Urwerk: UR-105 T-Rex

Grâce à Urwerk, je me replonge dans une de mes premières passions: les dinosaures. C'est peut-être pour cela finalement que j'adore cette montre. Grâce à sa carapace en bronze dont le motif est inspiré par la peau d'un des reptiles qui ont régné sur terre il y a plusieurs dizaines de millions d'années, Urwerk redessine, refaçonne l'UR-105 pour totalement la transformer et lui donner une atmosphère imprévue mais séduisante.

Mais avant d'observer de plus près cette UR-105 T-Rex, il est important de se rappeler quelques fondamentaux non pas en horlogerie mais en dinosaures (!).

Cette illustration représente le combat entre un Ankylosaurus à gauche et un Tyrannosaurus-Rex à droite. Je n'ai pas besoin de vous présenter ce dernier, il est le dinosaure le plus connu et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Urwerk utilise son nom pour cette nouvelle version de l'UR-105. T-Rex, c'est incontestablement plus vendeur! Mais le plus intéressant sur l'image est bien l'Ankylosaurus car je le considère comme la véritable inspiration de l'UR-105 T-Rex!

L'Ankylosaurus et le Tyrannosaurus-Rex face à  face... qui va gagner? Je n'en saurien!

 
Crédit: Comicvine.com

Cet animal, dont le nom signifie "lézard rigide", se caractérisait par son armure composée de plaques osseuses et par sa célèbre queue massue qui lui permettait de repousser les assaillants les plus agressifs. Et lorsque je regarde l'UR-105 T-Rex, je ne peux m'empêcher de penser à l'Ankylosaurus... Les motifs du sommet du boîtier en bronze m'évoquent immédiatement les plaques osseuses tandis que la couronne "cloutée" me rappelle la queue massue. Enfin, la forme du verre semble dessiner les cornes qu'il avait autour de la tête. Bref, on est toujours dans le même bestiaire mais pas forcément avec le dinosaure auquel on pense.


Tout ceci n'est pas très important parce que, quelle que soit la bestiole, l'UR-105 T-Rex est une réussite. Alors que je ne suis pas un fan de l'UR-105 d'origine, je trouve que cette évolution lui va à ravir et entraîne quelques effets visuels du plus bel effet. 

Au fil de la présentation de ses nouveaux modèles, Urwerk a travaillé à ouvrir de plus en plus la partie supérieure des boîtiers pour dévoiler les mécanismes d'affichage et notamment l'animation des satellites et du carrousel. L'UR-105 est d'ailleurs un parfait exemple avec sa très grande ouverture permettant de voir ses 4 satellites à l'oeuvre. L'UR-105 T-Rex effectue un retour en arrière et recouvre le mécanisme d'affichage pour se concentrer sur la zone dédiée aux heures et minutes. L'UR-105 T-Rex apparaît alors comme plus large que la montre d'origine et surtout esthétiquement très fidèle aux premières Urwerk, notamment l'UR-103.01 et son boîtier strié. J'ai tendance à penser qu'Urwerk nous offre avec l'UR-105 T-Rex un hommage à ses premières réalisations tout en profitant pleinement des dernières avancées techniques.


En effet, l'UR-105 T-Rex n'abandonne aucune des fonctions de la montre de base dont notamment le mouvement automatique et la faculté de moduler l'efficacité du remontage grâce à un petit sélecteur situé à l'arrière du boîtier. Il permet d'influencer le comportement des turbines qui peuvent même bloquer la masse oscillante et ainsi transformer le mouvement en calibre à remontage manuel.

La lecture du temps surprend dans un premier temps les personnes qui ne sont pas habituées au principe de l'heure vagabonde. Mais l'UR-105 T-Rex se maîtrise très vite et sa lisibilité est  excellente. La forme du verre, plus contenue, favorise la concentration du regard vers l'affichage du temps. Malgré tout, je n'ai pu m'empêcher de profiter des motifs de la carapace en bronze. Le travail artistique est beaucoup plus subtil que la thématique reptilienne le laisse supposer. Cette décoration apporte beaucoup de dynamisme, à la fois convergeant  vers la couronne et débouchant sur l'affichage du temps. Le plaisir n'est pas seulement visuel: il est également tactile. La carapace est une invitation aux caresses et très vite, je ne pouvais plus m'empêcher de faire glisser le pouce dessus: une nouvelle démonstration de l'interaction entre la montre et son propriétaire chère à Urwerk!


Le verre, malgré sa surface réduite, laisse cependant deviner le guillochage du cache qui recouvre les satellites. Ce guillochage, déjà présent sur l'UR-105 d'origine, se marie parfaitement avec la carapace.

Le fond du boîtier en titane ne possède aucune différence par rapport à celui des autres UR-105. Il permet d'apprécier les deux turbines ainsi que le fameux sélecteur d'efficacité du remontage. Comme d'habitude, le mouvement automatique est basé sur un calibre Zenith à l'excellente efficacité au remontage qui anime le module d'affichage développé par Urwerk. Le mouvement possède une fréquence de 4hz et une réserve de marche autour de 48 heures.

Le fond du boîtier, ici celui d'une UR-105TA demeure le même:


Une fois mise au poignet, l'UR-105 T-Rex fait le même effet qu'une montre artistique. La décoration de la carapace, pourtant omniprésente, se met au service de l'affiche du temps. Le bronze est dans ce contexte, un matériau idéal et évoluera dans le temps en fonction des conditions traversées par la montre. Son gabarit demeure imposant (53mmx39,5mm) et le rendu est plus "carré" que celui de l'UR-105 dont la forme de la lunette accentuait les proportions rectangulaires. L'épaisseur maximum est élevée (16,5mm) mais étonnamment, l'UR-105 T-Rex apparaît comme une montre plutôt élancée. Il faut cependant un poignet adapté pour profiter pleinement du style particulier mais séduisant de cette pièce.

Les nervures du bracelet complètent avec style la décoration de la carapace:


La version T-Rex me réconcilie avec l'UR-105 et démontre la capacité d'Urwerk à concevoir des évolutions surprenantes de ses montres. L'UR-105 T-Rex, disponible dans le cadre d'une série limitée de 22 pièces, m'apparaît comme une sorte de croisement entre l'Urwerk d'aujourd'hui et l'Urwerk des premiers jours. Elle permet de mesurer le chemin parcouru par la marque de Felix Baumgartner et de Martin Frei qui ont toujours su explorer des univers rarement abordés dans le monde horloger. Et je ne peux que me réjouir de retrouver grâce Urwerk les dinosaures de mon enfance!


Merci à l'équipe Urwerk pour son accueil lors du SIHH 2016.

Les plus:
+ une transformation radicale de l'UR-105
+ la décoration de la carapace en bronze qui procure un plaisir tactile et visuel
+ la lisibilité de l'affichage
+ l'efficacité au remontage du calibre de base

Les moins:
- le gabarit demeure imposant et n'est pas adapté aux petits poignets

Commentaires

Anonyme a dit…
J'ai bien peur que ce genre d'ovni horloger ne suffise pas à relancer une industrie horlogère à l'agonie.
Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Anonyme a dit…
En même temps, Urwerk n'a jamais eu pour vocation de relancer l'industrie horlogère, à l'agonie ou pas... Ceci dit, j'aime beaucoup cette pièce. Je lui trouve un vrai intérêt esthétique et un vrai charisme. Après, le reste c'est du marketing qu'il ne faut pas trop prendre au sérieux non plus, comme le signale le T-Rex lumineux.
Anonyme a dit…
Bronze...
Ou comment certaines marques nous vendent un matériaux sans noblesse à prix d'or.
Anonyme a dit…
Mince alors, et tous ces sculpteurs qui ont continué pendant des siècles à utiliser un matériau sans noblesse pour fondre leur statue, et personne ne le leur a dit... Ah si, un internaute ! Ouf !