Omega: Seamaster Jeux Olympiques

Ce n'est pas parce que les Jeux Olympiques d'hiver n'ont pas la même portée médiatique que ceux d'été qu'Omega n'allait pas les célébrer. La marque de Bienne a témoigné de son rôle de Chronométeur officiel des Jeux Olympiques de PyeongChang grâce à  trois montres commémoratives. Mais elle fit beaucoup plus. En effet, elle profita de l'occasion pour rappeler que son implication avec les Jeux Olympiques débuta dès 1932 lors des Jeux de Los Angeles lorsqu'elle se déplaça en Californie avec 30 chronographes à rattrapante. Cette dotation semble bien modeste en comparaison avec l'énorme logistique mise en place dorénavant lors de chaque édition des Jeux. Mais qu'importe: la relation entre Omega et les Jeux venait de débuter.

La Seamaster Jeux Olympiques rouge:


En fait, Omega rappelle cette relation de longue date de deux façons. La première à travers une collection Seamaster  Jeux Olympiques, une édition limitée de 2032 pièces par couleur de cadran. La seconde à travers un coffret Jeux Olympiques de 5 Seamaster qui ne peuvent être vendues séparément et disponible en 100 exemplaires. Le point commun entre ces deux célébrations: les montres sont décorées selon les couleurs des anneaux olympiques.

Evidemment, on peut s'étonner qu'Omega sorte en 2018 des montres qui, logiquement, auraient dû sortir en 2032. Mais 2032, c'est loin et autant profiter dès maintenant d'une année olympique pour effectuer cette opération de communication importante: les Jeux sont au coeur de la stratégie d'Omega et la marque compte bien le marteler tous les deux ans. N'oublions pas non plus que les Jeux vont poursuivre leur ancrage en Asie car après Pyeongchang, les prochains Jeux se dérouleront à Tokyo (été 2020) et Pékin (hiver 2022). Omega ne peut pas se passer d'une telle opportunité pour s'adresser à un continent stratégique pour son développement. Enfin, n'oublions pas que le contrat qui lie Omega avec le CIO court jusqu'en 2032 et son renouvellement en 2017, importantissime pour Omega et plus largement le Swatch Group, méritait bien ces séries limitées.

Le calibre 8800:


Les Seamaster disponibles de façon séparée sont inspirées d'un chronographe à rattrapante utilisé lors des Jeux d'Innsbruck et de Munich en 1976. C'est la raison pour laquelle elles se caractérisent par leur zone centrale noire qui fait ressortir de façon très nette la graduation périphérique. Les cinq versions se distinguent par leurs touches de couleurs qui reprennent les mêmes teintes que celles des anneaux olympiques (noir, jaune, vert, rouge et bleu, symbolisant chacune un continent). C'est évidemment la couleur du bracelet qui saute aux yeux. Les différences au niveau du cadran sont plus subtiles mais clairement perceptible: l'inscription Seamaster, le cercle périphérique, les anneaux et la trotteuse suivent le même code de couleur que le bracelet. Dans ce contexte, la version noire apparaît comme étant beaucoup plus sobre que les quatre autres.


J'aime beaucoup l'exécution du cadran avec son rendu bombé, les aiguilles délicieusement surannées et le rôle particulier du cercle périphérique qui le divise en trois segments de vingt secondes afin d'utiliser plus simplement la montre en tant que pulsomètre.  Je regrette en revanche la présence de la date qui casse un peu l'inspiration de ces Seamaster et qui me semble inutile dans ce contexte "néo-rétro". Après, nous connaissons tous l'histoire: chez certaines marques, il est impensable de sortir une montre à portée commerciale stratégique sans date.

Les Seamaster du coffret commémoratif:


Le diamètre de 39,5mm du boîtier en acier confère à ces Seamaster des proportions harmonieuses. Elle me sont apparues équilibrées et même si le guichet de date est trop proche du centre, le fait d'être logé dans la zone noire du cadran le rend bien intégré dans l'esthétique générale.

Le mouvement des Seamaster Jeux Olympiques est le calibre Master Chronometer 8800 qui possède une réserve de marche de 55 heures et une fréquence de 3,5hz. Il s'agit d'un mouvement éprouvé dont les déclinaisons sont très largement utilisées par Omega. Sa présentation est soignée et son rendu visuel est agréable compte tenu de son architecture contemporaine. Cependant, j'aurais aimé un peu plus de contraste entre la masse oscillante et le mouvement en lui-même. La touche de couleur est apportée par l'anneau périphérique sur lequel sont inscrites toutes les éditions des Jeux Olympiques qui ont marqué ou vont marquer l'histoire d'Omega. Ainsi Paris 2024 et Los Angeles 2028 sont d'ores et déjà inscrits... mais pas les Jeux de 2032 pour une raison évidente: ils ne sont pas attribués. Dommage pour la portée symbolique du centenaire.


Les Seamaster Jeux Olympiques m'ont plu car elles parviennent à être très sérieuses et décontractées à la fois. Leur caractère sportif est bien présent mais la qualité de l'exécution et leur style malgré tout élégant confirment leur polyvalence. A noter l'étanchéité de 60 mètres.

Je souhaite cependant exprimer une petite frustration. Car au bout du compte ce sont les Seamaster du coffret que je préfère. Et celles-là est ne sont pas disponibles séparément. Il n'y a pas d'autre choix que d'acheter le coffret des cinq montres. Dommage car j'appréciais particulièrement le cadran blanc à minuterie chemin de fer, les superbes aiguilles noircies dont la couleur change en fonction de la lumière, l'absence de guichet de date...


Inspirée par une montre à rattrapante utilisée lors des Jeux de Londres de 1948, les Seamaster du coffret, quelle que soit sa couleur, se révèlent être très séduisantes. Elles ont la même taille que les Seamaster Jeux Olympiques (39,5mm), la même présentation du mouvement (le calibre 8806 est le même que le 8800 mais sans date) mais elles possèdent le je ne sais quoi qui fait le plus petit plus. Elles sont, à vrai dire, plus raffinés et cela se ressent. 


Au final, je me demande si Omega a bien fait de sortir ce coffret. Autant je trouve logique que les Seamaster Jeux Olympiques puissent être présentées lors d'une année olympique, autant je trouve bien trop prématuré de présenter un coffret du centenaire avec 14 ans d'avance. Derrière cette remarque, j'exprime mon regret de ne pas pouvoir accéder de façon individuelle aux Seamaster du coffret car je les trouve particulièrement réussies. Dommage... Fort heureusement, les Seamaster en séries limitées de 2032 exemplaires sont également séduisantes. Mais une fois qu'on a vu celles du coffret, on a dû mal à se projeter sur les autres. Abondance de biens peut nuire.


Les Seamaster Jeux Olympiques sont disponibles à un prix de 5.000 euros.
Le coffret commémoratif des 5 Seamaster est disponibles à un prix de 27.500 euros.

Merci à l'équipe de la boutique Omega des Champs-Elysées.

Les plus:
+ une exécution sérieuse et qualitative
+ les jeux de couleurs sur les cadrans
+ l'efficacité et la certification Master Chronometer des mouvements
+ des proportions harmonieuses

Les moins:
- les montres du coffret sont les plus séduisantes ce qui génère de la frustration
- je me passe aisément du guichet de date des Seamaster Jeux Olympiques 

Commentaires

Baselworld 2018 a dit…
Très jolie collection de la part d'Omega. Ils arrivent sans cesse à se renouveler tout en restant classique.
Anonyme a dit…
Le commentaire précédent...c'est posté par du personnel d'Omega ?
Cette montre est une honte, un poireau sur le visage d'un mannequin, de la corne aux talons d'Emily Ratajkowski. Quelle honte de la part d'Omega...et quand on voit la suite, Basel...
Phantomas