dimanche 22 juin 2014

F.P. Journe: Octa ARS Titane

Lorsque la LineSport fut lancée en 2011, elle suscita un certain effet de surprise au sein du petit monde horloger car elle proposait des interprétations inattendues et décalées  du Centigraphe et de l'Octa Automatique Reserve. L'objectif de ces montres était de leur permettre d'accompagner leurs propriétaires en toutes circonstances y compris lors d'activités de loisir d'où l'utilisation d'un alliage d'aluminium à la fois pour le boîtier, le cadran et le mouvement. Extrêmement léger et résistant, cet alliage eut au moins deux vertus: celle de réduire considérablement le poids des montres et donc d'améliorer le confort au porté et celle d'apporter un renouveau esthétique au sein de la collection F.P. Journe. C'est bien ce dernier point qui provoqua le plus de débats car le rendu visuel des montres de la LineSport était fort éloigné de ce que la marque proposait habituellement à travers ses interprétations contemporaines de l'horlogerie classique.


Il n'en demeurait pas moins que malgré leur approche surprenante, le Centigraphe Sport et l'Octa Automatique Reserve Sport respectaient tous les critères de qualité et de finition de F.P. Journe et donnaient même l'opportunité de redécouvrir les mouvements sous un autre angle grâce à une décoration et à des matériaux mettant en valeur leurs architectures.

L'Octa Automatique Reserve Sport (ARS) ne pouvait pas être considérée comme une simple transposition de l'Octa Automatique Reserve dans ce contexte plus sportif et décontracté. En effet, deux détails fondamentaux les distinguaient: la présence d'un indicateur jour&nuit à 9 heures sur le cadran de l'Octa ARS et la rotation de 45 degrés de l'ensemble du mouvement. C'est la raison pour laquelle la couronne se retrouvait décalée à 4h30 et que le sous-cadran de la trotteuse se positionnait, de façon plus classique, à 6 heures alors que sur la montre classique d'origine, ce sous-cadran était décentré.


Après avoir exploré le potentiel de l'alliage d'aluminium et constaté les contraintes liées à son  usinage, François-Paul Journe eut le souhait cette année d'utiliser un autre matériau, certes toujours adapté à ce contexte particulier mais bien plus connu dans le monde horloger pour développer une nouvelle version de son Octa ARS: le titane Grade 5. Les atouts du titane sont connus et appréciés même si du point de vue strict de la légèreté, l'alliage d'aluminium demeure plus performant. L'Octa ARS Titane est donc moins radicale que la version aluminium  mais elle conserve toutefois la même aptitude à se rendre très peu perceptible au poignet. Son poids demeure en effet contenu (70 grammes avec la version à bracelet titane, 60 grammes sur la version à bracelet caoutchouc) et elle reste extrêmement agréable à porter. 


Le caractère hypoallergénique et résistant du titane permet également à la nouvelle version de l'Octa ARS de rester parfaitement dans la même lignée que sa devancière. Il serait cependant erroné de penser que tous les éléments en alliage d'aluminium furent remplacés par leurs alter-ego en titane. Si c'est le cas évidemment du boîtier, en revanche le mouvement reste identique à celui de l'Octa ARS initiale. Nous retrouvons ainsi le calibre 1300.3 d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 5 jours. Il s'agit d'une évolution du mouvement automatique classique de la marque avec des ponts en alliage d'aluminium et un rotor en titane&tungstène. Il intègre bien entendu toutes les spécificités techniques de la génération des mouvements 1300: le rotor légèrement décentré, le balancier à 4 masselottes, le spiral plat, le porte-piton mobile, l'absence de raquette etc... Et malgré sa réserve de marche importante, il demeure relativement fin avec une hauteur de 5,70mm. 


J'apprécie beaucoup ce mouvement pour son efficacité au remontage et sa régularité de marche. Dans le contexte de l'Octa ARS, l'alliage d'aluminium permet, peut-être un peu paradoxalement, d'observer sa construction et son architecture de façon plus précise qu'avec le mouvement classique en or. Mais si du point de vue esthétique, aucune différence n'est à noter entre les mouvements des deux versions de l'Octa ARS, tel n'est pas le cas avec le rendu du boîtier. 

Le boîtier en titane est assurément d'un gris plus prononcé, plus sombre que celui en alliage d'aluminium. Ce changement de couleurs entraîne deux conséquences:
  • le contraste entre le boîtier et le cadran est plus faible et l'ensemble apparaît comme plus homogène,
  • les pièces en caoutchouc se fondent mieux dans l'esthétique de la montre et du bracelet ce qui n'est pas pour me déplaire.
A vrai dire, je préfère nettement visuellement l'Octa ARS Titane par rapport à la version en alliage d'aluminium. La question se pose alors sur la version à privilégier. Dans une logique de collection, la première montre me semble le meilleur choix: elle utilise le matériau initialement voulu par François-Paul Journe et son poids total de 53 grammes demeure une performance remarquable. Mais la nouvelle version m'apparaît plus aboutie et harmonieuse. Je la considère à ce jour comme la montre de la collection LineSport la plus convaincante. 


Merci à l'équipe de la boutique F.P. Journe de Paris.

Les plus:
+ la couleur du titane se marie harmonieusement avec les autres éléments de la montre
+ le rendu visuel et les performances du mouvement 1300.3
+ le confort au porté

Les moins:
- l'impossibilité d'échanger les types de bracelet
- la collection LineSport m'apparaît toujours comme un complément du catalogue et pas comme une de ses pierres angulaires

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