mardi 20 décembre 2011

De Witt: Twenty-8-Eight Automatic

La Twenty-8-Eight Automatic est une montre très importante pour De Witt car constituant son entrée de gamme. Elle fut dévoilée en 2010 puis de nouvelles déclinaisons furent proposées en 2011, toutes en or gris ou en or rose.

L'élégance de la Twenty-8-Eight Automatic est basée sur sa simplicité (3 aiguilles sans date avec une trotteuse centrale) et sur la qualité du travail effectué sur le cadran et le boîtier. Parmi les différentes versions de la Twenty-8-Eight Automatic, une a particulièrement retenu mon attention: celle à boîtier en or gris et à cadran bleu.

Elle est sans aucun doute la plus originale du lot et sa couleur majeure se marie particulièrement bien avec la finition du cadran. Le boîtier Twenty-8-Eight est une sorte d'évolution adoucie du boîtier Academia: ce dernier se caractérise par des traits esthétiques très prononcés comme le dessin de la lunette qui rappelle celui d'un engrenage et les piliers le long de la carrure. La réussite des designers a consisté à conserver ses traits tout en les estompant subtilement. Le boîtier Twenty-8-Eight devient ainsi plus élancé (son épaisseur est de 10,3mm tout en conservant un diamètre généreux de 43mm), plus raffiné que l'Academia. Les piliers sont conservés mais ils sont plus fins et plus nombreux. La lunette rappelle plus l'engrenage qu'elle ne le dessine et ne provoque pas l'effet de volume de celle de l'Academia même si des détails en relief y sont apposés. La taille des cornes, très courtes, permet de contenir la perception de taille de la montre et autorise même des poignets plus modestes à pouvoir porter la montre.

Le cadran est composé de plusieurs parties. Le centre, en bleu clair, est décoré d'un guillochage en vaguelettes parfaitement réalisé. La section périphérique est en bleu foncé et présente un motif strié. Ces deux parties sont délimitées par une grande applique qui reprend le thème de la lunette. L'ensemble est harmonieux et cohérent. Les couleurs prennent de très beaux effets de lumière en se combinant. Le mélange bleu clair & bleu foncé transmet une sorte d'ambiance océanique qui n'est pas dénuée d'intérêt.

Afin de parachever le design du cadran, les chiffres plaqués rhodium ont été disposés de façon un peu étonnante. Les 4 principaux chiffres sont romains, les autres sont arabes. Généralement, je n'aime pas ce type de mélange. Et pourtant, sur la Twenty-8-Eight Automatic, cela passe presque naturellement.

Les aiguilles principales "glaive" apportent un contraste très satisfaisant avec le cadran rendant la lecture du temps aisée tout en se mariant avec les chiffres et l'applique centrale. Elles ont été légèrement évidées afin de les alléger visuellement.

Tout comme le boîtier, le cadran laisse une impression très favorable, celle d'une sophistication maîtrisée dans un contexte simple et d'une finition irréprochable. Confortable, très bien finie, élégante, cette Twenty-8-Eight Automatic a tout pour plaire. Tout... ou plutôt presque tout. Car il faut évoquer le mouvement. Certes, il ne provoque pas beaucoup d'inquiétude. Mais paradoxalement, c'est bien là le problème. Sous la terminologie DWT8AU se cache l'ETA 2892. Rendant d'abord hommage à De Witt qui, contrairement à d'autres, ne cache à aucun moment l'origine de son mouvement. Et, soyons honnêtes, parmi la cohorte de 2892 du marché, celui-ci est un des plus difficiles à reconnaître du fait du dessin du pont du remontage en pales d'hélice situé sous la masse oscillante qui a été conçue en interne. Lorsque la masse effectue sa révolution au-dessus de ce pont, cela crée un joli effet, comme une sorte de turbine en action. Ce ne sont les performances du mouvement qui provoque la déception. Elle vient du fait qu'il y a une sorte de décalage entre le haut niveau de réalisation de certaines parties de la montre et le côté non exclusif du mouvement.

"Qui peut le plus, peut le moins" est sûrement un des proverbes les plus faux dans l'horlogerie. De Witt le démontre d'une certaine façon. Concentré dans la réalisation de mouvements compliqués dont par exemple le Tourbillon à rotor périphérique, De Witt se retrouve dans la situation de proposer un mouvement de large diffusion dans sa montre simple. Je trouve cela dommage car ce n'est pas valorisant pour le produit qui pris dans sa globalité peut être considéré comme une approche réussie de la montre à 3 aiguilles habillée. Il n'en demeure pas moins que je fus séduit par la présentation du cadran et par le raffinement du boîtier laissant imaginer ce qu'aurait pu être le résultat avec un mouvement plus exclusif.

Je tiens à remercier l'équipe De Witt pour son accueil au cours du Salon Belles Montres 2011.

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