dimanche 3 juillet 2011

Patek Philippe: 5101G

La 5101G fut présentée au cours du Salon de Bâle 2011. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une véritable nouveauté s'agissant d'une déclinaison de la version platine qui fut dévoilée en 2003. Et pourtant, malgré le fait qu'elle ne comporte pas véritablement d'effet de surprise, elle constitue selon moi la plus belle nouveauté de l'année chez Patek Philippe.

La 5101, que ce soit en platine ou en or gris, représente une sorte de concentré du meilleur de Patek Philippe en conjuguant une certaine originalité dans le classicisme et une totale maîtrise technique.

La 5101G, c'est tout d'abord un boîtier à la beauté envoûtante: montre d'apparence rectangulaire de prime abord, la 5101G se révèle beaucoup plus subtile par la suite. Tout d'abord, le boîtier est à triple godron lui conférant un style Art déco. Ensuite, sa forme convexe apporte volume et dynamisme tout en améliorant le confort au porté: le fond du boîtier suit sensiblement la même courbure que le verre et la carrure épousant ainsi parfaitement le poignet. Le cadran étant plat, il se dégage un joli effet de relief sans que cela nuise à la lisibilité.

La 5101G, c'est ensuite un magnifique cadran à deux tons soleil bleu - gris rhodium qui se marie à merveille avec le boîtier. La montre devient peut-être un peu moins raffinée que la version platine avec son cadran en or légèrement saumon (à ton unique) mais elle ne perd en rien de son élégance. Ces nouvelles teintes de cadran la rendent même peut-être plus facile à porter au quotidien en lui donnant une petite touche moins formelle voire même légèrement sport. Et puis, selon la lumière, le cadran s'assombrit ou s'éclaircit formant ainsi de très beaux reflets bleutés. Un spectacle inoubliable!

Nous retrouvons la présentation on ne peut plus rationnelle des fonctions du cadran: l'axe des aiguilles au centre, l'indicateur de réserve de marche et la petite seconde étant distribués symétriquement autour. Les aiguilles et les chiffres appliqués sont en harmonie et apportent un contraste suffisant avec le cadran pour une très bonne lisibilité. Sont rappelées dans les deux sous-cadrans les fonctions clé de la montre: le Tourbillon et la réserve de marche de 10 jours. L'éternelle question concernant les montres Tourbillon chez Patek est de se demander pourquoi ils écrivent "Tourbillon" avec le numéro de mouvement associé sur le cadran alors que le principe est de le cacher: il est visible à l'arrière de la montre tout comme évidemment le numéro inscrit sur le mouvement. Esthétiquement, cela ne gêne pas tant que cela mais on se plairait d'imaginer cette 5101 sans ces inscriptions.

La 5101G, c'est enfin un mouvement superlatif. Bien évidemment, Patek s'est appuyé sur l'expérience de la création du mouvement 28 20/220 qui équipait la 5100 avec déjà, une réserve de marche de 10 jours grâce à l'utilisation d'un double barillet. Mais en fait, le développement du 28 20/222 que nous retrouvons dans la 5101G a nécessité 3 années de travail. Le point clé, l'intégration du Tourbillon, a fait l'objet d'un soin particulier pour que le spectacle qu'il offre soit optimal.

De fait, le Tourbillon et sa cage se trouvant côté ponts, il a fallu positionner la roue de moyenne et la roue des minutes côté cadran pour libérer l'espace et dégager le secteur dédié au Tourbillon. Visuellement, 3 éléments attirent l'oeil:
  • le Tourbillon et sa cage évidemment qui occupent quasiment la moitié de la platine
  • le pont du Tourbillon à la finition exceptionnelle et dont l'effet poli miroir nécessite plusieurs jours de travail
  • les 6 rubis et leurs chatons en or dont 3 sont de taille imposante
L'architecture du mouvement a donc été pensée pour mettre en valeur le Tourbillon et il est inutile de le préciser: l'objectif est totalement atteint. Sa taille reste raisonnable (28x20mm) compte tenu de la taille du Tourbillon et de la présence du double-barillet en série. Sa fréquence est de 3hz et il a besoin d'à peu près 100 tours de couronne pour être totalement remonté.

La mouvement est certifié chronomètre. Sur ce point, j'aurais aimé connaître le comportement chronométrique de la montre tout le long des 10 jours de réserve de marche et les solutions apportées par Patek Philippe pour assurer une chronométrie satisfaisante en fin de réserve de marche. Je ne les connais pas. Tout ce que je sais est que le mouvement est réglé deux fois, faisant deux allers-retours entre le COSC et la Manufacture. Et puis, il y a de fortes chances que le propriétaire de la montre prenne l'habitude de la remonter tous les jours en cas d'usage quotidien.

Pour les raisons évoquées précédemment, le boîtier, d'une taille de 51,70x29,60mm (avec une épaisseur maximum de 12,20mm) est très confortable et s'ajuste parfaitement au poignet. Est-ce que finalement nous ne regrettons pas que le Tourbillon soit caché une fois que nous portons la 5101G? Finalement non: la pureté du cadran est préservée et le plaisir de redécouvrir le Tourbillon le soir en quittant sa montre n'en est que décuplé.

La 5101G n'est donc pas une montre surprenante compte tenu du contexte de sa présentation. Il n'en demeure pas moins qu'elle constitue un chef d'oeuvre absolu et qu'elle incarne, à la fois par son esthétique et par sa technique, tout le savoir-faire de la Manufacture Patek Philippe. La magie continuant d'opérer, c'est pour cela que je la considère comme une nouveauté marquante de l'année 2011.

Un grand merci à l'équipe de l'équipe de la Boutique Patek Philippe de Paris.

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