dimanche 12 avril 2015

Roger Dubuis: Excalibur Automatique Squelette

Le squelettage est une des techniques décoratives préférées de la Manufacture Roger Dubuis et elle profita du SIHH 2015 pour le rappeler. En effet, elle nous réserva un véritable feu d'artifices de montres squelettes avec ou sans tourbillon(s). Parmi ces montres, c'est paradoxalement la plus simple, l'Excalibur Automatique Squelette, qui m'impressionna le plus. Peut-être parce que justement, l'absence de tourbillon permit de mieux observer et d'appréhender tout le soin apporté dans la qualité de l'exécution et dans l'architecture du mouvement. En fait, cette Excalibur Automatique Squelette rassemble de nombreux points d'intérêt:
  • elle est animée par le premier mouvement automatique à micro-rotor squelette de la marque,
  • le travail de squelettage se ressent dans les plus infimes détails y compris au niveau du micro-rotor,
  • existant en 3 versions (or rose, or rose à lunette sertie et titane DLC noir), son approche esthétique contemporaine est renforcée par le traitement du boîtier titane,
  • et compte-tenu que les tourbillons sont réservés à d'autres modèles, le prix  de cette montre se situe dans un segment inférieur à celui pratiqué habituellement pour des pièces similaires chez Roger Dubuis.


L'attrait principal de l'Excalibur Automatique Squelette est évidemment son mouvement RD820SQ d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 60 heures. Je dois avouer que j'ai rarement été aussi convaincu par un mouvement squelette contemporain. Du point de vue visuel, il parvient à être dense sans être confus. Les 167 composants du calibre semblent être plus nombreux. L'intérêt est qu'une fois mise au poignet, les poils du poignet demeurent relativement bien cachés, surtout sur le côté droit du cadran. Ce rendu complexe accentue la dimension technique de l'ensemble et la cohérence de la pièce, contribuant ainsi à sa réussite esthétique. Roger Dubuis a cependant veillé à mettre en valeur des éléments clé pour apporter une touche de rationalité et organiser l'architecture de la présentation du mouvement.

C'est ainsi que je considère la face avant de la montre (j'ai un peu de mal à utiliser le terme de cadran) comme étant structurée en deux parties bien distinctes. A droite, un impressionnant regroupement de ponts en forme d'étoile lie les éléments mobiles du mouvement. Cette étoile imposante, majestueuse est une sorte de signature de style pour Roger Dubuis et se retrouve, en d'autres positions, sur les montres à tourbillon(s) volant(s). A gauche se détachent les deux principales animations: l'organe réglant en bas et le micro-rotor en haut.


Il est intéressant de revenir sur ce micro-rotor qui a fait l'objet d'un développement particulier. Il a été lui-même ouvert le plus possible pour s'intégrer au mieux esthétiquement dans le mouvement de la montre. La contrainte est d'effectuer ce travail sans réduire l'efficacité au remontage. Roger Dubuis est arrivé à un résultat très satisfaisant à ce niveau grâce à la hauteur propre du micro-rotor et à la répartition de la masse favorisant les zones périphériques.

Le pont du balancier est de son côté le plus léger possible afin de dégager au maximum la vue sur le balancier et le résultat est plaisant bien que n'ayant évidemment pas le rendu spectaculaire du tourbillon volant. Le balancier et le spiral sont bien visibles tout comme l'incabloc qui gâche un peu le spectacle.  L'échappement est malheureusement un peu caché.


L'ensemble est ainsi très agréable à observer. Au-delà de la qualité de la finition, irréprochable, de la dimension technique du mouvement  soulignée par des détails comme les effets de perlage ou la couleur dominante, c'est bien le sentiment d'observer une montre qui a trouvé le parfait équilibre entre finesse et puissance qui domine. Dans ce contexte, la lunette du boîtier Excalibur 42mm avec ses légères encoches combine joliment avec le mouvement. Le seul élément qui les sépare est la lunette interne qui supporte la graduation des minutes. Cette graduation est bienvenue puisqu'elle améliore grandement la lisibilité de la montre notamment au niveau des minutes puisque le bout de l'aiguille la surplombe légèrement. Le contraste entre les aiguilles et le mouvement est correct même si l'aiguille des heures peut se fondre dans le décor dans certaines positions.


Le mouvement à l'arrière de la montre réserve une petite surprise avec la présence de non pas une mais de deux étoiles. En sus de l'étoile qui est un effet miroir de celle se trouvant côté face, Roger Dubuis a dessiné une nouvelle étoile sous le micro-rotor. La finition du mouvement de ce côté est bien entendu homogène et du même niveau que celle de l'autre côté. A noter que la roue d'échappement se distingue mieux.


J'ai pris beaucoup de plaisir à porter cette Excalibur Automatique Squelette et notamment dans cette version titane DLC noir. La légèreté du matériau et ce rendu sombre sont cohérents avec la présentation et l'architecture du mouvement. La taille du boîtier est idéale car la grande ouverture du cadran favorise le côté spectaculaire. Résolument contemporaine, l'Excalibur Automatique Squelette évite le piège de la trop grande originalité et semble s'inscrire dans une certaine pérennité esthétique. Confortable, proposant de multiples animations grâce au balancier et au micro-rotor, elle est une digne représentante de la famille prestigieuse de montres squelettes de Roger Dubuis. Elle parvient même à faire oublier l'absence d'un tourbillon volant. Je la considère donc comme une des plus belles réussites de Roger Dubuis de ces dernières années.

Merci à l'équipe Roger Dubuis pour son accueil pendant le SIHH 2015.

Les plus:
+ l'architecture et la présentation du mouvement RD820SQ
+ les animations proposées par le micro-rotor et l'organe réglant
+ une approche stylistique contemporaine possédant une certaine intemporalité
+ le confort au porter

Les moins:
- l'incabloc est un peu trop visible
- la lisibilité de l'aiguille des heures dans certaines positions

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