lundi 29 février 2016

Rolex: Yacht-Master Everose

L'année 2015 fut riche en événements d'importance pour Rolex. La sortie du mouvement 3255 qui anime les Day-Date 40 et la présentation des différentes versions de l'Oyster Perpetual 39 en font incontestablement partie. Mais il ne faudrait oublier une autre nouveauté qui marqua les esprits lors de la dernière édition de Baselworld: l'introduction au sein du catalogue d'une déclinaison de la Yacht-Master, disponible en deux tailles, avec un boîtier en or Everose et un bracelet Oysterflex. Il peut paraître surprenant de mettre au même niveau d'intérêt un nouveau calibre et un nouveau bracelet. Et pourtant, comme souvent chez Rolex, le moindre détail a de l'importance et considérer le bracelet Oysterflex comme un simple bracelet caoutchouc serait une grande erreur.


De plus, la Yacht-Master Everose est bien plus qu'une simple déclinaison d'un modèle existant. Elle incarne, selon moi, une double orientation stratégique pour Rolex. La première est inhérente à la présentation concomitante des deux tailles: 40 et 37mm. Cela peut sembler anodin mais à travers cet affichage côte à côte des deux montres, qui offrent le même équilibre (Rolex veille à ne pas utiliser le même mouvement dans les deux boîtiers), le même style, la même atmosphère, la marque à la couronne oriente sa communication vers la clientèle qui achète ses montres en couple. En effet, cette clientèle, particulièrement asiatique, pratique assez fréquemment l'achat conjoint avec une tendance à prendre des montres similaires dans ce cas. La Yacht-Master Everose arrive donc à point nommé pour répondre à ce genre de demande grâce à des tailles très bien pensées.


L'écart de 3mm entre les deux boîtiers est significatif et se ressent au premier coup d'oeil... lorsque les deux montres sont  ensemble. Cependant, prise indépendamment, chaque montre conserve bien ses atouts quelle que soit sa taille. La version 40mm demeure élégante, le cadran noir diminuant légèrement la taille perçue. Quant à la version 37mm, elle possède suffisamment de présence au poignet pour orner avec style et caractère un poignet féminin ou un petit poignet masculin.


La deuxième orientation stratégique que je ressens  est plus structurante pour Rolex. La Yacht-Master Everose, avec le rendu du bracelet en élastomère noir, le disque Cerachrom de la lunette, le contraste entre les parties sombres et la finition polie du boîtier, joue une partition esthétique inhabituelle dans l'univers de Rolex. La Yacht-Master est une montre idéale pour ce type d'évolution. Elle incarne avec conviction l'approche Sport Chic des Oyster Perpetual, étant à l'aise dans des pratiques sportives (confortée par une étanchéité de 100 mètres) ou dans des situations plus formelles. Sa polyvalence, tant du point de vue des performances que du point de vue esthétique offre donc un cadre parfait pour élaborer ces nouvelles textures qui s'apprécient tant visuellement que tactilement.


Ma crainte à l'annonce de la sortie de cette montre en or Everose était qu'elle tombât dans un style trop ostentatoire. Il n'en est rien. Le contraste entre le noir du cadran, de la lunette, du bracelet et l'or Everose du boîtier est maîtrisé et il se dégage de la montre beaucoup d'élégance et de raffinement. Elle possède aussi la dose adéquate de décontraction grâce au bracelet dont la forme en relief apporte une certaine sophistication. Comme toujours avec Rolex, les finitions sont irréprochables avec 3 éléments clé parfaitement exécutés:
  • la lunette avec disque Cerachrom en céramique mate
  • le boîtier et la couronne
  • les appliques et aiguilles en or rose dont la netteté renforce la qualité perçue, si besoin est.
J'aime d'ailleurs beaucoup le contraste entre les aiguilles et appliques d'un côté et la finition noire mate du cadran de l'autre. La lisibilité est au rendez-vous et dans cet environnement noir, la loupe cyclope se fait même plus discrète.


Le mouvement qui équipe la version 40mm est le très connu calibre 3135, certifié chronomètre, d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de deux jours. Mouvement d'une rare efficacité, il se distingue par sa fiabilité, sa précision et sa grande efficacité au remontage. Sans surprise, j'y retrouve le pont de balancier traversant, le réglage du balancier par 4 écrous Microstella et le spiral maison en Parachrom bleu paramagnétique et à courbe terminale Breguet. Le calibre 3135 fait partie des mouvements en qui j'ai totalement confiance et je sais que je n'ai pas besoin de donner manuellement des tours de couronne même si je ne porte la montre que quelques heures par jour. Le seul reproche que je pourrais lui faire est sa réserve de marche un peu courte selon les standards d'aujourd'hui mais compte tenu de la polyvalence de la montre, cette dernière a vocation à rester de longs moments sur le poignet!

Il est temps d'évoquer le confort au porter et sans surprise aucune, il est au rendez-vous. C'est là où la complexité du bracelet Oysterflex rentre en jeu. L'objectif du bracelet est de combiner la souplesse d'un bracelet caoutchouc tout en conservant la résistance et la capacité d'épouser le poignet d'un bracelet métal. Le bracelet est construit selon le principe suivant: une lame métallique en alliage de titane et nickel relie le boîtier au fermoir Oysterlock et ce, pour chaque brin du bracelet. Les deux lames sont ensuite surmoulées d'un élastomère noir d'une grande résistance et sans effet inopportun pour le propriétaire de la montre. Cette construction est complétée au départ de chaque brin par des coussins sur la face interne qui améliorent la stabilité de la montre sur le poignet et qui laissent mieux respirer la peau. Le fermoir Oysterlock à boucle déployante est la touche finale d'un système très agréable au porter et qui maintient parfaitement la montre.


La Rolex Yacht-Master Everose m'a donc beaucoup plu. Au-delà du respect des critères de qualité de Rolex et de la parfaite exécution des éléments, j'ai apprécié cette prise d'audace stylistique matérialisée par la texture du bracelet et le contraste élégant et chaleureux entre le boîtier et les éléments noirs. Certes, cette audace reste évidemment très maîtrisée, Rolex oblige, mais elle fait plaisir à voir car elle apporte de nouvelles perspectives esthétiques. Loin d'être ostentatoire, la Yacht-Master Everose dégage au contraire un certain raffinement. Malgré tout, le contraste or Everose et parties noires reste d'un abord difficile pour les amateurs à la recherche de la discrétion la plus absolue. C'est la raison pour laquelle j'espère que cette Yacht-Master deviendra l'initiatrice d'un courant stylistique plus présent au sein du catalogue avec des matériaux à couleur neutre.  Quoi qu'il en soit, la clientèle évolue et exprime l'envie de découvrir des nouveaux matériaux, des nouvelles combinaisons, des nouvelles textures.La Yacht-Master Everose remplit ainsi parfaitement sa mission en s'aventurant sur ce territoire plus original tout en conservant les atouts qui font la force de Rolex.

Merci à l'équipe Bucherer Paris.

Les plus:
+ une évolution esthétique bienvenue
+ la qualité des finitions et la parfaite exécution des éléments
+ le sérieux et le confort du bracelet Oysterflex
+ les performances du mouvement 3135

Les moins:
- une réserve de marche un peu courte selon les standards actuels
- même si la montre n'est pas ostentatoire, le contraste entre or Everose et parties noires demeure d'un abord difficile

dimanche 28 février 2016

Saint Honoré: montre "Tour Eiffel"

Le plus difficile pour une marque est de posséder une montre représentative qui au premier coup d'oeil permet de deviner sa provenance. J'ai le sentiment que Saint Honoré l'a trouvée lors de la célébration de son 130ième anniversaire l'année dernière avec la présentation de la montre "Tour Eiffel". En effet, cette montre, au-delà de son contexte particulier et de l'originalité de sa lunette, a les arguments esthétiques suffisants pour définir une identité de marque. D'ailleurs, Saint Honoré a poursuivi sur sa lancée en construisant une collection autour. Depuis, une version à boîtier plaqué or rose ainsi que plusieurs modèles féminins ont été présentés renforçant ainsi le rôle clé de cette collection, éditée en série limitée de 1885 exemplaires, dans le catalogue de Saint Honoré.


Le point de départ de la montre "Tour Eiffel" fut l'acquisition par Saint Honoré, lors de son remplacement, d'une poutrelle métallique du plus célèbre monument de Paris. La lunette est créée à partir de cette poutrelle et l'origine de son matériau est confirmée par le Certificat d'authenticité signé par la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel. Elle joue un rôle fondamental dans le design de la montre: le lien avec la Tour Eiffel n'est pas uniquement suggéré par le matériau, il est également esthétique grâce à la couleur et aux motifs qui la décorent.

La lunette attire immédiatement le regard du fait du contraste entre sa couleur brune, le cadran argenté et le rendu neutre du boîtier en acier. Les motifs apportent une touche de relief et rappellent évidemment la structure de la Tour. Ces motifs sont d'ailleurs repris également sur le cadran et de façon surprenante, Saint Honoré est parvenu à un résultat harmonieux alors que le risque était de provoquer un sentiment d'excès. Les motifs se retrouvent aussi sur la couronne et la boucle, parachevant ainsi le style de la montre qui m'apparaît au bout du compte comme plus subtil que rococo. Mon seul regret au niveau de la lunette est l'inscription "Tour Eiffel" à 6 heures car j'aurais préféré que les motifs fassent un tour complet.


Le cadran offre une présentation complexe en trois zones. La partie périphérique est dédiée à la graduation des minutes et contribue à la lisibilité de la montre. La partie intermédiaire reprend les motifs de la Tour Eiffel et ouvre grandement le disque des dates sur un segment de 120 degrés. Cette ouverture est intéressante du point de vue esthétique car elle apporte du dynamisme sur le cadran. En revanche, elle rend la lecture de la date plus confuse malgré le petit triangle positionné au centre du segment. Enfin, la partie centrale du cadran permet de dévoiler le mécanisme du mouvement. Cette partie est réussie car très bien intégrée dans le design de la montre. Alors, même si le spectacle n'est pas ébouriffant (il ne s'agit après tout que de l'ouverture côté cadran d'un mouvement Sellita SW200), cette touche technique est bienvenue et cohérente. Elle m'évoque d'une certaine façon les machines, comme par exemple celles qui animent les ascenseurs, qui sont nécessaires au fonctionnement de la Tour. Le cadran est donc pour moi séduisant et se marie harmonieusement avec la lunette. Les aiguilles, fines et sobres, assurent une lisibilité correcte même si dans certaines conditions de lumière elles ont tendance à trop se fondre dans le cadran.


Le mouvement Sellita SW200, d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche d'une quarantaine d'heures est visible à travers le fond transparent. Son signe distinctif est la décoration de la masse oscillante qui permet de revoir les motifs de la lunette et du cadran. Même s'il n'est pas désagréable à observer, il demeure un mouvement standard et j'aurais préféré un fond plein avec une gravure. Les contraintes commerciales étant ce qu'elles sont, il est évident qu'une montre à mouvement visible trouvera plus facilement preneur et je comprends aisément la décision de Saint Honoré. En tout cas, le mouvement SW200 fera son office sans souci dans ce contexte.


Du fait de son boîtier d'un diamètre de 42mm, la montre "Tour Eiffel" peut apparaître comme imposante au poignet. Cependant, l'ouverture du cadran limitée et la forme des cornes plutôt courte et très incurvée réduisent la taille perçue. Au final, elle possède une bonne présence tout en demeurant très portable. Le boîtier, qui possède un certain effet galbé, s'oppose avec douceur aux lignes géométriques des motifs du cadran et de la lunette. Enfin, le bracelet se ferme grâce à une boucle ardillon que je trouve ici plus adaptée qu'une boucle déployante.

Je considère donc la montre "Tour Eiffel" comme une très bonne surprise de la part de Saint Honoré. Son design est convaincant et évite le piège de l'excès. En effet, l'équilibre entre éléments distinctifs et parties plus discrètes est bien dosé ce qui rend la montre très agréable à porter tant du point de vue du design que du confort. Même si elle n'est pas exempte de tout reproche, son caractère et son exécution soignée sont des arguments qui pourront séduire les amateurs désireux de retrouver un petit bout d'un symbole de Paris à leurs poignets.


Les plus:
+ un design convaincant et bien équilibré qui évite le piège de l'excès
+ une exécution soignée des éléments
+ une bonne présence au poignet tout en restant portable
+ la boucle ardillon plus élégante qu'une boucle déployante et joliment faite

Les moins:
- la lisibilité dans certaines conditions de lumière
- la grande ouverture du disque de date peut entraîner une confusion de lecture 
- un fond plein avec gravure aurait peut-être été plus judicieux

dimanche 21 février 2016

Pascal Coyon: Chronomètre - Calibre 1900 J


Je suis un privilégié. En effet, je viens d'être livré par Pascal Coyon lui-même de la montre Chronomètre que je lui avais commandée il y a à peu près un an et demi. Inutile de le préciser: ma patience est récompensée car la montre répond totalement à mes attentes.

Ce qui fait tout son attrait et son intérêt est le travail remarquable exercé par Pascal Coyon (et sa fille) afin de créer un calibre spectaculaire et aux performances chronométriques de haut niveau en utilisant notamment des pièces en provenance d'une base Unitas 6498. On oppose souvent et à tort finitions décoratives aux finitions techniques, Pascal Coyon rappelle à travers son mouvement 1900 qu'elles vont de pair. 


Lors de la commande, Pascal laissait la possibilité de choisir entre 3 couleurs dominantes de mouvement (jaune, rose, rhodié blanc), deux tailles de boîtier, deux formes de couronne, deux paires d'aiguilles et deux types de cadran (avec le XII et le 60 en rouge ou pas). J'ai pris la décision d'être le plus sobre possible... pour laisser le premier rôle au mouvement! Mon choix s'est porté sur le boîtier de 41mm, le plus intéressant et raffiné selon moi avec son verre légèrement bombé. J'ai opté pour une couronne droite, plus adaptée à ce boîtier, pour des chiffres monochromes et pour des aiguilles "poire" car je n'aime pas les aiguilles Breguet... en dehors du contexte Breguet.

Soyons clairs: l'habillage n'est pas à la hauteur du mouvement mais il ne recèle aucun véritable défaut. Disons qu'il fait son office et qu'il permet de profiter du mouvement avec plaisir même si ce dernier mériterait un contexte plus raffiné. La présentation de la montre est classique et harmonieuse et j'aime beaucoup côté cadran la taille du secteur de la trotteuse qui occupe la quasi-intégralité de la zone inférieure du cadran: visuellement, cela change des montres qui louchent à cause de calibres trop petits pour leurs boîtiers. Avec un calibre d'un tel diamètre dans un boîtier de 41mm, il n'y a plus aucun risque de ce type!


Pascal Coyon n'utilise aucun anti-reflet pour préserver le rendu de la couleur de son cadran laqué. Un parti-pris que je comprends mais qui peut surprendre au départ. Ceci dit, ce détail ne m'a nullement dérangé.

Côté mouvement, mon choix s'est porté sur la couleur jaune, celle qui pour moi incarne l'approche la plus traditionnelle. La couleur rose est peut-être la plus spectaculaire tandis que le rendu rhodié blanc est le plus contemporain et discret. La finition du mouvement est non seulement irréprochable mais également supérieure à celle des prototypes vus il y a plus d'un an. Il suffit d'observer le travail effectué sur la roue de couronne et le rochet pour s'en rendre compte.


L'architecture du mouvement et la découpe des ponts mettent en valeur le subtil contraste entre le rendu grenaillé des ponts et de la platine et l'aspect lisse des anglages. Mais au bout du compte, c'est assurément l'organe réglant qui est le plus impressionnant. Il renforce l'impact visuel du mouvement en lui donnant un aspect tri-dimensionnel. Il rappelle surtout la vocation chronométrique de la montre avec le ravissant colimaçon qui invite à se prendre pour un apprenti-horloger et à procéder à ses réglages soi-même.... Mais restons sérieux! Cette montre et ce mouvement respirent la qualité, le travail soigné, la quête de la perfection et ne souffre pas l'amateurisme.


A chaque observation, je découvre de nouveaux détails, par exemple la façon avec laquelle l'incabloc est caché ou l'impressionnante forme du ressort de cliquet. Je suis sûr que je vais en découvrir d'autres les prochains jours car le mouvement incite à cette contemplation. Mais les oreilles sont aussi sollicitées! Le son du calibre 1900 est caractéristique de celui des mouvements à basse fréquence (2,5hz) et je ne peux m'empêcher de capter et d'écouter son tic-tac.

Le calibre 1900, première réalisation de Pascal Coyon, sera fabriqué à 60 exemplaires ce qui rend ce chronomètre rare et encore plus désirable. Cependant, ma montre a une petite spécificité qui lui donne une place à part dans mon coeur. Juste au dessus du balancier, derrière la roue de centre, le numéro de série du mouvement a été remplacé par mes initiales! Ces initiales se retrouvent même sur la référence du bulletin de marche délivré par l'Observatoire de Besançon! Une attention que j'apprécie énormément.


Vous comprenez donc pourquoi cette montre est si particulière à mes yeux. Au-delà de la touche personnelle, elle incarne une approche horlogère artisanale, l'amour du travail bien fait et surtout une certaine idée de l'horlogerie qui se voit malheureusement de moins en moins. Je suis ainsi très fier d'être propriétaire d'une de ces 60 montres qui constituent une belle page de l'histoire contemporaine de l'horlogerie française.

Lange & Söhne: Saxonia Phases de Lune

L'affichage des phases de lune est une des complications préférées chez Lange & Söhne. Peut-être parce qu'elle donne l'occasion d'apporter une dimension poétique à la rigueur toute germanique des montres issues de la manufacture de Glashütte. Ce n'est pas la première fois que cette complication rejoint la collection Saxonia puisque déjà présente dans la Saxonia Calendrier Annuel. En revanche, la combinaison de la grande date avec l'affichage des phases de lune, sans aucune autre complication additionnelle, est inédite.


La Saxonia Phases de Lune, disponible en or rose ou en or gris, peut être considérée comme une évolution de la Saxonia Automatique. Elle partage avec cette dernière le même contexte esthétique très épuré, les mêmes index, les aiguilles Alpha de la même couleur que celle du boîtier. De même, le calibre de la Saxonia Phases de Lune appartient à la même famille que celui de la Saxonia Automatique, celle des L086 à masse oscillante centrale et à réserve de marche de 72 heures.

Cependant, la présence de la grande date et de l'affichage des phases de lune transforme de façon significative notre perception de la montre. Alors que la Saxonia Automatique est considérée comme une montre extrêmement sobre, la Saxonia Phases de Lune gagne énormément en dynamisme et en présence tout en conservant le classicisme de bon ton qui caractérise la collection Saxonia. Le boîtier gagne 1,5mm pour atteindre les 40mm ce qui en fait une taille respectable pour une montre habillée. Le cadran ne perd pas pour autant en équilibre car le sous-cadran de l'affichage des phases de lune est bien positionné. De plus, le double-guichet de la grande date évite de tirer le centre de gravité de la montre vers le bas et crée un joli effet de contraste du fait de sa forme rectangulaire par rapport au sous-cadran circulaire. 


Le cadran en argent massif argenté de la Saxonia Phases de Lune est assurément son plus bel atout. Harmonieux, très bien fini, il est joliment mis en valeur par le disque des phases de lune en or massif parsemé de 852 étoiles dont certaines sont semblables à des grains de poussière. Ce disque est très agréable à observer et c'est lui qui apporte la dimension décorative et dynamique à la montre. Comme quoi, même une complication lente peut faire preuve d'énergie!

Le seul reproche que je pourrais exprimer à son égard est la présence des dizaines liés à la trotteuse dans le sous-cadran  des phases de lune et caractéristique de la nouvelle esthétique Saxonia depuis l'année dernière et souvenir des Langematik à calibre Sax-O-Mat. Ces dizaines me semblent ici un peu inutiles même si je comprends leur présence par souci de cohérence par rapport aux autres montres de la collection.


Le mouvement qui équipe la Saxonia Phases de Lune est le calibre L086.5 d'un diamètre de 30,4mm et d'une épaisseur de 5,2mm et découle donc du L086.1. C'est la raison pour laquelle il possède une fréquence (3hz) et une réserve de marche (72 heures) similaires. La volonté de Lange avec cette famille de mouvement a été d'augmenter la réserve de marche par rapport au Sax-O-Mat. Pour ce faire, un barillet plus important est utilisé obligeant à positionner la masse oscillante au-dessus et donc à sacrifier le traditionnel rotor 3/4 du Sax-O-Mat. La masse oscillante est fine afin de préserver une hauteur de mouvement raisonnable et même si je retrouve la présence du segment en platine en périphérie, le mouvement L086.5 ne possède pas le charme du Sax-O-Mat. Il n'en demeure pas moins très bien fini et très agréable à observer. Le module additionnel de grande date et d'affichage des phases de lune est d'une épaisseur très raisonnable puisque le mouvement ne gagne qu'1,5mm de hauteur. La précision des phases de lune n'est pas la plus élevée dans l'univers Lange mais elle reste très acceptable (et totalement suffisante!) avec un écart d'un jour tous les 122,6 ans. 


La Saxonia Phases de Lune est selon moi la Saxonia "simple" la plus aboutie: j'ai été séduit par son charme et son équilibre. Elle offre une présentation très classique sans tomber dans l'ennui. Le disque égaye le cadran et sa taille de 40mm lui donne une belle présence au poignet sans apparaître comme surdimensionnée. Le rapport diamètre (40mm) sur épaisseur (9,8mm) du boîtier est bien proportionné et la montre n'est ni trop fine, ni trop épaisse. Si son prix (28.500 euros) est beaucoup plus élevé que celui de la Saxonia Automatique (22/23.000 euros), l'écart peut s'expliquer par le rendu visuel beaucoup plus attrayant. Mais il est également proche de celui d'une Lange One et immanquablement la question de l'opportunité d'acquérir à la place la montre la plus représentative de Lange se pose. L'incontestable beauté de cette Saxonia peut-elle suffire dans ce contexte?


Merci à l'équipe Lange & Söhne pour son accueil pendant le SIHH.

Les plus:
+ un cadran très réussi, équilibré et séduisant
+ la beauté du disque des phases de lune
+ la réserve de marche de 3 jours
+ les proportions du boîtier

Les moins:
- le mouvement L086.5 n'a pas le charme d'un Sax-O-Mat
- le prix relativement proche de celui d'une Lange One peut faire hésiter

dimanche 14 février 2016

Girard-Perregaux: Laureato (2016) à cadran bleu

Grâce à l'équipe Girard-Perregaux France, j'ai eu l'opportunité de découvrir la toute nouvelle Laureato à cadran bleu. La version à cadran argenté n'était pas disponible mais ce n'était pas un gros problème puisque sur les photos officielles, la version à cadran bleu avait ma nette préférence. En fait, j'étais très curieux de découvrir cette montre puisque je la trouvais séduisante telle que présentée dans le communiqué de presse. Encore fallait-il confirmer cette impression avec la confrontation à la réalité.


Je dois avouer que je fus surpris il y a quelques années lorsque la Laureato quitta la collection même si j'imaginais que cette décision était justifiée par la performance commerciale. En effet, la Laureato faisait partie des rares montres véritablement reconnaissables de la marque et suite à ce retrait, il ne restait plus que les trois ponts d'or en tant qu'élément identitaire de Girard-Perregaux. Or comme les montres offrant ces trois ponts d'or n'étaient pas les moins onéreuses de la collection, il manquait en son sein une pièce pouvant jouer le rôle de porte d'entrée incontournable et plus abordable dans l'univers de la marque. 


C'est la raison pour laquelle je me réjouis du retour de la Laureato. Ce retour est une excellente nouvelle car la montre a vocation à répondre à plusieurs enjeux dans la nouvelle stratégie de Girard-Perregaux:
  • les deux versions de la Laureato sont disponibles en acier uniquement validant ainsi la volonté de la marque de se positionner dans un segment plus attractif comme le prouve également la 1966 Automatique en acier,
  • elles comblent le vide dans l'offre de Girard-Perregaux en apportant un style sport-chic, élégant décontracté qui n'était plus jusqu'à maintenant représenté. En effet, la Sea Hawk et la Chrono Hawk sont trop typées "sport" ou "montres de plongée" pour pouvoir être portées également dans un contexte plus habillé,
  • et grâce à leur design inspiré par la Laureato d'origine qui fut présentée il y a 41 ans, elles renforcent la légitimité de la manufacture en rappelant que cette dernière a contribué de façon significative à des pages d'histoire de l'horlogerie suisse.
Cependant, et c'est un peu étrange selon moi, le retour de la Laureato s'effectue par le biais d'une série limitée de 225 exemplaires par version afin de célébrer les 225 ans des origines de la manufacture. Il m'aurait semblé logique qu'au moins une des deux versions rentrât dans la collection permanente compte tenu de ce que j'ai écrit plus haut.

En fait, ce retour n'est pas une tâche aisée. La Laureato d'origine utilisait clairement les codes des années 70 (comme l'attestait son mouvement à quartz) et les différentes évolutions qui ont suivi plus tard réussirent à conserver certains de ces codes dans des atmosphères plus élégantes ou aux contenus horlogers plus consistants. Mais, et c'est toujours le problème avec ce type de pièces, deux montres qui furent créées à la même époque dominent nettement le segment: l'Audemars Piguet Royal Oak et la Patek Philippe Nautilus, les deux dessinées par Gérald Genta. Ces montres sont si présentes dans l'esprit des amateurs que la tendance naturelle est de penser que les autres montres ayant la même inspiration et rentrant dans des tendances esthétiques similaires furent également créées par Gérald Genta. Donc la difficulté pour une montre comme la Laureato est d'arriver à dégager suffisamment d'originalité pour définir sa propre identité.


Je pense que Girard-Perregaux est arrivé à franchir cet obstacle. Ceci grâce à deux éléments clé du design:
  • le motif clous de Paris du cadran qui provoque de superbes reflets de lumière sur la version bleue,
  • la forme de la lunette. Evidemment, cette lunette ne semble guère originale car octogonale une fois de plus. Oui et non. Oui car on perçoit nettement les huit côtés. Non car le lunette est en fait bien plus complexe. Tout d'abord, la lunette est composée de deux parties. La partie supérieure est véritablement octogonale mais la partie inférieure est circulaire. De plus, la partie supérieure n'est pas plate mais possède un effet galbé avec quelques jolies courbes. 
C'est peut-être ce que j'apprécie le plus dans cette nouvelle Laureato lorsque je la compare à d'autres montres de la concurrence. Elle parvient à combiner un design assez géométrique avec plusieurs détails plus doux, plus arrondis et c'est au bout du compte ce mélange qui parvient à créer la propre identité de la montre. Cette identité est de plus mise en valeur par les contrastes entre les parties polies et satinées. 


Les finitions du boîtier et du bracelet intégré sont excellentes et la Laureato se porte avec beaucoup de confort. Par chance, le bracelet était à la bonne taille pour mon poignet.

Les index appliqués du cadran influencent positivement la qualité perçue et la lisibilité. Les inscriptions sur le cadran ne sont finalement pas si présentes visuellement alors que je les trouvais au départ trop grandes. Cependant, j'aurais préféré un guichet de date de la même couleur que celle du cadran: Girard-Perregaux prit la décision de rester fidèle à la montre d'origine et cela peut se comprendre.


La montre est animée par un mouvement très connu, le GP03300 qui propose une fréquence de 4hz et une réserve de marche autour de 46 heures. Il est définitivement trop petit pour le boîtier (son propre diamètre est de 25,6mm pour un boîtier de 41mm) mais si cela se ressent à l'arrière de la montre, ce n'est pas perceptible côté cadran compte tenu de l'épaisseur de la lunette. Le cadran reste équilibré avec un guichet de date proche du rebord de la lunette.
 
Mon principal reproche au sujet de la Laureato se situe au niveau du rendu visuel du mouvement. Comme précisé précédemment, il est trop petit pour le boîtier et j'aurais espéré plus de "peps"  et des décorations plus élaborées pour le rendre plus attractif. C'est évidemment un très bon mouvement grâce notamment à son efficacité au remontage et sa finesse. Mais dans un marché très concurrentiel, chaque détail compte.

Malgré cette réserve, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à porter cette montre. Les reflets du cadran bleu, l'énergie apportée par les éléments luminescents, le mélange entre les parties géométriques et incurvées rendent la Laureato très séduisante. Elle est en outre équilibrée grâce à son diamètre de 41mm à la taille idéale compte tenu de l'épaisseur de la lunette.


J'espère maintenant que cette montre connaîtra le succès afin d'accompagner Girard-Perregaux dans sa nouvelle dynamique. Elle a les atouts pour y parvenir.

Merci à l'équipe Girard-Perregaux France.

Les plus:
+ un design réussi
+ les finitions du cadran
+ le confort au porter
+ l'efficacité au remontage du mouvement GP03300

Les moins:
- quelques détails du mouvement comme la masse oscillante auraient mérité une présentation plus flatteuse  afin d'améliorer la qualité perçue
- je ne comprends pas qu'au moins une des versions de cette Laureato ne rentre pas dans la collection permanente.

mardi 9 février 2016

IWC: Mark XVIII

Comme de coutume, IWC a renouvelé une collection complète de son catalogue lors du dernier SIHH et en 2016, c'est au tour de la collection Pilot (montres d'aviateur). IWC n'a pas fait les choses à moitié puisque c'est une véritable escadrille de nouveautés qui a atterri sur le stand à Palexpo. La multiplicité des couleurs de cadrans, des tailles, des complications rend la collection Pilot plus large et profonde que jamais, rappelant ainsi son rôle fondamental dans le succès commercial de la marque de Schaffhausen et ce, quels que soient les marchés visés.


Dans ce contexte extrêmement diversifié, la montre la plus fondamentale demeure la Mark car elle pose les jalons de ce qu'est la collection et du fait de sa simplicité, elle témoigne de façon plus nette les modifications esthétiques apportées par IWC. A ce titre, l'observation des évolutions entre la Mark XVI et la Mark XVII puis entre la Mark XVII et la petite dernière, la Mark XVIII, apporte une indication très intéressante et pertinente de la stratégie de la marque.

La Mark XVI se caractérisait par son boîtier de 39mm, le retrait de 2 chiffres du cadran (à 6 heures et à 9 heures) et par la position du triangle au sommet du cadran, sans index au dessus. La Mark XVII tranchait nettement avec sa devancière même si elle conservait évidemment la même inspiration esthétique. Cependant, le boîtier gagnait 2mm de diamètre et le guichet de date devenait plus présent avec sa forme en arc de cercle dévoilant 3 dates. Sa taille perçue nettement plus importante et son style plus ostentatoire correspondaient à une période où la clientèle recherchait des montres à la présence au poignet plus affirmée. Cette Mark XVII ne m'a jamais véritablement convaincu car elle s'éloignait des canons "sport chic" des Mark précédentes. Heureusement, la Mark XVIII corrige cette impression et effectue un virage sur l'aile bienvenu qui tient compte d'une aspiration générale à plus de sobriété.


On ne se rend jamais compte à quel point certains détails, qui semblent pourtant anodins, peuvent être fondamentaux dans l'impact visuel d'une montre. La Mark XVIII en est une parfaite démonstration et se distingue de la version précédente par quatre principaux éléments:
  • le diamètre perd un millimètre pour redescendre à 40mm
  • le guichet de date  redevient un guichet simple
  • le triangle supérieur retrouve sa place derrière un index
  • et surtout... les chiffres 6 et 9 reviennent sur le cadran.
Au-delà du rendu plus contenu et donc plus élégant, la Mark XVIII apparaît comme étant nettement plus équilibrée car la symétrie du cadran est clairement perceptible alors que l'absence du 6 et 9 sur la Mark XVII donnait une drôle d'impression, accentuée par la taille du guichet de date. En fait, j'ai l'impression de retrouver le cadran de la Mark XV avec les deux petits points lumineux sur les côtés du triangle en plus. Je ne peux que me réjouir de cette inspiration et comme en plus IWC a eu la bonne idée de faire un guichet de date de la même couleur que celle du cadran, le résultat devient très séduisant.

Version à cadran argenté:


Ce qui ne change pas en revanche est le mouvement. Le calibre 30110  anime la Mark XVIII ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle. Basé sur un ETA2892-2 reçu en kit et assemblé chez IWC, il s'agit d'un mouvement fiable et facilement réparable. Je regrette seulement son efficacité au remontage un peu paresseuse. Ses performances sont dans les standards habituels, à savoir une fréquence de 4hz pour une réserve de marche de 42 heures. A noter que ce mouvement est protégé contre les champs magnétiques par un boîtier interne en fer doux. Le fond du boîtier est plein ce qui est cohérent avec l'esprit de la montre. Il est sobrement décoré avec le traditionnel avion qui symbolise la collection.

Version à cadran noir:


La Mark XVIII est commercialisée avec un cadran noir ou argenté. Ce dernier cadran donne à la montre une taille perçue supérieure. La montre est livrée avec un bracelet noir en veau de Santoni mais un bracelet métallique est également disponible. Il est aussi important de signaler qu'une version à cadran bleu nuit existe dans le contexte de l'édition "Le Petit Prince". Auquel cas, le fond du boîtier n'est plus le même et la couleur du bracelet passe au brun.

La nouvelle Mark XVIII m'a donc beaucoup plu. Son diamètre plus contenu et la pureté de son cadran, plus simple, plus équilibré et très bien fini sont des atouts incontestables pour cette montre fondamentale pour IWC. Elle remplace ainsi avantageusement sa devancière et constitue un porte-drapeau convaincant de la nouvelle collection Pilot. Elle rappelle enfin que la simplicité et la sobriété constitue le meilleur gage de réussite pour ce type de montres d'aviateur.

Version Edition "Le Petit Prince":


Les plus:
+ un cadran bien plus équilibré que celui de sa devancière
+ le diamètre de 40mm
+ le très agréable bracelet en veau de Santoni
+ le guichet de date en harmonie avec la couleur du cadran

Les moins:
- un mouvement à l'efficacité au remontage relative

dimanche 7 février 2016

Urwerk: UR-105 T-Rex

Grâce à Urwerk, je me replonge dans une de mes premières passions: les dinosaures. C'est peut-être pour cela finalement que j'adore cette montre. Grâce à sa carapace en bronze dont le motif est inspiré par la peau d'un des reptiles qui ont régné sur terre il y a plusieurs dizaines de millions d'années, Urwerk redessine, refaçonne l'UR-105 pour totalement la transformer et lui donner une atmosphère imprévue mais séduisante.

Mais avant d'observer de plus près cette UR-105 T-Rex, il est important de se rappeler quelques fondamentaux non pas en horlogerie mais en dinosaures (!).

Cette illustration représente le combat entre un Ankylosaurus à gauche et un Tyrannosaurus-Rex à droite. Je n'ai pas besoin de vous présenter ce dernier, il est le dinosaure le plus connu et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Urwerk utilise son nom pour cette nouvelle version de l'UR-105. T-Rex, c'est incontestablement plus vendeur! Mais le plus intéressant sur l'image est bien l'Ankylosaurus car je le considère comme la véritable inspiration de l'UR-105 T-Rex!

L'Ankylosaurus et le Tyrannosaurus-Rex face à  face... qui va gagner? Je n'en saurien!

 
Crédit: Comicvine.com

Cet animal, dont le nom signifie "lézard rigide", se caractérisait par son armure composée de plaques osseuses et par sa célèbre queue massue qui lui permettait de repousser les assaillants les plus agressifs. Et lorsque je regarde l'UR-105 T-Rex, je ne peux m'empêcher de penser à l'Ankylosaurus... Les motifs du sommet du boîtier en bronze m'évoquent immédiatement les plaques osseuses tandis que la couronne "cloutée" me rappelle la queue massue. Enfin, la forme du verre semble dessiner les cornes qu'il avait autour de la tête. Bref, on est toujours dans le même bestiaire mais pas forcément avec le dinosaure auquel on pense.


Tout ceci n'est pas très important parce que, quelle que soit la bestiole, l'UR-105 T-Rex est une réussite. Alors que je ne suis pas un fan de l'UR-105 d'origine, je trouve que cette évolution lui va à ravir et entraîne quelques effets visuels du plus bel effet. 

Au fil de la présentation de ses nouveaux modèles, Urwerk a travaillé à ouvrir de plus en plus la partie supérieure des boîtiers pour dévoiler les mécanismes d'affichage et notamment l'animation des satellites et du carrousel. L'UR-105 est d'ailleurs un parfait exemple avec sa très grande ouverture permettant de voir ses 4 satellites à l'oeuvre. L'UR-105 T-Rex effectue un retour en arrière et recouvre le mécanisme d'affichage pour se concentrer sur la zone dédiée aux heures et minutes. L'UR-105 T-Rex apparaît alors comme plus large que la montre d'origine et surtout esthétiquement très fidèle aux premières Urwerk, notamment l'UR-103.01 et son boîtier strié. J'ai tendance à penser qu'Urwerk nous offre avec l'UR-105 T-Rex un hommage à ses premières réalisations tout en profitant pleinement des dernières avancées techniques.


En effet, l'UR-105 T-Rex n'abandonne aucune des fonctions de la montre de base dont notamment le mouvement automatique et la faculté de moduler l'efficacité du remontage grâce à un petit sélecteur situé à l'arrière du boîtier. Il permet d'influencer le comportement des turbines qui peuvent même bloquer la masse oscillante et ainsi transformer le mouvement en calibre à remontage manuel.

La lecture du temps surprend dans un premier temps les personnes qui ne sont pas habituées au principe de l'heure vagabonde. Mais l'UR-105 T-Rex se maîtrise très vite et sa lisibilité est  excellente. La forme du verre, plus contenue, favorise la concentration du regard vers l'affichage du temps. Malgré tout, je n'ai pu m'empêcher de profiter des motifs de la carapace en bronze. Le travail artistique est beaucoup plus subtil que la thématique reptilienne le laisse supposer. Cette décoration apporte beaucoup de dynamisme, à la fois convergeant  vers la couronne et débouchant sur l'affichage du temps. Le plaisir n'est pas seulement visuel: il est également tactile. La carapace est une invitation aux caresses et très vite, je ne pouvais plus m'empêcher de faire glisser le pouce dessus: une nouvelle démonstration de l'interaction entre la montre et son propriétaire chère à Urwerk!


Le verre, malgré sa surface réduite, laisse cependant deviner le guillochage du cache qui recouvre les satellites. Ce guillochage, déjà présent sur l'UR-105 d'origine, se marie parfaitement avec la carapace.

Le fond du boîtier en titane ne possède aucune différence par rapport à celui des autres UR-105. Il permet d'apprécier les deux turbines ainsi que le fameux sélecteur d'efficacité du remontage. Comme d'habitude, le mouvement automatique est basé sur un calibre Zenith à l'excellente efficacité au remontage qui anime le module d'affichage développé par Urwerk. Le mouvement possède une fréquence de 4hz et une réserve de marche autour de 48 heures.

Le fond du boîtier, ici celui d'une UR-105TA demeure le même:


Une fois mise au poignet, l'UR-105 T-Rex fait le même effet qu'une montre artistique. La décoration de la carapace, pourtant omniprésente, se met au service de l'affiche du temps. Le bronze est dans ce contexte, un matériau idéal et évoluera dans le temps en fonction des conditions traversées par la montre. Son gabarit demeure imposant (53mmx39,5mm) et le rendu est plus "carré" que celui de l'UR-105 dont la forme de la lunette accentuait les proportions rectangulaires. L'épaisseur maximum est élevée (16,5mm) mais étonnamment, l'UR-105 T-Rex apparaît comme une montre plutôt élancée. Il faut cependant un poignet adapté pour profiter pleinement du style particulier mais séduisant de cette pièce.

Les nervures du bracelet complètent avec style la décoration de la carapace:


La version T-Rex me réconcilie avec l'UR-105 et démontre la capacité d'Urwerk à concevoir des évolutions surprenantes de ses montres. L'UR-105 T-Rex, disponible dans le cadre d'une série limitée de 22 pièces, m'apparaît comme une sorte de croisement entre l'Urwerk d'aujourd'hui et l'Urwerk des premiers jours. Elle permet de mesurer le chemin parcouru par la marque de Felix Baumgartner et de Martin Frei qui ont toujours su explorer des univers rarement abordés dans le monde horloger. Et je ne peux que me réjouir de retrouver grâce Urwerk les dinosaures de mon enfance!


Merci à l'équipe Urwerk pour son accueil lors du SIHH 2016.

Les plus:
+ une transformation radicale de l'UR-105
+ la décoration de la carapace en bronze qui procure un plaisir tactile et visuel
+ la lisibilité de l'affichage
+ l'efficacité au remontage du calibre de base

Les moins:
- le gabarit demeure imposant et n'est pas adapté aux petits poignets