dimanche 14 février 2016

Girard-Perregaux: Laureato (2016) à cadran bleu

Grâce à l'équipe Girard-Perregaux France, j'ai eu l'opportunité de découvrir la toute nouvelle Laureato à cadran bleu. La version à cadran argenté n'était pas disponible mais ce n'était pas un gros problème puisque sur les photos officielles, la version à cadran bleu avait ma nette préférence. En fait, j'étais très curieux de découvrir cette montre puisque je la trouvais séduisante telle que présentée dans le communiqué de presse. Encore fallait-il confirmer cette impression avec la confrontation à la réalité.


Je dois avouer que je fus surpris il y a quelques années lorsque la Laureato quitta la collection même si j'imaginais que cette décision était justifiée par la performance commerciale. En effet, la Laureato faisait partie des rares montres véritablement reconnaissables de la marque et suite à ce retrait, il ne restait plus que les trois ponts d'or en tant qu'élément identitaire de Girard-Perregaux. Or comme les montres offrant ces trois ponts d'or n'étaient pas les moins onéreuses de la collection, il manquait en son sein une pièce pouvant jouer le rôle de porte d'entrée incontournable et plus abordable dans l'univers de la marque. 


C'est la raison pour laquelle je me réjouis du retour de la Laureato. Ce retour est une excellente nouvelle car la montre a vocation à répondre à plusieurs enjeux dans la nouvelle stratégie de Girard-Perregaux:
  • les deux versions de la Laureato sont disponibles en acier uniquement validant ainsi la volonté de la marque de se positionner dans un segment plus attractif comme le prouve également la 1966 Automatique en acier,
  • elles comblent le vide dans l'offre de Girard-Perregaux en apportant un style sport-chic, élégant décontracté qui n'était plus jusqu'à maintenant représenté. En effet, la Sea Hawk et la Chrono Hawk sont trop typées "sport" ou "montres de plongée" pour pouvoir être portées également dans un contexte plus habillé,
  • et grâce à leur design inspiré par la Laureato d'origine qui fut présentée il y a 41 ans, elles renforcent la légitimité de la manufacture en rappelant que cette dernière a contribué de façon significative à des pages d'histoire de l'horlogerie suisse.
Cependant, et c'est un peu étrange selon moi, le retour de la Laureato s'effectue par le biais d'une série limitée de 225 exemplaires par version afin de célébrer les 225 ans des origines de la manufacture. Il m'aurait semblé logique qu'au moins une des deux versions rentrât dans la collection permanente compte tenu de ce que j'ai écrit plus haut.

En fait, ce retour n'est pas une tâche aisée. La Laureato d'origine utilisait clairement les codes des années 70 (comme l'attestait son mouvement à quartz) et les différentes évolutions qui ont suivi plus tard réussirent à conserver certains de ces codes dans des atmosphères plus élégantes ou aux contenus horlogers plus consistants. Mais, et c'est toujours le problème avec ce type de pièces, deux montres qui furent créées à la même époque dominent nettement le segment: l'Audemars Piguet Royal Oak et la Patek Philippe Nautilus, les deux dessinées par Gérald Genta. Ces montres sont si présentes dans l'esprit des amateurs que la tendance naturelle est de penser que les autres montres ayant la même inspiration et rentrant dans des tendances esthétiques similaires furent également créées par Gérald Genta. Donc la difficulté pour une montre comme la Laureato est d'arriver à dégager suffisamment d'originalité pour définir sa propre identité.


Je pense que Girard-Perregaux est arrivé à franchir cet obstacle. Ceci grâce à deux éléments clé du design:
  • le motif clous de Paris du cadran qui provoque de superbes reflets de lumière sur la version bleue,
  • la forme de la lunette. Evidemment, cette lunette ne semble guère originale car octogonale une fois de plus. Oui et non. Oui car on perçoit nettement les huit côtés. Non car le lunette est en fait bien plus complexe. Tout d'abord, la lunette est composée de deux parties. La partie supérieure est véritablement octogonale mais la partie inférieure est circulaire. De plus, la partie supérieure n'est pas plate mais possède un effet galbé avec quelques jolies courbes. 
C'est peut-être ce que j'apprécie le plus dans cette nouvelle Laureato lorsque je la compare à d'autres montres de la concurrence. Elle parvient à combiner un design assez géométrique avec plusieurs détails plus doux, plus arrondis et c'est au bout du compte ce mélange qui parvient à créer la propre identité de la montre. Cette identité est de plus mise en valeur par les contrastes entre les parties polies et satinées. 


Les finitions du boîtier et du bracelet intégré sont excellentes et la Laureato se porte avec beaucoup de confort. Par chance, le bracelet était à la bonne taille pour mon poignet.

Les index appliqués du cadran influencent positivement la qualité perçue et la lisibilité. Les inscriptions sur le cadran ne sont finalement pas si présentes visuellement alors que je les trouvais au départ trop grandes. Cependant, j'aurais préféré un guichet de date de la même couleur que celle du cadran: Girard-Perregaux prit la décision de rester fidèle à la montre d'origine et cela peut se comprendre.


La montre est animée par un mouvement très connu, le GP03300 qui propose une fréquence de 4hz et une réserve de marche autour de 46 heures. Il est définitivement trop petit pour le boîtier (son propre diamètre est de 25,6mm pour un boîtier de 41mm) mais si cela se ressent à l'arrière de la montre, ce n'est pas perceptible côté cadran compte tenu de l'épaisseur de la lunette. Le cadran reste équilibré avec un guichet de date proche du rebord de la lunette.
 
Mon principal reproche au sujet de la Laureato se situe au niveau du rendu visuel du mouvement. Comme précisé précédemment, il est trop petit pour le boîtier et j'aurais espéré plus de "peps"  et des décorations plus élaborées pour le rendre plus attractif. C'est évidemment un très bon mouvement grâce notamment à son efficacité au remontage et sa finesse. Mais dans un marché très concurrentiel, chaque détail compte.

Malgré cette réserve, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à porter cette montre. Les reflets du cadran bleu, l'énergie apportée par les éléments luminescents, le mélange entre les parties géométriques et incurvées rendent la Laureato très séduisante. Elle est en outre équilibrée grâce à son diamètre de 41mm à la taille idéale compte tenu de l'épaisseur de la lunette.


J'espère maintenant que cette montre connaîtra le succès afin d'accompagner Girard-Perregaux dans sa nouvelle dynamique. Elle a les atouts pour y parvenir.

Merci à l'équipe Girard-Perregaux France.

Les plus:
+ un design réussi
+ les finitions du cadran
+ le confort au porter
+ l'efficacité au remontage du mouvement GP03300

Les moins:
- quelques détails du mouvement comme la masse oscillante auraient mérité une présentation plus flatteuse  afin d'améliorer la qualité perçue
- je ne comprends pas qu'au moins une des versions de cette Laureato ne rentre pas dans la collection permanente.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'avoue ne pas comprendre cette histoire de séries limitées. J'ai beau ne pas beaucoup aimer cette montre, je pense qu'elle avait ses chances de succès et que c'est une mauvaise décision. Les stratèges de GP nous sortiront peut-être de nouvelles versions non-limitées l'année prochaine, mais je crains que dans l'esprit des amateurs, elle aura déjà pris un mauvais départ, et que tout cela sentira le réchauffé. Je regrette aussi une étanchéité de 30 m, ce qui est ridiculement insuffisant au vu de la philosophie de la montre. Un retour complètement raté à mon avis.