mercredi 21 août 2013

Harry Winston: Ocean Tourbillon Jumping Hour

Décidément, Harry Winston aime jouer avec les Tourbillons. Un an après la sortie de l'Ocean Tourbillon Big Date, Harry Winston récidive autour du même thème avec l'Ocean Tourbillon Jumping Hour. Les deux montres partagent en effet le même objectif, celui de rendre le Tourbillon le plus aérien et le plus spectaculaire possible. Cependant, la toute nouvelle déclinaison possède les petits plus qui la rendent encore plus séduisante que sa devancière.



La recette semble pourtant identique avec la même organisation de cadran (la partie inférieure dédiée au Tourbillon et la partie supérieure consacrée à l'affichage du temps et à la complication), le même boîtier de 45,6mm et la même base de mouvement en provenance de chez Dimier. Et pourtant, les évolutions esthétiques qui sont apportées à l'Ocean Tourbillon Jumping Hour lui permettent de proposer un effet tri-dimensionnel encore plus spectaculaire. Il y a deux raisons qui peuvent expliquer l'attraction qu'elle exerce sur notre regard.

La première raison est due à l'affichage. Contrairement à l'Ocean Tourbillon Big Date qui utilisait deux sous-cadrans, l'Ocean Tourbillon Jumping Hour n'en utilise qu'un seul. Ce cadran étant  positionné à 12 heures, Harry Winston put ainsi travailler sur la zone périphérique en proposant un traitement similaire à celui du Tourbillon. L'espace libéré permet de créer une structure qui soutient le sous-cadran par 4 ponts évidés. Ces ponts étant obliques et légèrement inclinés, ils contribuent à l'impressionnant effet de relief: le sous-cadran est non seulement  au premier plan mais il semble sur le point de sortir de la montre telle une soucoupe volante au décollage! Le style épuré du sous-cadran est également un atout dans ce contexte. Grâce au système des heures sautantes, Harry Winston s'affranchit de la présence d'aiguilles. Les heures sont indiquées par le biais d'un guichet placé entre le logo de la marque et la graduation des minutes. Les minutes sont sont affichées par une très discrète flèche rouge qui parcourt la graduation. Je dois avouer qu'il faut parfois un peu de temps pour la retrouver mais ce système permet de rendre le guichet parfaitement lisible à n'importe quel moment.


La seconde raison qui explique cette réussite esthétique est bien entendu le traitement du Tourbillon. La façon dont il est présenté au sein de l'Ocean Tourbillon Big Date est réellement superbe, semblant flotter dans l'espace. Les ponts du Tourbillon de chaque côté de la montre sont parallèles afin de donner l'impression que le vide a été totalement fait autour. La démarche est différente avec l'Ocean Tourbillon Jumping Hour. Si nous retrouvons les 4 ponts évidés, ils ne sont plus parallèles. L'espace est donc plus occupé et ce d'autant plus qu'une délimitation circulaire a été insérée à la périphérie du Tourbillon. Cette délimitation crée avec la forme du sous-cadran une sorte de 8 qui plaira assurément à la clientèle asiatique! J'aime personnellement beaucoup cette forme qui pour moi symbolise l'infini, un clin d'oeil bienvenu compte tenu du Tourbillon qui flotte dans l'air.



Au niveau strict du Tourbillon, le résultat est peut-être moins impressionnant qu'avec l'Ocean Tourbillon Big Date. Alors que la première montre propose une partie pleine et une partie vide pour jouer avec ce contraste, la seconde adopte la solution de l'homogénéité  esthétique sur l'intégralité du cadran. Ainsi, malgré un Tourbillon qui est confiné dans une zone plus restreinte, l'ensemble devient plus spectaculaire visuellement grâce à un effet de relief qui joue dorénavant avec l'ensemble des éléments alors qu'il n'était pratiquement réservé qu'au Tourbillon auparavant.  Incontestablement, l'Ocean Tourbillon Jumping Hour  m'apparaît plus réussie que sa devancière malgré les qualités de cette dernière. Ce n'est pas uniquement dû à cet effet de relief. Elle semble aussi plus légère, plus aérienne... comme si finalement elle allait totalement au bout du concept qui était entrevu avec l'Ocean Tourbillon Big Date.



Ce sentiment prédomine d'ailleurs en retournant la montre. Malgré une architecture de mouvement similaire, la décoration de la nouvelle montre m'a paru plus aboutie. Ce ne sont pas les quelques ajourements et ouvertures qui me conduisent à cette réflexion. Ils restent relativement discrets et ne marquent pas un pas décisif par rapport au mouvement antérieur. L'astuce a consisté à utiliser un traitement DLC noir pour les platines et ponts inférieurs afin de mettre plus en valeur les éléments supérieurs du mouvement. Les ponts de l'aiguille de l'indicateur de réserve de marche et des rouages se détachent nettement tout comme la partie dédiée au Tourbillon. De même, la lecture de l'indicateur de réserve de marche devient plus aisée et les vis bleuies, omniprésentes, deviennent plus discrètes. Finalement, sans grand changement dans la présentation du mouvement, Harry Winston arrive à le rendre encore plus agréable à regarder grâce à cette approche plus subtile. Les finitions demeurent au même niveau, c'est-dire excellentes. J'apprécie toujours autant la forme des ponts, les volumes et le style contemporain du mouvement. Ce dernier possède des performances appréciables avec une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 110 heures obtenue grâce à 2 barillets en série.



C'est un vrai régal que de porter cette Ocean Tourbillon Jumping Hour. Certes, il faut faire un effort pour profiter du spectacle magnifique proposé par le montre. En effet, le boîtier de 45,6mm en or gris ou en or rose ne s'adresse pas à tous les poignets compte tenu de son gabarit, malgré une épaisseur  contenue à 13,2mm. Mais le jeu en vaut la chandelle! Cette taille permet de profiter à la fois de la révolution dégagée du Tourbillon, de son flottement dans l'air et de la suspension du sous-cadran.



La vitesse de révolution de la cage du Tourbillon est standard avec un tour complet effectué en 60 secondes. Le petit shuriken qui est utilisé comme indicateur de marche est toujours présent sur le Tourbillon et c'est une façon discrète d'insérer cet élément indissociable du style Harry Winston. Le Tourbillon conserve son caractère hypnotisant et pourtant, au final, le plaisir vient essentiellement du sentiment de légèreté esthétique que la montre procure. La structure basée sur les ponts évidés qui suspendent les éléments clé, Tourbillon et sous-cadran, surprend et séduit. Plus qu'une montre, l'Ocean Tourbillon Jumping Hour apparaît comme une construction architecturale extrêmement poussée tel un ouvrage d'art. Et c'est bien ce point qui au final explique pourquoi elle constitue une avancée incontestable par rapport à sa devancière. Je peux vous le confirmer: une fois au poignet, il est pratiquement impossible de la quitter du regard car son pouvoir de séduction est irrésistible.



L'Ocean Tourbillon Jumping Hour est  disponible en 100 exemplaires en or gris et 200  en or rose sans oublier 20 pièces supplémentaires serties.

Merci à l'équipe Harry Winston pour son accueil pendant la Foire de Bâle 2013.

Les plus:
+ une véritable prouesse esthétique qui dégage un sentiment de légèreté
+ l'effet quasiment en trompe-l'oeil du sous-cadran proéminent
+ le système d'heures sautantes, idéal dans ce contexte
+ la longue réserve de marche

Les moins:
- le diamètre imposant du boîtier ne s'adresse pas à tous les poignets
- la flèche des minutes n'est pas très visible

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