mardi 30 mai 2017

Girard-Perregaux: Laureato Squelette

Girard-Perregaux est une des plus belles manufactures suisses mais le problème est que cela ne se sait pas. Sous l'impulsion d'Antonio Calce, la marque oeuvre à gagner en visibilité et en notoriété auprès des amateurs en insistant sur son patrimoine horloger et sur ses capacités techniques et décoratives. Cette stratégie ne peut porter ses fruits que si le contenu du catalogue est en cohérence. La Laureato Squelette est la montre idéale pour servir de porte-drapeau à cette ambition en combinant deux ingrédients essentiels: un design caractéristique et un contenu horloger ambitieux.


La Laureato est peut-être la véritable montre iconique de Girard-Perregaux.  C'est du moins ce que la marque veut mettre en avant. Le constat était simple: le tourbillon trois ponts d'or, l'élément le plus caractéristique de la manufacture ne pouvait pas constituer un vecteur de communication "grand public" compte tenu du prix des montres embarquant cette complication. La Laureato n'a pas ce problème puisque après un retour par le biais d'une série limitée en 2016, c'est une collection complète avec une gamme de prix extrêmement large qui a été dévoilée lors du dernier SIHH. L'autre atout de la Laureato est son esthétique extrêmement marquée par le style en vogue au début des années 70 et dont la Royal Oak fut le point de départ. Tout comme la montre créée par Gérald Genta, la Laureato joue sur les formes avec sa lunette en deux parties, le sommet octogonal contrastant avec sa base circulaire. Le cadran traditionnel reprend un motif en clou de Paris qui lui donne un effet de relief et le bracelet intégrée assure une continuité en matière de design.


La dernière représentante de cette collection est selon moi la plus réussie avec la Laureato 38mm. La Laureato Squelette est en tout cas beaucoup plus passionnante que la Laureato Tourbillon qui ne possède pas le charme de l'ancienne version EVO3 en titane et à ponts saphir.  Premier bon point pour cette nouvelle montre: sa taille reste raisonnable avec un diamètre de 42mm alors que la Laureato Tourbillon s'égare dans un boîtier de 45mm. Mais surtout, elle profite pleinement du travail de finition et de décoration effectué sur le mouvement squelette GP01800 lui donnant beaucoup d'originalité et de raffinement.


Le danger avec cette montre aurait été que la combinaison entre le contexte esthétique de la Laureato et le rendu très ciselé du mouvement produise un sentiment d'excès. Il n'en est rien et le résultat est très convaincant. Cette réussite est due à la très belle exécution du mouvement et à son aspect très contemporain que j'avais déjà pu apprécier avec la 1966 Squelette. Le type de finition est d'ailleurs le même qu'avec la 1966 puisque Girard-Perregaux a conservé le traitement galvanique anthracite. J'aurais aimé voir une autre finition pour changer d'approche mais force est de constater que ce traitement est élégant, moderne et très agréable à l'oeil. Il offre de plus un contraste plus fort avec les aiguilles et les index ce qui renforce la lisibilité.


La qualité des finitions est irréprochable, les ponts dessinent de très jolies formes et offrent plusieurs angles rentrants. Dans ce contexte, le mouvement squelette dévoile ses parties animées et notamment l'organe régulant au sommet du cadran, juste derrière le logo de la marque. En revanche, j'aurais aimé que le ressort de barillet soit moins présent visuellement car il a tendance à attirer l'oeil du fait de sa position à cinq heures et de sa taille. Le mouvement GP01800 est automatique (avec une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 54 heures) et une des animations les plus intéressantes offertes par la Laureato Squelette provient de la rotation de la masse oscillante qui se perçoit au second plan sans gâcher la vue sur le devant. Cette réussite réside dans l'excellent travail effectué à l'arrière du mouvement dont la finition n'a rien à envier à l'avant. A noter la présence d'une petite trotteuse à dix heures (et très proche du balancier) qui apporte une petite animation supplémentaire bien agréable. 


Les 42mm de diamètre sont incontestablement la bonne taille pour cette montre. Si pour la version simple j'ai une nette préférence pour la version 38mm, plus élégante et équilibrée à mon goût que la version 42mm, la Laureato Squelette avait en revanche besoin de cette taille pour laisser le mouvement respirer et éviter un style trop confus. La taille perçue est d'ailleurs inférieure à la version 42mm simple. 

La Laureato Squelette est disponible en deux déclinaisons: en acier (au prix de 32.600 euros) et en or rose (au prix de 64.000 euros). Le prix de la version acier est donc bien positionné compte tenu de la qualité de l'ensemble. Il s'agit donc à mes yeux d'une des montres Girard-Perregaux les plus abouties et elle peut devenir, avec la Neo Bridges, le porte-drapeau du nouvel élan de la marque.

Merci aux équipes de Girard-Perregaux France et de Bucherer.

Les plus:
+ une finition du mouvement irréprochable
+ la cohérence esthétique de l'ensemble
+ une taille adaptée
+ le prix compétitif de la version acier

Les moins:
- le ressort de barillet est un peu trop présent visuellement

1 commentaire:

Anonyme a dit…

32600€ > Injustifiable.