dimanche 31 janvier 2010

De Bethune: La DB25 Phase de Lune cadran argenté

Lorsque De Bethune a publié son communiqué de presse présentant cette montre fin 2009, je fus à la fois séduit par l'idée de proposer une montre Phase de Lune sans quantième sur la base de la DB25 et un peu déçu par l'utilisation des aiguilles de la DB15 qui me semblaient moins adaptées à ce contexte.

La présentation par De Bethune des nouveautés à l'Hôtel des Bergues pendant la semaine du SIHH 2010 m'a donné l'occasion de la découvrir et quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette DB25 Phase de Lune utilisait finalement les aiguilles de la DB25 "classique". Cela apporte un plus indéniable à la montre et la rend totalement irrésistible.

La présence de la lune sphérique composée de deux hémisphères (l'une en acier, l'autre en platine) à la place de l'indicateur de réserve de marche (se retrouvant côté calibre) donne une dimension nouvelle à la montre: contrairement au QP DB15 où plusieurs informations cohabitent, la pureté du cadran de la DB25 met en valeur cette lune sphérique, un des brevets de la manufacture De Bethune (la précision étant un décalage d'une journée au bout de 122 ans).

Le contraste entre les aiguilles en acier bleui, polies à la main et le cadran argenté avec guilloché rayonnant rend la montre très lisible. La grande taille de cette DB25 (44,6mm de diamètre) contribue à la réussite esthétique de l'ensemble.

Contrairement à la DB25 classique qui est équipée d'un mouvement automatique, la DB25 Phase de Lune utilise un calibre à remontage manuel basé sur le DB2105 d'une réserve de marche de 6 jours.

Une des caractéristiques de ce calibre est l'utilisation du balancier annulaire en silicium associé au spiral à courbe terminale plate. Le voir fonctionner est une expérience unique: nous avons l'impression d'observer le reflet du soleil sur l'eau.

Les deux barillets se distinguent facilement ainsi que la protection du balancier par le système de triple pare-chute et l'indicateur de la réserve de marche.


La DB25 Phase de Lune est certes imposante mais les anses courtes et creuses donnent beaucoup de légèreté au dessin. Malgré sa taille, elle se porte avec confort pour peu que l'on ait un poignet suffisamment grand. Et ce serait dommage de ne pas pouvoir profiter de la beauté d'une telle montre. La DB25 était une réussite, la DB25 Phase de Lune réussit à la transcender.


D'apparence classique, elle est en fait extrêmement innovante. De nouveau tout le talent du duo Flageollet&Zanetta s'est exprimé dans cette réalisation. Je considère cette DB25 Phase de Lune comme une des plus belles montres Phase de Lune du marché.

Vacheron Constantin: Patrimony Traditionnelle 38mm Or Gris

La Patrimony Traditionnelle à remontage manuel fut présentée par Vacheron lors du SIHH 2009. Equipée du tout nouveau calibre 4400, elle fut une des montres marquantes du Salon.

Pour le SIHH 2010, Vacheron décline la montre avec un boîtier en Or Gris. Toujours aussi bien proportionnée (38mm de diamètre), élégante, la version en Or Gris confirme que cette Patrimony constitue une des montres 3 aiguilles à remontage manuel de référence. Par rapport à la version en Or Rose, cette Patrimony perd en chaleur mais gagne en discrétion.


De toutes les façons, quelque soit le matériau, il est difficile de résister au raffinement de cette montre et à l'efficacité du calibre 4400. Une réussite de la part de Vacheron.

samedi 23 janvier 2010

Lange & Söhne: 1815 Phases de Lune (Hommage à F.A.Lange)

En 1845, Ferdinand Adolph Lange quitte Dresde pour fonder son usine d'horlogerie de précision à Glashutte. Pour célébrer les 165 ans de cette date, la manufacture saxonne a présenté lors du SIHH 2010 3 montres qui rendent hommage à son créateur mais aussi à 3 montres qui ont marqué l'histoire récente de Lange: le Tourbograph, la Lange 1 Tourbillon et la 1815 Phases de Lune.

Les 3 montres partagent plusieurs points communs:
  • la présence de guillochage sur le cadran
  • la décoration du calibre inspirée des montres de poche
  • l'utilisation d'un tout nouveau matériau: l'or miel dont la couleur se situe, si l'on peut s'exprimer ainsi, entre l'or gris et l'or rose. Autre caractéristique de cet alliage: sa dureté supérieure à 300 vickers le rendant bien plus performant que l'or rose ou jaune sur cet aspect.

La 1815 Phases de Lune succède donc à la 1815 Emil Lange mais fort heureusement se distingue esthétiquement de sa devancière. Le boîtier est élargi de 1,5mm, la montre ayant un diamètre de 37,4mm. La décoration du cadran si poétique de l'Emil Lange n'est plus mais cette nouvelle version s'en sort très bien par la présence des étoiles sur le secteur bleui de l'indicateur de phases de lune. Le guillochage donne également une touche originale à l'ensemble. Pour le reste, aiguilles, chiffres, chemin de fer, nous sommes en terrain connu!


Le calibre L943.2 à remontage manuel, d'une fréquence de 3hz, est la reprise du calibre de l'Emil Lange. Compte tenu de l'élargissement du boîtier, il semble un poil petit mais cela ne nuit pas à l'équilibre de la montre. Nous retrouvons donc toutes les caractéristiques du L943.1 et notamment la précision redoutable de l'indicateur des phases de lune (une déviation d'un jour après plus de mille ans). La décoration du L943.2 est cependant très différente:

Au poignet, elle s'apprécie différemment de l'Emil Lange. Cette dernière dégageait une certaine magie, la version homme à F.A.Lange joue sur son originalité et sur la diversité de son cadran. Elle se porte bien évidemment avec beaucoup de plaisir.

Montre raffinée et élégante, la 1815 Phases de Lune est très séduisante. Elle sera commercialisée dans le cadre d'une série limitée de 265 pièces. La seule interrogation que nous pouvons avoir concerne la réaction des propriétaires de l'Emil Lange qui peuvent être surpris par une telle sortie. A titre personnel, je me réjouis de revoir le calibre L943 à l'oeuvre étant un grand fan des montres phases de lune sans quantième.

dimanche 10 janvier 2010

Lange & Söhne: 1815 (2009)

A quelques jours du SIHH 2010, j'ai souhaité revenir sur une des montres qui m'ont le plus plu lors du Salon précédent: la nouvelle 1815.

Finalement, la 1815 ne sera restée que deux années hors du catalogue de Lange. Mais la montre présentée début 2009 est finalement très différente de sa devancière malgré une évidente ressemblance. Chiffres arabes, chemin de fer, index, aiguilles Javeline: nous sommes en terrain connu côté cadran.


Mais la première différence notable est la taille du boîtier. L'ancienne 1815 manuelle avait un boîtier de 36mm de diamètre (37mm pour l'automatique), la nouvelle profite d'un boîtier élargi de 40mm. Et c'est à l'intérieur de la montre que se trouve la seconde différence d'importance: le calibre L051.1 fut spécifiquement développé pour cette 1815 et corrige deux critiques faites à l'encontre du L941.1:
  • la réserve de marche est maintenant de 55 heures
  • le balancier est plus grand
Ainsi, le diamètre du calibre (30,6mm) fait que le cadran de la 1815 reste très équilibré malgré l'augmentation de la taille du boîtier. En effet, trop souvent, y compris dans ce segment de la haute horlogerie, la différence de diamètre entre le boîtier et le calibre entraîne une position du registre de la petite seconde trop proche du centre du cadran, rompant ainsi l'harmonie du dessin. Ce n'est pas le cas ici.

Le calibre L051.1 comporte toutes les caractéristiques d'un mouvement Lange. D'une fréquence de 3hz, composé de 188 éléments, il est décoré avec soin. Nous retrouvons la présentation et la décoration typique de la marque:
  • la platine 3/4 en maillechort
  • les chatons en or
  • le coq du balancier gravé
  • la raquetterie à col de cygne
  • les vis bleuies
L'écart des diamètres du calibre et du balancier entre le L051.1 et le L941.1 apparaît clairement sur la photo suivante:

Les versions Platine de la nouvelle et de l'ancienne 1815 sont réunies sur cette photo:


La nouvelle 1815 est disponible en 4 versions: Or Jaune, Or Rose, Or Gris et Platine (en série limitée de 500 montres pour cette dernière).

Les 3 versions en or proposent le cadran en argent et les aiguilles en acier bleui. En revanche, les aiguilles sont rhodiées pour le modèle Platine. Bizarrement, les aiguilles bleuies étant quand même les plus adaptées à ce type de cadran, la version en Or Gris est plus désirable que la version Platine. Un choix étrange de la part de la marque. Avec la 1815 précédente, les versions en Or Gris ont eu droit à un cadran bleu ou noir mais n'ont jamais eu la combinaison cadran argent & aiguilles bleuies réservée à la version Platine ou Or Jaune.


Au poignet, les 40mm s'apprécient pleinement. Nous pouvions avoir une crainte face à l'augmentation sensible de la taille pour une montre simple et habillée. Cependant, la relative épaisseur de la lunette, l'harmonie du cadran font que c'est le sentiment d'équilibre qui prédomine. A noter la présence d'un petit cercle intérieur discret comme l'avait la 1815 automatique qui a pour but de donner un peu de volume au cadran.


Cette nouvelle 1815 est donc pour moi une belle réussite: agrandie tout en restant équilibrée, elle profite pleinement des atouts du nouveau calibre L051.1. Son cadran typiquement Lange lui donne beaucoup de caractère. Ainsi, elle constitue selon moi, la meilleure façon de rentrer dans l'univers Lange au détriment de la Saxonia manuelle. Cela ne remet pas en cause la qualité de cette dernière. Mais elle est toujours équipée du calibre de l'ancienne 1815 et de plus, son style plus sage, moins typée la rend moins séduisante. Je conseille donc à ceux qui envisagent l'achat d'une Saxonia de dépenser un peu plus et de basculer sur la 1815. Ils ne le regretteront pas.

dimanche 3 janvier 2010

MB&F: Horological Machine n°3

Une présentation de l'Horological Machine n°3 est particulièrement indiquée pour démarrer la nouvelle année sur des bases originales. Comme c'est de coutume avec sa marque MB&F, Max Büsser a dirigé une équipe composée de talents d'horizons divers pour élaborer et construire cette HM n°3. Et bien entendu, elle propose une rupture de style radicale par rapport à ses devancières.

S'il fallait la décrire en quelques mots, nous pourrions dire qu'il s'agit d'une montre tout en relief. En effet, la lecture du temps se faisant grâce à deux cônes, l'affichage de l'heure gagne une dimension supplémentaire. Mais l'originalité de la montre ne réside pas uniquement dans cet affichage en relief. Elle se trouve aussi dans la construction du calibre, lui aussi en trois dimensions.

Jean-Marc Wiederrecht qui avait déjà travaillé sur la HM n°2 a ici conçu un mécanisme (d'une fréquence de 4hz), basé sur le GP3100 où le rotor se trouve côté cadran. A l'arrière de la montre, deux grands roulements à billes en céramique transmettent l'énergie aux différents systèmes d'affichage de la montre. Le verso de la montre nous fait d'ailleurs penser à une tête de robot.

Enfin, dernière originalité, la montre est disponible en deux versions: Sidewinder où l'axe des deux cônes est perpendiculaire par rapport au bras et Starcruiser où il est parallèle. Cette rotation de 90 degrés du boîtier transforme totalement la montre. Chaque version a sa personnalité et il est bien difficile de choisir entre les deux.

Le Starcruiser en Or Gris&Titane:

Vous noterez l'élément commun à l'ensemble de la collection MB&F, le rotor, ici en or, en astéro-hache. La date est indiquée par une petite flèche sur le boîtier. Un poussoir permettant de l'ajuster rapidement est situé sous le cône des minutes.

Le cône de gauche affiche les heures avec un indicateur jour&nuit, celui de droite les minutes.

L'arrière de la montre dévoile les deux grands roulements à billes:

L'aspect tridimensionnel de la montre apparaît clairement sur la photo suivante. La lecture de l'heure nécessite une période d'accoutumance. Elle n'est pas aussi aisée que sur la HM n°2 mais on s'y habitue.

La montre se positionne bien sur le poignet malgré ses dimensions généreuses (47x50x16mm sans tenir compte de la couronne et des cornes). Comme toujours, une HM s'apprécie lorsqu'on la porte. L'originalité surprend au premier abord, peut même choquer puis la qualité de l'exécution fait qu'elle prend sa véritable dimension au poignet.

Il est évident que ce type de montre suscite des forts sentiments de rejet ou d'adhésion. C'est de toutes les façons la volonté de Max Büsser: créer des émotions, ne pas se situer dans la demi-mesure et apporter quelque chose de nouveau dans le paysage horloger.

La Sidewinder en Or Rose&Titane:

Je vous présente également quelques photos de la Sidewinder. Tous les éléments sont identiques sauf pour le boîtier. Sa rotation a fait croître le nombre de pièces le constituant.

Chaque montre est disponible en Or Rose ou en Or Gris.


Encore une fois, Max Büsser et l'équipe qui a collaboré avec lui nous ont surpris. Chaque Horological Machine a sa propre identité. Si la HM n°2 pouvait passer comme la plus "raisonnable" ou tout du moins la plus facile à vivre au quotidien, cette HM n°3 a emprunté un chemin différent. Plus radicale, plus délicate à lire, elle séduira les inconditionnels des OVNI horlogers. Et puisqu'on parle d'OVNI, je ne pouvais pas terminer cette présentation sans évoquer l'incroyable écrin qui est livré avec la HM n°3! Le moins que l'on puisse dire est que lui aussi, il sort des sentiers battus!

vendredi 1 janvier 2010

Très bonne année 2010 !

2009 ne sera pas oubliée de sitôt par l'industrie horlogère. La crise a durement touché le secteur entraînant la disparition de marques, de sociétés de sous-traitance, des restructurations, des licenciements. Mais 2009 fut également très riche en nouveautés, la crise servant de catalyseur. En effet, tout le monde le sait bien, c'est l'innovation et l'audace combinés à l'intérêt horloger qui permettent aux marques les plus habiles de sortir de la tempête saines et sauves en se distinguant de la concurrence.


Car les aspirations des clients sont claires: l'amateur recherche un produit qui apporte quelque chose de nouveau dans le paysage horloger pourtant archi-saturé et souhaite une réalité des prix, c'est-à-dire une meilleure adéquation entre l'étiquette et le contenu de la montre.

S'il fallait résumer les années 2000, nous pourrions dire que ce furent les années de l'excès. Jamais nous n'avions vu une telle audace en terme de design, jamais nous n'avions vu de tels matériaux, jamais nous n'avions vu de telles complications. Tout cela entraînant pour l'amateur une perte de repères.

La grille des prix était auparavant simple à analyser: en fonction des complications et des matériaux précieux, les prix se comprenaient. En 2010, un chronographe suisse est vendu à moins de 300 euros et une montre à 3 aiguilles peut atteindre les 100.000 euros. Et pourquoi un boîtier en carbone serait-il plus onéreux qu'un boîtier en or?

Mais en même temps jamais l'offre horlogère n'a été aussi vaste, de la petite montre en acier au jumbo platine de près de 50mm de diamètre.

2010 semble s'orienter vers plus de raison, plus de modestie dans les approches comme le prouve le retour des montres ultra-plates. Mais la diversité et l'indispensable audace demeureront et les premières nouveautés de l'année, présentées lors du très prochain SIHH s'annoncent déjà prometteuses.

Dans ce contexte, je continuerai à vous présenter mes coups de coeur, les montres qui m'ont séduit ou surpris car telle est la ligne de conduite que je me suis fixé: de ne parler que des montres qui sortent du lot et uniquement après les avoir vues, manipulées et photographiées.

2010 sera donc une année dense en événements et nous l'espérons tous, une année de reprise qui permettra à tous ceux qui ont souffert de la crise de pouvoir rebondir.

Je vous adresse tous mes meilleurs de santé, de prospérité et de réussite pour cette nouvelle année.

Fr.Xavier