dimanche 1 février 2015

Mes montres d'indépendants préférées de la Geneva Week 2015

La tenue du SIHH donne l'opportunité à de nombreuses marques indépendantes d'organiser des présentations dans les hôtels de Genève afin de profiter de la présence des détaillants et des journalistes du monde entier. Ces présentations leur permettent de dévoiler les premières tendances de l'année et de recevoir dans un contexte finalement plus chic et décontracté qu'à Baselworld leurs interlocuteurs privilégiés. J'ai trouvé que l'attitude des marques indépendantes était finalement assez proche de celles du SIHH à savoir peu de prises de risque inutiles et beaucoup d'évolutions de montres connues. Le contexte économique est bel et bien là et pour les grands comme pour les petits, la prudence est de mise.

Cela ne veut pas dire que l'offre était inintéressante, loin de là. Tout d'abord, pour certains, l'année ne fait que commencer et les véritables nouveautés arriveront plus tard. Ensuite, j'ai déniché dans les différentes suites des hôtels  quelques pépites qui m'ont beaucoup plu.

Je vous propose donc ma sélection de mes montres d'indépendants préférées de la semaine genevoise.

Comme chaque année, De Bethune fait partie de la sélection même si je n'ai pas ressenti un coup de coeur similaire que l'année dernière au même hôtel des Bergues. Je pourrais vous parler de la DB28 GS qui marque le retour de la marque sur le créneau de la montre sportive. Mais il était pour moi impossible de résister au charme envoûtant de la DB25T Zodiac. Soyons clairs: du point de vue mécanique, elle n'apporte rien (mais elle offre déjà beaucoup!) par rapport à la DB25T présentée il y a quelques années. Mais quel cadran! Le ciel périphérique en titane poli et bleui est orné d'une douzaine de gravures en or massif qui symbolisent les signes du zodiaque.
Les contrastes, les reflets de lumière sont magnifiques et mettent en valeur la parfaite finition de chaque détail. Mais le plus beau demeure la cohérence entre cette représentation et le comportement de la trotteuse, à seconde morte, qui évoque les pendules de parquet. J'en oublie même le mouvement qui intègre un Tourbillon à 5hz. Une fois de plus, De Bethune marque les esprits!


Je me souviens très bien ce que disait Martin Frei lors de la présentation du bracelet métal à l'attention de l'Urwerk UR-202: "Avec ce bracelet (fabriqué par Maspoli), le design de l'UR-202 est enfin achevé". J'ai envie de dire: rebelote avec l'UR-210. De toutes les montres d'indépendants que j'ai eu la chance de porter ces dernières années, c'est peut-être UR-202S qui m'a laissé le souvenir le plus marquant. Je trouvais cette montre belle tout simplement. Elle offrait un cadre idéal à l'affichage de l'heure vagabonde. L'UR-210S "Full Metal Jacket" avec son bracelet de la même provenance et ses teintes monochromes me procure le même sentiment... avec le comportement rétrograde de la grande aiguille, qui n'est pas sans rappeler l'Opus V, en plus! Bref, je considère l'UR-210S comme une des plus belles Urwerk.


Depuis plusieurs années, Peter Speake-Marin oeuvre à construire une marque. Cette évolution s'accompagne d'ailleurs cette année par un partenariat plus étroit avec Vaucher. Mais chassez le naturel, il revient au galop! La Jumping Hours, pièce unique, est une nouvelle démonstration de sa créativité et de son talent. La lecture de l'heure ou plutôt des heures n'est pas aisée car reposant sur les petites aiguilles qui affichent l'heure en cours dès que les minutes rentrent dans les quarts d'heure qui y correspondent (l'aiguille supérieure saute d'abord au début de la nouvelle heure, puis la deuxième à l'entrée du second quart d'heure etc...). N'étant pas entourées d'une graduation, les aiguilles nécessitent une petite gymnastique intellectuelle pour apprécier l'heure en cours. Mais qu'importe! La montre est fascinante et l'absence de cadran (la platine supérieure le remplace) donne à l'ensemble un rendu technique et poétique bienvenu. Une des plus belles surprises de la semaine.

La LM1 Platine fut dévoilée en fin d'année dernière. Elle n'avait donc pas le même caractère de surprise que les autres montres que je découvrais pour la première fois. Cependant, une MB&F n'est jamais une pièce anodine et ce fut un véritable plaisir que d'observer la beauté du cadran bleu d'une teinte différente de celle de la LM1 Xia Hang. Et puis, la LM1 demeure pour moi la plus belle des Legacy Machine: le grand balancier suspendu est hypnotisant, les deux cadrans offrent un affichage d'un second fuseau horaire déconnecté du premier... La LM1 Platine est selon moi la plus belle version de cette superbe montre, à la fois classique et originale.


Quelques semaines après une déclinaison de la GMT de Kari Voutilainen, je ne pensais pas retrouver des chiffres Art déco dans un contexte différent mais tout aussi convaincant. Laurent Favre présentait au sein de la WAG à Genève l'A.Favre & fils 10.3 portant le surnom très évocateur de "Gatsby". A défaut d'années folles, c'est une véritable démesure horlogère que la Gatsby nous propose: double balancier, absence de cadran, chiffres suspendus, finitions exceptionnelles, cette montre est une véritable démonstration du talent de Laurent Favre. Un vrai spectacle de cabaret tant j'ai eu du mal à arrêter de l'observer!


La marque Breva tire son nom d'un vent qui souffle autour du Lac de Côme... il devenait donc logique qu'une montre de la collection s'accompagnât d'une complication dont la vocation est de mesurer la vitesse du vent. L'heureux propriétaire d'une Genie 03 peut donc, en activant un poussoir, faire surgir un anémomètre et mesurer, une fois stabilisée, la vitesse du vent... ou de son propre déplacement. La complication peut prêter à sourire mais elle ancre Breva dans un segment du marché que peu de marques occupent. De plus, la Genie 03 propose le premier mouvement, à micro-rotor, entièrement développé par la marque ce qui est un signe de maturité. Alors, derrière le côté ludique et interactif de la complication, je vois à travers la Genie 03 une marque en progression.

L'anémomètre est de sortie:


Enfin, je souhaitais terminer cette sélection avec le ravissant cadran en émail cloisonné de la Laurent Ferrier Traveller. Les montres de voyage ont toujours la vocation de faire vagabonder au moins notre esprit. La Traveller étant une montre à double fuseau, elle n'a pas forcément le même pouvoir imaginatif qu'une montre à heures universelles. C'était sans compter sur ce cadran réalisé avec une parfaite maîtrise qui nous propose une exploration de plusieurs continents du globe. L'inspiration Patek se ressent mais la taille de la partie décorée et l'intégration des guichets donnent à la montre un charme légèrement suranné mais incontestable.


Comme toujours, d'autres montres auraient mérité de faire partie de cette sélection mais les prochains articles me donneront l'opportunité de les présenter tout comme de revenir avec plus de détails sur celles-ci.

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