mercredi 5 juin 2013

Sarpaneva: K1 "Varjo"

L'avantage avec Stepan Sarpaneva, c'est qu'à force d'écrire sur ses montres, je progresse en finnois! Lorsque je découvris le véritable nom de cette nouvelle K1 présentée à Baselworld 2013, je me suis immédiatement demandé ce que "Varjo" voulait bien dire. J'appris ainsi que ce mot signifie "ombre", une appelation qui peut paraître surprenante de prime abord.

La K1 "Varjo" est peut-être la montre la plus élégante de Stepan Sarpaneva ou tout du moins celle qui a l'élégance la plus revendiquée. Grâce à son cadran à deux aiguilles et à son style élancé, elle se porte aisément avec un costume mais elle sait également être convaincante dans un contexte moins formel. La K1 "Varjo" contient malgré sa simplicité une très grande partie des ingrédients qui font la réussite du style Sarpaneva:
  • un boîtier aux formes particulières que l'on aime parcourir avec les doigts
  • un cadran "grillagé" dont les index se détachent subtilement
  • une paire d'aiguilles originales qui se marient parfaitement avec les autres éléments
En revanche, ne cherchez pas la célèbre lune énigmatique côté cadran: vous ne la trouverez pas. Elle est si liée à son créateur que je me suis demandé si l'acquisition d'une montre Sarpaneva sans affichage des phases de lune avait un sens. Après réflexion, je pense sincèrement que oui.


Tout d'abord, cette K1 "Varjo" n'est pas dénuée d'atouts. L'absence de la trotteuse permet de  bien profiter de la complexité du cadran. Le fait qu'un élément mouvant passe au-dessus comme c'était le cas avec la K1 initiale pouvait rendre le cadran un peu fouillis. Ensuite, la cure d'amaigrissement du boîtier est plutôt réussie. C'est la lunette qui a subi l'essentiel des changements, devenant plate. Enfin, la lune est bel et bien présente mais côté mouvement, ornant le rotor de sa figure étrange, sévère et mystérieuse.

Avec un diamètre de 42mm et une épaisseur de 9,8mm, le boîtier n'est pas à proprement parler d'une finesse absolue mais le rapport élevé entre les deux dimensions lui donne beaucoup d'allure. L'étroitesse de la lunette agrandit l'ouverture du cadran. Cette caractéristique, combinée à l'absence de la trotteuse, accentue la taille perçue de la K1 "Varjo".


Côté mouvement, pas de surprise: nous retrouvons l'habituel Soprod A10 d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 42 heures. La forme du rotor, qui s'inspire du grillage du cadran, cache le mouvement ce qui n'est pas très problématique car la masse oscillante est ce qu'il y a de plus intéressant à observer. Cependant, la finition des ponts et de la platine reste soignée avec des éléments rhodiés et perlés. La partie manquante entre le mouvement et le bord du boîtier est l'espace dédié au disque des quantièmes de la K1 initiale. Sur cette dernière, la platine principale a été agrandie pour que le mouvement puisse accueillir ce disque et cet écart se retrouve sur la K1 "Varjo".

Revenons maintenant aux propos du début. Pourquoi donc cette montre s'appelle-t-elle "Varjo"?


Mon explication est liée bien évidemment au cadran. En mettant cette K1 au poignet, elle dévoile instantanément, selon les conditions de lumière, un jeu d'ombres, de reflets  qu'aucun élément ne perturbe. C'est la raison pour laquelle ma version préférée est celle à cadran bleu, assurément la plus spectaculaire à ce niveau. Il faut également noter un petit détail amusant. Sur le cadran se trouvent 4 petites vis qui forment un carré et qui servent à fixer la structure des index, ici de la même couleur que la base. De façon un peu paradoxale, elles apportent un côté précieux à la K1 "Varjo" car elles peuvent être perçues comme des petites pierres.


La K1 "Varjo"est une montre qui m'a beaucoup plu. Malgré l'absence d'indicateur des phases de lune, elle constitue une réinterprétation à la fois élégante et originale de la montre à deux aiguilles. Le fait que son cadran soit inerte ne m'apparaît pas comme un obstacle majeur: le cadran se charge lui-même de sa propre animation en jouant avec la lumière. La K1 "Varjo" est disponible avec un cadran bleu ou gris et avec un boîtier acier ou acier DLC.

Merci à Stepan Sarpaneva pour le temps qu'il m'a consacré.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Magnifique!