dimanche 23 avril 2017

Quelques photos de la Lange One référence 101.027

J'ai eu l'occasion il y a peu de rencontrer un heureux collectionneur possédant la Lange One référence 101.027. Mais qu'a-t-elle donc de spécial cette montre en or gris? Tout simplement, il s'agit de l'une des deux Lange One à cadran bleu (la seconde portant la référence 101.028 possède un boîtier en or jaune) qui a fait partie de la collection permanente. A noter que cette Lange One a également été présentée sous la référence 151.027 avec un bracelet en or gris.

Lange & Söhne et les cadrans bleu, cela nous remémore les premières années de la manufacture saxonne. En effet, la Lange One ne fut pas la seule montre de la collection à proposer un tel cadran puisque le Tourbillon Pour le Mérite, la petite Lange One, la 1815, la 1815 up & down, la première Saxonia, l'Arkade, la Cabaret et la Grand Arkade (dans une version sertie) firent l'objet d'un tel traitement. Mais petit à petit, ces références quittèrent la collection puis aucune ne demeura dans le catalogue à compter de l'année 2003. C'est fort dommage car ces différents modèles à cadran bleu possèdent un charme particulier comme le prouve cette Lange One.

La référence 101.027 possède un boîtier en or gris:


La réussite de la montre réside dans les spécificités du cadran de la Lange One et les subtils contrastes qui existent entre les zones dédiées à l'affichage du temps et de la trotteuse et la partie périphérique. Selon la lumière, les sous-cadrans se détachent plus ou moins du fait de leur finition particulière basée sur un léger effet de soleillage. Alternant sans cesse entre le bleu vif et le bleu marine, le cadran offre un spectacle réjouissant qui nous fait regretter l'absence d'une telle référence dans le catalogue actuel.

Vous noterez le léger contraste entre les sous-cadrans et la zone périphérique du cadran:


Car les cadrans bleu chez Lange, c'est aussi une drôle d'histoire de timing. Alors que le marché s'est engouffré dans cette tendance ces dernières années (blue is the new black comme on dit...),  Lange n'offre plus de cadran bleu dans le cadre de sa collection permanente depuis donc des lustres. D'un côté, le message est clair de la part de la Manufacture: nous ne suivons pas les tendances et nous respectons la feuille de route que nous définissons nous même. Mais je ne peux m'empêcher de penser que tout ceci est fort dommage car le Lange des premières années avait à disposition une diversité de cadrans que je ne retrouve plus aujourd'hui. Il ne s'agit pas de décliner le cadran bleu dans tout le catalogue mais je pense qu'il mériterait de faire son retour dans la collection permanente avec un modèle.

La montre est animée par le traditionnel mouvement de la Lange One, le  L901.0, à double barillet et qui possède une réserve de marche de 3 jours:


Je me souviens par exemple de l'opportunité créée avec la version de la Saxonia Thin 40mm en or gris. Cette montre aurait été parfaite avec un cadran bleu et bien plus passionnante que celle du catalogue à cadran argenté. Après tout, une décision de réintroduire un cadran bleu ne serait pas si absurde: Lange a la légitimité pour le faire et cela apporterait une offre alternative intéressante dans le catalogue. Un cadran guilloché bleu fut récemment disponible dans le contexte de l'édition limitée qui célébrait par le biais de différents sets le vingtième anniversaire de la montre. Mais la réintroduction d'une référence dans la collection permanente serait un signe beaucoup plus fort et apprécié par les amoureux de la manufacture saxonne.

La diamètre du boîtier est de 38,5mm soit la taille d'origine de la Lange One:


Merci au collectionneur qui m'a donné la possibilité d'observer de près cette référence.

lundi 17 avril 2017

Une application à découvrir: Watch Essentials par la Fondation de la Haute Horlogerie

La Fondation de la Haute Horlogerie, par le biais de la HH Academy, vient de lancer une application disponible sur Apple Store et Google Play Store: Watch Essentials. Cette application a un double objectif. Elle s'adresse aux néophytes qui peuvent acquérir des notions de base sur les montres mécaniques et les caractéristiques du segment de la haute-horlogerie. Mais les amateurs confirmés peuvent également la parcourir pour rafraîchir leurs connaissances.

L'application, disponible en plusieurs langues, est à la fois ludique, didactique. Les 9 modules qui la composent permettent d'obtenir un aperçu complet de la culture horlogère. Certes, il ne s'agit que d'un verni mais la plus grande vertu de l'application est de donner envie d'en savoir plus. Watch Essentials remplit donc la mission d'éducation de la Fondation de la Haute Horlogerie.

L'application a été construite avec intelligence. Chacun des thèmes abordés (Terminologie, Habillage, Fonctionnement, Matériaux, Introduction aux complications, Décoration, Histoire,  Acteurs du marché, Culture et excellence) est structuré de façon similaire: selon les cas, un jeu de questions & réponses, une vidéo, une animation plantent le décor et apportent les informations de base. Puis un quizz permet de valider les connaissances apprises lors du parcours du module. Il est obligatoire d'atteindre un certain pourcentage de bonnes réponses afin de considérer le module comme accompli. Si c'est le cas, le taux de progression de l'application augmente et un fichier pdf récapitulatif est envoyé par email. Etape par étape, en fonction de l'avancement dans les différents modules, les utilisateurs de l'application bâtissent leurs montres virtuelles en choisissant ses composants.

Le reporting qui assure ce suivi est donc stimulant et nous incite à poursuivre la progression dans l'application. Cette motivation permanente n'est pas anodine car une récompense est au bout du chemin pour les plus rapides! En effet, les 1.000 premières personnes qui terminent le parcours se voient offrir la possibilité de s'inscrire gratuitement au test validant la HH Certification. 

Watch Essentials est selon moi une belle réussite. Nullement rébarbative, elle rappelle de façon claire et rythmée les fondamentaux de l'horlogerie traditionnelle. J'ai particulièrement aimé le module dédié au fonctionnement car extrêmement clair. L'utilisation d'un mouvement Lange pour illustrer le module consacré à la décoration est également judicieuse. J'aurais cependant apprécié plus de profondeur dans la partie dédiée aux complications, notamment sur leurs fonctionnements. Mais l'application vient juste d'être lancée et je suis sûr qu'elle fera l'objet dans le futur de plusieurs mises à jour et que son contenu sera enrichi. En attendant, je recommande vivement le téléchargement de Watch Essentials pour apprendre ou réviser tout en s'amusant.

Les explications simples et claires du module fonctionnement:


L'introduction aux complications:


L'utilisation d'un mouvement Lange permet d'illustrer efficacement les différentes techniques décoratives:


Les personnalités, dates et innovations clé sont rappelées dans le septième module: 


Le module dédié aux acteurs de l'horlogerie décrit le marché actuel:


Une fois que le quizz du module est franchi avec succès, le taux de progression de l'application monte. Il est possible de recevoir une fiche récapitulative au format pdf:


 J'adresse mes félicitations à l'équipe de la HH Academy pour cette belle réussite.

dimanche 9 avril 2017

Baselworld 2017: Rolex

J'ai envie de qualifier très simplement la collection 2017 de Rolex. Elle est pour moi solide et réaliste. Solide car elle concerne plusieurs lignes du catalogue et a pour vocation à étendre et renforcer le succès de la marque au-delà des références clé de la marque. Réaliste car en proposant des déclinaisons en acier de la Sky-Dweller et de la Datejust 41, Rolex se veut compétitif et conquérant dans un marché ultra compétitif. L'exemple de la Sky-Dweller est à ce titre très révélateur. La montre est une des plus innovantes de la manufacture avec son astucieux sélecteur à la lunette et son affichage original des mois. Elle regroupe deux complications utiles, le calendrier annuel et l'affichage du second fuseau, le tout pour un prix de 13.150 euros TTC ce qui, dans le contexte qualitatif de Rolex, est extrêmement attractif.

Et puis Rolex nous offre en même temps son cocktail habituel de surprise (le retour de l'affichage des phases de lune après des décennies d'absence) et de buzz avec la nouvelle Sea-Dweller qui suscita beaucoup d'émotions compte tenu de son diamètre élargi et de la présence de la loupe cyclope. L'essentiel est pourtant ailleurs. Cette collection 2017 n'est pas forcément la plus spectaculaire (je n'ai pas ressenti une émotion esthétique aussi forte comme avec l'Air-King de l'an passé) mais tout ce qui est présenté est intelligemment fait... et répond à l'attente des détaillants qui ne doutent pas du succès de certaines références. Voici un rapide tour d'horizon de ces nouveautés sachant que je reviendrai en détails sur certaines d'entre elles.

La Cellini héberge une nouvelle complication avec l'affichage des phases de lune qui fait donc son grand retour chez Rolex. La montre, disponible en or rose, profite de sa taille équilibrée (39mm) et de la présence permanente de la lune en météorite pour offrir un très joli cocktail harmonieux et poétique. La contrepartie de cet affichage permanent est qu'il nécessite une période d'accoutumance pour s'habituer à son fonctionnement. La date périphérique est également une très bonne idée, renforçant l'élégance de l'ensemble. Une belle réussite... Rolex détient enfin peut-être le véritable porte-drapeau de la collection Cellini.


La Yach-Master II est pour moi une montre paradoxale. C'est peut-être une des plus abouties techniquement mais elle ne semble pas posséder la même cote d'amour que d'autres références de la marque. Cela est sûrement dû à sa taille et à son style plus radical. J'aime cependant beaucoup cette montre et les petites différences esthétiques apportées sur la version 2017 visent à la rendre plus lisible et à renforcer son identité.  Je trouve que les nouvelles aiguilles lui vont bien.


La Sky-Dweller en version acier a fait l'unanimité. Le cadran est épuré et le retrait des chiffres romains lui confère un style plus actuel.  J'aime particulièrement la version à cadran bleu qui réduit la perception de la taille. Les deux complications sont intégrées avec style sur le cadran et le système de réglage, basé sur le sélecteur à la lunette est d'une grande facilité d'utilisation. La Sky-Dweller en acier est une montre qui offre beaucoup pour un prix attractif.


La Daytona en or (jaune, everose et gris) s'équipe du bracelet Oysterflex et de la lunette Cerachrom noire. Les trois versions sont visuellement très différentes. La version en or gris est la plus sage incontestablement. La version en or rose est la plus spectaculaire et originale. Mais ma préférée, de loin, est celle en or jaune. J'y retrouve, malgré ces deux éléments contemporains, une atmosphère presque rétro et pleine de charme. Le contraste entre l'or jaune et le noir ne m'a pas paru agressif (il m'a plus surpris sur la version en or rose) et j'ai été sous le charme de cette montre élégante et raffinée. Mais il faut dire que j'aime beaucoup l'or...





 

La Datejust 41 profite elle aussi d'un boîtier en acier et tout comme la Sky-Dweller, c'est la version à cadran bleu que je préfère. Un grand classique de Rolex qui a tous les atouts pour devenir un best-seller.


La star de l'année est assurément la nouvelle Sea-Dweller. Suscitant de nombreux commentaires du fait de son augmentation de taille et de sa loupe cyclope, la Sea-Dweller est pour moi le symbole d'une parfaite gestion de catalogue de la part de Rolex. Je trouve que la situation précédente était presque anormale avec finalement deux références proches ayant le même diamètre. Rolex propose maintenant une plongeuse avec un diamètre de 40mm, une autre avec un diamètre de 43mm et demeure la Deep-Sea avec son diamètre de 44mm. L'offre m'apparaît plus logique ainsi. La loupe cyclope fait partie de l'identité de la marque et sa présence ne me choque pas. Quant à la ligne rouge, elle contribue au mythe Rolex en étant la bougie d'anniversaire de la Sea-Dweller.


Pour finir, Rolex s'est aventuré sur un territoire plus coloré. Cette Yach-Master à lunette sertie est surprenante mais finalement plus portable que je l'imaginais au départ. Une montre à tendance estivale s'adressant à une clientèle mixte recherchant une touche précieuse.


Merci à l'équipe Rolex pour sa disponibilité.

vendredi 7 avril 2017

Exposition de montres Heuer à la boutique Tag Heuer de Paris Opéra (boulevard des Capucines)

La boutique Tag Heuer de Paris Opéra organise une exposition d'une douzaine de montres Heuer, en provenance du Musée ou appartenant à des collectionneurs, qui ont joué un rôle significatif dans l'histoire de la marque et qui ont servi, pour certaines d'entre elles, d'inspiration pour des rééditions. Cette exposition qui se déroule jusqu'au 28 avril rappelle l'extrême richesse de styles, de designs et de fonctions déployée par Heuer pendant plusieurs décennies. Derrière une complication commune (la quasi totalité des montres sont des chronographes), les pièces ainsi exposées apportent la preuve de la créativité  des équipes Heuer et témoignent également des tendances artistiques des différentes périodes. Mais dans chaque cas, se ressent le même leitmotiv: l'aspect pratique était prioritaire et  le confort d'utilisation était l'objectif poursuivi par toute évolution du design. Je vous propose de découvrir certaines de ces montres et vous encourage vivement à les voir à la boutique lors des prochains jours si vous êtes de passage sur Paris.

L'Autavia (contraction d'AUTomobile et AVIAtion) de 1964 est le premier chronographe de poignet à utiliser une lunette tournante créée par Jack Heuer:


La Silverstone de 1974 fut portée par Clay Regazzoni. J'aime beaucoup cette couleur "Bordeaux" qui ne fut pas utilisée lors des rééditions.


Le cadran de cette Daytona de 1976 a pris un aspect absolument charmant:


Cette Monza de 1976 créée pour Niki Lauda, champion du monde de Formule 1 inspira la réédition de la Monza de 2016 qui gagna une récompense lors du dernier Grand Prix d'Horlogerie de Genève.


La Monaco de 1969 fut portée par Steve McQueen sur le tournage du film "Le Mans" en 1970:


Une de mes pièces préférées de l'exposition est la Carrera de 1972 qui rend hommage à la "Carrera Panamericana":


Très marquée par son époque, la Montréal de 1972 célèbre le pilote canadien Gilles Villeneuve:


Des circuits de Formule 1 jusqu'à la mer, il n'y a qu'un pas, aisément franchi par la Skipper de 1985 qui intègre un compte-à-rebours de régate: 


Enfin, je fus séduit par la pureté de la Camaro de 1970:


Merci à l'équipe de la boutique Tag Heuer de Paris Opéra pour son accueil.