dimanche 21 février 2016

Pascal Coyon: Chronomètre - Calibre 1900 J


Je suis un privilégié. En effet, je viens d'être livré par Pascal Coyon lui-même de la montre Chronomètre que je lui avais commandée il y a à peu près un an et demi. Inutile de le préciser: ma patience est récompensée car la montre répond totalement à mes attentes.

Ce qui fait tout son attrait et son intérêt est le travail remarquable exercé par Pascal Coyon (et sa fille) afin de créer un calibre spectaculaire et aux performances chronométriques de haut niveau en utilisant notamment des pièces en provenance d'une base Unitas 6498. On oppose souvent et à tort finitions décoratives aux finitions techniques, Pascal Coyon rappelle à travers son mouvement 1900 qu'elles vont de pair. 


Lors de la commande, Pascal laissait la possibilité de choisir entre 3 couleurs dominantes de mouvement (jaune, rose, rhodié blanc), deux tailles de boîtier, deux formes de couronne, deux paires d'aiguilles et deux types de cadran (avec le XII et le 60 en rouge ou pas). J'ai pris la décision d'être le plus sobre possible... pour laisser le premier rôle au mouvement! Mon choix s'est porté sur le boîtier de 41mm, le plus intéressant et raffiné selon moi avec son verre légèrement bombé. J'ai opté pour une couronne droite, plus adaptée à ce boîtier, pour des chiffres monochromes et pour des aiguilles "poire" car je n'aime pas les aiguilles Breguet... en dehors du contexte Breguet.

Soyons clairs: l'habillage n'est pas à la hauteur du mouvement mais il ne recèle aucun véritable défaut. Disons qu'il fait son office et qu'il permet de profiter du mouvement avec plaisir même si ce dernier mériterait un contexte plus raffiné. La présentation de la montre est classique et harmonieuse et j'aime beaucoup côté cadran la taille du secteur de la trotteuse qui occupe la quasi-intégralité de la zone inférieure du cadran: visuellement, cela change des montres qui louchent à cause de calibres trop petits pour leurs boîtiers. Avec un calibre d'un tel diamètre dans un boîtier de 41mm, il n'y a plus aucun risque de ce type!


Pascal Coyon n'utilise aucun anti-reflet pour préserver le rendu de la couleur de son cadran laqué. Un parti-pris que je comprends mais qui peut surprendre au départ. Ceci dit, ce détail ne m'a nullement dérangé.

Côté mouvement, mon choix s'est porté sur la couleur jaune, celle qui pour moi incarne l'approche la plus traditionnelle. La couleur rose est peut-être la plus spectaculaire tandis que le rendu rhodié blanc est le plus contemporain et discret. La finition du mouvement est non seulement irréprochable mais également supérieure à celle des prototypes vus il y a plus d'un an. Il suffit d'observer le travail effectué sur la roue de couronne et le rochet pour s'en rendre compte.


L'architecture du mouvement et la découpe des ponts mettent en valeur le subtil contraste entre le rendu grenaillé des ponts et de la platine et l'aspect lisse des anglages. Mais au bout du compte, c'est assurément l'organe réglant qui est le plus impressionnant. Il renforce l'impact visuel du mouvement en lui donnant un aspect tri-dimensionnel. Il rappelle surtout la vocation chronométrique de la montre avec le ravissant colimaçon qui invite à se prendre pour un apprenti-horloger et à procéder à ses réglages soi-même.... Mais restons sérieux! Cette montre et ce mouvement respirent la qualité, le travail soigné, la quête de la perfection et ne souffre pas l'amateurisme.


A chaque observation, je découvre de nouveaux détails, par exemple la façon avec laquelle l'incabloc est caché ou l'impressionnante forme du ressort de cliquet. Je suis sûr que je vais en découvrir d'autres les prochains jours car le mouvement incite à cette contemplation. Mais les oreilles sont aussi sollicitées! Le son du calibre 1900 est caractéristique de celui des mouvements à basse fréquence (2,5hz) et je ne peux m'empêcher de capter et d'écouter son tic-tac.

Le calibre 1900, première réalisation de Pascal Coyon, sera fabriqué à 60 exemplaires ce qui rend ce chronomètre rare et encore plus désirable. Cependant, ma montre a une petite spécificité qui lui donne une place à part dans mon coeur. Juste au dessus du balancier, derrière la roue de centre, le numéro de série du mouvement a été remplacé par mes initiales! Ces initiales se retrouvent même sur la référence du bulletin de marche délivré par l'Observatoire de Besançon! Une attention que j'apprécie énormément.


Vous comprenez donc pourquoi cette montre est si particulière à mes yeux. Au-delà de la touche personnelle, elle incarne une approche horlogère artisanale, l'amour du travail bien fait et surtout une certaine idée de l'horlogerie qui se voit malheureusement de moins en moins. Je suis ainsi très fier d'être propriétaire d'une de ces 60 montres qui constituent une belle page de l'histoire contemporaine de l'horlogerie française.

2 commentaires:

Unknown a dit…

Merci François-Xavier pour cette belle présentation. Il y a encore quelques jours, je ne connaissais pas Pascal Coyon et ses montres.
Ton article et tes photos m'ont convaincu et m'ont réjouis. Je suis content de voir que quelques passionnnés français comme Pascal Coyon parviennent à passer à l'acte et créer de belles montres dans la plus pure tradition horlogère, en quête de perfection et d'authenticité. Félicitations à l'artisan et à l'acquéreur de ce garde-temps intemporel.
Sylvain Hubert - Agent Pequignet sur la Scandinavie.

Anonyme a dit…

Esthétiquement y'a du progrès a faire. Mais le mouvement est à tomber !