mardi 22 novembre 2011

Girard-Perregaux: 1966 Petite Seconde

Je ne vais pas vous faire un grand discours car la Girard-Perregaux 1966 Petite Seconde est une montre qui s'observe presque avec recueillement du fait de sa beauté et de son équilibre. Les fans de la marque l'attendaient depuis un certain temps car le charme raffiné inhérent à la collection 1966 donnaient un cadre idéal à la création d'une montre à petite seconde.

Contrairement aux idées reçues, il est très difficile de faire une montre simple. Et Girard-Perregaux a réussi à surmonter les obstacles en arrivant à présenter une montre combinant modernité, équilibre et respect de la tradition horlogère.

Comment la Manufacture de la Chaux-de-Fonds est-elle arrivée à ce résultat? Tout simplement en accordant un soin particulier aux détails. Ce soin s'exprime à travers la finition du cadran et la modification apportée sur le mouvement. Afin de rendre la montre plus contemporaine, Giard-Perregaux a prix la décision d'utiliser un boîtier de 40mm. Certains le trouveront trop grand pour une montre d'aspect classique. Je ne le pense pas. Tout d'abord, le marché a quand même évolué et les tailles moyennes ont pris quelques millimètres de plus au fil des ans. Ensuite la montre n'est pas plate, le boîtier présentant une légère courbure: cela contribue à réduire la perception de la taille d'autant plus que la lunette, relativement épaisse permet de contenir l'ouverture du cadran. Et surtout, contrairement à d'autres montres de taille équivalente, le cadran est ici parfaitement équilibré grâce à un secteur de petite seconde idéalement positionné et de taille harmonieuse.

C'est là où se trouve la subtilité: Girard-Perregaux est parti de son mouvement automatique 3300 (d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche de 46 heures) mais l'a légèrement modifié afin que la position de l'axe de l'aiguille des secondes soit éloigné du centre de la montre. Grâce à cette intervention, la pureté du cadran est préservée: aucun chiffre n'est coupé malgré la taille respectable de la graduation des secondes. Cette dernière n'effleure ni le chemin de fer ni l'axe des deux aiguilles principales.

Cet équilibre était plus que jamais important à atteindre car le cadran a été réalisé en émail. L'émail donne beaucoup de personnalité à cette 1966 par sa couleur, par la façon dont les chiffres sont peints, par la très grande qualité d'exécution. Incontestablement, il lui donne une dimension supplémentaire. Vous noterez la petite coquetterie: le 60 de la graduation des secondes est rouge, une façon plus discrète que de changer la couleur du 12.

Mais un cadran ne fonctionne jamais seul, il a besoin d'une paire d'aiguilles pour exister. Celle que propose Girard-Perregaux est idéale. Les aiguilles feuille en acier bleui dessine le temps de façon superbe.

Le mouvement 3300-50 est visible à travers un fond saphir. Le mouvement est décoré dans l'esprit de la Maison: avec discrétion et raffinement. Pas de décoration tape-à-l'oeil, à part le rotor en or, c'est surtout le sentiment de sobriété qui domine. Il s'agit d'un mouvement de 26mm de diamètre, il est hélas un peu perdu dans le boîtier. Heureusement, comme évoqué précédemment, cela ne se ressent pas côté cadran mais à la limite j'aurais préféré un fond plein voire peut-être un fond cuvette qui aurait été dans l'esprit de la montre.

Mais ma déception (relative) ne se situe pas là: au fond de moi, pour cette montre magnifique, j'aurais nettement préféré un mouvement à remontage manuel.

Ce regret ne gâche pas le plaisir: une fois au poignet la 1966 Petite Seconde arrive à convaincre grâce à l'attrait de son cadran et au grand confort de son boîtier dû notamment à la forme des cornes qui tombent parfaitement. L'intégration du bracelet qui prolonge la courbure du boîtier fluidifie la ligne de l'ensemble.

La Girard-Perregaux 1966 Petite Seconde est donc pour moi une très belle réussite de la part de Girard-Perregaux grâce à son équilibre et à son charme discret. Sa taille, bien pensée, permet de profiter encore mieux de la beauté du cadran en émail. A noter qu'outre la version en or rose sur les photos, elle existe également en or gris.

Cette montre constitue une nouvelle preuve du talent des équipes de Girard-Perregaux qui, malheureusement, il faut l'avouer, est un peu sous-estimé. Gageons que la nouvelle dynamique qui est insufflée permettra de mettre un peu plus sous les feux de projecteurs tout l'intérêt horloger des créations de cette belle Manufacture. Elle le mérite.

Un grand merci à l'équipe Girard-Perregaux pour le temps consacré au cours du Salon QP 2011.

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