Une ville qui bouge horlogèrement parlant: Barcelone

Le titre de l'article peut surprendre. Après tout, au moment où la finale de la Champions League approche, tous les projecteurs sont braqués sur la plus célèbre équipe de foot locale et les considérations horlogères semblent bien éloignées des préoccupations des catalans. Et pourtant, il se passe des choses à Barcelone dans le petit monde des montres! Je vais vous donner 3 exemples, tous différents les uns des autres, qui symbolisent cette vitalité.

Commençons avec le plus important du point de vue économique. D'ici quelques semaines va ouvrir la nouvelle boutique Rabat qui sera située au numéro 94 de Passeig de Gracia soit dans le bâtiment adjacent à la Pedrera, la Casa Codina. Difficile de trouver un lieu plus prestigieux et aussi bien positionné du point de vue stratégique. Les visiteurs des toits de la Pedrera auront le privilège d'avoir une vue plongeante sur la boutique, sur le restaurant, le Rabat Café Terrace qui s'annonce d'ores et déjà comme l'endroit où il faudra être vu à Barcelone. La famille Rabat profite donc d'une tendance du marché où les mégastores horlogers prennent de l'importance après l'ouverture de Bucherer à Paris ou de Watches of Switzerland sur Regent Street à Londres. Les marques semblent en effet découvrir de nouveau que ce que recherchent avant tout les clients, c'est le choix et que l'expérience boutique est un plus mais pas la priorité. Ces boutiques, qui dépassent allégrement les 1000m2 de surface de vente proposent les deux. La Casa Codina, un superbe immeuble moderniste, offrira l'écrin idéal pour ce nouveau temple horloger qui s'annonce comme un des plus beaux. Pour avoir visité le bâtiment en travaux, je peux vous certifier que le résultat sera spectaculaire. 

La Casa Codina:


La vue depuis un étage de la boutique avec la Pedrera sur le côté:


Changeons totalement d'univers avec Pita. Aniceto Pita se faisait plus discret ces derniers temps. Certes, en tant que digne membre de l'AHCI, nous avions toujours le plaisir de le rencontrer avec son fils Daniel sur le stand de l'Académie à Bâle ou dans diverses manifestations horlogères. Mais les projets se faisaient plus rares. La raison était finalement très simple: l'acquisition d'une machine à commande numérique 5 axes qui nécessita un long temps d'adaptation afin d'en maîtriser le potentiel. Cette période est maintenant révolue et il faut s'attendre pour la fin de l'année à voir des évolutions de modèles existants comme le célèbre et emblématique Sol y Luna. La CNC donne à Pita plus de flexibilité dans sa production et une capacité de personnaliser ses modèles. En tout cas, la visite de la boutique et de l'atelier d'Aniceto Pita demeure un incontournable à Barcelone. Située sur l'avenue Meridiana, la boutique est un hymne à l'horlogerie artisanale et sincère.

La boutique Pita avenue Meridiana:


Votre serviteur avec Aniceto et Daniel:


L'équipe Pita peut être fière des résultats obtenus avec la CNC:


La Sol y Luna à mon poignet:


Si Pita demeure un horloger connu par tous ceux qui s'intéressent à l'horlogerie indépendante, il n'en est pas de même de Santi Martinez Rabasa. Profitant de mon dernier séjour barcelonais, j'ai pu découvrir le projet mené par ce restaurateur et marchand de pièces vintage. Sous le label "Atelier de Chronomètrie" (en français!), il s'est lancé dans le projet de développer sa propre montre basée sur un mouvement Omega 30mm. La montre intégrera l'affichage du rang de la semaine, le tout dans un boîtier contenu ce qui devrait plaire aux collectionneurs. La finition du mouvement sera au rendez-vous et le résultat final semble très prometteur, du moins sur ce que j'ai vu du prototype. Il manquait cependant l'essentiel lors de ma rencontre avec Santi et son épouse: le cadran. Car malgré le travail de qualité effectué sur le mouvement, la montre ne pourra séduire que si le cadran est à la hauteur. J'attends donc avec impatience la poursuite du projet et son aboutissement.

La montre côté cadran, les deux roues supérieures seront dédiées à l'affichage des semaines par un double guichet:



Le mouvement côté ponts:


Comme vous pouvez le constater, il n'y a pas que les jambes de Messi qui tricotent à Barcelone! Les aiguilles des montres catalanes progressent également témoignant ainsi d'une ville en pleine évolution horlogère soutenue par la demande d'une clientèle locale qui demeure soutenue malgré la crise. Je fus ainsi très surpris par la fréquentation des boutiques y compris dans les heures creuses de la semaine, ce qui peut laisser songeuses quelques boutiques parisiennes.

Merci à l'équipe Rabat, à Aniceto Pita et à Santi Martinez Rabasa pour leurs accueils.

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