Harry Winston: Ocean Chronographe

Cet Ocean Chronographe est une montre importante dans l'histoire horlogère récente d'Harry Winston. Il s'agit en effet de la déclinaison en or rose ou en or gris du chronographe Z1, présenté en 2004, qui fut le premier modèle à utiliser le Zalium, alliage à base de Zirconium et d'aluminium, exclusif à Harry Winston, à la fois résistant et léger. Mais cette Z1 ne se distinguait pas seulement par cet alliage mais également par la présence sur le cadran d'un élément que l'on retrouvera ensuite régulièrement dans la collection Ocean: le shuriken.


Le shuriken est cette petite pièce, situé ici au somment du secteur dédié à l'affichage des secondes du chronographes. En fait, le rôle du shuriken est de se substituer à la trotteuse et de servir de témoin de marche. Grâce à sa forme inspirée par l'arme utilisé par les Ninjas, le shuriken attire l'oeil lorsqu'il effectue sa rotation et permet donc de témoigner du fonctionnement de la montre tout en préservant la pureté du cadran. A travers ce clin d'oeil aux Mangas, Max Busser avait souhaité apporter une touche ludique à la montre.

L'absence de trotteuse est ici totalement justifiée par ce qui fait la grande force de cet Ocean Chronographe: l'organisation du cadran. Ce dernier est en effet un modèle de présentation qui allie logique et originalité.


L'originalité provient de l'utilisation d'aiguilles rétrogrades pour les fonctions chronographes: secondes, minutes, heures. La logique se trouve dans la claire séparation entre ces fonctions chronographes et celles dédiées à l'affichage de l'heure. Au final, aucune aiguille de deux fonctions différentes ne se chevauchent.

La finition du cadran est à la hauteur: vous noterez le contraste entre les effets satinés et grainés (au niveau de l'affichage de l'heure) et la qualité des appliques qui donnent du relief.

L'appartenance à la collection Ocean se devine au premier coup d'oeil par le boîtier caractéristique, ici en or gris. Ce boîtier, d'un diamètre de 44mm contribue également à la réussite esthétique de l'ensemble: à sa droite, servant de protège-couronne, les deux pièces dont leur forme est inspirée par l'entrée de la boutique Harry Winston à New-York servent à favoriser l'intégration des poussoirs dans le boîtier. Ainsi, contrairement à de nombreux chronographes, les poussoirs ne cassent pas le style de la montre et semblent même être cachés. Ils sont de plus agréables à utiliser.



Côté calibre, Harry Winston est parti d'une base Frédéric Piguet 1185 sur laquelle le module spécifique et exclusif d'affichage rétrograde des fonctions du chronographe a été couplé. La fréquence est de 3hz et la réserve de marche de 40 heures. Ce module étant côté cadran, nous reconnaissons le Frédéric Piguet sans problème. Le rotor en or, ajouré afin d'y intégrer le logo Harry Winston apporte un côté raffiné à un calibre certes réputé, fiable et efficace (embrayage vertical, roue à colonne) mais pas forcément folichon dans sa décoration et sa présentation.


Du fait de la taille du boîtier, la montre n'est pas adaptée à tous les poignets et ce n'est pas la forme du bracelet caoutchouc qui va atténuer ce sentiment. Heureusement, la forme des cornes et leur taille contenue contribuent à l'amélioration du confort. Une fois au poignet, la montre séduit par la grande lisibilité du cadran malgré la partie réduite dédiée à l'affichage de l'heure.


S'inscrivant donc la lignée des chronographes à affichage original, je considère cet Ocean Chronographe comme une des montres Harry Winston les plus intéressantes car il tire partie astucieusement des possibilités apportées par l'affichage rétrograde pour proposer une grande clarté dans sa présentation. Les personnes qui seront déçues par la taille du boîtier pourront se rabattre sur le chronographe de la collection Premier mais à titre personnel, je ne lui trouve pas le même charme que celui de la collection Ocean.

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