couleur. Cette montre en série limitée qui célèbre le deux centième anniversaire de la naissance de Ferdinand Adolph Lange répond au souhait de très nombreux amateurs de la marque qui regrettaient l'absence d'un cadran se distinguant par rapport aux cadrans argentés des 1815 en or de la collection permanente ou au cadran rhodié de la première série limitée platine.


Le cadran noir argenté de cette 1815 est une vraie réussite. A la fois profond et lumineux, il met en valeur la beauté simple de cette montre et la transforme esthétiquement. Elle apparaît comme plus contenue, plus subtile et j'apprécie particulièrement le contraste entre les aiguilles en or rhodié et le cadran.

Cette série limitée avait peu de chance d'être ratée car la 1815 40mm demeure, quelques années après sa première présentation, une des plus belles montres 3 aiguilles du marché. Grâce à sa taille et à ses proportions, élancée sans être fine, elle n'est pas dénuée de caractère et se révèle bien plus homogène et polyvalente qu'elle pourrait le suggérer. Son cadran à plusieurs niveaux est un modèle de raffinement qui comporte tous les ingrédients caractéristiques de la ligne 1815: le chemin de fer périphérique, les chiffres arabes, les marqueurs des quarts d'heure sans oublier le 6 partiellement recouvert par le sous-cadran de la trotteuse.


Mais la 1815 n'est pas seulement convaincante du point de vue esthétique: elle l'est également à l'usage grâce au plaisir que procure son mouvement  L051.1. Le remontage quotidien est une expérience très agréable grâce à la douceur de la manipulation de la couronne. La qualité de l'exécution se ressent dans les finitions mais également à travers ces petits gestes comme la mise à l'heure. 


Le mouvement L051.1 est décoré selon les standards de la marque et même si je peux regretter que la platine 3/4 recouvre certains éléments mobiles comme la roue de couronne ou le rochet, il n'en demeure pas moins un régal pour les yeux grâce notamment aux couleurs du maillechort, la raquetterie en col de cygne et la gravure du pont du balancier. Le mouvement L051.1 se distingue de celui de la première 1815 grâce à son diamètre plus important (30,6mm) mieux adapté à la taille de la montre et à la réserve de marche de 55 heures.

Belle, agréable au porter et à l'usage, proposant un cadran noir envoûtant, la 1815 "200th Anniversary F.A. Lange" a donc tout de la montre en série limitée parfaite. Je pourrais en rester là et célébrer sans restriction le grand retour du cadran noir dans le contexte de la 1815. Le problème est que justement, ce qui me satisfait avec des marques plus communes m'apparaît comme sujet à discussion avec ma manufacture préférée. En d'autres termes, je suis beaucoup plus exigeant avec Lange et ce d'autant plus quand on connaît ce que furent ses montres en série limitée dans le passé.


Car j'ai beau prendre la 1815 "200th Anniversary F.A. Lange" par tous les bouts, elle n'est après tout qu'une déclinaison de la 1815 platine existante avec comme unique changement la couleur du cadran. Le résultat est spectaculaire et magnifique certes. Mais il fut un temps, pas si éloigné, où une série limitée chez Lange était synonyme d'une nouvelle complication (1815 Kalenderwoche, 1815 Emil Lange) ou d'une approche esthétique vraiment différente (1815 Walter Lange et son fond cuvette, Langematik Anniversary et son cadran en émail). Dans le cas de cette toute dernière montre, Lange donne l'impression d'utiliser une recette déjà connue et éprouvée. D'ailleurs, la première 1815 a fini sa carrière avec un boîtier en or gris et un cadran noir. Je me retrouve donc face à un paradoxe. La 1815 "200th Anniversary F.A. Lange" est une montre magnifique mais décevante en tant que série limitée non pour ce qu'elle est mais pour ce qu'elle représente: une solution de facilité pour une manufacture au potentiel bien supérieur.


Merci à l'équipe de la boutique Lange de Paris.

Les plus:
+ la beauté du cadran noir, à la fois lumineux et profond
+ le plaisir de retrouver le mouvement L051.1
+ le diamètre de 40mm est plus adapté que celui de 38,5mm car le cadran réduit la perception  de la taille
+ une montre élégante mais polyvalente

Les moins:
- c'est une très belle montre... de collection permanente, Lange se doit de retrouver son audace passée en matière de série limitée.

lundi 23 février 2015

Breva: Génie 03

De prime abord, la Génie 03 semble être la montre la plus simple de Breva. Après tout, sa "complication" originale consiste en l'intégration d'un anémomètre que le propriétaire de la montre peut activer grâce à un poussoir. Certes, cette intégration n'est pas aisée mais les difficultés techniques inhérentes aux fonctions des Génie 01 et 02 qui dérivent de la mesure de la pression de l'air apparaissent comme plus ardues. Il serait cependant beaucoup trop réducteur de considérer la Génie 03 comme une Breva simplifiée. Tout d'abord parce qu'elle conserve ce qui fait la force de la marque, à savoir le jeu et l'interaction avec un élément naturel. Ensuite parce qu'elle utilise le premier mouvement entièrement développé en interne. Enfin, parce qu'elle recèle quelques surprises qui démontrent que la marque de Vincent Dupontreué gagne en maturité.


La force de la Génie 03 est également sa faiblesse. En incorporant l'anémomètre dans le boîtier, Breva réussit un joli tour de force car un tel instrument nécessite une certaine taille et des coupelles efficaces et opérationnelles. Lorsqu'il demeure logé dans son emplacement, il décore joliment la partie droite de la montre et ne dépasse quasiment pas du boîtier. L'inconvénient est qu'il réduit significativement la place dédiée à l'affichage du temps et à d'autres fonctions. La contrainte pour Breva fut donc de rassembler le maximum d'information sur le côté gauche de la montre ce qui peut s'avérer gênant pour les personnes qui portent la montre sur le poignet gauche.


Du point de vue fonctionnel, la mission est accomplie puisque la Génie 03 propose sur cette moitié de cadran, un sous-cadran dédié à l'affichage du temps avec une seconde centrale, un balancier apparent et un astucieux indicateur de réserve de marche. Malgré la concentration des informations, l'ensemble demeure lisible et surtout très animé! En sus du parcours de la trotteuse et des oscillations du balancier, se distingue le comportement de la roue d'échappement. Le sous-cadran surélevé met au premier plan les heures et les minutes qui deviennent facilement accessibles même en l'absence d'une graduation des minutes. Au-delà des animations, cette partie de la montre propose de jolis effets de profondeur et de relief qui contribuent à la réussite esthétique de l'ensemble. L'autre élément intéressant est la lecture directe grâce au ressort du barillet de la réserve de marche ce qui permet également de profiter de l'observation de l'impact du remontage à la couronne du mouvement.


La partie droite de la montre est donc dédiée au fameux anémomètre. Une fois dévissé, le poussoir à deux heures permet de l'activer en le faisant sortir de son emplacement. L'épaisseur de la montre passe alors à 23,5mm contre 17,5mm lorsqu'il est rangé. Le principe de l'anémomètre est simple: il mesure la vitesse du vent et l'affiche de façon instantanée lorsqu'elle est stabilisée. Grâce à cet instrument, la personne qui porte la Génie 03 peut lire directement sur la graduation sa vitesse de déplacement si elle est en mouvement ou tout simplement la vitesse du vent si elle est immobile. La plage de lecture est comprise entre 20 et 200 kilomètres à l'heure. Une fois la vitesse mesurée, une pression sur l'anémomètre permet de le ranger sans oublier pour des raisons de sécurité et pour éviter toute ouverture intempestive, de visser le poussoir.


L'arrière de la montre suit les courbes du cadran et propose un convertisseur des km/h en mph pour réconcilier le monde anglo-saxon avec le reste de la planète. Mais le plat de résistance est évidemment le micro-rotor qui symbolise au moins deux premières pour Breva. En effet, le mouvement BRE03.001 qui équipe la Génie 03 est non seulement le premier mouvement automatique utilisé par la marque mais également le premier intégralement développé en interne. Je rappelle que les précédents avaient été conçus avec Chronode, la société de Jean-François Mojon. Ce mouvement d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 60 heures  recèle un potentiel très intéressant du fait de son architecture (balancier côté cadran, emplacement disponible pour des complications complémentaires) et de son efficacité au remontage qui peut être jugée grâce à l'indicateur de réserve de marche. Je suis par conséquent à peu près certain que je le retrouverai dans d'autres contextes. Breva possède dorénavant son mouvement de base exclusif. C'est une excellente nouvelle pour le développement de la marque.


La Génie 03 se démarque de ses deux devancières par son style plus sportif accentué par la présence de l'anémomètre. Ses dimensions sont cohérentes avec l'ensemble de la gamme de Breva et je retrouve ainsi le diamètre du boîtier en titane de 44,70mm. Seule l'épaisseur est légèrement supérieure du fait de la présence de l'instrument additionnel mais la différence n'est pas significative par rapport aux autres montres de la collection. Si le confort au porter est toujours au rendez-vous (à condition d'avoir le poignet à la taille adaptée), je suis moins séduit, comme sur la Génie 02, par les pièces de bout qui ont tendance, selon moi, à alourdir esthétiquement la montre. De plus, si le sous-cadran de l'affichage du temps n'est pas plus petit que sur les deux autres Génie, l'omniprésence de l'anémomètre réduit la perception de sa taille. La Génie 03 est ainsi plutôt déroutante au poignet  mais c'est ce qui fait son intérêt. Malgré son indication de l'heure classique, elle donne vraiment l'impression d'être une drôle de machine et c'est tout de même un sentiment très agréable à condition d'adhérer au concept.


Malgré ses imperfections, la Génie 03 apporte une nouvelle preuve du potentiel de Breva car elle introduit le mouvement de base qui constituera dans le futur un atout significatif pour la marque.

Les plus:
+ le premier mouvement entièrement développé en interne à micro-rotor
+ les animations de la partie gauche du cadran
+ l'indicateur de réserve de marche à lecture directe
+ l'anémomètre peut sembler anecdotique mais il offre une interaction avec un élément naturel

Les moins:
- l'anémomètre a tendance à écraser le cadran de sa présence
- les pièces de bout alourdissent l'esthétique de l'ensemble

dimanche 22 février 2015

Christophe Claret: Aventicum

L'Aventicum n'est sûrement pas la montre la plus compliquée du point de vue mécanique de la part de Christophe Claret. Elle est en revanche une des plus ambitieuses du point de vue esthétique et une des plus originales compte tenu du thème qu'elle aborde. Elle incarne également l'implication personnelle de Christophe Claret auprès du musée de la ville d'Avenches qui fut 2000 ans plus tôt la capitale de l'Helvétie romaine. A travers cette montre et son thème central (au sens premier comme au sens figuré), il souhaite donner un coup de projecteur sur la richesse du patrimoine du musée archéologique romain afin que ce dernier puisse démarrer la construction d'un nouveau bâtiment.  Il ne s'agit pas d'une simple posture de la part de l'horloger français puisque son engagement vis-à-vis du musée s'est déjà exprimée à travers le financement du tournage d'un film en 3D détaillant les plus belles pièces de ce patrimoine qui malheureusement, faute de place, demeure pour une très grande partie inaccessible au public.


Une des pièces majeures du musée d'Avenches est le buste en or massif de Marc Aurèle. Une telle oeuvre, dans cet état de conservation, est en effet extrêmement rare puisque la plupart des bustes en métal précieux furent fondus ou transformés. L'idée est donc venue chez Christophe Claret d'utiliser toute la dimension symbolique de ce buste pour en faire une montre rendant hommage au musée et de façon plus large, au monde antique. Un tel thème est rarement abordé dans l'horlogerie et il fallait tout le talent d'un Christophe Claret pour éviter de tomber dans le kitch. Si l'Aventicum est une montre réussie, c'est bien parce qu'elle met en scène les différents éléments qui la composent et que l'affichage du temps a été adapté à son contexte.


Tout le principe de l'Aventicum a été de rendre le plus spectaculaire possible la représentation du buste. L'original étant impressionnant et majestueux, Christophe Claret ne pouvait pas se permettre un rendu visuel décevant. Je retrouve ainsi dans l'Aventicum deux idées que j'avais observées chez De Bethune et Greubel Forsey mais cette fois-ci combinées pour un résultat spectaculaire: le dégagement de la partie centrale du cadran grâce à un affichage périphérique des heures et minutes utilisant deux disques et l'utilisation d'un jeu de miroir agrandissant de façon significative la petite sculpture de moins de 3 millimètres de haut et renforçant son aspect tri-dimensionnel. 

Je dois avouer que je fus très surpris par l'efficacité du mirascope qui est une sorte d'effet d'optique qui donne le sentiment que le buste surgit du cadran. Cet effet est de plus accentué par la forme convexe de la partie centrale. Imaginez une sorte de présentoir qui élèverait le buste: selon l'inclinaison du poignet, les conditions de lumière, le buste devient plus ou moins présent jusqu'à même nous convaincre qu'il se trouve au-dessus du cadran! Dans ce contexte, la ligne géométrique continue qui dessine un labyrinthe allant du T d'Aventicum jusqu'au buste décore joliment la montre tout en préservant sa cohérence esthétique.


L'autre satisfaction est que la lisibilité du temps demeure tout à fait acceptable. Ce type d'affichage par le biais de disques sur lesquels sont apposés les marqueurs correspond visuellement parlant à celui à aiguilles où seules leurs extrémités auraient été conservées. Il est donc important que les marqueurs soient facilement détectables et surtout qu'ils se distinguent nettement l'un de l'autre. C'est bien le cas grâce à leurs formes différentes et leurs lettres qui rappellent leurs fonctions. La difficulté en revanche est la puissance du mouvement qui est requise car la taille des deux disques périphériques fait que l'énergie nécessaire est plus importante qu'avec une paire d'aiguilles traditionnelles. C'est la raison pour laquelle le choix s'est porté sur des disques en fibre de carbone pour limiter cette consommation d'énergie. De plus, ils apportent une touche  contemporaine et étrangement, ils ne dénaturent pas l'ambiance antique de l'Aventicum.


Le double barillet du mouvement automatique, visible à travers le fond transparent, a de fait plus vocation à donner de la puissance et du couple qu'à véritablement augmenter la réserve de marche qui n'en demeure pas moins très acceptable avec une durée de 3 jours. Au-delà de ses performances, son intérêt est de rajouter une dimension ludique à la montre. La course de chars de Ben-Hur est en effet de retour! La masse oscillante possède un secteur de masse en saphir permettant ainsi par un procédé de métallisation haute définition de le décorer avec cinq chars  qui possèdent leurs propres numéros. En faisant tourner la masse, les paris peuvent être pris pour savoir lequel des cinq s'arrêtera devant la petite flèche de "Marc Aurèle": un clin d'oeil évidemment aux montres ludiques de Christophe Claret comme la Poker ou la Blackjack!


L'Aventicum est définitivement une montre intrigante une fois mise au poignet. La forme convexe, la décoration autour du buste et la faculté de ce dernier a plus ou moins se détacher sont autant d'éléments surprenants. Cependant, j'ai trouvé qu'un équilibre était trouvé  et la montre n'apparaît nullement comme un étrange ovni. L'atmosphère qui s'en dégage est cependant inhabituelle, comme si nous plongions dans une sorte de monde antique contemporain. C'est bien d'ailleurs cette atmosphère qui constitue le principal intérêt de l'Aventicum qui ne possède pas sinon de complication horlogère particulière. Attention cependant à son gabarit! Si le diamètre, rendu nécessaire par la construction du cadran, est imposant (44mm) mais tolérable, en revanche la forme du verre et l'épaisseur maximum (18,49mm) peuvent apparaître comme plus problématique. Mais ne serions-nous pas prêts à accepter cette contrainte pour profiter du buste d'un empereur romain dans toute sa splendeur? En tout cas, la maxime latine présente sur le fond du boîtier "Perfice omnia facta vitae quasi haec postrema essent" (qui pourrait se traduire par "Accomplis chaque acte de ta vie comme s'il devait être le dernier") m'a causé beaucoup moins d'interrogation car je la considère comme une très belle philosophie de vie!

L'Aventicum est disponible en deux versions: or rose et titane (68 exemplaires) et or gris et titane (38 exemplaires).

Les plus:
+ l'atmosphère particulière qui se dégage
+ l'impressionnant rendu visuel du buste
+ la lisibilité tout à fait correcte compte tenu du contexte
+ la dimension ludique et les performances du mouvement

Les moins:
- l'épaisseur maximum de la montre
- l'absence d'indicateur de marche côté cadran lui donnant un côté un peu inerte

jeudi 12 février 2015

Urwerk: UR-210S "Full Metal Jacket"

Avec sa grande aiguille rétrograde, l'UR-210 est peut-être la montre Urwerk la plus proche de l'esprit de l'Opus V, la montre icône de Harry Winston qui mit sous les feux des projecteurs le duo Félix Baumgartner & Martin Frei. Evidemment, des différences significatives existent entre les deux: l'aiguille parcourt dorénavant une graduation horizontale et les satellites des heures sont transportés, embarqués par l'aiguille alors qu'ils constituaient  sa base auparavant.

 
Malgré tout, les deux montres partagent un point commun fondamental qui est l'expérience sensorielle qu'elles provoquent. Lorsque la grande aiguille de l'UR-210 effectue son mouvement de retour instantané, le propriétaire de la montre perçoit, sans même jeter un coup d'oeil sur le cadran que le changement d'heure vient de s'opérer. L'UR-210 développe par la suite un concept cher à Félix Baumgartner: celui de l'interactivité qui renforce la dimension ludique de la montre. Grâce à son fameux témoin d'efficacité du remontage, elle propose un indicateur original qui incite à jouer avec le régulateur de remontage situé à l'arrière du boîtier. Ce n'est certes pas la première Urwerk qui présente un tel régulateur dont l'objectif est de moduler le pouvoir de remontage du mouvement automatique jusqu'à même être en mesure de l'annihiler. Mais l'UR-210 se distingue par son témoin qui traduit côté cadran l'impact de l'action du régulateur. 


Le boîtier est une véritable prouesse esthétique combinant des lignes extérieures plutôt douces et un rendu visuel de la lunette très géométrique créant ainsi un contraste et cassant le sentiment d'uniformité et de massivité qui pourrait exister compte tenu du gabarit de la montre. Il est le décor idéal pour mettre en scène l'affichage du temps qui réinvente les heures vagabondes. Les dimensions de l'aiguille la rendent omniprésente. Elle attire le regard et fait presque oublier la cinématique des satellites se trouvant en-dehors. L'UR-210 est donc pour moi, si je mets de côté l'EMC avec son concept particulier qui la positionne sur un plan différent, l'Urwerk la plus aboutie et qui met le mieux en valeur les idées et principes techniques et esthétiques de Félix Baumgartner et de Martin Frei.


Déjà, à la base, j'aime donc beaucoup l'UR-210. Et là, quelle belle surprise! A ce niveau-là, c'est plus qu'une cerise sur le gâteau. Il y a la dose de crème qui va avec. C'est le pur orgasme horloger. Martin Frei nous refait le coup de l'UR-202S en parachevant le design de la montre, en lui rajoutant un bracelet métal qui se marie idéalement avec les nouvelles teintes monochromes du cadran. Alors, je ne peux que répéter ce que j'avais dit à l'époque de l'UR-202S: la montre devient lumineuse, encore plus envoûtante et se paye même le luxe de gagner en confort et en lisibilité. 


De nouveau, Maspoli est de la partie et le résultat est à la hauteur de mes espérances. L'UR-210S, malgré son poids général conséquent, se positionne de façon ferme sur le poignet et grâce à une meilleure répartition du poids, évite de bouger de façon sensible même lorsque le bras effectue des mouvements rapides. Le bracelet n'est donc pas seulement beau: il est utile. Un détail important et inattendu contribue à la beauté de l'UR-210S: il s'agit du protège-couronne dont la forme semble prolonger les lignes de la lunette. C'est ce souci du détail, cette quasi-perfection  du point de vue de la cohérence esthétique qui me font littéralement succomber au charme de cette pièce. Elle peut sembler originale de prime abord, peut-être même excessive sous certains aspects. J'y vois pourtant la preuve d'une grande maturité et l'aboutissement d'une démarche horlogère et créatrice sincère initiée lors de la fondation d'Urwerk.

L'UR-210S est commercialisée dans le cadre d'une série limitée de 35 exemplaires.


Merci à l'équipe Urwerk pour son accueil pendant la Geneva Week 2015.

Les plus:
+ le bracelet Maspoli est de retour et parachève le design de l'UR-210
+ les teintes monochromes, plus lumineuses
+ le confort au porter
+ l'interactivité grâce au régulateur de remontage

Les moins:
- la montre parfaite n'existe pas et n'existera jamais alors je veux bien concéder que la réserve de marche peut être perçue comme trop courte (39 heures). Mais vous ne porteriez pas une montre pareille tout le temps?