Zenith: Defy El Primero 21 Patrick Mouratoglou

Il est intéressant de remarquer que chez Zenith, c'est une des montres les plus techniques de la collection qui sert de fer de lance à l'approche "lifestyle" de la marque. La Defy El Primero 21, dont la fonction chronographe se distingue par sa capacité d'afficher les 100ièmes de seconde, est de plus en plus fréquemment utilisée dans le cadre de collaborations qui permettent d'explorer différents styles et univers. Je pense par exemple à la version Carl Cox ou au modèle Land Rover. La dernière collaboration en date est celle qui a été établie avec Patrick Mouratoglou qui est devenu ami de la marque il y a quelques mois. La Defy El Primero 21 Ultimate Tennis Showdown, qui sera disponible au cours du mois de novembre, concrétise cet engagement.

 

Patrick Mouratoglou est une des figures les plus connues du monde du tennis. Célèbre coach de Serena Williams, il accompagne aussi d'autres joueurs, qu'ils soient confirmés ou en devenir. Mais Patrick Mouratoglou est bien plus que cela. Il est aussi un businessman avisé qui a développé une académie de renom, la Mouratoglou Tennis Academy, installée dorénavant dans un complexe à Sophia Antipolis. Ce complexe regroupe un hôtel, un spa, des salles de séminaire, un restaurant... et bien entendu un Resort avec 34 courts, un centre fitness, un campus et un centre médico-sportif.

Patrick Mouratoglou a aussi fait l'actualité ces derniers mois pour une autre raison. Suite à l'arrêt de la saison officielle de tennis pour raisons sanitaires, il profita de la situation pour mettre en place un événement parallèle répondant à deux enjeux:

  • occuper les joueurs en organisant des matches retransmis via différents canaux 
  • mener une réflexion sur l'évolution du sport en adaptant les règles pour rendre les matches plus dynamiques, plus attractifs. Cette réflexion n'est pas anodine. Il s'agit de penser au futur du tennis, à la façon de le rendre plus séduisant aux yeux des nouvelles générations et de le rendre mieux adapté aux formats des télévisions.

Les premiers matches de l'Ultimate Tennis Showdown eurent lieu en juin lorsque les conditions sanitaires le permirent. Je découvris alors le format particulier de ces matches, qui laissent peu de place aux temps morts: 15 secondes pour servir, un système de quart-temps de 10 minutes, un compte à rebours lors de la dernière minute... bref, tout semblait calibré comme un match de basket. Mais surtout, les joueurs pouvaient s'exprimer, réagir sans craindre de prendre un avertissement puis un point de pénalité. L'entraîneur devenait par la même occasion un acteur important du match car il avait la faculté d'échanger rapidement avec son joueur en appuyant sur un buzzer. Le résultat était donc déroutant pour ceux habitués au format de l'ATP mais incontestablement la formule fonctionna bien dans ce contexte particulier et permit d'offrir des matches de tennis aux fans qui étaient privés de leur sport favori depuis plusieurs mois. Une chose est sûre: le tennis devra mener cette réflexion à l'avenir. Le monde change et très vite. Est-ce qu'à l'avenir les télévisions, les spectateurs seront toujours aussi enclins à suivre des matches qui peuvent durer des heures sans connaître à l'avance la durée du match ? Certes cela fait partie de l'essence même de ce sport mais le fait que le tie-break au 5ième set ait été introduit dans la plupart des tournois du Grand Chelem montre cette nécessité de maîtrise du temps. 

"Little details make big differences": c'est vrai au tennis, c'est également vrai dans l'horlogerie:


Le temps, parlons-en justement car la collaboration entre Patrick Mouratoglou et Zenith a logiquement débouché sur une montre. Sans surprise, c'est la Defy El Primero 21 qui sert de base à cette concrétisation. Le choix est judicieux, surtout dans le contexte de l'Ultimate Tennis Showdown. 

Je rappelle que la Defy El Primero 21 est une montre qui se caractérise par la construction complexe de son mouvement El Primero 9004 à deux balanciers et ressorts. L'affichage de la réserve de marche au sommet du cadran ne concerne que la fonction chronographe. Il suffit de tourner la couronne pour remonter le mécanisme spécifique du chronographe. Une fois le chronographe enclenché, le balancier (couplé à un tout petit spiral) oscille à 50hz ce qui permet l'affichage du temps mesuré au 100ième de seconde. Ces 100ième de seconde sont affichés grâce à la trotteuse centrale qui effectue un tour de cadran en une seconde. Le rendu visuel est vraiment décoiffant, on a presque peur que l'aiguille se déchausse compte tenu de la vitesse.


Il n'y a pourtant pas de risque: la technologie est maîtrisée et s'appuie sur un mouvement de base fiable. Les secondes du chronographe sont indiquées grâce au compteur à 6 heures  tandis que le compteur des minutes se trouve à 3 heures. La trotteuse permanente est à 9 heures.

Le calibre de base, EL Primero oblige, fonctionne lui à une fréquence de 5hz pour une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures. Son efficacité au remontage est excellente... et cruciale car la masse oscillante remonte le mécanisme spécifique de l'affichage de l'heure et pas celui du chronographe.

La Zenith Dey El Primero 21 Patrick Mouratoglou reprend donc la même architecture et présente un cadran ouvert, comme c'est souvent le cas avec cette montre. Cependant, et c'est une tendance (déjà entrevue avec la version Ultraviolet) que j'apprécie pour ce modèle, les compteurs sont pleins ce qui améliore la lisibilité.


Le boîtier et la lunette sont en carbone léger. Leur aspect est très contemporain et cohérent avec l'univers du tennis. Les codes couleurs sont celles de l'Ultimate Tennis Showdown et les touches de bleu, de blanc et de jaune (pour rappeler la petite balle) se marient bien sans jurer. Le compteur à 6 heures comporte le très discret logo de la Mouratoglou Academy.

Ce qui est moins discret en revanche, ce sont les inscriptions autour de la base de la lunette: la devise de Patrick Mouratoglou, "little details make big differences" est ainsi reprise à plusieurs reprises et décore la montre. Soyons clairs: cette démarche esthétique est clivante. Soit on considère que cela donne du caractère à la montre, soit on trouve cette décoration totalement superflue. Personnellement, je m'en serais bien passé, la montre étant réussie sans. Après je comprends la décision de Zenith: il vaut mieux aller au bout du concept et donner le plus de caractère possible à cette montre qui scelle l'engagement avec Patrick Mouratoglou. Elle est après tout éditée dans le cadre d'une série limitée de 50 pièces et des modèles plus consensuels sont disponibles dans le catalogue.

Le mouvement El Primero 9004 est comme d'habitude visible à travers le fond transparent. Sa masse oscillante bleue correspond bien à l'atmosphère du cadran. La présentation du mouvement est contemporaine et soignée. Les finitions sont correctes sans être spectaculaires. C'est la construction propre du mouvement qui le rend attractif. Il est très agréable à regarder même si je trouve que la masse oscillante est un peu trop imposante et cache trop de détails à mon goût.

Le bracelet en matière technique avec une doublure caoutchouc m'a beaucoup plu. J'ai aimé sa texture et son confort. Il maintient aussi fermement la montre sur le poignet ce qui est positif compte tenu du gabarit du boîtier. Plus encore que son diamètre (44mm), c'est son volume général qui donne ce sentiment de taille. La Defy El Primero 21 est une montre qui fait grande au poignet et c'est un paramètre en prendre en compte. Elle demeure cependant très confortable au porter grâce à sa légèreté et à l'efficacité de la boucle déployante.


Montre de caractère, la Defy El Primero Patrick Mouratoglou est bien à l'image du célèbre coach de tennis. Zenith profite des performances techniques du mouvement El Primero 9004 pour proposer une approche plus dynamique et contemporaine des chronographe classiques. Un peu finalement comme veut l'être l'Ultimate Tennis Showdown vis-à-vis du circuit traditionnel de l'ATP: il n'entre pas en concurrence mais met en application de nouvelles idées qui pourraient être utiles à l'avenir.

La Zenith Defy El Primero Patrick Mouratoglou sera disponible à partir du mois de novembre dans le contexte d'une série limitée de 50 exemplaires.  Chaque client pourra passer une nuit à l'Académie Mouratoglou et bénéficier d'une formation individuelle avec le coach. Peu de montres peuvent donner la perspective d'améliorer son coup droit!

Les plus:

+ les performances du calibre El Primero 9004

+ le confort au porter

+ les compteurs pleins

+ le bracelet très agréable

 Les moins:

- les inscriptions autour de la base de la lunette sont clivantes

- le boîtier est volumineux au poignet