dimanche 31 octobre 2010

Audemars Piguet: Tradition Calendrier Perpétuel

La collection Tradition fut présentée par Audemars Piguet au cours du SIHH 2009... sans tambour ni trompette. En effet, depuis lors, Audemars Piguet a peu communiqué sur cette collection pourtant composée d'une montre extra-plate automatique, d'un QP et d'un QP Répétition Minutes. C'est un peu l'éternel débat avec Audemars Piguet: tous les projecteurs sont braqués sur les Royal-Oak ou Royal-Pak Offshore et le reste des collections semble évoluer dans la plus grande discrétion malgré des pièces remarquables, des complications maîtrisées grâce au talent de l'équipe de Renaud&Papi et un large choix.

La collection Tradition se caractérise par l'utilisation d'un boîtier de forme coussin en platine ou en or gris et d'aiguilles cathédrale sur un cadran en argent, le tout étant inspiré par une montre-bracelet Répétition Minutes réalisée en 1907 pour John Schaeffer. A noter que sur cette montre, les index traditionnels étaient remplacés par les lettres du nom du propriétaire.

La Tradition Calendrier Perpétuel s'inscrit donc dans ce contexte tout en réinterprétant une montre de poche de 1923. Ces racines historiques apportent une originalité subtile à cette montre dans le paysage horloger actuel. Le boîtier coussin est imposant (45mm de largeur) mais grâce à la forme de la lunette, il comporte un léger galbe qui le rend très élégant. La forme et la taille des cornes contribuent à diminuer la taille perçue de la montre. L'organisation du cadran reprend celle de la montre de poche, c'est-à-dire une présentation traditionnelle des informations comme le permet le module 2819 avec un sous-cadran unique pour l'affichage des mois et de l'année bissextile. Ce type d'affichage, que je trouve plutôt difficile à lire rend en revanche beaucoup plus claires les informations affichées par les autres sous-cadrans. La montre est ainsi lisible sauf en ce qui concerne l'affichage du mois. Ce n'est pas très grave s'agissant de l'information la moins utilisée au quotidien. Les deux plus importantes, en dehors de l'affichage du temps sont les jours de la semaine et les quantièmes. Ils se retrouvent sur l'axe horizontal du cadran pour une lecture optimale. Le cadran argenté bénéficie d'une finition opalin satiné vertical. Le contraste entre les chiffres, index, aiguilles et ce cadran est du plus bel effet et constitue un des atouts de cette Tradition Calendrier Perpétuel. Les aiguilles cathédrale en font partie également en donnant un caractère historique à la montre sans tomber dans le vieillot.

La base du mouvement est le calibre 5020 qui est en fait le Frédéric Piguet 151. Le choix d'un tel calibre peut sembler étonnant. Il est à remontage manuel et sa réserve de marche est courte (42 heures). La montre ne peut pas être placée dans un winder et si on l'abandonne pour le week-end, le re-réglage des informations s'avère nécessaire lorsqu'on la reprend. Mais l'utilisation de ce calibre est aussi logique car totalement en harmonie avec le souhait qu'a eu Audemars Piguet de retrouver l'esprit de la montre de poche dans cette montre-bracelet. Calibre de près de 16 lignes, d'une fréquence de 3hz, il occupe généreusement le boîtier et dévoile la jolie découpe de ces ponts. On est cependant dans un terrain très connu, ce calibre étant aussi utilisé par Breguet, Jaquet-Droz, Rolex, Daniel Roth etc...

Les composants du calibre sont finis à la main: le travail est de qualité mais discret. Ne vous attendez pas à du tape-à-l'oeil, la volonté est d'être sobre pour rester en cohérence avec le style de la montre.

Au premier coup d'oeil, la montre surprend par sa taille. Cependant, ce sentiment est rapidement dissipé grâce à l'ouverture du cadran raisonnable (la lunette est relativement épaisse) et à l'organisation du cadran: les sous-cadrans sont bien répartis et proche de la lunette. Il n'y a donc aucun effet "d'aspiration vers le centre" fort désagréable et qui se rencontre régulièrement avec des montres de taille respectable. La montre se positionne bien malgré son poids grâce aux cornes: ces dernières épousent le poignet et la maintiennent efficacement.

Véritable hommage à l'histoire de la Manufacture, cette Tradition Calendrier Perpétuel est une réussite grâce à la qualité de son exécution, toute en subtilité et à son élégance intemporelle. Malheureusement, un point négatif vient assombrir le tableau. Le prix de la montre est bien excessif pour un QP à remontage manuel. Certes, il se distingue par sa présentation sans faille. Mais si on le compare avec le QP d'autres grandes maisons à boîtier platine, l'écart est considérable. Ce seront donc aux collectionneurs de juger si cet écart en vaut la chandelle. Une politique tarifaire plus réaliste ne nuirait pas au produit et permettrait par ricochet un meilleur maintien des cotes.

Merci à l'équipe de la boutique Audemars Piguet de Paris.

mercredi 27 octobre 2010

Blancpain: Villeret Réserve de Marche

A travers cette Villeret Réserve de Marche, Blancpain prouve qu'il est possible de donner un soupçon d'originalité à une montre réputée pour sa sobriété tout en préservant son raffinement. Et pourtant l'exercice n'est pas simple: nous savons tous que le moindre détail peut casser l'harmonie d'un dessin.

La difficulté pour Blancpain consistait à faire évoluer l'esthétique on ne peut plus épurée de la Villeret deux aiguilles en apposant sur le cadran un indicateur de réserve de marche. Cet indicateur s'avère très utile compte tenu de l'utilisation du calibre 4053 (en fait un Frédéric Piguet 11.50), qui se caractérise par son double-barillet permettant une réserve de marche de près de 100 heures. Il est dissimulé par le fond plein du boîtier.

Blancpain, afin de respecter les indexes de la montre, a affiché la réserve de marche en nombre de jours par des chiffres romains. Le zéro n'existant pas dans cette numérotation, la manufacture du Brassus a fait le choix de le représenter par un petit carré qui tout en étant discret... se remarque. Toujours dans le même esprit, le 4 de la réserve de marche s'écrit de la même façon que pour les indexes (IIII). Cela crée une dynamique sur le cadran: chaque chiffre est plus large que le précédent, l'ensemble dessinant une jolie courbe visuellement intuitive pour le propriétaire de la montre.

Pour le reste, nous retrouvons les éléments traditionnels de la collection Villeret dont ses fameuses aiguilles fines en feuille de sauge qui affichent le temps sur le cadran opalin.

De par son ouverture de cadran, la montre semble plus grande qu'elle n'est réellement (le boîtier en or rouge a un diamètre de 40mm tout de même!) mais grâce à son épaisseur (10,5mm), elle évite l'effet oeuf sur le plat. Blancpain l'affuble de la dénomination "ultra-plate", elle ne l'est pas vraiment et dans ce contexte, c'est mieux ainsi. Côté confort au poignet, il n'y a rien de spécial à souligner, le poids reste mesuré et la montre se positionne bien.

Cette Villeret est donc une montre très séduisante grâce à la parfaite intégration de l'indicateur de réserve de marche. Malgré le côté statique de son cadran (il n'y a pas de trotteuse), elle séduit par la qualité de sa présentation. Les amateurs qui regrettent l'automatisme du calibre pourront s'orienter vers le modèle 8 jours qui n'a cependant pas la même subtilité dans l'organisation de son cadran.

Un grand merci à l'équipe de Hall of Time à Bruxelles.

dimanche 24 octobre 2010

Bell&Ross: Vintage Officer Chronographe

La Vintage Officier Chronographe fait partie des toutes dernières nouveautés dévoilées par Bell&Ross en 2010. J'ai souhaité vous la présenter car elle symbolise selon moi une évolution intéressante de la marque.

On a tendance à l'oublier du fait de la prédominance actuelle des différents modèles Aviation BR mais la collection Vintage a toujours occupé une place à part chez Bell&Ross. Evidemment, l'emploi du terme Vintage peut prêter à sourire pour une marque récente mais il indique la volonté de Bell&Ross de s'inspirer des montres du passé pour créer ses modèles d'aujourd'hui.

L'intérêt de cette Vintage Officier Chronographe et de sa version simple à 3 aiguilles est de proposer un style plus élégant (notamment par rapport aux modèles Héritage) sans se départir du contexte "montre instrument militaire" qui caractérise la marque. L'exercice de style n'est pas simple et pourtant, il est globalement réussi.

Si nous comparons cette montre par rapport aux chronographes Vintage ou Geneva 126 d'il y a quelques années, elle s'en distingue par un boîtier entièrement poli plus important (41mm de diamètre), et surtout par un travail en terme de design bien plus subtil. 2 éléments contribuent à cette impression:
  • le côté élancé des cornes et la façon dont elles s'intègrent dans le boîtier: ce dernier semble posé sur un berceau.
  • la forme du verre saphir bombé.
Ainsi, si nous examinons la montre de face, elle nous semble relativement classique dans son dessin. En revanche, son originalité apparaît lorsque nous observons la carrure.

La contrepartie du côté élancé des cornes est leur longueur peut-être excessive qui éloigne la position du bracelet. L'espace entre le bracelet et le boîtier est relativement important et n'est pas du plus bel effet.

Les Vintage Officer, chronographe ou simple, sont présentées avec deux finitions de cadran: l'une, noire, la plus lisible, est la plus passe-partout. L'autre, argentée, est celle qui se marie le mieux avec le poli du boîtier et est incontestablement la plus habillée. De fait, c'est cette dernière qui selon moi est à privilégier dans une démarche d'acquisition car la montre devient plus cohérente dans son ensemble.

Le chronographe présente un atout par rapport à la version trois aiguilles: son cadran est visuellement plus équilibré. La version simple a beaucoup de mal à faire oublier la taille de son ETA 2895 un peu perdu dans le boîtier: le positionnement de la trotteuse, trop proche du centre et celui de la date, trop éloigné du bord, trahit ce déséquilibre. Avec le chronographe, la date se trouvant à 4h30, les deux compteurs étant suffisamment grands, le cadran est sans aucun doute plus harmonieux. Certes, ce même souci de rapport de tailles entre celle du mouvement (ETA 2894) et celle du boitier demeure mais les designers ont bien réussi à le masquer.

Côté mouvement, nous retrouvons un ETA 2894 fini sans fioritures qui certes ne soulèvera pas les foules mais qui fera son travail sans souci et avec efficacité. Les poussoirs ne sont pas un modèle de douceur mais cela n'est pas une surprise compte tenu du calibre.

La Vintage Officer Chronographe se porte avec confort mais un essai est nécessaire pour juger si compte tenu de leur longueur, les cornes ne dépassent pas. C'est au poignet que le cadran argenté prend tout son intérêt: il se marie parfaitement avec les index et les aiguilles dans un ensemble ton sur ton que j'ai trouvé raffiné et il prend de beaux reflets selon la lumière. Sans aucun doute, ce cadran est le plus bel atout de cette Bell&Ross.

A travers ce modèle, Bell&Ross a marqué une évolution vers un style plus habillé. Si la montre n'est pas exempte de points négatifs, ils ne sont cependant pas totalement rédhibitoires. Le charme du cadran agissant, j'ai trouvé qu'à travers cette montre, Bell&Ross a su définir une montre plus subtile que ses devancières qui pourrait trouver son public auprès de personnes recherchant un modèle homogène, élégante avec un costume et pouvant s'adapter à un look plus décontracté le week-end.

Un grand merci à l'équipe de Hall of Time à Bruxelles.

dimanche 17 octobre 2010

Harry Winston: Opus V

Depuis 2001, la collection Opus d'Harry Winston a permis à des horlogers de talent de s'exprimer, de présenter leurs idées, de développer leurs concepts avec la certitude que leurs réalisations allaient connaître une exposition médiatique. C'est en effet une des grandes réussites de la collection Opus: année après année, nous nous demandons à quoi ressemblera l'Opus qui sera dévoilée au Salon de Bâle. Par ricochet, le succès de la collection apporte aussi à Harry Winston un coup de projecteur. Il est maintenant d'autant plus important que la marque s'est clairement orientée vers le développement ambitieux de sa collection horlogère.

L'Opus V est peut-être la montre qui symbolise le mieux les 10 premières années de cette histoire commune entre Harry Winston et les horlogers et designers qui y ont été impliqués. En effet, elle comporte toutes les caractéristiques de la montre Opus idéale:
  • elle présente un design surprenant pour ne pas dire audacieux
  • elle propose un système original de l'affichage de l'heure spécifiquement développé pour elle
  • elle a fonctionné sans aucun souci dès le départ et s'est montré fiable au fil du temps
  • elle a marqué les esprits lors de sa présentation
  • elle incarne la créativité et le talent de l'horlogerie indépendante
L'horloger qui a imaginé cette Opus V ne pouvait être qu'un des plus doués de sa génération: Félix Baumgartner, un des fondateurs d'une marque qui nous est familière de nos jours: Urwerk.

Il faut cependant se replacer dans l'année 2005. Si l'idée de fonder Urwerk date de 1995, si la marque existe depuis 1997, jusqu'à la présentation de l'Opus V, les montres créées par le duo Felix Baumgartner et Martin Frei consistaient en une évolution esthétique et technique réussie du vieux principe de l'heure vagabonde. L'Opus V a permis de faire évoluer le concept et de préfigurer ce que sera deux années plus tard l'Urwerk 201.

L'Opus V propose en effet un système d'affichage de l'heure qui demeure unique aujourd'hui: les heures sont indiquées par 3 petits cubes à 4 faces qui tournent tels des dés. L'heure de référence correspond au chiffre se trouvant à la base de la grande aiguille qui parcourt la graduation des minutes. Mais contrairement à l'Urwerk 201 où chaque cube possède sa propre aiguille et où les trois ensembles cubes&aiguilles tournent de façon constante, ici l'aiguille est unique et désolidarisée des cubes. Toute la particularité de l'Opus V se trouve dans le comportement de cette aiguille: il s'agit en fait d'une aiguille rétrograde qui à la soixantième minute retourne instantanément au départ de la graduation et se positionne face au cube adéquat. Le principe mécanique est donc différent de celui de la 201. Vous noterez que la graduation des minutes n'est pas exhaustive: les premières et dernières minutes ne sont graduées mais cela ne gène en rien pour la lecture de l'heure, le choix de l'affichage du 0 et du 60 ayant été privilégié.

Visuellement le résultat est spectaculaire: le lent ballet des cubes est un régal car au-delà du fait qu'ils effectuent une rotation, ils tournent également sur eux mêmes afin que le bon chiffre des heures apparaisse correctement. La montre ne comporte pas de trotteuse mais côté cadran se trouvent deux complications fort utiles: un indicateur jour&nuit pertinent car les cubes ne sont gradués que de 1 à 12 et un indicateur de réserve de marche. Ce dernier, gradué sur 5 jours, témoigne de l'utilisation du calibre Lajoux-Perret à remontage manuel d'une réserve de marche de 120 heures comme base de mouvement et qui alimente en énergie tout le module d'affichage développé par Félix Baumgartner. Ce calibre sera d'ailleurs aussi utilisé comme base pour la 201.

Malgré les différences qui existent avec l'Urwerk 201, le travail effectué sur l'Opus V a été extrêmement utile à plusieurs égards:
  • il a permis de mettre au point le système d'animation des cubes
  • il a permis de bien connaître les performances du calibre Lajoux-Perret (les modèles Urwerk jusqu'à lors utilisaient le Peseux 7001 comme base)
  • il a permis le développement d'une complication rare dans le paysage horloger: le témoin de révision. Il cumule les années de fonctionnement de la montre et au bout de 5 ans, le témoin signale qu'une révision est requise.
L'Opus V n'est pas seulement une prouesse technique, c'est également une montre audacieuse du point de vue esthétique. Cela est dû à son affichage original de l'heure mais également à son boîtier. Ce dernier reprend certains codes "Harry Winston" comme les pièces à 6 et 12 heures en forme d'arche inspirées par l'entrée de la boutique de New-York. Il est volumineux (50mm de diamètre), très épais mais pas dénué de subtilités comme par exemple la façon dont la couronne est cachée.

Montre rare, l'Opus V a été produite en 100 exemplaires: 45 en platine, 45 en or rose et 10 en platine serties. Du fait du poids propre au mouvement et à celui du boîtier, elle est très lourde et peu adaptée aux petits poignets. En revanche, pour ceux qui sont en mesure de la porter, le plaisir est réel: l'Opus V ne s'oublie pas que ce soit par le spectacle qu'elle offre ou par son gabarit.

L'Opus V est une montre sans compromis, sans concession, extrêmement aboutie ce qui la rend fascinante. Plus de 5 ans après sa présentation, l'Opus V est toujours un des meilleurs symboles de ce que doit produire l'horlogerie contemporaine c'est-à-dire une montre résolument pensée dans le temps présent, qui s'affranchit de certaines références au passé afin d'apporter de nouvelles idées.

Je souhaite remercier chaleureusement le propriétaire de cette montre qui m'a permis de la photographier et de la manipuler. Compte tenu de sa rareté et la difficulté à la voir, ce fut un moment privilégié pour moi.

jeudi 7 octobre 2010

MB&F et Boucheron: La JWLRYMACHINE

La JWLRYMACHINE semble être de prime abord un étrange projet mené entre Max Büsser, réputé pour sa créativité et une célèbre maison de 152 ans, Boucheron.

Mais en fait, ce projet n'est que pure logique. La maison Boucheron a toujours été audacieuse dans ces collections et a dévoilé au fil du temps un bestiaire impressionnant et fascinant. La sortie de la HM3, véritable sculpture horlogère en trois dimensions, a permis de donner le cadre à la création d'une telle montre.

La base de la JWLRYMACHINE est en fait une Starcruiser inversée: les deux cônes de la montre représentent les yeux et la partie de la Starcruiser qui dévoile le rotor devient le poitrail du hibou. Car il s'agit bien d'un hibou qui est représenté ici!

Le choix de l'animal n'est pas le fruit du hasard: il s'agit d'un animal envoûtant et mystérieux, porteur de légendes et qui fut à plusieurs reprises représenté dans les collections passées et contemporaines de Boucheron.

Grâce à son aspect 3D, la HM3 devient le contexte parfait pour le travail de sertissage: les deux yeux sont des cabochons brillants, le poitrail est soit en quartz rose soit en améthyste. Ce poitrail mérite que l'on s'y attarde. Grâce à l'effet de semi-transparence, le rotor devient légèrement visible et apparaît fugacement devant nos yeux... ce rotor devient le coeur qui bat de l'animal.

La qualité du sertissage est excellente, se dégage de la JWLRYMACHINE un sentiment de très grande qualité dans l'exécution.

La JWLRYMACHINE existe en deux versions, en or gris (ma préférée) et en or rouge.

Or gris:

Or rouge:

Si vous avez déjà porté une HM3, vous savez que la montre est relativement lourde. Le poids est ici supérieur compte tenu du sertissage. La boucle ardillon, large et bien conçue fait efficacement son travail et positionne bien la montre sur le poignet. Il est évident que la boucle déployante aurait été plus adaptée... pour le confort mais pas pour la cohérence et l'esthétique de la montre.

Au poignet d'une jemme femme:

Côté calibre, nous retrouvons le mouvement 3D développé par Agenhor sur la base du calibre GP. Le système de lecture est donc similaire à la Starcruiser. Je dois avouer que j'ai toujours eu des difficultés pour lire l'heure avec la Starcruiser ou la Sidewinder contrairement à la Frog. Mais cette difficulté ne rajoute-t-elle pas une dose de mystère bienvenue dans le contexte du hibou?

Ce qui est fascinant avec la HM3, c'est la capacité de transformation de la montre: inspirée par la science-fiction, la robotique, un poil agressive avec la Starcruiser ou la Sidewinder, elle devient fun, sensuelle et apaisée avec la Frog. La JWLRYMACHINE est une déclinaison envoutante, luxueuse...

Boucheron ne communique pas sur le fait qu'il s'agit d'une montre pour femme ou pour homme. Malgré le sertissage et le caractère précieux, la montre séduira aussi des collectionneurs masculins qui seront attirés par la magie et l'originalité maîtrisée qui s'en dégagent . Je considère la JWLRYMACHINE comme une des plus belles montres serties du marché.

Je souhaite remercier Max Büsser pour sa disponibilité et l'équipe Boucheron de la place Vendôme pour l'accueil chaleureux.