Zenith: Elite Ultra Thin Lady Moonphase

La Zenith Elite Ultra Thin Lady Moonphase fut présentée par Zenith en 2011, symbolisant le retour de l'ambition de la marque vers une clientèle féminine. Déclinée en 14 versions différentes, elle fait partie de la catégorie très rare des montres qui proposent l'indication des phases de lune sans que les quantièmes soient affichés. A vrai dire, j'ai toujours été fasciné par ces pièces qui remplacent une complication utile (la date) par une complication dont on a du mal à percevoir l'intérêt pratique au quotidien. Mais c'est oublier qu'une montre n'est pas qu'un objet utile. C'est avant tout un vecteur de plaisir et d'émotions et la Lady Moonphase est en ce sens une véritable réussite.


La plus grande force de cette Zenith est son équilibre et ses proportions harmonieuses. Logée dans un boîtier d'un diamètre de 33mm, la montre semble cependant plus grande grâce à la généreuse ouverture du cadran due à la finesse de la lunette. Mais surtout, le cadran surprend par sa présentation et la qualité de ses finitions.

S'il est intégralement composé d'éléments classiques (affichage des phases de lune, sous-cadran de la trotteuse, aiguilles dauphine, zone centrale guillochée, chiffres romains), il n'en possède pas moins un soupçon d'originalité. Deux éléments y contribuent:
  • son organisation avec un sous-cadran de trotteuse séparé de celui de l'indication des phases de lune et qui la rend la montre asymétrique,
  • les deux types de guillochage qui cohabitent.


L'asymétrie du cadran, provoquée par la présence de la trotteuse à 9 heures, est une excellente idée. Elle apporte une touche d'originalité et d'énergie sans dénaturer le classicisme de la montre. De plus, la lisibilité en est améliorée puisque la trotteuse ne survole pas le disque des phases de lune. Ce dernier est mis en valeur à la fois par le joli bleu du ciel qui égaye le cadran et par le guillochage en rayons de soleil de la partie inférieure du sous-cadran. J'aime beaucoup cette décoration qui se marie parfaitement avec les étoiles et qui crée un contraste avec le guillochage de type clou de Paris de la zone centrale.

Les chiffres romains fins et longs complètent le design du cadran et contribuent au côté raffiné de l'ensemble. A noter que Zenith a fait le choix de ne dessiner aucune minuterie sur le cadran. Cela l'allège incontestablement même si la lecture précise des minutes devient moins évidente. Enfin, les aiguilles dauphine dessinent le temps avec beaucoup d'élégance.


La position des deux sous-cadrans proches de la lunette prouve en tout cas que la taille du mouvement est adaptée au boîtier. J'ai souvent reproché à Zenith, notamment avec le calibre El Primero, d'utiliser des boîtiers trop grands pour le diamètre du mouvement. Dans le cas de la Lady Moonphase, ce problème n'existe pas car le diamètre propre du calibre Elite 692 qui l'anime est de 25,6mm, suffisant pour un boîtier de 33mm. Ce calibre est visible à travers le fond transparent et il offre un joli spectacle. Certes, sa finition est simple pour ne pas dire austère et j'aurais aimé quelques détails plus valorisants comme par exemple une masse oscillante plus décorée. Mais rien que de la voir occuper un boîtier cohérent avec son diamètre me réjouit. Et n'oublions pas que la force de ce mouvement demeure ses performances. Fiable et possédant une excellente efficacité au remontage, il est le compagnon idéal de cette montre avec une fréquence de 4hz et une réserve de marche d'une cinquantaine d'heures.

Compte tenu de son équilibre et de sa taille perçue supérieure, la version en acier et à cadran argenté telle que présentée sur les photos, pourrait tout à fait être portée également sur un poignet masculin. Je la considère d'ailleurs de mon point de vue comme une montre mixte et j'ai même tendance à la préférer à son alter-ego masculin, l'Elite Moonphase, qui intègre une grande date dans un boîtier de 40mm... pour le compte bien trop grand pour le mouvement.


Mais ne perdant pas de vue sa vocation première de montre féminine, j'ai eu la chance de pouvoir demander à Macha, la co-fondatrice du blog de mode et de lifestyle What-to-Where, de me donner son avis sur la Lady Moonphase qui est sa montre quotidienne. Elle apprécie son confort au porté et sa présence au poignet plus importante que sa taille laisse supposer. Je dois avouer que la montre lui va parfaitement et c'est là tout l'intérêt de la complication de l'affichage des phases de lune qui apporte, au-delà de la décoration du cadran, une touche de poésie bienvenue. Enfin, du fait de son épaisseur maîtrisée (moins de 9mm), la Lady Moonphase offre un style relativement élancé idéal pour un poignet féminin.


Classique et originale à la fois, la Lady Moonphase s'avère être très convaincante grâce à sa cohérence d'ensemble, son joli cadran et son contenu horloger. Elle est selon moi une des plus belles réussites de ces dernières années de la part de Zenith, conservant tout son charme initial 4 ans après sa sortie.


Un grand merci à Macha pour sa disponibilité lors de sa venue à Paris.

Les plus:
+ la présentation du cadran
+ la cohérence de la montre avec un boîtier adapté au mouvement
+ la touche poétique apportée par l'indicateur des phases de lune
+ la présence au poignet malgré la taille contenue

Les moins:
+ la finition du mouvement, un peu austère

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