vendredi 16 juillet 2010

Urwerk: UR-202 White Shark



Avec la White Shark, Urwerk complète son bestiaire d'animaux dangereux qui comprenait déjà la Tarentule et le Cobra Royal.

Si la King Cobra occupe une place à part dans la collection d'Urwerk car utilisant un système d'affichage du temps différent de celui de l'heure vagabonde, la White Shark sort également du lot par la rupture visuelle qu'elle provoque: oublié le noir dominant, les reflets métalliques de la White Shark prennent le dessus et transforment radicalement l'UR-202.

La White Shark n'est donc pas une nouvelle montre comme peut l'être la King Cobra. La White Shark est une nouvelle interprétation de la Hammerhead: grâce à ses teintes monochromes, grâce à sa couleur gris métal, elle allège les traits de l'UR-202 en la rendant plus douce, moins agressive. L'UR-202 m'a toujours fait penser au casque de Darth Vader par sa couleur, son côté anguleux. La White Shark se situe sur un terrain moins belliqueux, plus apaisé, plus élégant.

Les trois matériaux phares sont:
  • le titane pour le fond du boîtier
  • l'acier pour le boîtier micro-sablé et satiné
  • l'ARCAP (alliage inoxydable et non-ferreux) pour le cadran
Le changement de tonalité n'altère en rien la lisibilité de la montre, bien au contraire. Les chiffres noir de la graduation contrastent parfaitement avec la couleur métal tout comme ceux présents sur les 3 plots.

Le principe de la lecture de l'heure est toujours celui de l'heure vagabonde: le chiffre sur la face supérieure du plot se trouvant en face de la graduation est celui de l'heure en cours tandis que l'aiguille qui sort du plot indique de la droite vers la gauche les minutes. Le sens du parcours de l'aiguille peut surprendre mais il est finalement naturel dans le cadre de la lecture de l'heure. L'aspect le plus impressionnant des UR 20x est que l'aiguille frôle toujours la graduation malgré la forme particulière de cette dernière: pour ce faire, elle se rétracte ou elle s'allonge selon sa position face à la graduation. L'énergie nécessaire pour un tel fonctionnement est supérieure au système des satellites des UR 10x et la base du mouvement, le GP3100, accomplit sa tâche avec efficacité.

Les chiffres des plots sont également noirs... tous sauf un! La White Shark est une série limitée à 12 exemplaires, uniquement vendue chez Chronopassion et The Hour Glass et dont le numéro correspondant à la montre est indiqué sur le plot par une couleur rouge. Ainsi, la montre photographiée, comportant un "1" rouge, est la n°1 de la série.

Lors de sa présentation, l'UR-202 était apparue comme bien plus qu'une UR-201 automatique. En effet, Urwerk avait pour cette montre dévoilé son système de régulation de l'efficacité du remontage basé sur les deux turbines situées au dos de la montre. Ces deux turbines sont directement reliées au rotor de la montre. Grâce à un sélecteur qui permet de contrôler la quantité d'air qui s'échappe des turbines, le propriétaire de la montre peut contrôler le système de remontage. En mode free, le rotor n'est pas freiné. En mode sport, la force du remontage est réduite de 35%. Et en mode stop, le remontage automatique est totalement arrêté afin d'éviter une usure prématurée du mouvement provoquée par des mouvements brusques du rotor: seul le remontage manuel est possible.

La White Shark retrouve donc les deux turbines tout comme les complications classiques de l'UR-202: l'affichage des phases de lune à gauche et l'indicateur jour&nuit à droite. Ce sont deux complications plus vivantes et plus ludiques que l'odomètre horloger et l'indicateur de révision de l'UR-203.

Une des conséquences de l'utilisation de l'acier est l'allégement du poids de la montre. Certes, la montre ne pèse pas comme une plume du fait du gabarit du boîtier (45.7mm X 43.5mm X 15mm) et du poids propre au système d'affichage de l'heure. Mais cet allégement est réel et améliore le confort de la montre. J'ai juste trouvé que le bracelet était un poil trop court alors que la taille de mon poignet est standard.

Lorsqu'on est habitué à porter une Urwerk noire, la surprise est grande lorsque la montre est au poignet. Cette White Shark donne vraiment l'impression d'être une toute nouvelle Urwerk et les différents éléments (plots, satellite central, perlage de la platine) semblent mieux se détacher pour notre plus grand plaisir.

Si l'UR-203 ne m'avait pas vraiment convaincu, manquant de rupture stylistique par rapport à l'UR-202, la White Shark m'a au contraire séduit par son côté plus paisible et plus raffiné.

Un grand merci à l'équipe Chronopassion pour l'accueil chaleureux et la présentation de la montre.

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