mercredi 15 juillet 2015

Ulysse Nardin: Classico Manufacture

Ulysse Nardin fait partie de ces grandes marques qui demeurent relativement méconnues en France malgré un large éventail de complications disponibles dans le catalogue. L'intégration au sein de Kering fera sûrement évoluer cette situation et d'ailleurs l'ouverture récente d'un nouveau point de vente chez Bucherer Paris contribuera à cette meilleure visibilité pour notre plus grand plaisir. En effet, Ulysse Nardin est une marque qui mérite d'être mieux appréciée car chaque année, elle veille à nous surprendre tant du point de vue esthétique que mécanique. Sa réputation auprès des collectionneurs est avant tout fondée sur sa capacité à innover et à proposer des complications traitées de façon unique. Je pense évidemment à la Freak qui reste, près de 15 ans après sa première présentation, un ovni dans le paysage horloger. La Sonata a de son côté dépoussiéré les montres réveil tandis que la Moonstruck a incarné l'affichage des phases de lune le plus complexe et précis en faisant jouer les différents astres, Terre, Lune et Soleil entre eux. S'appuyant sur l'inventivité et la créativité mécanique de Ludwig Oechslin, Ulysse Nardin est une des très rares manufactures à posséder plusieurs icônes horlogères et un style non dénué de caractère.


En revanche, son point faible est la concentration d'une partie significative de sa clientèle en Russie, un pays qui n'a pas été épargné par les turbulences monétaires comme nous le savons. C'est dans ce contexte que s'inscrit la sortie de la Classico Manufacture. Cette montre, qui peut apparaître comme presque anodine dans le concert de complications qu'offre Ulysse Nardin, joue au contraire un rôle très important.

En devenant la première montre de la collection Classico à utiliser un mouvement développé et produit en interne, la Classico Manufacture vise à élargir la présence géographique de la marque en s'adressant à des marchés plus attirés par des pièces simples mais au contenu horloger solide. Elle vise également à donner une nouvelle impulsion à la collection Classico qui, il faut bien l'avouer, vit dans l'ombre de la collection Marine, véritable point d'entrée actuel dans l'univers de la marque. 

La Classico Manufacture est avant tout une jolie réussite esthétique. Pourtant, il n'est généralement pas aisé de dessiner une montre à trois aiguilles se détachant de la masse. Ulysse Nardin s'est appuyé sur ses fondamentaux en partant du boîtier de 40mm de la Classico Automatic. J'aime beaucoup ce boîtier en or rose, simple de prime abord mais qui possède suffisamment de caractère pour éviter de sombrer dans l'ennui grâce à ses cornes qui créent une légère rupture par rapport à la lunette. Cette dernière, fine et inclinée, fluidifie les lignes du boîtier tout en agrandissant l'ouverture du cadran. La hauteur du boîtier de 9,6mm lui assure des proportions harmonieuses. La montre n'est ni trop fine, ni trop épaisse.

Le cadran est disponible en deux teintes, bleu ou ivoire. J'ai une nette préférence pour la première car au-delà de mon éternel attrait pour le bleu, cette dominante plus sombre réduit la perception de la taille. La finition du cadran est irréprochable avec les index, chiffres romains et logo appliqués qui donnent une petite touche de relief et améliorent la qualité perçue. Je retrouve sinon la paire d'aiguilles habituelles de la collection avec leur Superluminova qui combine avec les points lumineux situés derrière les index et les chiffres. Même si je ne nie pas leur aspect pratique, je préfère pour ce type de montre l'absence de toute luminescence. 


La première différence fondamentale avec la Classico Automatic apparaît alors: la trotteuse centrale est remplacé par une trotteuse à 6 heures. La seconde différence est l'emplacement du guichet de date. Les designers ont incontestablement bien travaillé car le mouvement est clairement trop petit pour le boîtier, trahi par l'écart entre le guichet et la lunette. Mais à partir de ce problème, ils ont créé une opportunité. Le guichet est inséré à l'intérieur de la zone délimitée par un très fin cercle en or. Devenant partie intégrante du secteur de la trotteuse, ce guichet ne choque pas et contribue même à apporter un soupçon d'originalité. Le disque des quantièmes blanc contraste un peu fortement sur la version à cadran bleu mais il est au moins nettement lisible et il casse l'uniformité de la couleur dominante.

L'intérêt majeur de cette montre par rapport à la Classico Automatic demeure son mouvement. En l'équipant du calibre UN-320, Ulysse Nardin fait enfin preuve de plus d'ambition dans cette collection. S'il possède, contexte Ulysse Nardin oblige, un spiral et un échappement à ancre en silicium, il profite également des capacités de la manufacture à développer des fonctionnalités pratiques au quotidien. Ainsi, la date est réglable en avant ou en arrière ce qui est un excellent point et un stop-seconde est aussi disponible. En  revanche, je fus moins séduit par sa réserve de marche de 2 jours que je trouve un peu courte pour un mouvement récent.

La finition du mouvement est soignée mais très nettement dominée par le rendu de la masse oscillante. Son architecture est intéressante avec de jolies découpes de ponts et un pont de balancier traversant. J'ai tendance à trouver le style décoratif de la masse oscillante un peu Rococo et j'aurais aimé un peu plus de subtilité compte tenu du contexte de la montre. Mais je ne vais pas me plaindre alors que je vois des rotors d'une tristesse absolue dans des montres de prix équivalents.


La Classico Manufacture dégage un sentiment convaincant une fois mise au poignet. Certes, elle ne provoque pas les mêmes sensations qu'une Sonata ou autre Moonstruck. La simplicité de la montre joue sur un autre registre, celui du raffinement et de l'élégance. La mission est remplie côté cadran et j'ai pu apprécier le confort du boîtier et les petits détails comme le cercle autour du secteur de la trotteuse. La taille de 40mm est peut-être un peu trop grande pour une montre habillée et c'est la raison pour laquelle ma préférence va vers le cadran bleu qui lui donne un aspect plus contenu. Le côté pratique du mouvement de manufacture fait définitivement pencher la balance du côté positif et j'espère que cette montre permettra à Ulysse Nardin de donner une nouvelle dynamique à sa collection Classico.

Les plus:
+ la première montre Classico avec un mouvement de manufacture...
+ ... qui apporte un vrai plus du point de vue pratique avec la date réglable dans les deux sens
+ la présentation et la finition du cadran
+ le confort du boîtier

Les moins:
- une taille un peu grande pour une montre habillée
- la décoration de la masse oscillante un peu trop démonstrative
- la réserve de marche un peu courte

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Aucun intérêt.
Une énième montre 3 aiguilles avec quantième. Difficile de réinventer la roue.
On ajoute la décote monstrueuse des UN, bref, on passe vite à autre chose.