Snyper: Tourbillon F117

Tout le monde aux abris, je présente la Snyper Tourbillon. Si une marque provoque des réactions extrêmement tranchées, c'est bien celle-là. Que ce soient la personnalité de Jean-François Ruchonnet, le nom de la marque en lui-même, les idées sous-jacentes au produit, tout finalement concourt à alimenter les sentiments d'adhésion... ou de rejet.

En fait, j'étais très curieux de voir cette Snyper Tourbillon pour la simple et bonne raison que je n'imaginais pas trop ce que venait faire cette complication chez Snyper. En effet, un des arguments de Jean-François Ruchonnet lors de la création du premier modèle était de présenter une montre à la forte identité visuelle avec un prix "contenu". Or en rajoutant un Tourbillon, la montre allait changer forcément de segment tarifaire.

Jean-François Ruchonnet est parti du constat qu'il y avait une demande forte de la part de sa clientèle d'adjonction d'un Tourbillon. Cela fait belle lurette maintenant que le Tourbillon n'est plus réservé aux montres classiques, de ce point de vue-là, pourquoi ne pas le retrouver sur une Snyper, sa vocation étant finalement très souvent purement esthétique.

Les clients de la marque ne vont pas être troublés par le Tourbillon: nous retrouvons les codes habituels de la Snyper One: lunette (redessinée pour le Tourbillon) avec index qui mordent sur le verre, boîtier à la forme très virile recouvert d'un PVD noir, couronne inspirée par la commande du fusil et surtout les deux tiges sur le côté gauche permettant de greffer des gadgets comme le fameux laser spécial boîte de nuit.

Jean-François Ruchonnet ne s'en cache pas. Sa montre est un vrai cocktail d'inspirations de modèles qui ont marqué ces dernières années par leur design très masculin: Hublot, AP Survivor, Concord, vous prenez des éléments ici et là, vous secouez bien fort et vous obtenez l'ADN Snyper. Encore fallait-il que la sauce prenne.

La connexion entre une montre qui permet, via son gadget additionnel d'embarquer un laser ou un porte-pilules voire une petite cuillère et un Tourbillon est loin d'être évidente. Il fallait donc que le Tourbillon s'intègre dans cet ensemble. Et c'est dans ce contexte qu'intervient un horloger que je vous ai déjà présenté: Nicolas Delaloye.

Le rôle de Nicolas Delaloye, ancien de Patek Philippe, a été de travailler sur le Tourbillon Concepto pour qu'il s'adapte au style Snyper. Et le résultat est très intéressant que ce soit côté cadran ou côté mouvement.

Côté cadran, le pont du Tourbillon présente une forme bien plus pertinente que celle du pont rectiligne des premiers communiqués de presse: grâce à son look en pattes d'araignée, il devient plus cohérent, suivant la découpe du cadran. A noter également l'ouverture au niveau de l'axe des aiguilles.

Côté mouvement, le Tourbillon Concepto se reconnaît au premier coup d'oeil par la forme de son pont principal. Le travail de Nicolas Delaloye est ici aussi abouti, le contraste entre les ponts et la platine étant visuellement réussi.

Pour le reste, nous retrouvons le package habituel de toute montre Snyper: une taille imposante mais qui ne nuit pas au confort, cette forte présence au poignet, ce look résolument noir... les fans adoreront, les autres se désespéreront devant ce patchwork de gimmicks horlogers.

L'adjonction du Tourbillon ne répondait pas avant tout à une nécessité d'apporter une crédibilité horlogère à la démarche Snyper: la clientèle est attirée par d'autres arguments. Cependant, ce travail, grâce à l'appui de Nicolas Delaloye, a été réalisé avec soin. Maintenant, le contexte restant le même, la Snyper Tourbillon provoquera autant de réactions tranchées que la Snyper One. Bonne nouvelle finalement pour Jean-François Ruchonnet qui sait pertinemment que le pire est l'indifférence.

Merci à l'équipe Snyper pour son accueil.

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