dimanche 3 avril 2016

Fiona Krüger: Petit Skull

C'est au Palace que se trouvait une des montres les plus charmantes et séduisantes de l'édition 2016 de Baselworld. Fiona Krüger est de retour avec la montre Petit Skull qui peut être considérée au premier coup d'oeil comme une évolution plus raisonnable de sa célèbre Skull. Mais attention! Petit ne veut pas dire "minuscule" et encore moins "au rabais". Car la Petit Skull possède sa propre identité qui la différencie nettement de la première pièce de Fiona. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas percevoir la Petit Skull comme uniquement une version réduite de la Skull mais bien comme une approche différente du thème favori de la jeune créatrice.


La montre Skull jouait sur sa forme magnifiée par la taille du boîtier, par les effets de relief sur le cadran et par les jeux de couleur la projetant dans des univers très variés. La Petit Skull fait preuve de plus de maîtrise, de maturité et est incontestablement plus subtile que sa devancière. Ici, ce sont les  types de guillochage qui décorent le cadran et qui en définissent les diverses composantes. Ces  motifs apportent beaucoup de dynamisme et j'aime ainsi particulièrement le contraste entre la zone des yeux et celle du sommet du crane de la Petit Skull blue.

En fait, le cadran est composé de 9 éléments se répartissant sur 3 niveaux. Le premier niveau est constitué par les aiguilles rhodiées. Fiona n'a pas simplement raccourci les aiguilles de sa première montre. Elle les a redessinées et évidées en leurs extrémités. Le résultat est plus léger et plus raffiné. La Petit Skull n'a pas de trotteuse mais ce n'est guère un souci puisque les ouvertures du cadran permettent de voir le mouvement fonctionner et d'offrir un témoin de marche.


Le deuxième niveau rassemble les 6 parties du cadran qui lui donnent sa forme particulière. Deux principaux motifs sont utilisés sur la Petit Skull blue: le soleil douze division avec traits prononcés et les écailles de poisson. Ces parties guillochées sont par la suite colorées avec une couleur "Bleu Roi" grâce à un processus de galvanisation. Le niveau comporte également la dentition du crane, rhodiée et perlée. Je dois avouer que c'est la version blue qui m'a le plus séduit en ce qui concerne les motifs du guillochage. Les contrastes sont nettement perceptibles mais les motifs restent en harmonie. C'est incontestablement le cadran de la version blue qui est le plus abouti.

Le dernier niveau se situe à la périphérie. Légèrement grenaillée, la partie qui crée le lien entre le boîtier et le cadran est par la suite rhodiée. Elle sert aussi de support aux marqueurs des heures, noircis et légèrement en relief. Ces marqueurs jouent un rôle fondamental puisque compte tenu de la forme du boîtier, nos repères habituels de la lecture de l'heure sont troublés. Ces 12 points permettent de bien recaler la géométrie du cadran (l'écart entre les marqueurs n'est pas constant) et sont indispensables pour  obtenir une certaine précision de lecture. Ils demeurent discrets et s'intègrent sans souci dans le design de l'ensemble.

Des évolutions de cadran seront possibles:


Les ouvertures du cadran n'ont pas été faites au hasard et témoignent de la parfaire harmonie entre le mouvement et le design de la Petit Skull. L'oeil droit (à gauche du cadran) permet d'observer le barillet et l'oeil gauche le balancier et le spiral. C'est la raison pour laquelle la montre, malgré l'absence de trotteuse demeure si vivante et animée. Le nez dévoile aussi une partie du mécanisme car le calibre permet cet effet de transparence.

Le boîtier en acier est fini avec soin et j'aime la position de la couronne à douze heures. Je la trouve esthétiquement mieux intégré que sur la Skull et plus facile à manipuler. 

La version blue:


Le mouvement qui équipe la Petit Skull est un Soprod A10 entièrement squeletté et dont la masse oscillante est adaptée au style décoratif du cadran. Le squelettage du mouvement le rend très agréable à observer à l'arrière de la montre mais il contribue aussi à faire passer plus de lumière côté cadran. L'utilisation d'un tel mouvement est pour moi très rassurant. Il s'agit d'un calibre fiable avec une bonne efficacité au remontage. Ces performances sont conformes à celles d'un ETA2892-A2 dont il est une alternative. Sa large diffusion le rendra facilement réparable sur le long terme.

La version black:


Le test au porter est évidemment fondamental pour une telle montre au design si caractéristique. Les dimensions sont considérablement réduites par rapport à la Skull d'origine (48 x 34.5 x 9.8 mm vs 57,4 x 41,3 x 10.9 mm) et cela se ressent immédiatement lorsque les deux montres sont côte à côte. Mais prise isolément la Petit Skull conserve une forte présence au poignet. N'oublions pas qu'une montre de forme a toujours une taille perçue supérieure à celle d'une montre ronde équivalente. La position des cornes sous le boîtier a plusieurs intérêts. Elle renforce la réussite visuelle de la Petit Skull puisqu'une fois au poignet, seul le crane est visible. Ensuite, elle rend la montre portable pour tout type de poignet, grand ou petit. Le confort est ainsi optimal. Enfin, elle permet l'utilisation de bracelets avec deux largeurs différentes. Le premier bracelet se positionne intégralement entre les cornes. Plus fin, il donne à la Petit Skull un côté féminin. Le second bracelet déborde sous les cornes et est plus large. Il est recommandé pour les poignets masculins.

La version silver:


La Petit Skull est au bout du compte une montre paradoxale. Plus petite que la Skull, elle possède cependant un caractère très affirmé. Sa décoration plus subtile et raffinée la rend, selon moi, plus aboutie que sa devancière. Le design moins bariolé car porté par une couleur dominante lui confère un style plus approprié à des poignets masculins. Cette montre est résolument mixte alors que je me pose toujours la question au sujet de la Skull. Fiona Krüger a donc réussi l'exercice difficile de la seconde montre car elle est parvenue à renouveler son approche artistique tout en conservant son style.

La Petit Skull est aujourd'hui disponible en trois versions (silver - blue - black) de 18 exemplaires par couleur, chaque version possédant ses propres motifs décoratifs.

Merci à Fiona Krüger pour son accueil à Baselworld.

Les plus:
+ une évolution esthétique plus raffinée de la Skull
+ l'intégration parfaite du mouvement dans le design de la montre
+ la finition du cadran fabriqué par Dialtech, le cadranier repris par Kari Voutilainen
+ le confort au porter

Les moins:
- les motifs du guillochage ne sont pas selon moi aussi aboutis sur les versions silver et black que sur la version blue

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