Rolex: Sky-Dweller Or Jaune Bracelet Cuir

La Sky-Dweller est peut-être à ce jour le meilleur concentré du  savoir-faire de Rolex. Montre complexe dans ses fonctions mais simple dans son utilisation et dans ses solutions techniques, elle incarne la capacité de la Manufacture à trouver les systèmes qui favorisent le développement et l'adjonction de complications sans perturber la fiabilité et la précision qui demeurent les objectifs fondamentaux. En 2014, Rolex présenta des nouvelles déclinaisons de cadran et des combinaisons inédites de couleurs de matériaux avec des bracelets cuir, renforçant ainsi la collection Sky-Dweller au sein du catalogue. La version en or jaune et à bracelet cuir fait partie de ces nouvelles versions et apporte grâce à son cadran argenté une touche plus discrète et raffinée par rapport à la Sky-Dweller en or jaune initiale.
 

Une observation rapide pourrait donner l'impression que la Sky-Dweller n'est qu'une grande Oyster. Il est vrai qu'elle rassemble de nombreux éléments esthétiques qui définissent le style reconnaissable de Rolex: la lunette cannelé évidemment, la loupe cyclope, la façon avec laquelle les chiffres arabes ou romains sont positionnés sur le cadran etc... Tout a été pensé pour que les habitués de la marque à la couronne se sentent dans leur univers de prédilection. Cependant, la taille du boîtier d'un diamètre de 42mm est légèrement supérieure à ce qui se pratique généralement chez Rolex, Yach-Master II à part. En ce sens, la Sky-Dweller suit le sort de l'autre montre compliquée de la collection en prenant un léger embonpoint mais tout cela reste très raisonnable. Le confort au porté étant une priorité, Rolex n'allait pas commettre l'erreur de proposer une assiette à pizza.

De toutes les façons, le diamètre du boîtier pouvait difficilement être plus petit. Tout d'abord,  la lunette relativement large contrôle l'ouverture du cadran. Ensuite, la Sky-Dweller se distingue par l'intelligence et l'originalité de l'organisation du cadran et par la lisibilité des informations. Cumulant les affichage d'un second fuseau horaire et d'un calendrier annuel, la Sky-Dweller est un bel exemple d'efficacité. Rolex ne s'embarrasse pas de considérations métaphysiques et les affichages inutiles sont supprimés. La Sky-Dweller est ainsi un rare exemple d'une présence d'un calendrier annuel sans affichage des phases de lune. L'affichage des mois, qui finalement ne sert qu'à gérer le bon passage des quantièmes, est d'une grande discrétion. Son intégration est si parfaite qu'il est perçu comme une série d'index entre les chiffres et la lunette. Seule la couleur rouge du mois en cours (novembre sur la photo) trahit la spécificité de ces guichets périphériques.
 

La place est libérée pour laisser les premiers rôles aux informations majeures: le quantième bien entendu, mis en valeur par la loupe cyclope et le second fuseau horaire par le biais d'un grand disque 24 heures excentré dont le diamètre doit représenter la moitié de celle du cadran. Au sommet du disque, juste sous le nom de la marque, le triangle inversé rouge capte le regard et rappelle que l'heure de référence se lit toujours au même endroit pour un meilleur confort. Je trouve d'ailleurs à ce titre la Sky-Dweller plus pratique que la GMT dans la gestion de cette complication.

L'agencement des affichages permet ainsi l'utilisation optimisée de la surface disponible et à aucun moment, le cadran n'apparaît comme confus. Sa finition dans cette version or jaune, tout comme dans les autres versions,  est irréprochable: le soleillage du cadran argenté est magnifique et les chiffres et logo sont appliqués avec une grande rigueur.

Le point fort de la Sky-Dweller est assurément sa simplicité d'utilisation. Pas besoin de se plonger dans la notice pour se rappeler à quoi correspond tel ou tel poussoir: tout se règle à la couronne, en avant ou en arrière avec l'aide de la lunette qui joue le rôle, grâce au système Ring Command, de sélecteur de menu. En la tournant successivement d'un cran, de deux crans ou de trois crans, elle permet d'accéder au réglage du calendrier, de l'heure locale ou de l'heure de référence. La lunette est donc la composante essentielle de la Sky-Dweller: elle impose sa présence visuelle mais elle sert également de centre de commande de la montre. Dans ce contexte, la cannelure est indispensable afin de rendre la manipulation aisée. Dommage pour ceux qui préfèrent la discrétion des lunettes lisses.
 

Toute cette simplicité et cette ergonomie reposent sur l'architecture et les performances du calibre 9001 de manufacture qui équipe la Sky-Dweller. Il se distingue par deux éléments essentiels: la roue de sélecteur à la périphérie du mouvement qui assure l'interaction entre le mouvement et la lunette et le système Saros qui gère le calendrier annuel, à savoir l'affichage du quantième adéquat à l'issue du 30ième jour du mois. Calendrier annuel oblige, la Sky-Dweller ne nécessite qu'une fois par an un réglage manuel, à la fin du mois de février. Pour le reste, le passage soit au 31ième jour soit au 1er jour du mois suivant est instantané... dans tous les sens du terme puisqu'il s'opère quelques instants après minuit y compris lors du passage direct du 30 au 1er.

Le système Saros est basé sur l'observation du comportement du Soleil, de la Terre et de la Lune. Il est composé d'un rouage planétaire fixe au centre du mouvement et d'une roue satellite qui tourne autour de lui en un mois. Cette roue comporte quatre doigts qui représentent les mois de 30 jours. Compte tenu du réglage manuel, février est considéré comme un mois de 31 jours. Grâce à ce système, la séquence 31-31-31-30-31-30-31-31-30-31-30-31 est ainsi simulée. A la fin du mois de 30 jours, grâce au doigt de la roue satellite, une impulsion supplémentaire est donnée au mécanisme de changement de date ce qui permet le passage direct de 30 à 1.
 

Au-delà de son ingéniosité, le calibre 9001 présente des performances adaptées au contexte de la Sky-Dweller: sa réserve de marche de 72 heures permet par exemple de laisser la montre le week-end et de la récupérer sans avoir besoin de la régler de nouveau ce qui est appréciable même si l'opération n'est pas fastidieuse. Mouvement Rolex oblige, il répond à toutes les attentes en matière de précision et est certifié chronomètre. Une des vertus du système Saros est d'ailleurs de maîtriser la consommation d'énergie et de conserver un comportement stable même lors du double-saut de date.

La Sky-Dweller est assurément une montre très bien conçue et sa réussite réside dans le fait qu'à aucun moment elle ne semble complexe. Elle s'avère à l'usage d'une redoutable efficacité: elle est lisible, confortable et facile à régler, le tout dans l'environnement Rolex de fiabilité et de précision. Elle est véritablement taillée pour être une montre de voyageur. L'affichage du second fuseau est certes nettement mis en valeur et intuitif. Mais c'est bien son étanchéité (100 mètres) et sa polyvalence qui donnent l'envie de l'avoir toujours à son poignet à la fois au quotidien ou lors de longs déplacements. Rolex prouve ainsi, à travers cette montre aboutie et d'une grande intelligence de conception, que les complications ne lui font pas peur à condition qu'elles aient un véritable intérêt pratique pour la clientèle.

Merci à l'équipe de Bucherer Paris.

Les plus:

+ l'organisation du cadran à la fois originale et lisible
+ une très grande simplicité et ergonomie à l'usage
+ la finition du cadran
+ la réserve de marche et l'efficacité du mouvement 9001

Les moins:
- la lunette est très présente visuellement ce qui donne un côté un peu ostentatoire à la montre
 

Commentaires

Anonyme a dit…
Très bonne analyse de cette montre pleine de qualités. L'intelligence de sa conception et sa facilité d'usage sont bluffants. Sans compter que le système est entièrement sécurisé. Un exemple à méditer pour beaucoup d'autres marques... Je me permettrai cependant une petite critique supplémentaire : j'ai l'impression qu'il y a un problème de proportions avec les aiguilles et le disque des 24 heures. En comparaison avec la lunette, les index ou la loupe, ils semblent manquer quelque peu de substance. Ce n'est d'ailleurs pas la 1re fois que je me fais cette réflexion avec Rolex.