mardi 20 octobre 2015

Montblanc: 1858 Small Second Edition Limitée à 858 exemplaires

Il est toujours étonnant de découvrir des montres de très grandes marques lors de leurs arrivées en boutique. Découvrir au sens premier du verbe c'est-à-dire apprendre leurs existences. C'est ce qui vient de m'arriver il y a quelques jours avec Montblanc: alors que je visitais son corner  aux Galeries Lafayette pour revoir l'Heritage Spirit Orbis Terrarum, une montre qui m'était totalement inconnue attira mon regard. C'est son logo qui m'intrigua. La célèbre étoile aux six contours arrondis laissait sa place au logo historique ce qui donna de façon instantanée une petite originalité à la montre. 
 
D'ailleurs, si le mot Mont-Blanc (en deux parties) n'avait pas été écrit sur le cadran, j'aurais été incapable de deviner sa marque. La montre fait partie de la ligne 1858 qui célèbre la date de la création de la Manufacture Minerva à Villeret. Cette ligne, à ma connaissance, ne fait pas partie des autres collections du catalogue et s'en distingue d'ailleurs nettement du point de vue esthétique. Elle est composée de 3 montres similaires (et d'un chronographe en or rose) dont les principales caractéristiques sont un cadran noir, des aiguilles cathédrale et des chiffres luminescents, une trotteuse à 6 heures et un boîtier en acier d'un diamètre de 44mm.
 
 
 
La montre que j'ai photographiée est la série limitée à 858 exemplaires. Elle se distingue  par le rendu "blanc cassé vieilli" de la matière luminescente et par l'utilisation d'un bracelet en croco, les deux autres montres étant équipé soit d'un bracelet à maille milanaise soit d'un bracelet en veau. La combinaison entre les aiguilles cathédrale et les chiffres luminescents fait immédiatement penser aux montres de pilotes de la première moitié du XXième siècle qui furent une source d'inspiration quasiment inépuisable pour de très nombreuses marques, connues (Zenith, Longines, Alpina entre autres) ou confidentielles (Altanus par exemple). A ce titre, la Montblanc 1858 se distingue peu de ses équivalentes car l'exercice de style laisse assez peu de marge de manoeuvre.
 
 
Il n'y en a d'ailleurs peu non plus au niveau du mouvement puisque je retrouve sans surprise (et avec plaisir) le mouvement Unitas 6498 qui a au moins la vertu d'être adapté au diamètre du boîtier. La finition du mouvement est basique et il est un peu dommage que Montblanc se soit contenté du minimum (côtes de Genève, vis bleuies) pour rendre hommage à la Manufacture Minerva. D'un autre côté, le rendu du mouvement, qui occupe généreusement le boîtier est cohérent avec l'esprit de la montre. 
 

Le boîtier en acier est bien fini et j'ai apprécié le travail sur les cornes qui apporte une touche de fluidité à l'ensemble. De même, la couronne est agréable à manipuler et sa taille est bien dosée ce qui est un excellent point pour une montre à remontage manuel. Si le cadran noir diminue la perception du diamètre de la montre, cette dernière n'en demeure pas moins imposante sur le poignet. Mais après tout, c'était l'objectif recherché avec une telle source d'inspiration.
 
La Montblanc 1858 m'a donc laissé un sentiment mitigé. Elle surprend de par la place particulière qu'elle occupe dans le catalogue de Montblanc. Réalisée avec soin, elle ne souffre d'aucune critique majeure. En revanche, elle fait face à une concurrence extrêmement fournie sur ce créneau car son prix, supérieur à 3.000 euros, n'est pas compétitif pour ce type de montre animée par un calibre Unitas. Montblanc m'avait habitué à être beaucoup plus performant sur ce thème précis ces dernières années. Dommage que Montblanc n'ait pas alors saisi l'occasion pour proposer une montre plus ambitieuse avec par exemple un boîtier officier ou un mouvement décoré d'une façon plus valorisante.
 
 
 
Merci à l'équipe Montblanc des Galeries Lafayette.
+ une montre réalisée avec soin et cohérente
+ la finition du boîtier
+ la petite touche originale apportée par le logo
+ le rendu "vieilli" des chiffres et aiguilles luminescentes de la série limitée
Les moins:
- une décoration sommaire du mouvement
- le prix rend la montre peu compétitive face à des montres équivalentes de la concurrence. Surprenant de la part de Montblanc.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

L'utilisation d'un Unitas à la finition minimaliste (et indigne du prix demandé) est d'autant plus dommage que Minerva, en plus de ses superbes mouvements de chrono, a aussi un calibre à remontage manuel avec petite seconde à 6 heures, le 16-15. On le retrouve d'ailleurs chez Panerai avec - logiquement - une petite seconde à 9 heures.

Anonyme a dit…

On pourrait aussi s'interroger sur la pertinence d'une série limitée dont la seule marque distinctive est l'utilisation d'une matière luminescente "blanc cassé vieilli"... Décidément, Mont-Blanc s'est loupé dans les grandes largeurs sur cette pièce !

Éric a dit…

Bien qu'on puisse dire que la conception de la montre a été réussie dans l'ensemble, le prix reste néanmoins assez illogique. Je pense que les particularités de ce modèle ne sont pas assez distinguées pour que la montre ait un tarif aussi élevé.

Anonyme a dit…

On trouve des Unitas mieux fini chez Steinhart...pour presque 10 fois moins chère.
C'est une tentative de hold-up de la part de Montblanc. Mr Lambert est un sacré comique.