dimanche 5 octobre 2014

Vacheron Constantin: Métiers d'Art - Hommage aux grands explorateurs - Expédition Christophe Colomb

Contrairement à Christophe Colomb, Vacheron Constantin savait très bien où aller et quel était l'objectif à atteindre avec cette montre. Présentée avec son alter-ego la Marco Polo il y a 6 ans dans le cadre d'une série limitée de 60 pièces chacune, elle symbolisa ce qui à mes yeux constitue le plus grand atout de la Manufacture à savoir sa capacité à combiner une approche artistique aboutie avec un intérêt horloger de haut niveau. Il y a chez Vacheron Constantin cette faculté d'utiliser toujours à bon escient le métier d'art approprié et à intégrer l'affichage du temps sur le cadran sans dénaturer le travail artistique. Les deux montres Hommage aux grands explorateurs, Christophe Colomb et Marco Polo font tout naturellement partie de la collection des Métiers d'Art. Chacune donne l'opportunité de proposer un superbe cadran à deux niveaux inspiré par les cartes des explorateurs et qui détaille un continent: l'Asie pour la Marco Polo et l'Amérique pour la Christophe Colomb. Bien évidemment, la première montre évoque plus un parcours terrestre tandis que la seconde met l'accent sur le trajet maritime.


J'ai eu l'occasion il y a peu de revoir une Christophe Colomb. La réussite de cette montre est liée une fois de plus à la parfaite cohérence entre le système d'affichage du temps d'un côté et la décoration et le thème du cadran de l'autre. En effet, quoi de plus logique que de retrouver une heure vagabonde pour rendre hommage à un grand explorateur?

Cet affichage a plusieurs vertus. Tout d'abord, il permet de contenir l'indicateur des heures et des minutes dans une zone précise et délimitée du cadran, une sorte d'arc-de-cercle de 132 degrés situé dans la partie inférieure. La partie supérieure est ainsi vierge de toute aiguille ou indicateur: l'espace est entièrement libéré pour laisser l'artiste, le maître-émailleur dans ce cas, s'exprimer. L'affichage permet également de créer un effet de relief. La lecture du temps s'effectue sur cette zone en arrière-plan comme pour rappeler que le plus important est ici la magnifique représentation de l'Amérique qui commence à apparaître alors que les bateaux naviguent en plein milieu des Caraïbes. 


Le décrochage entre les deux parties du cadran ne veut pas dire qu'elles doivent être considérées comme séparées. Les mêmes techniques et couleurs sont utilisées dans chaque zone et les deux parties ont été émaillées ensemble pour une totale harmonie. Tout aussi importante est la parfaite continuité qui existe comme en témoigne les lignes de la rose des vents qui ne sont pas interrompues par la différence de hauteur.

L'heure vagabonde est dans ce contexte idéale. Cette complication maîtrisée par Vacheron Constantin (qui fut par exemple utilisée sur la Spoutnik) incarne de façon adéquate et charmante le long et lent déplacement des bateaux. Le chiffre des heures qui est à la fois affichage et aiguille parcourt en une heure la graduation des minutes de la droite vers la gauche. Une fois la soixantième minute atteinte, le chiffre disparaît tandis que le chiffre suivant apparaît à droite. Le système est basé sur l'utilisation d'une couronne pivotante qui supporte grâce à des bras trois satellites de 4 chiffres. Au fil du temps qui passe, la couronne tourne, les satellites se déplacent tout en tournant sur eux-mêmes afin que le bon chiffre se positionne face au début de la graduation.  Contrairement aux heures sautantes ou à des affichages rétrogrades, l'heure vagabonde est un mécanisme au mouvement régulier sans rupture. C'est la raison pour laquelle j'apprécie généralement beaucoup ce type d'affichage que ce soit chez Vacheron Constantin avec un tel contexte artistique ou chez Urwerk dans un cadre plus original. 


Le module d'affichage constitué par la couronne, les bras et les satellites, est animé par le mouvement automatique 1126AT d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 38 heures.  Il s'agit donc du mouvement développé par Vacheron Constantin à partir d'une base JLC 889. Il est fiable et adapté à son rôle de tracteur de la complication. Pas particulièrement joli, il est fort heureusement caché par un fond plein. Ce choix est judicieux puisque de toutes les façons, c'est côté cadran que tout se passe.


Mettre la Christophe Colomb au poignet est une expérience inoubliable. Elle fait partie de ces montres où on se fiche royalement du temps qui passe car notre regard est absorbé par la beauté de la décoration du cadran. Le thème même de la montre incite à la rêverie, au regard contemplatif... J'aurais pu passer des heures à observer les moindres détails, à examiner la parfaite exécution de ce cadran en émail grand feu. Les contours du continent et des îles sont d'une rare finesse. Le contraste entre les couleurs ocre des terres et celle bleutée de l'Océan est dosé avec justesse, chaque élément mettant en valeur l'autre. Et que dire à propos de l'extraordinaire minutie avec laquelle ont été dessinés les bateaux, la rose des vents et autres détails parsemés sur le cadran? L'excellente surprise dans ce contexte est que le temps demeure lisible avec une précision évidemment relative: seul le marqueur des 5 minutes est apposé entre les dizaines. Cette solution m'a convenu puisqu'une graduation plus présente aurait alourdi l'esthétique de la partie inférieure du cadran et aurait nui à la beauté de l'ensemble.


Le diamètre du boîtier en or jaune est de 40mm, une taille raisonnable et harmonieuse qui permet à la fois de préserver l'élégance de la montre tout en créant un espace suffisant pour que l'artiste puisse s'exprimer sans contrainte. Et puis, il aurait été fort dommage de ne pas profiter pleinement du spectacle envoûtant offert par ce cadran qui nous plonge de façon quasi instantanée dans un univers d'aventures et de grandes découvertes. Rarement le thème d'un cadran en émail grand feu m'aura autant séduit. C'est peut-être cela finalement le vrai plus de Vacheron Constantin au-delà des capacités artistiques de la Manufacture: cette aptitude à choisir des thèmes intemporels et séduisants qui touchent véritablement la sensibilité des propriétaires des montres de la collection des Métiers d'Art.

Merci à l'équipe de la boutique Vacheron Constantin de Paris.

Les plus:
+ l'intérêt du thème
+ la finition exceptionnelle du cadran
+ la totale cohérence entre le système d'affichage du temps et le contexte de la montre
+ la taille idéale du boîtier

Les moins:
- la réserve de marche est un peu courte




1 commentaire:

Anonyme a dit…

Vacheron Constantin à son meilleur. Le genre de montre qui a marqué son temps et dont on parle encore avec un vrai plaisir. Celle-ci est une réussite indémodable.