mercredi 25 février 2009

Lange & Söhne: Lange 1 "Night Owls"

La Lange 1 "Night Owls" fut présentée par Lange via un communiqué de presse fin 2008 et il me tardait de la voir car j'étais très séduit par les photos.

J'ai donc eu l'occasion de la découvrir lors du SIHH 2009. La "Night Owls" reprend toutes les caractéristiques des Lange 1 classique (diamètre, calibre etc...), la différence provenant de la combinaison entre or gris, cadran en argent et appliques et aiguilles luminescentes, la luminescence étant traditionnellement réservée aux modèles Phases de Lune.

Comme toujours avec Lange, la finition ne souffre d'aucun reproche. Caractéristique principale de la Lange 1: l'organisation parfaite de son cadran (rien ne se chevauche). La "Night Owls" ne déroge pas à la règle ayant été heureusement présentée dans le boîtier de la Lange 1 classique et non pas dans celui de la Grande Lange 1.

Nous retrouvons évidemment le calibre L901.0 avec sa platine 3/4 et son coq de balancier gravé:

Au poignet, la montre est très agréable à porter car sa taille est idéale pour moi:

Cependant, je suis resté sur ma faim. Peut-être attendais-je trop de cette montre mais le manque de contraste entre le cadran, les aiguilles et le boîtier rend la "Night Owls" trop sage voire un peu fade à mon goût. De plus, si les aiguilles luminescentes passent bien sur le modèle Phases de Lune, ici, je trouve qu'elles s'intègrent moins bien sur le cadran.

Je n'ai donc pas eu le coup de coeur attendu même si, bien entendu, elle reste une montre à la qualité irréprochable.

Pour finir, il existe l'inverse de cette "Night Owls": une Lange 1 Phases de Lune avec aiguilles non luminescentes. Il s'agit d'une Lange 1 spéciale pour le marché italien qui comporte des aiguilles en acier bleui.

dimanche 22 février 2009

Blancpain: Tourbillon Villeret

Le Tourbillon Villeret est une de mes montres préférées chez Blancpain. En effet, même si je ne suis généralement pas enthousiasmé par les cadrans "percés", la simplicité du cadran opalin de cette montre la rend très élégante et met en valeur le Tourbillon placé à 12 heures.

Le diamètre est ici raisonnable (37,5mm) mais la finesse de la lunette donne une impression de taille supérieure.

Le cadran est bien équilibré, l'indicateur de réserve de marche contrebalançant le Tourbillon.

Le calibre (le BP 25 soit un Frédéric Piguet exclusif) est en harmonie avec le reste de la montre: très bien fini, il est décoré avec discrétion. Il possède de plus une réserve de marche conséquente de 8 jours tout en ayant une épaisseur (4,85mm) et un nombre de composants (238) maîtrisés.

Tout le raffinement de cette montre se ressent lorsque nous mettons la montre au poignet. Sa taille, idéale dans ce contexte, sa finesse (le boîtier a une épaisseur de 10,3mm) la rendent très confortable et agréable à porter. Très rapidement, notre regard est captivé par le Tourbillon et par l'effet de volume qu'il procure.

Cette montre Tourbillon Villeret m'a donc séduit par sa présentation toute en subtilité.

vendredi 20 février 2009

Jaquet-Droz: Montre de Poche Hommage Genève 1784

Peu de marques se lancent dans la fabrication de montres de poche même si certaines d'entre elles, parmi les plus prestigieuses, n'ont jamais cessé d'en produire. Et nous percevons un frémissement de regain d'intérêt pour ce type de montre comme l'a prouvé Richard Mille avec la RM020.

Concernant Jaquet-Droz, la présentation d'une montre de poche est finalement plus que logique, le modèle bracelet-montre Grande Seconde étant directement inspiré par la montre de poche réalisée en 1784 et la marque cultivant un style "montre de poche au poignet" pour ses différents modèles.

Contrairement à la RM020, ici, nous n'avons pas de réinterprétation moderne: l'esprit s'est voulu proche de l'originale, un peu comme si elle était exactement reproduite aujourd'hui.

La montre est, il faut bien l'avouer, ravissante. Le ballet des aiguilles en or rose sur le cadran en émail est superbe.

D'un diamètre de 50mm, le boîtier en or rose, une fois ouvert, fait découvrir un guillochage et une inscription commémorant 270 ans d'Art Horloger.

Nous reconnaissons le calibre sans problème: il s'agit du Piguet 151 que nous retrouvons également dans la montre de poche Cellini de Rolex.

Le boîtier est numéroté ce qui finalement fait regretter que le cadran le soit également.

La clé du boîtier est fournie avec sa chaîne en or rose.

La démarche de Jaquet-Droz est donc intéressante et nous retrouvons bien l'esprit de la marque, telle qu'elle existe aujourd'hui, dans cette montre. Nous pouvons juste regretter que la pureté du cadran n'ait pas été préservée (à cause de la numérotation) et peut-être une certaine absence de prise de risque au niveau du calibre.

jeudi 19 février 2009

Vacheron Constantin: Les Patrimony Patrimony Squelette

Vacheron a présenté lors du SIHH 2009 2 nouvelles Patrimony Squelette permettant d'apprécier le remarquable travail de finition de la marque genevoise.

Le modèle à remontage manuel est équipé du calibre JLC 849 que l'on retrouve également dans la Métiers d'Art 20$. Le diamètre du boîtier est de 30mm.

Le calibre utilisé pour le modèle automatique est le JLC920 choisi pour sa finesse (2,45mm d'épaisseur). Le diamètre du boîtier est de 38mm.

La décoration particulière du rotor permet de bien le distinguer ce qui est loin d'être évident dans le contexte d'une montre squelette.

Pour les amateurs de montres squelette, ces deux Patrimony constituent des montres à découvrir pour admirer la subtilité avec laquelle elles ont été décorées.

mardi 17 février 2009

Lange & Söhne: Le Datograph Perpetual Or Gris

Je n'ai jamais été un gran fan du Datograph Perpetual de Lange. En effet, malgré son impressionnante mécanique, j'ai toujours trouvé son cadran un peu fouilli et l'indicateur des phases de lune trop petit, préférant dans un registre similaire la Patek 5970 pour son équilibre général. Pour les chronographes, c'est l'inverse, je préfère nettement le Datograph à la Patek 5070 mais c'est une autre histoire.

Une nouvelle déclinaison du Datograph Perpetual était présentée lors du SIHH 2009 et ce fut pour moi une agréable surprise. Certes, nous retrouvons la montre avec ses forces (la finition du cadran et du calibre, l'incroyable douceur des poussoirs, le compteur des minutes qui saute parfaitement à la soixantième seconde, la possibilité de régler les informations du QP de façon indépendante) et ses faiblesses (la faible réserve de marche et son cadran pas forcément le plus simple à lire). Mais cette déclinaison en or et cadran gris m'a séduit par sa beauté, la préférant nettement à la version platine. Le cadran est tout simplement magnifique:

La montre est bien proportionnée avec un diamètre de 41mm, l'épaisseur de la lunette la rendant visuellement plus petite.

Nous retrouvons le calibre L952.1, d'une fréquence de 2,5hz et composé de 556 pièces. Visuellement, l'effet tridimensionnel est impressionnant. Il est vrai que dans la façon de faire saxonne, les complications ont tendance à être "empilées" donnant ce sentiment de profondeur.

Voici maintenant les 2 versions du Datograph Perpetual. Le cadran gris donne donc une touche d'originalité à la version or gris, rendant finalement la version Platine un peu plus fade. Etrangement, le fait que le cadran soit plus sombre ne nuit pas à la visibilité, au contraire.

Cette nouvelle version du Datograph Perpetual est donc selon moi une belle réussite car je lui trouve plus de caractère que la version d'origine. Et le changement de métal allège le prix qui reste cependant, bien entendu, élevé.

samedi 14 février 2009

Urwerk: Les gravures de Jean-Vincent Huguenin

Jean-Vincent Huguenin est un maître-graveur et un créateur d'automates de grand talent, ayant notamment travaillé sur les montres érotiques de Blancpain.


Jean-Vincent travaille avec Félix Baumgartner et Martin Frei depuis de nombreuses années et connaît parfaitement le style, l'esprit Urwerk. La forme particulière du boîtier des montres Urwerk offre un terrain d'expression unique à Jean-Vincent.

J'étais très curieux de découvrir le résultat de cette rencontre entre le métier de graveur qui symbolise la tradition artistique et l'originalité du design de la marque de Félix et Martin. Et je dois avouer que le résultat m'a séduit.

Les montres sont totalement transformées par les gravures et se dévoilent sous un nouveau jour.

Les pièces suivantes sont des exemples de motifs qui seront ensuite gravés sur les boîtiers:

Examinons maintenant la transformation de la 103:

Nous pouvons surnommer cette Urwerk la "Phoenix Baumgartner"!

Le travail est différent sur la 201 du fait de la forme de boîtier plus galbée. Il est amusant de constater que la décoration type art-déco amplifie l'aspect "vaisseau spacial" de la montre.

Ces Urwerk gravées sont donc surprenantes, attachantes et tranchent avec la collection habituelle de la marque. Bien évidemment, tous les motifs sont personnalisables selon les désirs du client.

Pour en savoir plus:

Le site de Jean-Vincent Huguenin

vendredi 13 février 2009

Audemars Piguet: Jules Audemars ChronAP

Le "ChronAP" fait partie de ces montres paradoxales où on aurait beaucoup à dire tant les caractéristiques semblent alléchantes mais pour lesquelles il faut beaucoup de recul pour porter un jugement.

En effet, le contenu technique du ChronAP, véritable star du SIHH 2009, est impressionnant:
  • une fréquence de 6hz. Chaque montée de 1hz de la fréquence n'est jamais anodine car entraînant de nombreuses contraintes dont celles de l'énergie nécessaire (ce qui rend d'ailleurs remarquables les performances d'un calibre comme le EP).
  • l'absence de lubrification
  • une réserve de marche de 56h
  • un double barillet
  • des performances chronométriques prometteuses
La montre présentée fut réglée très peu de temps par l'horloger. Hors les tests chronomèriques effectués par AP, avec des conditions de températures et de position différentes auraient donné un écart de marche moyen autour de la seconde. L'autre aspect intéressant de la performance est la stabilité de la précision après 24 voire 36 heures de marche alors que de nombreuses montres subissent une dégradation de leur précision lorsque la réserve de marche s'épuise.

La montre n'est pas sans rappeler la Tradition de Breguet ou le Tourbillon de Peter Speake-Marin dans sa présentation avec son petit cadran à chiffres romains à 12 et la grande visibilité du mouvement côté face.

Mais là, oubliez la subtilité de la Tradition. Le ChronAP est une très grande montre, d'un diamètre de 46mm. Ce grand diamètre permet de plonger son regard dans les détails du mouvement, dans son relief (nous sommes totalement dans un contexte tridimentionel) et d'admirer le travail de guillochage de la platine en or gris. L'organisation du mouvement est parfaite, l'ensemble est très cohérent.

L'arrière de la montre est également très bien structuré, l'architecture du calibre est harmonieuse.

On appréciera de nouveau le guillochage de la platine qui finalement s'intègre avec bonheur avec les autres éléments du calibre.

Le tableau semble donc idyllique.

Quelques points pourtant tempèrent mon enthousiasme. La taille de la montre d'abord. 46mm, c'est vraiment une taille très importante. Même si au poignet, le résultat n'est pas choquant, ce n'est pas le sentiment de finesse qui caractérise le ChronAP.

Le prix ensuite. Annoncée à près de 270.000 dollars, l'addition est salée même si évidemment, le caractère exceptionnel de la montre et la faible production (une vingtaine de pièces par an) peuvent l'expliquer en partie.

Et des interrogations demeurent: quid de la stabilité de marche, de la fiabilité? Quid de la fabrication en x exemplaires de la montre? Les résultats chronomètriques sont certes prometteurs mais le seront-ils également dans un contexte de porter de montre "normal"? Ces réponses ne pourront être données qu'avec du temps.

Une chose est certaine: Giulio Papi est très confiant sur la qualité de la montre et sur ces performances et c'est quand même très rassurant...

Et comment ne pas admirer une dernière fois l'effet de volume procuré par la vision du calibre?

dimanche 8 février 2009

MB&F: Horological Machine n°2 Céramique

La n°2 est ma Horological Machine préférée car peut-être la plus "raisonnable" et la plus facile à porter au quotidien... tout en conservant l'originalité de l'affichage de l'heure et du design propre aux montres de Max Büsser.

Lors d'une présentation à l'Hotel de la Paix qui s'est déroulée pendant le SIHH, Max nous a dévoilé deux nouvelles déclinaisons de la HM n°2.

Existant en versions Or Rose ou Or Gris, La HM n°2 se pare dorénavant d'un boîtier en céramique.

La HM2-CR est une série limitée de 33 pièces en céramique et Or Rose. Il s'agit de la plus voyante des 2 montres, l'Or Rose contrastant de façon significative avec la céramique. Le résultant est surprenant et tranche sensiblement par rapport aux versions précédentes de la HM n°2.

La HM2-CR est équipée comme toute les HM n°2 du calibre développé par Agenhor à partir du GP 3100. D'une fréquence de 4hz, le calibre est entièrement retravaillé et comporte 349 pièces. Nous retrouvons le rotor typique des HM en forme d'astéro-hache.


La HM n°2 a une taille significative (59mm x 38mm), il est donc important de bien l'essayer avant de trouver la position adéquate au poignet. Je la trouve cependant plus simple à porter que la HM n°1. De plus, l'indication de l'heure est entièrement située à droite de la montre. Il suffit donc de légèrement soulever la chemise pour pouvoir lire l'heure ce qui n'est pas le cas de la HM n°1.

La HM2-CTi est quant à elle une série limitée de 66 pièces en céramique et titane. Beaucoup plus discrète que la HM2-CR, la combinaison entre les 2 matériaux donne un résultat plus doux, plus subtil et finalement peut-être plus réussi.

Bien évidemment, il est difficile d'oublier les dimensions généreuses de la montre et c'est la raison pour laquelle la discrétion du boîtier est appréciée dans ce contexte.

Ces 2 nouvelles versions en céramique de la HM n°2 ne sont donc pas dénuées d'intérêt et donnent grâce aux nouvelles teintes du boîtier un nouveau style à cette montre.

Un grand merci à Max Büsser et à Steve Hallock pour leur accueil lors de cette présentation.