dimanche 29 août 2010

Cronovestis: chemise

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler d'une montre mais d'une chemise. Mais ne vous inquiétez pas, nous ne nous éloignons pas du thème du blog! En effet, cette chemise a la particularité d'être destinée aux fans d'horlogerie.

La marque Cronovestis fut créée par David Fournier, un habitué des forums horlogers français. Partant du constat que sur les forums, les thèmes du nettoyage et de la portabilité des montres revenaient fréquemment, il s'est lancé dans un projet visant à dessiner une ligne de chemise pouvant répondre aux préoccupations des amateurs.

La chemise Cronovestis existe aujourd'hui en deux couleurs: blanc et bleu. Le tissu est un Twill blanc double retors 100% coton d'une très bonne qualité et très épais (163g/m2). Le col italien comporte des baleines amovibles. La coupe est classique et droite. Je porte généralement des chemises de taille 42, la taille 4 Cronovestis correspondant au 40/41 m'allait parfaitement.

C'est au niveau des poignets que se trouve la spécificité de la chemise. Le diamètre du poignet est élargi permet le port de montres plus volumineuses. Mais ce diamètre est ajustable grâce à deux boutons: en position large, même les montres les plus épaisses peuvent passer sous la chemise. Quand on voit maintenant des montres d'une hauteur de près de 20mm, cela n'est pas du luxe!

Et avec une chemise Cronovestis, pouvoir passer la montre sous la chemise a un intérêt supplémentaire: grâce à une doublure du poignet en tissu microfibre optique, la personne qui porte la montre peut la nettoyer sans le retirer en passant simplement le pouce sur le poignet. Le nettoyage ne sera évidemment pas aussi parfait que lorsqu'on passe le chiffon dans les moindres recoins mais cela permet de redonner un aspect propre à la montre.

La chemise est fabriquée avec soin et la doublure microfibre est agréable même lorsqu'on ne porte pas de montre. Compte tenu de l'épaisseur du tissu, son port est quand même plus recommandé l'hiver que l'été!

La collection Cronovestis comprend également une cravate en twill de soie sur laquelle le motif, un échappement, est imprimé.

Après le lancement de la marque, David Fournier va travailler sur l'élargissement de la collection mais prioritairement sur le circuit de distribution pour que ses produits puissent être disponibles chez certains détaillants. La marque n'est aujourd'hui distribuée que par le biais de son site site internet:
Site internet de Cronovestis

Merci à David Fournier de m'avoir présenté sa collection et sa démarche.

dimanche 22 août 2010

Audemars Piguet: Royal Oak Grande Complication

Le design original de la Royal Oak était celui d'une montre simple à deux aiguilles, sans trotteuse. Au fil du temps, la Royal Oak est devenue bien qu'une montre mais une véritable collection, son boîtier caractéristique s'adaptant finalement avec bonheur à un large éventail de complications. Au sommet de la pyramide, la Royal Oak Grande Complication surprend en réussissant à combiner avec bonheur boîtier sport&chic et complications classiques.

Le calibre utilisé est l'AP2885 que l'on retrouve également dans la version Jules Audemars. De fait, nous retrouvons l'organisation du cadran propre à ce calibre:
  • A 12 heures, l'indicateur des phases de lune et des semaines
  • A 3 heures, le compteur des minutes du chronographe (à rattrapante) et l'indicateur des jours de la semaine
  • A 6 heures, l'indicateur des mois et de l'année bissextille
  • A 9 heures, la trotteuse et les quantièmes
Les 4 registres du fait de leur présentation symétrique, se marient bien avec la forme des aiguilles, les index et le motif du cadran tapisserie propres à la Royal Oak.

Il en est de même pour le verrou de la répétition minutes qui glisse le long de la carrure gauche. Sa forme anguleuse, différente de celle du verrou de la Jules Audemars, s'intègre bien dans le design géométrique malgré sa proéminence.

Ce qui symbolise la Royal Oak d'origine est son côté élancé que la hauteur maîtrisée du boîtier (8mm) souligne. La contrepartie de l'intégration d'un calibre de grande complication est l'augmentation sensible de cette hauteur. Sans surprise, la Royal Oak Grande Complication est la Royal Oak la moins fine de la collection avec une épaisseur de 14,8mm. Cependant, grâce à un rapport diamètre (44mm)/épaisseur très raisonnable, le style Royal Oak n'est pas trop trahi par cet embonpoint relatif.

Le point d'orgue de cette montre est sans conteste le calibre AP2885 qui témoigne de la totale maîtrise d'AP et de Renaud&Papi dans le domaine des montres compliquées.

D'une fréquence de 2,75hz et d'une réserve de marche de 50 heures, l'AP2885 fut lors de sa présentation en 1995 le premier calibre Grande Complication Automatique affichant les semaines. Son nombre de pièces (autour de 650), finalement pas si excessif que cela compte tenu du cumul de complications et de l'automatisme, indique que son architecture fut bien pensée. Ce calibre surprend par son effet de profondeur et par le contraste entre le rotor en or et les autres éléments. Il ne s'agit pas d'un calibre qui s'apprécie au premier coup d'oeil, il n'a pas la beauté d'autres calibres qui attirent plus l'oeil par leurs décorations flatteuses. Cependant, son exécution sans faille et le jeu des deux marteaux sur les gongs procurent beaucoup de plaisir au propriétaire de la montre qui devra positionner le rotor de façon adéquate pour profiter du spectacle.

Lorsqu'on porte cette Royal Oak, le sentiment qui se dégage est celui d'avoir "du lourd" au poignet: lourd en poids (le boîtier et le bracelet sont en or gris), lourd en contenu horloger, lourd en prix. La montre se positionne bien sur mon poignet grâce au bracelet qui répartit correctement le poids. Cependant, sa forme particulière n'est pas adaptée à tous les cas de figure, un test plus approfondi est donc requis pour les futurs acquéreurs pour bien vérifier que la Royal Oak Grande Complication peut être portée sans souci.

Cette Royal Oak, c'est un peu le mariage de la carpe et du lapin. Et pourtant le charme agit, le boîtier offrant un beau cadre d'expression au calibre AP2885. La grande réussite d'AP est d'avoir su créer une Royal Oak extrêmement compliquée sans finalement dénaturer l'esprit de la montre d'origine, pourtant très simple. Cela tend à prouver que lorsque la qualité de finition, de conception est au rendez-vous, l'élégance des montres compliquées peut aussi se conjuguer avec des boîtiers plus originaux que les boîtiers classiques.

mardi 17 août 2010

Richard Mille: La RM025

Avec la RM025, montre étanche à 300 mètres présentée début 2009, Richard Mille explore un nouvel univers: celui des montres de plongée. Le programme s'annonçait prometteur compte tenu de la faculté de Richard Mille à créer des montres à la forte identité, extrêmement agréables à vivre au quotidien et au contenu horloger innovant.

Du fait de la nécessité d'avoir une lunette tournante, la montre a une forme ronde ce qui est une grande première pour Richard Mille. Mais cette forme ronde ne veut pas dire boîtier classique bien au contraire. Ce boîtier a été conçu en trois parties, le fond a été dessiné pour bien épouser le poignet et les cornes sont intégrées dans le système de vis du boîtier.

La lunette, très épaisse, tourne de façon unidirectionnelle et la couleur de la graduation des chiffres des 15 premières minutes contraste avec celle des suivants. La taille de la couronne, impressionnante, permet une manipulation aisée et intègre un poussoir sur lequel je vais revenir. A noter que les poussoirs du chronographe sont discrètement situés de l'autre côté de la couronne, à 8 et 10 heures. C'est le poussoir inférieur qui déclenche et arrête le chrono tandis que le retour à zéro s'effectue avec le poussoir supérieur.

Si je parle de chronographe, c'est bien parce l'idée directrice de la RM025 a été d'intégrer des complications afin de prouver que le changement d'univers n'altérait pas la volonté de développement d'un calibre techniquement abouti. Le calibre de la RM025 remplit parfaitement cette mission en combinant indication de l'heure, chronographe, tourbillon et affichage de la réserve de marche, du couple et de fonction. Si nous sommes habitués à celui de la réserve de marche et plus rarement à celui du couple (qui joue un peu le rôle d'indicateur de la précision), en revanche l'indication de fonction est spécifique à cette montre. Le poussoir intégré au centre de la couronne permet de sélectionner sa fonction: W pour le remontage, H pour la mise à l'heure et N pour la position neutre. Lorsque le calibre est entièrement remonté, la couronne se met automatiquement en position neutre afin d'éviter tout remontage excessif.

Comme de coutume avec les montres Richard Mille, le calibre développé par Renaud&Papi, d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 50 heures, est non seulement efficace à l'usage mais d'une rare beauté. Le cadran en transparence permet de découvrir les détails et le fonctionnement du tourbillon sans trop négliger la lisibilité. Côté verso, l'architecture originale et inventive du calibre se dévoile. Sa structure est modulaire afin de positionner le mécanisme de mise à l'heure côté fond. Ce positionnement facilite l'intervention de l'horloger sur ce mécanisme en évitant de démonter le mouvement complètement. Vous noterez la forme très particulière du pont principal ainsi que celle de la roue à colonne. Le balancier est à inertie variable et sa raquette a été supprimée. La finition, dans les plus infimes détails est à la hauteur des innovations et de la réputation de la marque.

Innovation, finition, technique, complications, le cocktail semble donc réussi. Hélas, le tout n'est pas seulement la somme des parties et la montre souffre d'un problème qui est pour moi rédhibitoire: l'incohérence entre son gabarit et sa destination.

Nous savons tous que la vocation première des montres de plongée aujourd'hui n'est plus d'accompagner leurs propriétaires dans la profondeur des mers. Il n'empêche qu'une véritable montre de plongée se doit de respecter quelques principes fondamentaux.

Or, du fait de son diamètre important (50,70mm) et de son épaisseur excessive (19,10mm au niveau le plus épais), la montre est quasiment importable y compris pour un usage courant. La forme du fond apporte un peu de confort mais inutile de le nier: la taille de cette montre cumulée à son poids la rend fort peu agréable au poignet. Cela en est même surprenant car Richard Mille a toujours veillé à ce que ces montres soient des modèles de confort. Peut-être a-t-il voulu prouver qu'il pouvait également sortir des sentiers de la légèreté dans lesquels il s'était engagé?

Voici donc au final une montre qui promettait beaucoup et qui au final m'a tout simplement déçu par ses excès. Mais n'oublions pas que l'avantage des montres ratées est qu'elles mettent en valeur le reste de la collection et c'est bien le cas ici: la RM025 rappelle que concevoir une montre complexe et facilement portable au quotidien est un exercice difficile et que la collection Richard Mille comporte de nombreux exemples de réussites dans ce domaine. Notons enfin qu'une déclinaison plus simple de la RM025 est sortie depuis: la RM028. Cette dernière propose un boîtier à la taille plus contenue (47mm de diamètre - 14,60mm d'épaisseur) et se veut donc plus raisonnable.

Merci à l'équipe de Chronopassion.

dimanche 15 août 2010

Blancpain: Fifty Fathoms "Tribute to Fifty Fathoms"

Lorsque Blancpain a présenté sa réinterprétation de la Fifty Fathoms en 2007, l'idée n'était pas seulement de redonner vie à son icône mais également de définir une base à une toute nouvelle collection. C'est la raison pour laquelle il est très difficile de comparer la Fifty Fathoms actuelle avec les différents modèles du passé.

Cette stratégie de la marque peut choquer les fans des Fifty Fathoms Vintage qui ne manqueront de souligner l'incohérence à retrouver un tourbillon ou un QP dans un tel contexte. Mais il faut quand même faire preuve de réalisme: la demande de montres compliquées "tout terrain" se développe, les clients souhaitant que leurs montres à complications puissent les accompagner partout. Blancpain ne pouvait pas se permettre de rater ce train qui a également conduit au développement de la collection L-Evolution.

Les déclinaisons de couleurs qui ont fleuri depuis 2007 sont en revanche, de mon point de vue, moins justifiables car donnant un côté un peu "gadget" à une montre chargée d'histoire.

Point de cela avec la "Tribute to Fifty Fathoms": comme son nom l'indique, elle se veut bien plus proche de l'esprit du passé en reprenant, dans le cadre du modèle simple, un code esthétique caractéristique qui permettait initialement de distinguer les versions civiles des versions militaires de la Fifty Fathoms: le logo "No Radiations". Ce logo témoignait qu'aucune matière radioactive, telle que le Promethium 147, n'était utilisée pour les éléments luminescents.

L'organisation du cadran s'en trouve légèrement changé: l'inscription Fifty Fathoms se retrouve dans la partie supérieure du cadran, la référence à l'étanchéité de la montre (300 mètres/1.000 pieds) disparaît et pour des raisons d'équilibre du cadran, le guichet du quantième est positionné à 3 heures.

Pour le reste, nous nous retrouvons en terrain connu:
  • les 45mm de diamètre du boîtier,
  • les protections de la couronne,
  • la lunette unidirectionnelle crantée en saphir, légèrement bombée qui est le signe distinctif des Fifty Fathoms contemporaines et qui contribue à leur donner un caractère plus luxueux
  • l'utilisation du calibre 1315.
Ce dernier fut développé pour la présentation du modèle de 2007 et constitue une déclinaison automatique du 13R0. S'il partage beaucoup de points communs avec le 13R0, le 1315 comporte un balancier en Glucydur (dont le réglage se fait via les vis situés sur la serge) au lieu d'un balancier en titane. Les 3 barillets en série (dont les ressorts ont été revus compte tenu de la différence de poids du balancier) sont en revanche conservés autorisant une réserve de marche de 6 jours.

Le calibre est exécuté avec soin: les rubis, dont certains sont agrandis, sont insérés directement dans la platine du calibre décorée en rayons de soleil, tout comme l'est la masse oscillante. Il est enfin protégé par une cage anti-magnétique.

L'ouverture du cadran, du fait de l'épaisseur de la lunette est raisonnable si bien que la montre, au poignet, fait plus petite que sa taille réelle. Le bracelet en kevlar est efficace et la positionne bien. Malgré son gabarit, elle se porte donc avec confort.

La "Tribute to Fifty Fathoms", commercialisée dans le cadre d'une série limitée de 500 pièces et avec un packaging complet comportant un fac-similé du livret d'origine, est ma préférée de la collection. Elle constitue en effet un bon compromis pour ceux qui souhaitent à la fois profiter d'un calibre actuel, performant et d'une dimension plus luxueuse sans perdre le respect des principaux traits historiques des Fifty Fathoms d'antan.

Merci à l'équipe de Hall of Time à Bruxelles.

jeudi 12 août 2010

IWC: Portugaise Yacht Club

La Yacht Club qui fut dévoilée lors du SIHH 2010 par IWC ne ressemble en rien aux modèles antérieurs qui portaient le même nom. Il faut dire que cette toute dernière Yacht Club est présentée en tant que Portugaise et permet à IWC de donner une touche plus sportive à sa collection phare.

Je dois avouer que je fus séduit par la beauté de cette montre chronographe. L'organisation de son cadran est très intelligente, permettant l'affichage d'un totalisateur des heures tout en respectant la présentation à deux sous-compteurs verticaux caractéristique des chronographes Portugaise.

L'astuce a consisté à insérer ce totalisateur à l'intérieur de celui des minutes, deux aiguilles se retrouvant dans le sous-compteur supérieur, le sous-compteur inférieur étant celui de la trotteuse.

Le cadran est une vraie réussite tant esthétique qu'en termes de finition: les chiffres appliqués et les aiguilles, rappelant les chronographes "classiques" sont très élégants et la présente conjointe de la graduation sur le rehaut et du chemin de fer permet de réduire la taille ressentie de la montre. Ce n'est pas inutile car le diamètre du boîtier est imposant: 45,4mm (pour une épaisseur de 14,5mm). La couleur du trotteuse du chronographe égaye l'ensemble et se marie bien avec les autres éléments.

Une différence fondamentale par rapport aux chronographes Portugaise est visible au premier coup d'oeil: un guichet de date est positionné à 3 heures répondant ainsi à l'attente de ceux qui souhaitaient l'affichage du quantième sur ces montres.

Le style plus sportif est accentué non seulement par cette trotteuse et par la taille du boîtier mais également par l'utilisation d'un bracelet caoutchouc enveloppant, par la protection de la couronne et le design différent des poussoirs. L'étanchéité est revue à la hausse à 60 mètres contre 30.

Montre combinant avec succès élégance et style sportif, cette Portugaise Yacht Club séduit par son esthétique aboutie. IWC a voulu cependant aller plus loin en utilisant le calibre de manufacture 89360 (d'une fréquence de 4hz) pour cette Yacht Club répondant ainsi aux sempiternelles critiques sur la présence du 7750 dans les chronographes Portugaise. La bonne surprise est que de ce fait, la montre se retrouve avec une complication flyback et une réserve de marche de 68 heures.

Si le calibre occupe bien le boîtier, sa finition et ses décorations sont loin d'être exceptionnelles. Compte tenu du contexte de la montre, cela ne choque pas outre mesure. Plus gênants sont en revanche la dureté des poussoirs et le bruit franchement désagréable lorsque le mouvement est remonté par la couronne.

Grâce à l'efficacité de son bracelet, la montre se positionne bien sur le poignet. La taille conséquente ne s'oublie pas mais comme précisé précédemment, le dessin du cadran et le rehaut réduit la perception de la dimension du boîtier.

La Portugaise Yacht Club, malgré ses défauts, affiche un bilan très positif. A travers ce modèle, IWC a réussi à rendre plus décontractée et plus polyvalente une de ses montres les plus célèbres. Elle séduira les amateurs de ces chronographes Portugaise qui souhaitent un calibre plus exclusif ainsi que la présence de la date. La décoration un peu brute du calibre m'incite à penser qu'un fond plein n'aurait pas forcément été une mauvaise idée, de plus cohérente avec l'esprit de la montre.

La Yacht Club est disponible en acier avec deux couleurs de cadran (noir ou argenté) ainsi qu'en or rouge avec un cadran ardoise perlé.

Merci à l'équipe de Hall of Time à Bruxelles.

dimanche 1 août 2010

MB&F: Horological Machine n°3 "Frog"

Avant de présenter la HM4, Max Büsser a créé la surprise en dévoilant une nouvelle version de la HM3. Les différentes Horological Machines constituent des bases propices aux évolutions comme l'a prouvé par exemple la HM2 avec la Sapphire View ou la Black Box. La HM3 ne déroge pas à la règle.

De prime abord, la HM3 Frog semble être une Starcruiser relookée. Cependant, la différence est un petit peu plus subtile car la Frog propose un affichage de l'heure modifié.

Rarement une montre aura aussi bien porté son nom: même si l'air de famille avec la Starcruiser est évident, la Frog évoque immanquablement la tête de la grenouille lorsque seuls les yeux de cette dernière sortent de l'eau. Mais ce n'est pas tout! Tout comme les yeux de la grenouille, les dômes en aluminium massif sur lesquels sont inscrites les graduations des heures et des minutes tournent sous les verres saphir hémisphériques. C'est ici une des deux différences fondamentales par rapport à la Starcruiser. Sur la Starcruiser, ce sont les aiguilles des heures et des minutes qui bougent autour des deux cônes stationnaires. Sur la Frog, les aiguilles sont remplacées par deux indicateurs fixes en forme de goutte (H et M) assistés par deux triangles sur le boîtier et ce sont les graduations qui effectuent les révolutions. L'autre différence est que pour accentuer l'effet loupe des verres saphir, les chiffres ont été agrandis et la police de caractère adaptée afin d'épouser harmonieusement la forme des dômes. La conséquence est que le dôme des heures, gradué jusqu'à 12, effectue une rotation complète en 12 heures contre 24 heures pour l'aiguille de la Starcruiser.

Le mouvement de la Starcruiser, basé sur un calibre GP3100 et dont le développement fut réalisé par Jean-Marc Wiederrecht et son équipe chez Agenhor a donc dû être modifié pour tenir compte de cette vitesse de rotation différente et pour adapter le mécanisme de date. Sa fréquence est de 4hz et son nombre de composants de 304.

Côté "recto" de la Frog (j'évite d'employer le terme de cadran compte tenu de la spécificité de l'affichage), si notre regard est attiré immédiatement par les deux protubérances, nous retrouvons le fil conducteur de toutes les Horological Machines: le rotor en or en forme d'astéro-hache qui effectue ses mouvements sous l'arc-de-cercle de la graduation des quantièmes. Le quantième de référence est mis en valeur par un triangle gravé côté droit du boîtier.

Sur le boîtier est dessinée une ligne qui délimite la zone occupée par les deux verres saphir: la forme de cette zone est la même que celle se trouvant au "verso" qui englobe les deux roulements à billes qui ont pour but d'animer les deux dômes.

Le boitier en titane grade 5 a une dimension imposante mais en cohérence avec l'affichage de l'heure et le design de la montre: 47x50x16mm. Si une hauteur de 16mm est importante pour une montre "standard", cela passe visuellement sans problème ici du fait du côté assumé et voulu de la présentation de la montre en 3 dimensions. Les différentes HM3, Sidewinder, Starcruiser, Frog sont des montres en trois volumes et c'est cet aspect qui les rend si particulières et qui a conduit à l'idée du développement de la Frog.

Je dois avouer que malgré beaucoup de recul, j'ai toujours du mal à correctement lire l'heure sur les Sidewinder ou Stracruiser. La grande vertu de cette Frog, au-delà de son style différent, est de considérablement améliorer la lisibilité des indications par rapport aux autres HM3. La forme des verres, les chiffres agrandis, les repères fixes, tout cela favorise le caractère intuitif de la lecture du temps.

Au poignet, malgré sa taille, son volume, la montre se porte avec confort grâce à l'efficacité de la boucle déployante qui se manipule simplement et qui maintient bien la montre.

La Frog existe en deux versions:
  • celle de la montre photographiée qui n'est pas limitée et qui se reconnaît à son rotor bleui.
  • une limitée à 12 exemplaires se distinguant par son boîtier traité en PVD noir et son rotor vert.
A titre personnel, je préfère la version non limitée même si la couleur du rotor de la version limitée est plus dans l'esprit de la montre.

Je considère la Frog comme une belle réussite de la part de Max Büsser et de l'équipe qui a travaillé sur le projet. Le thème ne manque pas d'humour, s'éloignant de l'univers science-fiction, robotique, manga auquel Max Büsser nous avait habitué. La Frog fait ainsi progresser la HM3 dans son côté ludique mais également dans son côté fonctionnel: la lisibilité considérablement améliorée constitue un véritable atout pour cette montre par rapport aux autres versions de la HM3.

Un grand merci à l'équipe Chronopassion.