Merci: LMM-01

Une fois n'est pas coutume, c'est au boboland que je viens de découvrir une montre sympathique et séduisante sur les conseils d'un ami qui travaille dans le segment de la haute horlogerie. Alors, ayant confiance en son jugement, je me rendis à la boutique Merci, le concept-store du boulevard Beaumarchais à Paris pour observer de plus près la LMM-01 (La Montre Merci-01), déclinée en deux cadrans (noir ou blanc) et disponibles avec un mouvement à quartz ou à remontage manuel.

Vous avez bien lu: à remontage manuel et pas automatique! Alors que les grands stratèges de l'horlogerie considèrent que la montre mécanique, à l'exception du très haut de gamme, doit passer obligatoirement par un mouvement automatique, voici un acteur extérieur à l'industrie qui ose le remontage manuel pour s'adresser à une clientèle a priori peu intéressée par les montres.


En fait, l'équipe de Merci fait mouche sur le sujet en allant pourtant à l'encontre de certaines idées préconçues. Combien de fois par exemple j'entends que la date est indispensable! La LMM-01 n'en a pas, offrant un design épuré et efficace d'inspiration militaro-néo rétro. Et grâce à la trotteuse rouge qui apporte une touche de couleur et de fantaisie, la montre évite de sombrer dans l'austérité.

Combien de fois j'entends également que les femmes et les hommes nécessitent des propositions horlogères distinctes. La LMM-01 n'existe qu'un une seule taille (37,5mm) et est clairement affichée comme unisexe. 

Combien de fois j'entends que la boîte de rangement est un élément important contribuant à la part de rêve émanant d'une jolie montre? La LMM-01 propose un packaging simple avec une petite boîte en carton regroupant la montre, la notice, la garantie et un petit chiffon. Et j'allais oublier! La boîte contient également un petit livret qui comporte 60 pensées qui expliquent "les raisons du pourquoi d'une montre en 2017". Si ce n'est pas de la pédagogie ça, c'est à n'y rien comprendre!


Combien de fois j'entends qu'il faut utiliser des mouvements japonais pour pouvoir proposer des prix contenus? La LMM-01, dans sa version mécanique, est équipée d'un mouvement suisse ETA2801-2 pour un prix de vente de 365 euros avec un bracelet nato. Ce calibre, qui est en fait un ETA2824-2 sans le remontage automatique, propose des performances standard (42 heures de réserve de marche pour une fréquence de 4hz), est fiable et facilement réparable.

Alors évidemment, les provenances des autres éléments (le verre plexi bombé, le boîtier aux cornes percées, le cadran contrasté etc...) sont assurément bien plus lointaines que l'origine helvétique du mouvement mais la qualité perçue de l'ensemble est tout à fait correcte: la montre a un rendu sérieux et dégage un sentiment de solidité, renforcé par son style sans fioriture. 

Je dois avouer que cette montre m'interpelle. Certes elle ne va pas bousculer le marché car elle reste relativement confidentielle. Elle n'est pas non plus révolutionnaire du point de vue esthétique. Mais tout de même, il est intéressant de noter la stratégie mise en oeuvre par Merci pour séduire sa clientèle habituelle... cette même clientèle urbaine, jeune que l'horlogerie suisse "haut de gamme" rêve de conquérir. Merci se met en position de remplir ses objectifs car la LMM-01 répond à de nombreux critères qui me semblent indispensables. La montre est amusante avec ses touches de rouge, communautaire en rappelant au bas du cadran l'adresse du magasin, abordable (la version à quartz est vendue au prix de 190 euros) et personnalisable grâce à un grand choix de bracelets. Je retrouve bien le cocktail fun - exclusivité - personnalisation - juste prix qui peut redonner l'envie de remettre une montre au poignet.

A propos de personnalisation, le concept du présentoir permettant de rapidement tester les différents bracelets (nato ou cuir) est simplement génial: le boîtier de la montre coulisse sur un rail entre les brins des bracelets ce qui donne un aperçu immédiat. C'est si évident que je me demande pourquoi on n'y a pas pensé avant!

Le système astucieux du présentoir: la montre coulisse sur un rail afin de rapidement tester les différents bracelets!


Enfin, Merci adopte une attitude très pédagogique en expliquant sur son site l'intérêt de porter une montre de nos jours. Et le choix d'un mouvement à remontage manuel devient évident car il étaye la démonstration: à travers ce petit geste du remontage quotidien, on se réapproprie le temps qui en quittant notre poignet ne nous appartenait plus.

C'est intelligemment pensé et cela résonne auprès d'une clientèle qui utilise un smartphone pour lire l'heure. Et tout ceci m'oblige à faire le constat suivant: l'industrie horlogère suisse, à de très rares exceptions près, a complètement abandonné cette dimension pédagogique. Dans le même ordre d'idée, pourquoi aujourd'hui il est très difficile de trouver une petite montre simple à remontage manuel, sans date et à tarif contenu? Il y a décidément matière à réflexion au sein des grands groupes horlogers pour pouvoir réussir le renouvellement indispensable de leurs clientèles.

Les plus:
+ un design intemporel
+ une taille idéale pour une montre simple
+ un mouvement suisse et fiable 
+ un prix attractif

Les moins:
- un entrecorne de 19mm
- une inscription au bas du cadran un peu bavarde et déséquilibrée

Commentaires

Anonyme a dit…
Aucun intérêt.