Audaceone: Square

La marque Audaceone a été fondée en 2017 à Paris par Clément Jean-Louis qui a souhaité exprimer sa passion pour l'horlogerie à travers un projet personnel. La montre Square est le fruit de sa démarche. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne constitue pas la voie la plus simple d'accès vers le succès... mais c'est ce qui la rend passionnante et bien plus intéressante que de nombreux projets récents.


Car le point de départ de Clément Jean-Louis n'est pas forcément de révolutionner l'horlogerie mais de proposer un produit différent. Et comme son nom l'indique, la première montre d'Audaceone est une montre de forme au boîtier carré. Pas simplement et strictement carré pour être plus précis. Le carré est l'idée générale, l'orientation. L'exécution est toute autre: le boîtier offre de légère courbures qui dessinent une forme qui est à la fois douce et de caractère. Le style est très élancé car le diamètre du boîtier est de 42mm pour une épaisseur de 9mm. Et montre de forme oblige, la taille perçue sur le poignet est supérieure à la taille réelle.

Deux modèles de la Square (Titane Carbone ou Black Titane Carbone pour une production envisagée de 60 pièces chacune) sont proposés à partir d'une construction similaire. Dans chaque cas, le boîtier est constitué de parties supérieures et inférieures en titane et une carrure traversante en carbone. Telle est d'ailleurs la spécificité de la montre: la carrure représente en fait la globalité de la partie centrale de la montre et c'est la raison pour laquelle le mouvement est intégré directement dans cette pièce en carbone.


La construction particulière du boîtier est rappelée par la présence des vis sur la lunette. Ces vis ont également un rôle esthétique et pratique car elles prolongent les lignes du cadran et peuvent donc être considérées comme des index. Elles se retrouvent ainsi toutes les 5 minutes... sauf au niveau de la tige de couronne. Clément Jean-Louis a fait alors le choix d'apposer à la place le logo très discret de la marque. Cette décision me plaît beaucoup car c'est une façon très élégante d'indiquer la marque tout en préservant la pureté du cadran.


Dans les deux cas, le cadran a pour but de jouer avec la lumière. Les lignes qui délimitent les secteurs du cadran changent de couleur, deviennent plus ou moins perceptibles selon l'inclinaison du poignet. Il en est de même pour les index bleuis situés à l'extrémité des lignes. Le guichet de date a tendance à disparaître ce qui n'est pas pour me déplaire. Je l'aurais d'ailleurs supprimé pour aller jusqu'au bout de la logique et renforcer encore plus la pureté du cadran. En tout cas, entre les deux versions, mon choix est fait: je préfère nettement la Titane Carbone que je trouve plus lumineuse et lisible avec des contrastes plus prononcés. La Black Titane Carbone est plus subtile mais le côté "phantom" me séduit moins.


De façon générale, quelle que soit la version, la Square parvient à créer une atmosphère personnelle, élégante et très contemporaine. J'aime notamment le rendu général très géométrique ainsi que les prolongations du boîtier au niveau du bracelet qui apportent du caractère supplémentaire. De plus, ces extensions permettent de porter la montre de façon confortable en la positionnant fermement sur le poignet. Certes, la montre est légère compte tenu du boîtier en titane carbone mais si elle avait bougé de façon excessive, elle n'aurait pas été agréable à porter. 


Clément Jean-Louis a souhaité se démarquer de nombreux projets qui ont comme premier objectif d'atteindre le prix de vente le plus bas possible et qui doivent par la suite faire des concessions sur l'origine des pièces et du mouvement. De fait, tous les composants viennent de Suisse ou de France. Le rendu qualitatif plus haut de gamme se ressent ce qui positionne la montre dans un segment différent de celui de la quasi-totalité des marques "kickstarter". Le mouvement s'inscrit dans la même démarche puisqu'il s'agit du calibre Vaucher VMF 3002 d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures. Ce mouvement de très grande qualité et qui anime des montres de maisons prestigieuses se caractérise par sa finesse, sa stabilité de comportement grâce à son double-barillet et son efficacité au remontage. Il est visible à travers le fond transparent de la montre et même s'il est résolument trop petit pour le boîtier (son diamètre propre est de 26mm), il est agréable à regarder grâce à sa finition de base. J'aime aussi beaucoup la masse oscillante de type astérohache, cohérente avec le design de la montre.


La montre est donc bien née. Maintenant, il ne reste plus qu'à pouvoir la produire et la période cruciale de pré-commande va démarrer à partir du 10 avril pour une durée encore indéterminée. Durant cette période, la Square est proposée à un tarif de lancement de 3.000 euros HT soit la moitié du prix de vente final. Une belle opportunité pour accéder à une montre qualitative et qui sort des sentiers battus à un tarif raisonnable.


Merci à  Clément Jean-Louis pour sa présentation.

Les plus:
+ une approche qualitative rare pour une marque de ce type
+ une esthétique convaincante et originale
+ le confort au porter
+ le prix dans la période de pré-commande

Les moins:
- le guichet de date me semble inutile
- le mouvement est trop petit pour le boîtier

Commentaires

Anonyme a dit…
Enfin une montre qui me séduit cette année. Originale, jolie à mon goût, pas tape à l'oeil (loin des chinoiseries ou des russeries clinquantes).
3000€ c'est déjà une somme mais à l'heure où une Memovox vaut quasi 10 000€ en acier ce n'est pas si cher.
D'accord la marque prestigieuse n'est pas (encore) là mais l'identité est présente loin des 12 000 montres revival ou des horreurs aseptisées de proposées entre autres par Brietling ( son changement de marque c'est pour moi comme si un café de caractère se transformait en décaféiné lyophilisé).

Bonne chance à cette nouvelle marque
Anonyme a dit…
Bon, une de plus...Ce n'est pas beau, c'est gros, peu subtile, ça n'apporte rien dans le paysage horloger déjà saturé.
Elle ne fera rien, c'est sans avenir. Next.
Phantomas