mardi 27 novembre 2012

Corum: Admiral's Cup Legend 42 Edition Limitée France

Le Salon Belles Montres 2012 a donné l'occasion à Corum de dévoiler une édition limitée dédiée exclusivement au marché français de l'Admiral's Cup Legend 42. J'avais découvert cette Corum dans sa version originale lors de Foire de Bâle 2011 et j'avais été séduit par l'utilisation très intelligente du boîtier Admiral's Cup qui permettait de définir une montre à la fois simple, élégante et originale mise en valeur par la finition de son cadran. En apprenant la présentation de cette édition limitée, j'ai eu deux sentiments: le plaisir de constater que le marché français n'était pas délaissé et une légère appréhension liée au risque de perdre le raffinement du modèle initial. Le résultat est heureusement surprenant et réussi car Corum a su éviter l'écueil de l'utilisation des recettes vues et revues qui ne font au final qu'engendrer l'ennui.

Toute la réussite de cette édition limitée réside dans l'harmonie des couleurs qu'elle propose. Le boîtier a subi un traitement PVD de couleur grise qui lui va plutôt bien car la lunette dodécagonale reste clairement perceptible. Le cadran en laiton noir contraste subtilement avec le boîtier et le guichet de date, fort heureusement toujours noir semble s'estomper. Les chiffres ont une certaine envergure grâce au Superluminova beige et cet ensemble crée une sorte de nouvel équilibre.

En effet, le reproche qui peut être fait à l'Admiral's Cup Legend 42 est lié à l'utilisation du mouvement ETA2895, certes fiable et éprouvé mais trop petit pour le boîtier. Dans le contexte de l'édition limitée le secteur de la petite seconde passe au second plan car les chiffres qui remplacent les index bâton de la montre d'origine  occupent une place considérable sur le cadran. Et au final, chaque élément semble à sa place alors que le problème de la taille du mouvement demeure.

Les aiguilles combinent de façon quasi idéale avec le cadran et le boîtier en reprenant les couleurs grises et beiges. Finalement, c'est une atmosphère de montre d'inspiration militaire qui est ainsi élaborée tout en conservant l'ambiance nautique inhérente aux Admiral's Cup: les fanions sur le rehaut sont toujours présents car indissociables de cette collection.

Le fond du boîtier  permet d'apprécier le mouvement. Ce dernier ne possède aucune caractéristique particulière si ce n'est une masse oscillante décorée. Il est visible à travers une glace saphir fumée qui préserve l'environnement chromatique. L'emplacement de la métallisation argentée "Série Limitée France" sous la glace n'est pas gênante car s'agissant d'un mouvement standard, l'essentiel demeure visible.

 C'est une fois mise au poignet que cette édition limitée surprend le plus: elle tranche considérablement avec la montre d'origine en abandonnant son côté raffiné pour explorer une dimension plus baroudeuse. Les chiffres contribuent à cette impression mais pas uniquement. Le bracelet en veau de couleur moutarde apporte la touche finale qui parachève ce design inhabituel pour une Admiral's Cup Legend. Pour le reste, l'impression de confort au poignet de la montre d'origine demeure.

Avec cette édition limitée qui se distingue par son originalité et son prix accessible, Corum réussit à donner un coup de projecteur sur son marché français alors que la marque n'y possède pas de boutique propre. C'est un geste que les détaillants Corum apprécieront car il témoigne d'une ambition commerciale plaisante à constater: il n'y a pas que l'Asie dans les business plans et c'est mieux ainsi!

lundi 26 novembre 2012

Julien Coudray 1518: Manufactura 1528 Platine

Julien Coudray 1518, tel est le nom de la marque que j'ai eu l'opportunité de découvrir lors des Salons QP et Belles Montres 2012. Immanquablement, il évoque les pseudo-fabricants de montres qui recherchent une légitimité horlogère à tout prix par l'utilisation d'un patronyme d'un vénérable horloger du passé afin de compenser la vacuité du contenu qu'ils proposent. Il serait fort dommage de s'arrêter à cette analyse rapide car la démarche de Fabien Lamarche, fondateur de julien (avec un j minuscule) Coudray 1518 se situe totalement à l'opposé! Le nom doit ici être compris comme un hommage à l'horlogerie la plus pure, celle des premières montres portables, où l'artisan devait concevoir intégralement non seulement sa montre mais les outils qui lui permettaient de la fabriquer.

Fabien Lamarche, en tant qu'ancien de Breguet et de Zenith sait pertinemment que l'horlogerie contemporaine se situe à des années-lumière de ces idéaux et de cette approche que nous pourrions qualifier de très romantique. C'est la raison pour laquelle son projet se devait de proposer plus que des montres mais bien un état d'esprit et une façon de faire en total décalage avec les pratiques d'aujourd'hui. Même si aucune montre d'époque signée par Julien Coudray n'est visible, un texte atteste de l'acquisition par François 1er en 1518 de deux montres portables logées dans le pommeau  de ses dagues contre une rémunération extrêmement élevée, représentant une part significative des revenus de Blois, ville dans laquelle l'horloger exerçait son métier. A ce titre, il est considéré comme l'inventeur de la montre portable.


Pour se lancer dans cette nouvelle aventure, Fabien Lamarche pouvait compter à la fois sur l'activité d'IMH (Innovations Manufactures Horlogères, sa société qui produit pour le compte de tiers) et sur le soutien financier de Christopher Descours, propriétaire entre autres de Weston par le biais de sa holding EPI (Européenne de Participations Industrielles) et séduit par le contenu du projet.

Aujourd'hui, la collection julien Coudray 1518 s'articule autour de deux mouvements de manufacture: le calibre 1528 à 3 aiguilles qui équipe la Manufactura 1528 et le calibre 1515 à Tourbillon qui anime la Competentia 1515.  C'est bien à bon escient que j'emploie le terme de manufacture si souvent galvaudé car seuls quelques composants ne sont pas fabriqués en interne.

Je vous propose d'examiner de plus près la Manufactura 1528 en platine (disponible également en or gris et en or jaune) car elle symbolise parfaitement les objectifs poursuivis par Fabien Lamarche et parce que l'exercice de la montre trois aiguilles, toujours délicat à résoudre, est un excellent baromètre de performance.

La Manufactura 1528 dégage une atmosphère très particulière. Il s'agit d'une montre très classique mais dont les codes esthétiques sont finalement peu vus. De nos jours, même dans les Maisons les plus traditionnelles, un cadran en 13 parties dont 12 cartouches en émail constitue une rareté absolue. La Manufactura 1528 est donc une montre à la fois au charme légèrement suranné et également  très originale par son rappel permanent de références horlogères quasiment ancestrales. Dans aucune étape de sa fabrication, un traitement chimique ou galvanique n'a été effectué afin de lui assurer une très grande stabilité au fil du temps. L'idée est que si Julien Coudray avait créé cette montre au XVIème siècle, à part  le joint du verre ou le bracelet, elle serait dans un état de conservation optimal de nos jours.

Mais la Manufactura 1528 est plus que cela: elle sert de base à l'expression du talent des différents artisans qui ont oeuvré dans la réalisation des éléments qui la composent. Horlogers, émailleurs, graveurs, polisseurs, angleurs, peintres en miniatures ce sont plus de 40 métiers qui contribuent collectivement à forger le caractère de cette montre.

Le boîtier possède une taille idéale pour ce type de montre. Les 39mm de diamètre sont suffisamment contenus pour préserver l'élégance de la pièce tout en dégageant l'espace nécessaire sur le cadran pour profiter des cartouches et autres détails du cadran. L'épaisseur de 9,85mm confère à la Manufactura 1528 une bonne proportion. 

Les cartouches en émail sont superbement réalisées, apportant raffinement et relief sur le cadran. Du fait de la base d'or champlevé, un petit temps d'adaptation est nécessaire pour s'habituer à la lecture du temps car les portions d'or peuvent être confondus avec des index de 5 minutes. Heureusement, une graduation sur le rehaut corrige ce décalage visuel.

Le matériau du mouvement s'adapte à celui du boîtier, ici la version en or jaune:


Les aiguilles bleuies proposent un contraste optimal avec le cadran. Mais je dois avouer une préférence pour les aiguilles dont seul le liseré est bleui. Elles créent de subtils jeux de couleur et possèdent un caractère unique. En observant attentivement le cadran, un détail interpelle. Mais quel est donc ce petit guichet situé sous le nom de la marque? Un indicateur jour&nuit? Une réserve de marche? Mais non! Il s'agit tout simplement d'un témoin de révision. Au bout de 4 ans de fonctionnement, une goutte apparaît dans le guichet afin de signaler que le temps de la révision est arrivé. Cette complication est très rarement vue, seul Urwerk me vient rapidement à l'esprit comme autre exemple de marque l'utilisant.

La Manufactura 1528 surprend par la concentration de son poids. Evidemment, le boîtier en platine y contribue. Mais nous sentons bien que ce n'est pas la seule raison. Et c'est en retournant la montre que nous découvrons l'explication. Le mouvement, d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 55 heures, est lui-même en platine: ponts et platine sont réalisés dans ce métal ce qui constitue un très bel exploit technique. Car telle est la contrepartie de la stabilité du platine: il est extrêmement délicat à usiner. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas la gravure qui constitue ici la tâche la plus délicate à assumer du point de vue technique: la maîtrise du graveur lui permet de travailler ce métal quasiment comme sur n'importe quel autre métal traditionnel. Le plus dur (dans toutes les significations de l'adjectif) est de percer le métal, de l'usiner afin de préparer la platine et les ponts à accueillir les éléments actifs du mouvement.

L'architecture du mouvement laisse une grande surface d'expression au graveur mais le travail de l'angleur peut être également apprécié. Esthétiquement, le résultat est réussi mais personnellement, j'aurais souhaité plus d'ouvertures et des ponts plus fins pour que le mouvement se dévoile plus. J'ai été un peu frustré à ce niveau. Autre élément qui mériterait une réflexion: l'incabloc. Dans ce contexte d'hommage aux premiers pas de l'horlogerie portable, l'incabloc semble hors de propos ne serait-ce que du point de vue visuel. A noter également l'imposant ressort de cliquet.

Le plus grand atout de la marque est liée à la faculté de mobilisation de tous les corps de métier tel que décrit plus tôt. De fait, chaque pièce est personnalisable et d'ailleurs la plupart des premiers clients ont profité de cette faculté. Je pense que si je m'étais retrouvé dans ce cas de figure, j'aurais demandé à ce que la douzième cartouche soit remise côté cadran (j'apprécie moyennement de faire figurer le numéro de la montre côté face) et que la découpe des ponts permette de rendre le mouvement plus visible. J'aurais même tenté la suppression de l'incabloc. Mais j'aurais surtout exigé qu'aucun nom de marque ne soit apposé sur le cadran: la qualité de l'exécution, le soin apporté par les artisans et la passion qui se ressent en discutant avec Fabien Lamarche et son équipe suffisent à me convaincre de la pertinence de la démarche rendant ainsi toute référence à un horloger du XVIième siècle presque inutile.

La beauté des aiguilles au liseré bleui:

La Manufactura 1528 qui sera produite dans le cadre d'une série limitée de 28 pièces numérotées m'a plus séduit par la maîtrise des artisans qui la fabriquent et par la passion des métiers  de l'horlogerie qu'elle transmet que par son esthétique un poil trop démonstrative bien que raffinée. Mais c'est grâce à la personnalisation qu'elle prend sa vraie dimension. Il serait donc dommage de ne pas profiter de cette possibilité qui donne tout son sens à la démarche sincère et entière de Fabien Lamarche.

Un grand merci à l'équipe de julien Coudray 1518 pour son accueil lors des Salons QP et Belles Montres 2012.

dimanche 18 novembre 2012

Salon QP 2012: Revelation

Revelation est la marque fondée en 2007 par Anouck Danthe et Olivier Leu, designers industriels de formation, qui ont par le passé oeuvré pour les plus grandes marques comme JLC, Audemars Piguet, TAG Heuer ou Omega. Grâce à leurs solides expériences respectives, ils décidèrent de créer leur propre marque afin de pouvoir exprimer les idées qu'ils souhaitaient personnellement porter. Si des communiqués de presse furent diffusés en 2010, c'est véritablement en 2012 que la collection Revelation devient réalité.

En fait, rarement le nom d'une marque aura été aussi bien choisi car il symbolise parfaitement le concept derrière chaque montre de la collection. Ce concept se résume à la faculté que possède le propriétaire de la montre de découvrir, de révéler les "entrailles" de sa montre sans l'enlever du poignet. Cette faculté est rendue possible par le "Revelation System" qui fonctionne par le jeu de deux verres polarisants qui en se combinant bloque totalement ou laisse passer la lumière. Ce système s'opère de deux façons: soit via l'ouverture du couvercle supérieur du boîtier (R01 Double Complication) soit grâce à un astucieux mécanisme commandé par  la lunette crantée (R03 Magical Watch Dial). Grâce aux verres polarisants, le mouvement se dévoile derrière l'affichage du temps, transformant ainsi totalement la montre.

La R03 Magical Watch Dial:



A ce jour, la collection est composée de 3 montres:
  • La R01 Double Complication est équipée du Tourbillon Manège. Ce Tourbillon n'est visible qu'après l'ouverture progressive du couvercle, la montre donnant sinon l'impression de n'être qu'une montre simple à deux aiguilles.
  • La R02 Haute Horlogerie est la même montre si ce n'est que le Tourbillon est visible de façon permanente.
  • La R03 Magical Watch Dial est une montre chronographe équipée du Revelation System s'opérant via la lunette crantée.
A titre personnel, c'est bien le système par la lunette qui m'a le plus convaincu car il permet de porter la montre sans contrainte, que le mouvement soit visible ou non. En fait, c'est un peu deux montres en une que Revelation nous propose: selon l'humeur, les circonstances, la R03 peut apparaître comme un simple chronographe ou comme une  montre au cadran fouillé.

Il serait dommage cependant de ne se focaliser que sur cette caractéristique car le contenu horloger, notamment des R01 et R02 est également à la hauteur.

La R03 Magical Watch Dial est une montre au diamètre imposant (45mm) dont la forme de la lunette crantée facilite sa manipulation. Lorsque le mouvement est caché, le cadran propose une présentation très classique et lisible même si l'épaisseur des aiguilles peut nuire à la lecture du compteur des minutes ou des heures dans certaines positions. La finition est très propre et le design somme toute assez classique même si j'aurais préféré des chiffres arabes à 12 heures: le XII semble un peu en décalage par rapport à l'esthétique des sous-compteurs. Une fois la lunette tournée, la montre prend sa véritable dimension et le squelettage du mouvement apparaît.


Le mouvement automatique modulaire est constitué d'une base ETA 2892 et d'un module chronographe squeletté Dubois Depraz. C'est une configuration que j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer avec l'Ocean Sport Chronographe de Harry Winston. Il s'agit évidemment d'un squelettage industriel mais le rendu géométrique s'harmonise avec l'esthétique générale de la montre. L'anneau des quantièmes apparaît ce que la R03 ne laisse pas supposer lorsque le mouvement est caché. Il aurait été peut-être judicieux de mieux mettre en valeur la lecture de la date lorsque le mouvement est visible même si chacun pourra utiliser le repère qu'il voudra. Pour des raisons d'architecture du module, il est de toutes les façons préférable de maintenir l'anneau.



Le travail sur le boîtier en acier est intéressant, dénotant un soin apporté aux détails comme le prouvent l'intégration des poussoirs et la forme des cornes.

La R03 Magical Watch Dial est donc une montre plutôt réussie, imposante mais confortable et dont le module de chronographe est bien mis en valeur par le Revelation System. Ce dernier donne ainsi un aperçu convaincant de son potentiel.

Les R01 et R02 sont d'un autre niveau du point de vue purement mécanique. Ces deux montres sont animées par un mouvement Tourbillon Manège exclusif, à remontage manuel, entièrement conçu par la marque.

Je dois avouer que j'ai été particulièrement séduit par ce Tourbillon. En effet, la cage est fixée au centre du calibre si bien qu'elle parcourt l'intégralité du cadran pour effectuer sa rotation par minute. Compte tenu de la taille de l'organe régulant, un imposant contrepoids a été rendu nécessaire afin d'équilibrer l'ensemble. Le rendu visuel est à la fois séduisant et original, seul peut-être l'AstroTourbillon de Cartier peut évoquer quelques similitudes. La taille du contrepoids et de l'organe régulant donne un côté très puissant à ce Tourbillon qui ressemble à une arbalète. Ce n'est pas pour me déplaire, les Tourbillons évoquant généralement la délicatesse et la légèreté. 

La R02 Haute Horlogerie:



L'énergie nécessaire au fonctionnement de ce Tourbillon est de fait considérable: les 4 barillets en série permettent une réserve de marche de 48 heures pour une fréquence de 3hz ainsi qu'une régularité de marche.

Le cadran est particulièrement animé car derrière le Tourbillon, la rotation de la roue de seconde, située à 12 heures, peut être observée. Son sens anti-horaire apporte une jolie dynamique sur le cadran car s'opposant au sens de la rotation de la cage du Tourbillon.



Incontestablement, le spectacle est à la hauteur et c'est presque naturellement que mon coeur tend vers la R02 plutôt que vers la R01. En effet, il est logique de penser qu'il vaut mieux profiter de ce ballet de façon permanente car sur la R01, le couvercle doit être ouvert pour découvrir la cinématique du Tourbillon. Il y a cependant un côté magique sur la R01. Grâce à la gâchette à 6 heures, le couvercle est libéré. En se relevant lentement grâce au mécanisme d'ouverture, le jeu des verres polarisants fait apparaitre progressivement le mouvement, un peu comme le soleil levant. Le choix se fait finalement entre deux façons d'apprécier le mouvement: l'approche subtile et délicate de la R01 ou l'approche directe et immédiate de la R02.

La finition des R01 et R02 est très soignée et évidemment plus qualitative que sur la R03 car le contexte y est bien plus propice. En retournant les montres à Tourbillon Manège, nous découvrons deux ponts se faisant face, celui des barillets et celui des rouages, dont les formes géométriques ne définissent pas moins de 32 angles rentrants pour un total dépassant la cinquantaine.

Les R01 et RO2 partagent en commun avec la R03 la taille imposante de leurs boîtiers (45mm). Cette taille ne m'a nullement dérangé dans ce contexte précis car elle permet de créer un cadre idéal pour l'animation du Tourbillon. L'épaisseur est plutôt contenue (14mm) pour des montres aux effets de volume qui se ressentent. Je m'attendais à une hauteur de boîtier supérieure, c'est donc un bon point.

Mon bémol est la présence sur le verre du texte "produit & assemblé en Suisse" qui ne me semble pas indispensable sur la R02 alors qu'il vaudrait mieux dégager au maximum la vue sur le Tourbillon. Rien de bien grave cependant et sur la R01, le texte permet d'équilibrer le cadran lorsque le mouvement est caché.

La R01 est commercialisée en série limitée de 15 pièces par type de matériaux: titane PVD noir, or jaune, or rose et pvd noir et or gris. La R02 rentre en revanche de façon permanente dans la collection même si compte tenu des caractéristiques techniques, la production demeurera limitée.

Revelation fut pour moi une très bonne surprise découverte au cours du Salon QP. Les possibilités offertes par le jeu des verres polarisants me semblent vastes et si les futures complications sont aussi pertinentes et bien exécutées que ne l'est le Tourbillon Manège, Revelation pourra faire entendre de façon durable sa singularité au sein du concert horloger. J'espère aussi que le système via la couronne pourra être adapté sur le Tourbillon Manège car la complication le mérite.

Merci à l'équipe Revelation pour son accueil pendant le Salon QP 2012.

jeudi 15 novembre 2012

Salon QP 2012: Vacheron Constantin (Patrimony Traditionnelle Automatique)

Le Salon QP 2012 a été le théâtre d'une des premières apparitions officielles de la Patrimony Traditionnelle Automatique dont le communiqué de presse avait été publié quelques semaines auparavant.

Petit à petit, Vacheron Constantin constitue une collection complète autour du style simple et raffiné qui caractérise chaque Patrimony Traditionnelle. Nous retrouvons donc avec plaisir la minuterie en chemin de fer, le cadran argenté opalin, les aiguilles Dauphine et les index appliqués. Ce cadran d'une grande pureté est parfaitement réalisé et évite de sombrer dans l'ennui grâce aux effets de relief apportés par les index et la croix de Malte.

Le boîtier est beaucoup plus élancé que celui de la Patrimony Traditionnelle avec quantième puisque avec une épaisseur quasiment identique (7,26mm vs 8mm pour la version avec quantième), il propose un diamètre bien plus important (41mm vs 38mm). Le rapport diamètre/épaisseur est  ainsi radicalement différent entre ces deux montres. Cependant les designers ont oeuvré pour que l'effet "oeuf sur le plat" soit évité. L'épaisseur demeure suffisante pour apprécier le travail de finition sur le boîtier et la courbure des cornes. Malgré son apparente simplicité, le boîtier s'avère plus subtil qu'un coup d'oeil rapide pourrait le laisser supposer.

Mais la grande question ne concerne pas le boîtier mais bien le cadran. Très bien fini, raffiné, ne risque-t-il pas cependant d'engendrer la monotonie compte tenu du diamètre de la montre et de l'absence de toute trotteuse? Car tel est la caractéristique principale de cette Patrimony: il s'agit d'une montre à deux aiguilles qui par définition évoluent lentement.

Pour éviter ce risque, un soin particulier a été apporté pour déterminer les tailles optimales des éléments qui influencent notre perception visuelle. Ainsi la lunette n'est ni trop fine, ni trop épaisse. L'ouverture du cadran est donc correctement contenue. De plus, les index ont la longueur suffisante, sans paraître ridiculement imposante, pour réduire la zone vierge du cadran.

C'est ainsi que malgré ses 41mm, malgré l'absence de trotteuse, de guichet de date ou de toute autre complication, la Patrimony Traditionnelle Automatique semble équilibrée ce qui n'était pas gagné d'avance.

 Si le mouvement 2455 équipe la version avec quantième, c'est en revanche le classique mouvement 1120 qui anime les deux aiguilles de cette nouvelle Patrimony. Le mouvement 1120, basé sur le JLC 920 est l'alter ego du 2120 d'Audemars Piguet. Il se distingue par sa fréquence particulière (2,75hz) et sa finesse (2,45mm). Sa réserve de marche demeure plutôt faible selon les standards d'aujourd'hui (une quarantaine d'heures) même si cela ne constitue pas un problème très épineux. J'apprécie la finition de Vacheron, sans faille et sans effet démonstratif inutile. Le travail sur la masse oscillante est le plus spectaculaire avec la croix de Malte évidée qui supporte la partie en or à la périphérie. Grâce à sa présentation, la masse oscillante permet d'apprécier les détails du mouvement ce qui est un très bon point.

Nous retrouvons ainsi un cocktail bien connu qui consiste à mélanger un boîtier fin relativement large, deux aiguilles et une base JLC 920. En d'autres termes, cette Patrimony se retrouve dans le même segment que l'Audemars Piguet Jules Audemars Automatique qui partage les mêmes caractéristiques.


Pour être franc, je craignais de découvrir une montre ennuyeuse du fait du cadran épuré et du diamètre assez conséquent. Je fus agréablement surpris du résultat, la Patrimony Traditionnelle Automatique conserve un certain équilibre et c'est finalement le côté raffiné et élégant qui l'emporte sur toute autre considération. A titre personnel, je continue cependant à préférer la Patrimony Traditionnelle à remontage manuel pour le plaisir que me procure le mouvement 4400 et pour la présence de la trotteuse qui anime le cadran.

Merci à l'équipe Vacheron pour son accueil pendant le Salon QP 2012.

mercredi 14 novembre 2012

Salon QP 2012: Peter Speake-Marin (Spirit Mark 2 et Resilience)

Une participation au Salon QP est toujours une étape importante pour Peter Speake-Marin car elle lui permet de retrouver la ville de ses débuts et d'aller à la rencontre du public anglais. Pour la deuxième année consécutive, il a choisi le Salon pour dévoiler des nouveautés. L'année dernière, la Spirit Pioneer avait séduit les visiteurs du Salon car elle représentait une façon émouvante de clôturer toute une partie de sa carrière marquée par les boîtiers Piccadilly et par le mouvement FW2012, un ETA 2824 retravaillé, qui ont constitué pendant de nombreuses années des éléments clé de la collection. De plus, le design inspiré par les montres militaires rendait hommage à ses débuts de restaurateur de pièces anciennes.

Cette année, Peter Speake-Marin a présenté à Londres non pas une mais deux montres: la Spirit Mark 2 et la Resilience (dont le communiqué de presse avait été publié en Octobre).

La Spirit Mark 2:

Si la Spirit Pioneer lui a permis d'écrire les derniers mots d'un chapitre puisque le boîtier Piccadilly original ne serait plus jamais utilisé, la Spirit Mark 2 fait partie des montres qui symbolisent le nouvel élan de sa collection caractérisé par l'utilisation d'un boîtier plus fin et d'un mouvement Technotime, le TT738. Lorsque nous comparons la Spirit Mark 2 avec la Spirit Pioneer, les différences apparaissent nettement. La Spirit Mark 2 possède un boîtier en acier plus élégant grâce à un rapport diamètre/hauteur plus classique que celui de la Spirit Pioneer. Les 42mm de diamètre lui donnent cependant un côté assez imposant du fait de la longueur et de la présence des cornes. Les 38mm de la Spirit Pioneer étaient idéaux pour mon poignet. De plus, l'épaisseur de la Spirit Pioneer lui conférait un caractère affirmé plutôt cohérent avec l'ambiance militaire alors que la Spirit Mark 2 apparaît comme plus sage.

La Spirit Pioneer et la Spirit Mark 2:


Si les deux cadrans sont similaires, la finition penche selon moi en faveur de celui de la Spirit Pioneer grâce à ses effets de volume, aux légers contrastes de couleurs et à la roue manivelle, plus visible, plus présente.

Le fond de la Spirit Mark 2 est gravé reprenant les thèmes "Fight, Love, Persevere" si chers à Peter Speake-Marin et attachés à ces Spirit. 


En fait, la Spirit Mark 2 se positionne comme l'entrée de gamme de la collection et à ce titre remplit plutôt bien son rôle. Elle ne remplace pas dans mon coeur la Spirit Pioneer qui jouait sur un autre registre, celui de l'émotion et qui s'adressait en priorité aux fans de Peter qui le suivaient depuis ses débuts. Cette dernière était d'ailleurs commercialisée dans le cadre d'une série limitée alors que la Spirit Mark 2 rentre dans la collection de façon permanente.

L'autre nouveauté est la Resilience. La Resilience est peut-être avec la Serpent Calendar la pierre angulaire de la collection, celle qui représente le mieux les objectifs pousuivis par Peter Speake-Marin.

La Resilience 38mm en or rose, ma version préférée:

Comme la Spirit Mark 2, elle profite du boîtier plus fin mais cette fois-ci disponible en 38 ou en 42mm. Le choix étant rendu possible, je me permets d'insister sur l'importance du test au porté compte tenu de la proéminence des cornes. Pour une autre aussi élégante que cette Resilience, j'ai une nette préférence pour la version 38mm, la version 42mm ayant tendance à alourdir visuellement la lunette.

La lunette devient plus présente dans la version 42mm:


Les comparaisons avec la Spirit Mark 2 s'arrêtent là: que ce soit côté cadran ou côté mouvement, le saut qualitatif est perceptible. Il est même évident concernant le cadran puisque ce dernier est superbement réalisé en émail. C'est ce qui me fait dire que la Resilience est une sorte de montre de synthèse entre la période actuelle de Peter Speake-Marin et les Piccadilly d'origine en émail. Je retrouve ainsi le très beau chemin de fer, les chiffres romains délicats et la petite vis qui apporte la petite touche qui empêche de tomber dans la monotonie.

Le mouvement Eros 2:


Le mouvement Eros 2 a une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 5 jours. Mais si sur la Spirit Mark 2, le mouvement Technotime est peu modifié, il est en revanche construit pour la Resilience précisément selon les caractéristiques définies par Peter Speake-Marin. C'est donc avec plaisir que je retrouve la masse oscillante spécifique qui anime très agréablement le fond du boîtier.

La Resilience est disponible en acier ou en or rose, cette dernière version magnifiant la beauté du cadran en émail.


Avec la Spirit Mark 2 et la Resilience, Peter Speake-Marin présente deux montres d'importance dans le cadre de sa stratégie de construction d'une marque. Si la Spirit Mark 2 constitue une entrée de gamme honorable, c'est bien la Resilience qui m'a séduit par son élégance et son style à la fois classique et de caractère.

Merci à Peter Speake-Marin et à son équipe pour leur accueil pendant le Salon QP 2012.

dimanche 11 novembre 2012

Salon QP 2012: une galerie de portraits

Le Salon QP 2011 avait été une très belle réussite grâce au changement d'emplacement, la Saatchi Gallery se révélant être un lieu idéal pour accueillir une telle manifestation. Bis repetita cette année et ce fut un vrai plaisir pour moi d'aller à la rencontre des équipes des marques présentes dans ce cadre élégant et lumineux. James Gurney a trouvé la bonne formule en constituant un plateau équilibré rassemblant des marques de référence comme Jaeger-Lecoultre, Vacheron Constantin, Girard-Perregaux, des horlogers indépendants et les régionaux de l'étape qui par leur présence témoignaient du regain de vitalité de l'horlogerie anglaise.

Je vous propose de parcourir ma traditionnelle galerie de portraits qui vous donne un aperçu des marques et horlogers présents. Je remercie évidemment toutes ces personnalités du monde horloger qui ont accepté de se prêter à l'exercice!

Un très élégant Stepan Sarpaneva:


...qui a vraiment la Lune énigmatique dans la peau! Ce tatouage a été réalisé par Mo Coppoletta:


Andreas Strehler présentait sa dernière montre, la Cocon:


Philippe Dubois (Badollet):


Benoît Mintiens (Ressence) occupait exactement le même emplacement que l'année dernière:


Felix Baumgartner  et Dominique Busser ont fait le déplacement à Londres pour la première présence d'Urwerk à la Saatchi Gallery:


Emmanuel Bouchet (Centagora, le maître-horloger d'Opus 12) et Benoît Mintiens:


Supachai, le guillocheur de Vacheron:


Céline et Alexandre Ghotbi (Vacheron Constantin):


L'équipe Vacheron quasiment au grand complet:


Carlos Rosillo (Bell&Ross):


Olivier Müller (Laurent  Ferrier) et Xavier Dietlin qui a conçu une vitrine qui permet une meilleure observation des mouvements Laurent Ferrier:


Max Büsser (MB&F):


Eléonor Picciotto et Charris Yadigaroglou (MB&F):

   
 Tim et Bart Grönefeld, cette fois-ci au champagne:


Si Stepan travaillait avec eux, le résultat serait sûrement spectaculaire!


 Steven Holtzman (Maîtres du Temps) et Kari Voutilainen:


M.N. Hopwood et Giles Ellis (Schofield):


Peter Speake-Marin:


Robert Loomes a profité du Salon QP pour présenter sa montre entièrement fabriquée en Angleterre:



Harry Winston ne serait pas Harry Winston sans la touche de glamour! Orla porte la montre Ultimate Adornment:


Un plateau de cocktail parfaitement adapté au contexte!


Et pour finir ce florilège, en compagnie de Kadidja Valy (De Bethune):


Bravo à James Gurney pour l'organisation sans faille de ce Salon appréciée à la fois des exposants et des visiteurs.