Un détail qui compte dans le dernier catalogue Phillips: la section "The Independents' Atelier"

Je ne sais pas si vous avez jeté un coup d'oeil au catalogue Phillips dédié à la prochaine vente qui se déroulera à Genève les 12 et 13 mai prochains. Mais il y a un détail très important à l'intérieur. Une Rolex unique? Une Patek rare? La fameuse 1815 Walter Lange en acier? Non, je ne parle pas d'un lot en particulier (même si le catalogue présente plusieurs pièces exceptionnelles). mais de la structure du catalogue en elle-même. En effet, une section est dédiée à l'horlogerie indépendante sous le label "The Independents' Atelier".

Cela n'a l'air de rien mais c'est une démarche qui est à la fois respectable et intelligente de la part des équipes horlogères de Phillips et notamment d'Alexandre Ghotbi. Respectable car en créant cette section, Phillips met en valeur les spécificités et la créativité de l'horlogerie indépendante qui mérite d'être sous les feux des projecteurs. Lorsque ces montres  sont présentées isolément, au milieu de pièces d'autres marques, elles n'apparaissent que comme des montres de complément de catalogue... vous savez, les montres que l'on rajoute une fois que l'on a créé les sections dédiées à Patek et à Rolex. Mais rassemblées et présentées de façon valorisante, la perspective change.

L'introduction à la section dédiée à l'horlogerie indépendante:


Car Phillips démontre une fois de plus sa capacité de créer des catalogues non seulement au contenu séduisant mais à la lecture passionnante. Une montre issue de l'horlogerie indépendante, c'est avant tout une montre de créateur. Elle s'explique par la vision de l'horloger. Et elle ne peut être expliquée sans présenter l'histoire, le parcours et l'ambition de cet horloger. La section permet donc une double découverte: celle de la montre et celle de son créateur.

La démarche est également intelligente. On est évidemment dans un business et l'objectif de Phillips est bien de satisfaire à la fois les vendeurs et les acquéreurs. Pour que les premiers le soient, les prix doivent être soutenus et robustes et la mise en valeur des montres y contribue. Pour les seconds, le plus important est que les pièces proposées soient pertinentes: un collectionneur confiera à la vente sa montre d'indépendant plus facilement dans un tel contexte.

Derrière tout ça, tout le monde est gagnant finalement:
  • Phillips qui affirme sa position de leader... et de leader d'opinion et qui par la même occasion sort de l'image de la maison d'enchères uniquement obnubilée par le duo Patek-Rolex,
  • Les créateurs indépendants ensuite qui gagnent en notoriété et qui peuvent ainsi rentrer dans une spirale positive: si les prix résistent mieux, les clients potentiels se poseront moins de question sur la pérennité économique de leurs achats lorsqu'ils souhaiteront acquérir des montres indépendantes neuves,
  • Et les clients qui découvrent une autre dimension de la haute horlogerie, plus audacieuse, passionnante et attachante.
Chaque montre est ainsi mieux mise en valeur:

 

 Alors, je vous conseille de feuilleter ce catalogue qui est accessible en ligne. Il s'agit certes d'un premier pas mais la section "The Independent's Atelier" permet de découvrir plusieurs montres originales ainsi que leurs contextes. François-Paul Journe, Ludovic Ballouard, Denis Flageollet pour De Bethune, Felix Baumgartner et Martin Frei pour Urwerk font partie des premières personnalités mises en avant dans le catalogue. Je suis sûr qu'à l'avenir de nombreux autres acteurs de l'horlogerie indépendantes les rejoindront dans cette section.

Commentaires

LaurMaz a dit…
Que ne suis-je pas devenu riche !

Il y a quelques modèles qui me tenteraient bien, si j'en avais les moyens financiers.


(133) Ulysse Nardin « Astrolabium Galileo Galilei » boitier rond en or blanc de 1985, référence de la marque 910-22

(138) Ludovic Ballouard (Upside Down » boitier rond en platine et cadran en nacre de 2015

(184) Cartier « Tank asymétrique » boitier en losange en platine de 1996, heures décalées de 30°, référence de la marque 2488

(185) Vacheron Constantin « Malte perpetual calendar » boitier rond en platine de 2004 date aiguille rétrograde jour mois et année, référence de la marque 47031

(200) Patek Philippe « Manta Ray » boitier rectangulaire en platine serti de diamants navettes à droite et à gauche, de 1959, référence de la marque 2554.

(269) Breguet de ville carré avec jour et date dans un guichet à 3h 8 boitier acier modèle de 1978


(276) Patek Philippe « Nautilus » cadran, boitier acier 42mm de 1977, référence marque 3700/1
LaurMaz a dit…
En rêvant une nouvelle fois sur la Upside Down de Ludovic Ballouard j'imaginais que si des amateurs un peu fols se regroupaient pour proposer une offre commune et ils pourraient se partager la montre à raison de X semaines par an.

Bien plus sérieusement, regardez par marque les quantités de montres proposées dans ce catalogue.
Rolex arrive en première position avec une quantité incroyable de 64 montres proposées pour cette vente de 285 montres (Soit 22,5%). Vu les volumes de production annuelle (estimée à 770 000) de la marque Rolex, cela me semble normal.
Mais en deuxième place, vous avez les montres Patek Philippe dont les volumes de production annuelle sont bien moindre (estimé à 56 000). Le catalogue propose 42 montres Patek Philippe (14,7%). Les autres marques sont loin derrière avec par exemple 12 montres Breguet et 9 montres Omega.
Je peux difficilement croire que le propriétaire d'une Patek la revend car elle ne lui convient pas ou qu'il est déçu par le modèle. Je ne vois plus que l'explication des affreux spéculateurs qui achètent pour revendre avec une confortable plus-value (ou des collectionneurs complètement accro qui revendent pour acheter un modèle encore plus rare et plus cher).
Avez-vous l'explication réelle ?
radhi meena a dit…
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