Corum: Admiral's Cup Legend 42 Tourbillon Micro-Rotor

Incontestablement, c'est autour de la ligne Admiral's Cup que Corum a bâti sa collection 2012 en élargissant le spectre des complications disponibles. Dans ce contexte, l'Admiral's Cup Legend 42 Tourbillon Micro-Rotor, commercialisée par le biais d'une série limitée de 15 pièces en or rouge, 30 en or rouge et acier et 75 en acier, fait office de montre symbole de la nouvelle stratégie de Corum. Cette stratégie, impulsée par Antonio Calce vise à proposer des pièces moins baroques que par le passé dans une collection plus cohérente et aux tarifs plus ajustés.

Ce n'est pas la première fois que Corum place un Tourbillon dans son célèbre boîtier. Mais dans ce cas précis le résultat est vraiment convaincant car tout ce qui fait l'attrait de la ligne Admiral's Cup Legend est préservé à savoir le subtil mélange entre élégance et ambiance nautique. Corum a en effet pris l'excellente décision de proposer ce Tourbillon dans le boîtier Legend de 42mm et d'éviter tout artifice esthétique qui aurait pu polluer la pureté du design. Je dois avouer que je n'ai jamais été un fan absolu des versions élargies (certaines allant même jusqu'à des diamètres de 48mm), les trouvant trop excessives pour être séduisantes. Mais un seul mot me vient à l'esprit en découvrant la montre: l'équilibre.

La version 3 aiguilles simple de l'Admiral's Cup Legend utilise un mouvement trop petit pour le boîtier (l'ETA 2895) et cela se ressent sur le cadran malgré le travail efficace des designers. Point d'effet compensatoire avec la Tourbillon Micro-Rotor: le mouvement s'adapte parfaitement aux dimensions du boîtier comme l'atteste la position du Tourbillon. L'ouverture est large (quasiment toute la distance entre l'axe des aiguilles et le rehaut) et fournit une vue spectaculaire sur la cage tandis que le pont du Tourbillon reprend la forme des fanions nautiques qui sont, comme de tradition, utilisés par Corum en tant qu'index sur le rehaut. De façon surprenante, le pont s'insère sur le cadran sans accroc et donne une touche technique à la montre. Alors que généralement les ouvertures sur cadrans guillochés sont presque des crèves-coeur car brisant le motif décoratif,  je n'ai pas eu un tel sentiment ici. La construction du cadran plus complexe qu'elle n'y paraît y est pour beaucoup. Le cadran de l'Admiral's Cup est loin d'être monotone puisque se suivent du centre jusqu'à la lunette, une partie guillochée en grains d'orge, une partie périphérique supportant les index appliqués avec un guillochage annulaire et le fameux rehaut. Les effets de rupture et de volume se succèdent et donnent tout le côté raffiné à ce cadran. Il est bien entendu mis en valeur par la lunette caractéristique à 12 pans qui l'entoure et qui apporte la touche de caractère supplémentaire.


Afin de proposer cette Admiral's Cup avec un tarif contenu pour une montre Tourbillon suisse (autour de 45K euros en version acier), le travail décoratif effectué sur le mouvement reste relativement sommaire. Mais cela engendre des effets positifs. Tout d'abord, les finitions sont proprement exécutées. Ensuite, et c'est le plus important, la simplicité de la présentation met en avant le principal atout du mouvement: son architecture. La partie supérieure est essentiellement constituée du micro-rotor d'un diamètre de 17mm et du système de remontage. La partie inférieure présente un très large pont de Tourbillon totalement dégagé puisque le micro-rotor ne le survole pas. C'est bien cette architecture en deux parties qui rend le mouvement si séduisant. Deux animations différentes se retrouvent l'une en face de l'autre à des hauteurs distinctes: le micro-rotor qui évolue en fonction des déplacements de la montre et la cage qui effectue sa rotation de façon permanente.


Le mouvement CO 029 a une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 60 heures. Il provient de la Fabrique du Temps, atelier de haute horlogerie fondé par Enrico Barbasini et Michel Navas (BN de chez BNB...) et qui appartient dorénavant à LVMH. Quand on connaît la qualité du travail accompli par la Fabrique du Temps avec Laurent Ferrier, Peter Speake-Marin ou LVMH, on ne peut avoir qu'un a priori favorable sur le rendement et l'efficacité du CO 029.

L'Admiral's Cup Tourbillon Micro-Rotor procure beaucoup de plaisir au poignet grâce aux détails du cadran: le pont du Tourbillon, la révolution de la cage mais aussi la succession des différents effets décoratifs. Son diamètre est important dans l'absolu mais il demeure cohérent avec le style et le design de la montre. Les cornes sont relativement longues mais leur courbure permet aux poignets de taille moyenne de profiter de la montre sans qu'elle ne dépasse sur les côtés (en clair, pour éviter de sombrer dans le ridicule). Et puis le charme habituel de la lunette dodécagonale agit.

Je considère donc cette nouveauté de Corum comme une belle réussite grâce à la parfaite intégration du Tourbillon dans le contexte Admiral's Cup et à l'utilisation d'un mouvement pour le moins original. Ce n'est pas tous les jours qu'une marque propose un Tourbillon à micro-rotor et cette démarche est à saluer. Grâce à ces nouvelles complications, Corum est en train de bâtir une véritable ligne de montres élégantes "sport-chic" autour du boîtier Admiral's Cup Legend. Corum y fonde beaucoup d'espoir en tant que principal vecteur de son développement, les attentes du marché étant peut-être orientées vers des montres plus raisonnables qu'auparavant. Il s'agit donc pour Corum de répondre à cet enjeu sans perdre ses particularités. En cela, cette Admiral's Cup remplit totalement cette mission.

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