De Bethune: DB28 Skybridge

La DB28 Skybridge est une des montres les plus envoûtantes de la semaine genevoise qui vient de s'achever. De Bethune maîtrise parfaitement la formule magique qui permet de créer des pièces qui arrivent à allier contenu horloger et dimension onirique: la DB28 Skybridge nous en apporte une nouvelle preuve.

De Bethune et les ciels étoilés, c'est une longue histoire qui fut initiée avec la DB25L et poursuivie avec la DB25T, la DB25 Jewellery et la Dream Watch 4. De façon étonnante, la DB28 n'avait jamais fait l'objet d'une telle approche esthétique alors que le contexte s'y prêtait parfaitement. En effet, quoi de plus approprié que de faire reposer le ciel étoilé sur des berceaux mobiles qui donnent à l'ensemble un côté léger et aérien?

La DB28 Skybridge est donc logique en un sens: elle répond à l'attente de nombreux fans de la marque qui souhaitaient profiter du cadran en titane poli miroir parsemé d'étoiles  avec le boîtier caractéristique des DB28. Mais elle va beaucoup plus loin qu'une simple adaptation de la DB25L: la DB28 Skybridge transcende littéralement le concept en proposant un ciel tri-dimensionnel à l'image de la lune sphérique de De Bethune.

C'est une véritable voûte céleste concave qui est représentée sur le cadran. Grâce à cette forme particulière, le ciel dans sa globalité n'est quasiment jamais éclairé de la même façon: les reflets sont multiples et variés, les teintes de bleu se mélangent de façon harmonieuse et créent un jeu de couleurs harmonieux et magique qui anime le cadran de façon permanente. La montre ne possède pas de trotteuse mais cela n'a aucune importance: le cadran se charge de l'animation. Outre les reflets de couleurs, De Bethune a eu l'idée de positionner des étoiles en or gris et en diamant. Tout comme le vrai ciel, les étoiles scintillent avec plusieurs degrés d'intensité. Rarement des diamants auront été insérés dans un cadran d'une façon aussi discrète et raffinée. Ils éclairent subtilement, presque timidement, certaines zones du cadran et n'apportent finalement que leur éclats particuliers pour se fondre au milieu des étoiles en or gris. Ce délicat contraste entre les scintillements des étoiles est étonnant et contribue de façon ingénieuse à la magie de la pièce.

Les index des heures font également partie de la décoration du cadran par le biais de sphères en acier poli qui se transforment elles aussi en étoiles. Je dois avouer qu'au premier regard, je ne les avais pas perçues comme index mais comme composante du ciel ce qui est un signe d'intégration réussie. Les deux aiguilles en acier bleui et poli miroir forment un duo d'une extrême originalité.  Compte tenu de la position de ces index, proches du centre, l'aiguille des heures est relativement large et courte. L'aiguille des minutes est au contraire très longue et fine. Cette grande disparité facilite la lecture de l'heure dans un contexte de lisibilité plus ardu du fait des couleurs et des reflets du ciel. De plus, l'écart des tailles des aiguilles met en valeur la forme concave du cadran.

Le nom de la montre provient du pont en forme de flèche qui traverse verticalement le cadran et qui évoque la Dream Watch 4. Il symbolise la dimension infinie du ciel et invite à un voyage dans les étoiles. L'effet pervers du pont est qu'il a tendance à faire oublier la présence de la lune sphérique à sa base et c'est un peu dommage. Le regard étant immanquablement attiré vers le sommet de la montre, la lune sphérique devient presque imperceptible et perd son statut d'élément majeur du cadran alors que sur la DB25L, son positionnement lui assurait  le premier rôle. Après tout, ce n'est pas si grave puisque la beauté de la DB28 Skybridge provient de la fusion des éléments, de cette mosaïque de détails, de ce jeu de lumière et de reflets. 

Le pont n'a pas qu'un rôle esthétique ou symbolique. Sa présence est également justifiée techniquement. Compte tenu de la forme du ciel qui descend profondément au niveau de son axe vertical, le pont permet de  soutenir les roues et certains éléments du mouvement côté cadran.

Le boîtier en titane possède un diamètre de 45mm lunette comprise. Cette taille peut sembler imposante mais je n'imagine pas un seul instant cette montre avec un diamètre plus contenu. Il faut en effet une dimension suffisante pour que le rendu concave soit perceptible et pour que les reflets de lumière deviennent  spectaculaires. Les berceaux mobiles contribuent au confort et grâce à leurs lignes fluides, ils définissent cette atmosphère aérienne et futuriste  qui souligne la beauté du cadran. 

Le mouvement DB2105 est classique dans l'univers De Bethune et est déjà utilisé dans un contexte similaire avec la DB25L et la DB25 Jewellery. Je retrouve avec plaisir cette architecture si caractéristique qui met en avant le double-barillet autorégulateur et les finitions en poli miroir qui donnent ce côté si lumineux. L'organe régulant composé du balancier annulaire en silicium/palladium et du spiral avec sa courbe terminale plate se distingue nettement. Le système triple pare-chute d'absorption des chocs et la roue d'échappement en silicium complètent les caractéristiques brevetées. Si les performances du DB2105 sont habituelles, à savoir une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 6 jours, sa décoration est en revanche originale. En effet, c'est la première fois que je découvre cette platine en acier bleui, du plus bel effet, qui  rappelle la couleur dominante du cadran. Je trouve cet effet de style adapté au contexte particulier de la DB28 Skybridge mais je dois avouer que j'aime autant la décoration traditionnelle du DB2105.

La grande force de la DB28 Skybridge est le grand sentiment de cohérence qu'elle dégage malgré la multitude de détails originaux: les berceaux mobiles, le cadran concave, les couleurs du cadran, la forme des aiguilles. Tout se marie parfaitement et le boîtier futuriste s'adapte avec bonheur à cette invitation à l'exploration spatiale. Et puis, une fois mise au poignet, la lumière entre en jeu et crée cet environnement magique toujours en mouvement. J'ai rarement vu une montre à deux aiguilles aussi subtile, aussi variée, aussi lumineuse. J'ai profité de chaque seconde avec la DB28 pour observer l'influence de l'éclairage sur les différentes zones du cadran et sur le scintillement des étoiles: un spectacle incomparable!


Une fois de plus, De Bethune propose une montre fascinante où la technique se met au service des émotions. Il me semblait impossible de transcender la beauté de la DB25L. Et pourtant, la DB28 Skybridge parvient à cette performance grâce à l'apport du boîtier à berceaux mobiles et aux courbes du cadran. La représentation du ciel est si envoûtante qu'elle arrive à faire oublier la lune sphérique. Finalement, l'orientation du pont vers les sommets me semble un bon indicateur de la courbe des performances de De Bethune qui arrive année après année à m'étonner et à me séduire avec des montres chaque fois plus abouties.  

Merci à l'équipe De Bethune pour son accueil pendant la semaine du SIHH 2013 à Genève.

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