jeudi 31 décembre 2009

Lange & Söhne: photos de calibres

En cette toute fin d'année 2009, je souhaitais vous faire partager quelques photos de calibres Lange & Söhne que j'ai photographiés lors du Salon du Collectionneur.

Un grand merci à David Weber, jeune horloger de la Manufacture saxonne, qui, pendant le Salon, nous présentait son travail ainsi que le montage & démontage du calibre de la Lange 1.

Quelques éléments du calibre L901.2 (celui de la Grande Lange 1). Petit rappel concernant la nomenclature des numéros de calibres chez Lange. Les deux premiers correspondent à l'année où a débuté le développement du calibre. Ici, 1990.

Les pièces sont réparties selon leur destination:

La platine du mouvement en maillechort:

La platine 3/4. Même si elle recouvre une grande partie du mouvement, les pièces cachées sont toutes finies avec grand soin.

La système de croix utilisé pour la Grande Date:

Le calibre Sax-O-Mat L922.1 sur lequel est bâti le mécanisme de la Langematik Perpetuelle. Il est abusivement considéré comme calibre à micro-rotor. Ce n'est pas le cas, il s'agit d'un rotor 3/4. 2010 verra la présentation du premier calibre automatique Lange à rotor central.

Le calibre de la Richard Lange, le L041.2. Celui-ci, il se reconnaît au premier coup d'oeil par la présence du pont supplémentaire correspondant à la trotteuse centrale. Cette montre reste à ce jour l'unique Lange à grande seconde. Vous noterez également le grand balancier à masselottes qui témoigne de l'utilisation du spiral in-house.

3 calibres différents mais un même souci du détail et une qualité d'exécution irréprochable et homogène.

vendredi 25 décembre 2009

Alain Silberstein: iKrono

Depuis plus de 20 ans, Alain Silberstein conçoit des montres aux designs originaux, ludiques et colorés et dont un des atouts est d'être reconnaissable au premier coup d'oeil.

L'iKrono, présenté en 2009, s'inscrit évidemment dans la même démarche.

Ce chronographe se caractérise par des détails esthétiques inhabituels:
  • le contraste entre la plaque carrée et le boîtier rond en titane de 47mm de diamètre
  • la présence d'une aiguille Vernier graduée ici au 1/8ième de seconde (pas ce qu'il y a de plus pratique) mais cela contribue à l'originalité du cadran
  • l'indicateur du jour de la semaine par des smileys dont les expressions vont de la tristesse (lundi) à la joie (dimanche)
  • les différents niveaux entre le cadran, l'échelle du chronographe et l'échelle tachymètrique
  • l'épaisseur importante de la montre: 20mm
  • les poussoirs et couronne situés à gauche du boîtier

La finition des éléments est irréprochable, boîtier, poussoirs, cadran, aiguilles, tout a été exécuté sans défaut.


Le côté ludique de l'iKrono est accentué par le système d'attache du bracelet: une fois ce dernier retiré, la montre peut se transformer en pendulette de bureau.

Côté calibre, pas de surprise pour le propriétaire de la montre: la référence du calibre est indiquée sur le fond du boîtier (Valjoux 7750). Saluons cette volonté de transparence, au moins ici, le calibre n'a pas été rebaptisé pour donner l'impression d'être in-house! Vous noterez la décoration insolite de la masse oscillante:

L'iKrono n'est pas fait pour les petits poignets compte tenu de la taille de la plaque carrée. Une fois le bracelet assoupli, la montre se positionne cependant bien. Ce n'est pas tant sa taille qui surprend au premier abord mais son épaisseur. Une fois cette surprise visuelle passée, l'iKrono a tous les atouts pour séduire les collectionneurs à la recherche d'une montre chronographe sortant des sentiers battus.

L'iKrono est décliné en 6 versions qui varient selon le boîtier (titane ou titane PVD noir) et selon la couleur de l'échelle tachymétrique (noir, jaune ou bleu).


Un grand merci à Alain Silberstein pour le temps qu'il m'a consacré lors du Salon Belles Montres 2009.

dimanche 20 décembre 2009

Rudis Sylva: Série Romain Gillet

Sous la conduite de Jacky Epitaux, la marque Rudis Sylva a pour but de proposer des montres exclusives qui rendent hommage au travail des artisans de la région des Franches-Montagnes du Jura Suisse.

Le nom de la marque reprend d'ailleurs l'ancien nom du village des Bois, Rudis comme Jean Ruedin, l'homme qui au XVIIIième a défriché les hautes terres jurassiennes permettant la fondations des premiers villages, Sylva comme la forêt en latin.

La série Romain Gillet est la première montre présentée par la marque et ses origines jurassiennes se retrouvent sur le fond du boîtier grâce à la représentation en émail du cadran solaire de la façade de la ferme des Rosées du village des Bois.

Mais la grande caractéristique de la montre est la présence côté cadran de l'Oscillateur Harmonieux. L'Oscillateur Harmonieux a été conçu à partir d'un calibre imaginé par Romain Gillet, qui est issu d'une très longue famille d'horlogers jurassiens. Le principe, développé dans le cadre de Rudis Sylva par Mika Rissanen consiste à relier mécaniquement les 2 balanciers. Ces derniers sont dentés (cf photo suivante) ce qui permet de mettre en résonance les spiraux dès les premières oscillations. De fait, les écarts de fonctionnement de chaque spiral sont "corrigés" par le fonctionnement de l'autre. La cage du Tourbillon, d'un diamètre de 17,4mm effectue une rotation complète en une minute. Le calibre a une fréquence de 3hz et une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures.

Une grande partie du cadran est donc dédiée à l'Oscillateur Harmonieux afin de bien mettre en valeur le côté hypnotisant de son fonctionnement. Vous noterez la très belle forme du pont de la cage du Tourbillon, à la fois élancé et dynamique.


L'heure est affiché sur le secteur supérieur. Un clin d'oeil à l'origine géographique de la montre se trouve dans les aiguilles en forme de sapin. Le secteur horaire a été guilloché par Georges Brodbeck dans son atelier de Saignelégier. Il l'a décoré de trapèzes dégressifs lui donnant un aspect rayonnant.

La grande date est située à droite et se règle grâce aux poussoirs correcteurs. Le dessin est équilibré par le logo de la marque à gauche du secteur horaire. Mais gageons que ce logo sera un jour remplacé par un guichet dans une évolution future de la montre.

Autre spécificité: la carrure du boîtier a été ouverte sur un côté permettant la visualisation du mouvement par le biais d'un saphir. Une idée que l'on retrouve maintenant de plus en plus fréquemment (un des exemples les plus célèbres est l'Omega Hour Vision) mais qui prend ici tout son sens.

Le boîtier, ici en Or Rose, est imposant (43mm de côté), épais mais grâce à la forme du fond, la montre épouse bien le poignet. Elle est lourde mais heureusement elle s'ajuste bien. Et comme c'est souvent le cas des montres à tourbillons "spéciaux", le regard est immédiatement captivé par le fonctionnement énigmatique et plein de charme de l'Oscillateur Harmonieux.

La Série Romain Gillet est donc une montre fort intéressante à découvrir. Elle s'inscrit dans la tradition des montres à résonance comme l'est la H2 de Beat Haldimann. Rudis Sylva a souhaité présenter une montre exclusive. Et c'est bien le cas ici grâce à l'originalité de sa présentation, le côté envoutant de l'Oscillateur Harmonieux et la finition irréprochable des éléments. Son design très masculin, très puissant (les deux poussoirs sur le côté, la taille du boîtier) peut contraster très fortement avec le caractère subtil de l'Oscillateur. Certains apprécieront cette opposition qui donne du piment à la complication. D'autres préféreront peut-être un style plus léger dans un tel contexte.

Il n'en demeure pas moins que cette Série Romain Gillet, disponible également en Or Gris et vendue dans un magnifique écrin (une reproduction d'un établi d'horloger) est une réussite et se distingue dans le paysage horloger actuel.

Un grand merci à Jacky Epitaux pour sa disponibilité lors de notre rencontre au cours du Salon Belles Montres.

dimanche 13 décembre 2009

Audemars Piguet: Calibre 2121

Le calibre 2121 est utilisé par Audemars Piguet pour sa montre la plus mythique, la Royal Oak Jumbo (référence 15202). Dessinée par Gérald Genta, cette montre se caractérise par son style élancé que la Royal Oak 15300, équipée du calibre de manufacture 3120 n'a pu conserver.

Car un tel dessin fut rendu possible grâce à la finesse du calibre 2121. La version sans date, le 2120 fut créée par Jaeger-Lecoultre à la fin des années 60 pour être utilisé par Vacheron, Patek et Audemars-Piguet qui contribuèrent au financement du développement.

Son épaisseur (3,05mm, 2,45mm pour le 2120) en fait un des calibres automatiques les plus fins du marché, même plus de 40 ans après sa création. Son diamètre est de 28,4mm. Ses principales caractéristiques sont:
  • une fréquence de 2,75hz
  • 36 rubis
  • 254 pièces
  • l'absence de système de correction rapide de la date: la correction se fait en avançant par la couronne au-delà de minuit puis en revenant à 22 heures et ainsi de suite.
  • 40 heures de réserve de marche
Il s'agit d'un calibre d'une rare beauté, décoré avec raffinement de la part d'Audemars-Piguet. Le travail sur la masse oscillante en or est magnifique:


La masse oscillante est retirée:

Le balancier à masselottes et le spiral plat:

Le ressort du barillet et le barillet sont au premier plan:

Le calibre est inséré dans le boîtier:

Un grand merci à l'horloger d'Audemars-Piguet qui nous a fait la démonstration du montage et du démontage du calibre lors du Salon Belles Montres 2009:

samedi 12 décembre 2009

Jaeger-Lecoultre: Hybris Mechanica à Grande Sonnerie

La présentation d'une montre à Grande Sonnerie est toujours en événement s'agissant de la complication reine de l'horlogerie et à ce titre, rarement vue dans une montre-bracelet. Et lorsqu'il s'agit d'une des marques les plus innovantes qui la présente, cela donne encore plus de valeur à cet événement!

Les quelques lignes qui vont suivre n'ont pas le but de décrire toutes les fonctions de la montre et elles sont nombreuses. Je souhaite juste vous transmettre mes sentiments sur le prototype que j'ai vu lors du Salon Belles Montres et sur les caractéristiques qui m'ont particulièrement séduit.

Lors de l'année 2009, deux montres à Grande Sonnerie exceptionnelles ont été présentées: l'Arena Metasonic de Genta et cette Hybris Mechanica donc. Elles partagent le point commun d'avoir une sonnerie à 4 timbres et un carillon Westminster pour les heures pleines. 4 timbres, cela veut dire 4 marteaux et donc une énergie très importante pour faire fonctionner la sonnerie. Seule la Manufacture Roth&Genta proposait une telle prouesse dans une montre-bracelet avant JLC. Mais ce point commun est peut-être finalement le seul entre ces 2 montres.

L'Hybris Mechanica a été conçue à partir d'une feuille blanche ou presque. C'est la raison pour laquelle, elle est très différente dans son approche des autres Grandes Sonneries.

La première prouesse à souligner concernant cette montre est sa taille finalement contenue pour un tel nombre de complications: le calibre, d'une fréquence de 4hz, composé de plus de 1.300 pièces a un diamètre de 37mm et une épaisseur de 10mm lui permettant d'être logé dans un boîtier de 44mm de diamètre et de 15mm d'épaisseur. La montre reste donc tout à fait portable, évitant l'écueil traditionnel des montres de démonstration de savoir-faire horloger qui deviennent de véritables hamburgers.

Examinons maintenant le calibre côté ponts:



Nous remarquons au premier coût d'oeil le système de double-barillet et de deux trains de rouage similaire à celui du Duomètre. La gestion de l'énergie est un point crucial pour une montre à Grande Sonnerie et d'autant plus ici du fait des 4 marteaux. La réserve de sonnerie en mode Grande Sonnerie est de 12 heures, une réserve un peu courte mais qui s'explique notamment par la durée de la mélodie jouée lors des heures pleines (36 notes, 2 mesures ont été rajoutées à l'intégral du carillon Westminster). A noter ici le mode Petite Sonnerie spécial: la montre ne joue qu'aux heures pleines la mélodie des trois-quarts. L'autre détail que nous distinguons est le Tourbillon volant dont la cage tourne grâce à un roulement à bille en céramique.

Mais c'est côté cadran que nous observons les détails qui rendent cette montre si particulière.

Premier détail d'importance: la forme et la disposition des marteaux. Ici les 4 marteaux sont visibles ce qui n'est pas le cas de l'Arena (qui en a un au-dessus d'un autre). Un système à trébuchet a été imaginé pour accentuer la force de frappe du marteau. Ainsi comme une catapulte, le trébuchet permet au marteau de frapper de façon sèche sur le timbre et évite l'effet de rebond. De fait, la note jouée est plus forte et surtout plus claire.

Le deuxième détail est la présence de la tour de contrôle que vous voyez isolée sur la photo suivante:

Cette pièce est le cerveau de la montre, mettant les différentes fonctions en harmonie.

Un des principaux problèmes rencontrés par les montres à Grande Sonnerie est le décalage qui peut survenir entre le moment où la sonnerie joue et l'heure affichée. Grâce à cette tour de contrôle, le risque de décalage est supprimé.

L'autre rôle de la tour de contrôle est de remettre la Répétition Minutes dans le bon sens de sonnerie.

Une Grande Sonnerie joue les quarts puis les heures.

La Répétition Minutes d'une montre à Grande Sonnerie conserve traditionnellement le sens de la Grande Sonnerie et joue les quarts avant les heures. Sur l'Hybris Mechanica, le sens naturel de la Répétition Minutes est préservé: elle joue à la demande les heures, puis les quarts puis les minutes. Mais ce n'est pas tout: le silence que nous ressentons entre les heures et les minutes lorsque nous sommes avant l'expiration du premier quart est supprimé. La montre sonne directement les minutes après les heures.

Pour le boîtier, le choix s'est porté sur l'Or Gris qui d'après JLC, est le meilleur matériau pour concilier intensité et qualité du son.

C'est peut-être là la différence fondamentale entre l'Hybris Mechanica et l'Arena Metasonic.

La Manufacture Genta&Roth a beaucoup travaillé sur la conception du boîtier pour améliorer la qualité du son: l'absence de vis, l'utilisation de piliers, le développement d'un nouvel alliage pour les carures, tout a été pensé pour que ce qui entoure le calibre devienne une espèce d'amplificateur sonore. Le calibre Genta reste cependant le calibre traditionnel à Grande Sonnerie de la Manufacture.


Les équipes de JLC ont en revanche porté leurs efforts sur le développement du calibre et repris des recettes utilisées avec bonheur dans d'autres contextes (dual-wing, timbres cristal soudés à la glace etc...).

Vous noterez que le menu de sélection du mode de sonnerie est en G-P-S pour l'Hybris Mechanica (Grande-Petite-Sonnerie) alors que chez Genta, le mode de sonnerie s'opère par 2 sélecteurs: Grande ou Petite Sonnerie et mode silence ou sonnerie. Point important sur la Genta ou sur d'autres montres Grande Sonnerie: la montre ne doit pas être réglée en mode sonnerie sous peine de bloquer la montre. L'Hybris Mechanica verrouille automatiquement les poussoirs lorsque la montre est en mode sonnerie. Une sécurité très appréciée.

J'ai eu la chance d'entendre les 2 montres sonner, hélas à 6 mois d'intervalle. Les contextes étaient différents et il est difficile ainsi d'avoir un avis sur celle qui propose le meilleur son. Le seul sentiment que j'ai est que la JLC joue la mélodie de façon plus lente que la Genta. Mais l'idéal serait de pouvoir les entendre en même temps et dans les mêmes conditions.

Finalement, c'est toujours la même chose avec les montres à Grande Sonnerie. Cette complication est tellement passionnante que nous ne parlons quasiment pas des autres complications. Nous pourrions ainsi parler plus longuement du QP Rétrograde (jours, quantièmes et mois sont affichés de façon rétrograde) mais j'ai souhaité consacrer ces lignes avant tout sur ce qui rend magique cette nouvelle JLC.

Comme indiqué en préambule, la montre photographiée est un prototype. L'Hybris Mechanica à Grande Sonnerie fait partie du Trypique de JLC qui regroupe, avec l’Hybris Mechanica à Triptyque et l’Hybris Mechanica à Gyrotourbillon 55 complications. Le Tryptique sera réalisé en 30 exemplaires et les livraisons débuteront à partir de septembre 2010.

Un grand merci à Stéphane Belmont, Joel Cordier et Yves Meyan pour leur disponibilité et leurs explications.

lundi 7 décembre 2009

Thomas Prescher: Tourbillon Double Axe

C'est un moment rare que de rencontrer Thomas Prescher. Thomas nous faisait l'honneur d'être présent au Salon Belles Montres 2009 pour la première fois, c'était donc une rencontre à ne pas rater.

Thomas s'est rendu célèbre par la présentation de sa Trilogie autour du thème du Tourbillon lors du Salon de Bâle de 2009: trois Tourbillons volants furent présentés, avec un axe simple, un double et un triple axes. Outre le choix esthétiquement toujours séduisant du Tourbillon volant, la Trilogie mettait en avant l'impact de l'utilisation de systèmes d'axes différents sur la révolution du Tourbillon.

Heureuse surprise, Thomas est venu à Paris non seulement avec ses dernières nouveautés mais également les montres qui composent la Trilogie.

J'ai souhaité en voir une de plus près: la Double Axe.

Cette dernière est peut-être pour moi la plus belle du lot. Bien évidemment, la Triple Axe est plus complexe. Mais se dégage de la Double un sentiment de poésie lié au contraste existant entre la révolution particulière du Tourbillon et la forme particulière du boîtier coussin (d'un diamètre de 43mm).


Inutile de vouloir chercher des artifices: la montre est d'une rare austérité. Le guillochage triangulaire du cadran en argent, les registres très simples, la plaque sur laquelle est inscrit le nom du créateur, tout contribue pour accentuer cette sobriété. Mais cette sobriété est là pour mettre en valeur le Tourbillon volant.

L'oeil est immédiatement attiré par sa façon de se mouvoir dans l'espace car telle est l'impression qu'il procure: il semble flotter dans le vide.


Chaque axe effectue une rotation complète par minute. Compte tenu de la présence du deuxième axe, il faut une hauteur de plus de 12mm pour que le tourbillon puisse tourner (le balancier faisant près de 10mm), la cage ayant un diamètre de plus de 13mm.

Autre particularité du tourbillon Prescher: la présence d'un système de force constante dans la cage au niveau du premier axe. L'énergie des deux barillets est libérée de façon séquencée grâce à deux goupilles qui bloquent la roue d'ancre (amélioration du système de force constante de Henri Jeanneret).

Le calibre est composé de 279 pièces, a une fréquence de 3hz et une réserve de marche de 40 heures.

Au verso de la montre, la décoration tranche avec celle du cadran: on a le sentiment que le calibre (dont la platine est en laiton plaqué) est recouvert d'un papier doré froissé.

Au poignet, immédiatement le charme du tourbillon agit et hypnotise notre regard. Il se dégage de la montre un grand sentiment d'équilibre. D'ailleurs ce sentiment est présent chez les 3 montres du Tryptique malgré les formes de boîtier différentes. L'astuce de Thomas pour préserver cet équilibre a été de changer l'entre-corne selon les modèles.


Ce fut donc un vrai plaisir que de rencontrer Thomas Prescher. Les montres qui composent le Trypique sont là pour nous rappeler que lorsqu'elle est abordée avec talent et innovation, la complication du Tourbillon reste magique.

dimanche 6 décembre 2009

Grönefeld: La GTM-06

Les Frères Grönefeld ont participé à leur premier Salon Belles Montres en 2009, l'occasion de faire le point avec eux sur leurs projets.

Après le WOSTEP, Bart et Tim Grönefeld ont travaillé chez Renaud & Papi ce qui leur a permis d'acquérir une grande expérience dans le domaine des complications.

De retour en Hollande où ils dirigent un atelier de restauration, ils ont décidé de créer leur propre collection de montres.

La première montre de cette collection est la GTM-06 et, comme pour tout horloger indépendant, l'ambition lors de sa création était qu'elle devait apporter quelque chose de nouveau.

Ici, l'idée est de donner un design très masculin, très viril à des complications (Tourbillon & Répétitions Minutes) se retrouvant souvent dans des contextes très habillés.


C'est la raison pour laquelle le boîtier, les cornes ont été dessinées dans ce but. Mais ce n'est pas le seul.

Un des matériaux utilisés (le Platine pour 10 montre, l'autre étant l'Or Rose pour 10 autres montres) n'est pas réputé pour ses propriétés acoustiques. Pour compenser cette faiblesse, le design du boîtier et des cornes a été pensé pour améliorer la qualité et la force du son. Vous noterez un joli détail: le verrou de la répétition glisse sous les cornes situées à gauche du boîtier.

Le tourbillon est situé côté cadran. Les frères Grönefeld ont travaillé le calibre, ouvert la platine pour que les marteaux soient visibles côté cadran également.

Le calibre a été construit à partir d'une ébauche Christophe Claret, c'est un des rares cas où Claret ne fournit pas un calibre fini.

Bien entendu, la gravure côté ponts est personnalisable.




Clairement, la montre n'est pas faite pour les petits poignets du fait de la taille des cornes. La montre est de plus lourde mais ce n'est pas désagréable. Mon seul souci finalement est la lisibilité assez mauvaise de l'aiguille des minutes.



Dans un contexte bruyant peu favorable à ce genre d'expérience, j'ai pu cependant apprécier la qualité du son émanant de la montre: clair et relativement puissant.

Malgré des détails perfectibles, cette montre constitue donc un bon départ pour les frères Grönefeld.

A noter qu'ils ouvrent leur boutique dans leur ville, Oldenzaal, où seront également à la vente des montres Speake-Marin ou Sarpaneva.

Un grand merci à Bart et à Tim pour leur disponibilité!

samedi 5 décembre 2009

Sarpaneva: Korona K1

Stepan Sarpaneva était présent pour la première fois en 2009 au Salon Belles Montres. Ce fut donc une excellente occasion de découvrir son tout dernier modèle, la nouvelle version de la Korona K1.

Le style particulier de Stepan se reconnait au premier coup d'oeil: la forme du boîtier acier (d'un diamètre de 42mm), de la couronne, le design du cadran, pas de souci, on est bien en présence d'une montre Sarpaneva! A noter que la version antérieure de la K1 avait un boîtier d'un diamètre de 44mm.

L'intérêt de cette nouvelle K1 est de proposer une date: bonne nouvelle pour les amateurs qui souhaitent profiter de l'originalité de Stepan à travers une complication plus utile et abordable que la Phase de Lune.

Autre atout de la K1: sa déclinaison selon 3 cadrans de couleurs différentes. Chaque cadran ayant sa propre personnalité, ce sont en fait 3 K1 qui sont proposées.

Le calibre qui les équipe est le Soprod A10, d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 42 heures. Ce n'est certes pas de la haute horlogerie mais il fait bien son office. Le mouvement a été retravaillé afin de pouvoir recevoir le disque de date transparent qui s'intègre parfaitement dans le design du cadran.

Parcourons donc les 3 versions.

La plus originale est sans conteste celle avec le cadran "Rusty Brown".


La plus discrète est celle avec le cadran "Black Diamond Coated". Vous observerez que la finition du calibre Soprod est en cohérence avec le design de la montre.



Enfin, la plus raffinée est peut-être celle avec le cadran "Imperial Blue".

Je trouve cette nouvelle Korona K1 séduisante car tout en conservant l'originalité propre des montres Sarpaneva, elle est peut-être plus facile à porter que les modèles à phase de lune. La trotteuse centrale donne également une jolie animation sur le cadran.

La montre sera également disponible avec des boîtiers en Or Gris et en Or Rose.

Merci à Stepan Sarpaneva et à Philippe Mariez pour leur disponibilité.