jeudi 12 février 2015

Urwerk: UR-210S "Full Metal Jacket"

Avec sa grande aiguille rétrograde, l'UR-210 est peut-être la montre Urwerk la plus proche de l'esprit de l'Opus V, la montre icône de Harry Winston qui mit sous les feux des projecteurs le duo Félix Baumgartner & Martin Frei. Evidemment, des différences significatives existent entre les deux: l'aiguille parcourt dorénavant une graduation horizontale et les satellites des heures sont transportés, embarqués par l'aiguille alors qu'ils constituaient  sa base auparavant.

 
Malgré tout, les deux montres partagent un point commun fondamental qui est l'expérience sensorielle qu'elles provoquent. Lorsque la grande aiguille de l'UR-210 effectue son mouvement de retour instantané, le propriétaire de la montre perçoit, sans même jeter un coup d'oeil sur le cadran que le changement d'heure vient de s'opérer. L'UR-210 développe par la suite un concept cher à Félix Baumgartner: celui de l'interactivité qui renforce la dimension ludique de la montre. Grâce à son fameux témoin d'efficacité du remontage, elle propose un indicateur original qui incite à jouer avec le régulateur de remontage situé à l'arrière du boîtier. Ce n'est certes pas la première Urwerk qui présente un tel régulateur dont l'objectif est de moduler le pouvoir de remontage du mouvement automatique jusqu'à même être en mesure de l'annihiler. Mais l'UR-210 se distingue par son témoin qui traduit côté cadran l'impact de l'action du régulateur. 


Le boîtier est une véritable prouesse esthétique combinant des lignes extérieures plutôt douces et un rendu visuel de la lunette très géométrique créant ainsi un contraste et cassant le sentiment d'uniformité et de massivité qui pourrait exister compte tenu du gabarit de la montre. Il est le décor idéal pour mettre en scène l'affichage du temps qui réinvente les heures vagabondes. Les dimensions de l'aiguille la rendent omniprésente. Elle attire le regard et fait presque oublier la cinématique des satellites se trouvant en-dehors. L'UR-210 est donc pour moi, si je mets de côté l'EMC avec son concept particulier qui la positionne sur un plan différent, l'Urwerk la plus aboutie et qui met le mieux en valeur les idées et principes techniques et esthétiques de Félix Baumgartner et de Martin Frei.


Déjà, à la base, j'aime donc beaucoup l'UR-210. Et là, quelle belle surprise! A ce niveau-là, c'est plus qu'une cerise sur le gâteau. Il y a la dose de crème qui va avec. C'est le pur orgasme horloger. Martin Frei nous refait le coup de l'UR-202S en parachevant le design de la montre, en lui rajoutant un bracelet métal qui se marie idéalement avec les nouvelles teintes monochromes du cadran. Alors, je ne peux que répéter ce que j'avais dit à l'époque de l'UR-202S: la montre devient lumineuse, encore plus envoûtante et se paye même le luxe de gagner en confort et en lisibilité. 


De nouveau, Maspoli est de la partie et le résultat est à la hauteur de mes espérances. L'UR-210S, malgré son poids général conséquent, se positionne de façon ferme sur le poignet et grâce à une meilleure répartition du poids, évite de bouger de façon sensible même lorsque le bras effectue des mouvements rapides. Le bracelet n'est donc pas seulement beau: il est utile. Un détail important et inattendu contribue à la beauté de l'UR-210S: il s'agit du protège-couronne dont la forme semble prolonger les lignes de la lunette. C'est ce souci du détail, cette quasi-perfection  du point de vue de la cohérence esthétique qui me font littéralement succomber au charme de cette pièce. Elle peut sembler originale de prime abord, peut-être même excessive sous certains aspects. J'y vois pourtant la preuve d'une grande maturité et l'aboutissement d'une démarche horlogère et créatrice sincère initiée lors de la fondation d'Urwerk.

L'UR-210S est commercialisée dans le cadre d'une série limitée de 35 exemplaires.


Merci à l'équipe Urwerk pour son accueil pendant la Geneva Week 2015.

Les plus:
+ le bracelet Maspoli est de retour et parachève le design de l'UR-210
+ les teintes monochromes, plus lumineuses
+ le confort au porter
+ l'interactivité grâce au régulateur de remontage

Les moins:
- la montre parfaite n'existe pas et n'existera jamais alors je veux bien concéder que la réserve de marche peut être perçue comme trop courte (39 heures). Mais vous ne porteriez pas une montre pareille tout le temps?

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