Richard Mille: RM35-02 Rafael Nadal

Tout le monde connaît la puissance des coups de Rafael Nadal, que ce soit côté coup droit ou côté revers. Alors quand j'ai appris que le champion espagnol allait disputer Roland-Garros 2016 à la conquête de son dixième titre avec la RM35-02 au poignet, je me suis inquiété! Mais oui, elle était la première montre automatique dédiée à Rafael Nadal. Alors, je me suis demandé si la masse oscillante ne risquait pas d'endommager le mécanisme à cause d'une vitesse de rotation excessive suite à  un gros coup de lift?

Il n'y avait pourtant aucun risque. Car telle est la spécificité des montres Richard Mille. Elles sont conçues et réalisées pour être portées dans des conditions très spécifiques, compatibles avec l'utilisation qu'en font les ambassadeurs de la marque. Ils les utilisent sans contrainte et elles ont même tendance à se faire oublier du fait de leur confort et de leur légèreté. Nadal, par exemple, joue avec ses différentes montres (la RM35-02 était en 2016 la sixième montre Richard Mille qui lui était dédiée). Elles sont certes sur le poignet droit (Nadal est gaucher) mais le bras droit est extrêmement sollicité et pas uniquement lorsqu'un revers à deux mains est frappé.

L'architecture aérienne et contemporaine du mouvement est cohérente avec le style général de la montre:


Au bout du compte, Nadal n'a pas gagné son dixième titre à Roland-Garros en 2016 mais l'année suivante avec la RM27-03 au poignet. Il ne faudrait cependant pas négliger la RM35-02 pour cette raison. D'abord parce Nadal s'est retiré du tournoi à cause d'une blessure au poignet gauche et ensuite parce que la RM35-02 est une sacrée belle montre.

Elle représente pour moi une sorte de concentré des tendances mises en oeuvre chez Richard Mille depuis plusieurs années. La première caractéristique est la couleur vive qui saute aux yeux. En fait, la RM35-02 fut disponible en deux couleurs: noire et rouge. Mais c'est cette dernière que j'associe le plus à ce modèle. Tout simplement parce qu'elle fut présentée avec ce boîtier et un bracelet jaune ce qui évidemment était un hommage à la nationalité de Nadal.

La montre n'est pas bêtement rouge. Le boîtier est réalisé en quartz TPT dans cette version (et en carbone NTPT dans la version noire) qui donne un aspect marbré et nervuré du plus bel effet. J'aime beaucoup ce rendu que je trouve raffiné et subtil. Mais ce n'est pas tout: l'observation de la carrure est également intéressante car elle permet d'apprécier la structure du boîtier réalisée comme une sorte de mille-feuilles dont les différentes couches de quartz TPT sont saturées d'une résine rouge exclusive.


L'intérêt d'un tel matériau n'est pas uniquement esthétique. Il renforce la résistance aux chocs du boîtier et l'allège considérablement. Légèreté et résistance, voici les principes directeurs qui ont guidé Richard Mille dans la création des montres dédiées à Rafael Nadal.

L'autre caractéristique importante de la RM35-02 est le rotor à géométrie variable du mouvement RMAL1. En modifiant la position des ailettes de la masse oscillante, l'horloger modifie son inertie et donc son efficacité au remontage. Il est clair que dans le cas de Nadal, surtout pendant un match, la montre n'a pas besoin d'une efficacité au remontage optimale. Alors, même si le véritable impact de ce paramètre reste peu perceptible pour un propriétaire de la montre l'utilisant de façon normale, le concept lié à ce paramétrage est cohérent avec le contexte dans lequel la montre est présentée. Le souci du détail comme toujours chez Richard Mille.

Pour le reste, la RM35-02 s'inscrit dans la lignée de sa devancière à remontage manuel, présentée deux ans plus tôt: la RM35-01. Les tailles sont similaires. La RM35-02 a la même longueur de boîtier que la RM35-01 (49,94mm) mais une largeur légèrement supérieure (44,50mm vs 42mm). Le point surprenant est que son épaisseur est inférieure (13,15mm vs 14,05mm) malgré le rajout du système de remontage automatique.

Vous pouvez observer les deux ailettes sur cette photo dont les changements de position permettent de modifier l'inertie et donc l'efficacité au remontage de la masse oscillante:


Du point de vue visuel, l'architecture du mouvement RMAL1 est similaire à celle du RMUL3 de la RM35-01. Je trouve que la grande force de Richard Mille est d'être parvenu à conserver le même rendu, tout en profondeur et en transparence que le calibre soit automatique ou à remontage manuel. Ce n'est finalement qu'en retournant la montre que l'on perçoit véritablement la différence. Dans ce contexte, les performances des mouvements sont similaires à savoir une fréquence de 4hz pour une réserve de marche de 55 heures.

Je dois avouer que je suis fan de la présentation des deux mouvements et donc de celle du RMAL1. Il semble soutenu par 4 ponts en V périphériques qui donnent un côté très aérien. La structure du mouvement en titane met en valeur les éléments mobiles parfaitement intégrés. Je suis toujours étonné par la capacité de Richard Mille à insérer dans le design le barillet qui est généralement l'élément le plus délicat du point de vue esthétique. Il s'agit ici d'un double-barillet dont la vocation est plus d'optimiser le couple que la réserve de marche. Le mouvement est évidemment excellemment fini avec une approche décorative contemporaine en harmonie avec le style de la montre.

Le confort au porter est l'atout maître de la RM35-02 Rafael Nadal. Je ne me suis certes pas amusé à reproduire les mouvements du gaucher espagnol avec une raquette à la main mais comme toujours chez Richard Mille, la montre est maintenue fermement grâce à l'efficacité du bracelet caoutchouc. La légèreté de la montre contribue aussi à cette sensation.


De prime abord, la RM35-02 rouge semble plus difficile à porter que la noire compte tenu de sa couleur que je qualifierais de clivante. Mais le petit jeu du changement de la couleur de bracelet lui va très bien. Rouge, noir, orange, jaune, blanc, tout lui va. Elle m'apparaît donc comme plus polyvalente qu'elle n'en a l'air. 

J'aime donc beaucoup cette RM35-02. Le passage au remontage automatique est une réussite et si elle n'a pas suscité un  grand effet de surprise compte tenu de ses similitudes avec la RM35-01, elle n'en demeure pas moins une montre très bien conçue. Alors, oui, son prix est délirant pour une simple montre trois aiguilles... si on l'observe du point de vue des fonctions uniquement. Car sa réalisation, sa cohérence d'ensemble et ses performances en matière de résistance et de robustesse la positionnent sur un autre plan. Finalement, cette RM35-02 fut peut-être une des meilleures nouvelles pour Nadal lors de cette saison 2016 si difficile pour lui.

Les plus:
+ une qualité d'exécution sans faille
+ le confort au porter
+ le rendu de la couleur rouge du boîtier
+ une montre plus polyvalente esthétiquement parlant qu'elle n'en a l'air

Les moins:
- seul un horloger peut modifier la géométrie de la masse oscillante
- le prix, très élevé mais logique dans cette quête d'exclusivité

Commentaires

Unknown a dit…
La réussite de Richard Mille c'est d'avoir fait croire à tous les nouveaux riches stupides que les matériaux utilisés et les calibres étaient dingues...
Sauf que les matériaux ne sont pas si dingues que ça et les Vaucher...no comment.
Autre prouesse, faire croire à une production ultra limitée...
J'ai un jour compter toutes les séries limitées, les pièces uniques etc...Le moins que l'on puisse dire c'est la "manufacture" tourne à plein régime...
Bref, vous l'aurez compris, RM c'est réservé aux ploucs fortunés amateurs d'Orlinski et d'Alec Monopoly.
Anonyme a dit…
On a retrouvé la montre du père fouettard... et du petit chaperon rouge !
Pour les amateurs de séances SM, pas de soucis lors de la flagellation. Nadal l’a testée pour vous !
A quand la Richard Mille X Fischer Price pour les gamins des milliardaires chinois ?
Ridicule....