lundi 3 juillet 2017

Urwerk: UR-103.08 TiALN

Urwerk fait partie de mes marques indépendantes préférées. J'ai toujours aimé la cohérence d'Urwerk qui est restée fidèle de façon permanente à sa démarche initiale, visant à réinterpréter l'affichage alternatif et classique (car existant depuis le XVIIième siècle) de l'heure vagabonde dans un contexte esthétique à la fois innovant et intemporel. Même si Urwerk a proposé d'autres types d'affichage (y compris un affichage classique avec son EMC), c'est bien l'heure vagabonde, que ce soit par le biais de satellites ou d'aiguilles qui me séduit le plus et je n'avais qu'une seule hâte: compléter ma collection avec une de leurs montres.

Le profil élancé du boîtier:


Au-delà de sa cohérence, Urwerk possède également une dimension très rassurante. Les mouvements sont construits généralement sur le même principe: un calibre de base connu, fiable et facilement réparable (Peseux 7001, GP 3300, Zenith Elite etc...) anime le module d'affichage développé par Felix Baumgartner. Et le grand talent du maître-horloger d'Urwerk est de rendre simples les choses compliquées. J'ai eu la chance de porter sur plusieurs mois deux UR-202, une UR-210, une UR-105 T-Rex... et chacune s'est comportée de façon irréprochable. Il faut dire que l'affichage dégage un sentiment de quiétude et de sérénité, puisque fonctionnant constamment à la même vitesse et sans à-coups... si je mets de côté l'aiguille rétrograde de l'UR-210. L'autre dimension assurant la pérennité des montres Urwerk est le design intemporel qui est le fruit du coup de crayon parfaitement maîtrisé de Martin Frei.

Les extrémités biseautées du verre:


Alors évidemment, je ne vais pas vous expliquer qu'une montre Urwerk est sage et classique comme une Calatrava. Elle crée de fortes émotions, des sentiments d'adhésion ou de rejet. Mais si on apprécie ce style unique qui se met au service de l'affichage du temps et du confort de l'utilisateur, si on rentre dans l'univers de Felix Baumgartner et de Martin Frei, on se rend alors compte que ce caractère audacieux devient beaucoup plus sobre, voire apaisé. C'est le constat que je fais: une montre Urwerk ne vieillit pas alors que de nombreuses montres très originales deviennent rapidement ringardes.

Le tableau de bord permet un réglage précis de l'heure:


Il y a quelques semaines, j'ai eu l'opportunité d'acquérir une de mes montres préférées: l'UR-103.08. Elle était mise aux enchères dans le cadre de la vente de la collection de Laurent Picciotto organisée par Phillips à Hong-Kong. Et grâce au logiciel de Phillips, je pus suivre tranquillement depuis Paris le déroulé de la vente afin de pouvoir enchérir. Tranquillement, c'est un bien grand mot car j'attendais fébrilement le lot qui m'intéressait. Il y avait d'autres pièces qui étaient sur mon écran radar mais je savais que les enchères allaient monter trop haut pour mon budget. Et puis... j'aime particulièrement l'UR-103.08.

L'UR-103 (dont la première version fut dévoilée en 2003), c'est un peu l'icône d'Urwerk et un grand classique de l'horlogerie indépendante. La 103.08 TiALN possède plusieurs originalités qui la distinguent des autres versions. Présentée en 2007, elle fut la première 103 à proposer un boîtier en acier. Mais pas n'importe quel acier! Il fait en effet l'objet d'un revêtement en TiALN (Titanium Aluminium Nitride) qui renforce considérablement sa dureté et sa résistance. Mais ce n'est pas tout puisque ce revêtement donne à la montre une couleur très particulière, une sorte de chocolat-aubergine (selon la lumière) du plus bel effet. La dernière surprise est liée à la forme du verre dont les extrémités biseautées apportent  une touche de caractère très appréciable... comme si une sorte de masque de transformer se trouvait à mon poignet.

Le ballet des chiffres:


La 103.08 TiALN est très facile à vivre. Elle se pose facilement sur le poignet, elle est relativement légère et la largeur du bracelet assure un excellent maintien. Ses dimensions (50mmx36mmx13,5mm, cornes comprises) sont raisonnables et permettent à la montre de passer sans problème sous une chemise. 

Le module d'affichage est alimenté par un calibre Peseux 7001 (à remontage manuel bien entendu) d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 43 heures. J'aime beaucoup le remonter en utilisant le pouce pour faire tourner la grande couronne au sommet du boîtier. Le réglage de l'heure s'effectue de façon précise grâce au tableau de bord à l'arrière de la montre qui comporte une trotteuse, un affichage de 15 minutes et un indicateur de réserve de marche. La partie visible de la montre est donc entièrement dédiée à l'affichage de l'heure vagabonde.

La luminescence offre un spectacle étrange, comme une soupe de chiffres:


Cet affichage est pour moi intuitif (alors que j'ai beaucoup de mal par exemple avec les régulateurs). Le satellite qui porte l'indication de l'heure se déplace de la droite vers la gauche le long de la graduation dédiée aux minutes. Avec de l'habitude, il suffit de regarder la position du satellite, sans même se préoccuper de la graduation pour avoir une bonne estimation des minutes. Les quatre satellites portent chacun 3 chiffres. Ils effectuent de façon continue une double-rotation, autour du carrousel central et sur eux-même.

La 103.08 au poignet, son caractère élancé et son confort la rendent facile à porter:


La vente Phillips me donnait donc l'occasion d'acquérir cette 103.08 10 ans exactement après sa sortie. Le contexte me plaisait beaucoup: la montre faisant partie de la collection de Laurent Picciotto et cela lui donnait un intérêt supplémentaire. J'ai eu l'excellente surprise de remporter les enchères sur ce lot (après quelques secondes de stress à attendre le coup de marteau d'Aurel Bacs...) et de devenir le propriétaire de cette pièce d'exception et rare! En effet, on estime à une dizaine de montres celles qui possèdent le verre aux extrémités biseautées.

La couleur du boîtier renforce son originalité:


La montre me comble ainsi doublement, grâce à son intérêt horloger et car elle symbolise les relations d'amitié que j'entretiens avec Laurent Picciotto et l'équipe Urwerk. Les rapports humains et les relations particulières qui se nouent constituent une grande partie du fil conducteur de ma collection. Je suis loin des stratégies d'investissement, je ne possède aucune boule de cristal et je privilégie le plaisir. La meilleure façon de ne pas être déçu au bout du compte!

Merci à Phillips et à l'équipe Urwerk pour l'excellente qualité de service.

3 commentaires:

Homega3 a dit…

Content pour toi et félicitations.

Anonyme a dit…

Super bonne pioche ! Suis bien content pour toi ! Bravo ! ;-)

Anonyme a dit…

L'industrie horlogère est géniale...
On met l'inscription TiALN et tout à coup ça devient un matériau exotique, hi-tech...
Quelle tristesse...Des forets sont conçus avec ce revêtement depuis des lustres...