dimanche 6 juin 2010

Girard-Perregaux: Laureato EVO3 Tourbillon

J'ai essayé de comprendre pendant un certain temps pourquoi je trouvais cette Laureato Tourbillon si étrange. Et puis finalement, je pense savoir pourquoi. D'abord parce qu'il s'agit d'un très rare exemple de montre sportive extrêmement sophistiquée. Et puis parce que, du fait de l'utilisation du boîtier Laureato (dont la version initiale a été créée il y a 35 ans), conjuguée à la présence du Tourbillon trois ponts, cette montre semble être un peu anachronique. Pour être franc, elle me fait penser à un vieil épisode de Star Trek qui dessine le futur tel que l'imaginaient les gens dans les années 70. Cette Laureato EVO3 Tourbillon, c'est un peu la même chose. Puisant ses racines dans ces années-là, elle constitue l'évolution la plus aboutie du mouvement Tourbillon 3 ponts. C'est la montre high-tech par excellence... mais du high-tech d'une technique dépassée: le mouvement mécanique.


Ce sont tous ces paradoxes qui donnent l'intérêt à cette Laureato: montre envoûtante, elle surprend au premier coup d'oeil par le spectacle hypnotisant de son Tourbillon et des 3 ponts Saphir.

Le cadran est donc surprenant et d'une beauté quasi glaciale renforçant l'aspect innovant de la montre. Les 3 ponts Saphir se marient parfaitement avec le boîtier et le Tourbillon est intelligemment mis en valeur. Une des originalités de cette Laureato est la présence, pourtant inutile dans le cas d'un Tourbillon effectuant une rotation par minute, d'une trotteuse dont une forme hexagonale se trouve à chaque bout. Grâce aux ponts, au Tourbillon, les effets de volume sont magnifiques pour le plus grand plaisir de celui qui porte la montre.

Nous retrouvons avec cette Laureato le calibre GP9600 dans sa version... automatique ce qui ne semble pas être le cas de prime abord. L'atout de ce calibre, d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 48 heures, est l'originalité de son architecture. En effet, la masse oscillante se trouve côté cadran (à 12 heures). Lorsqu'on retourne la montre, le calibre a donc l'aspect d'un mouvement à remontage manuel.

Le boîtier, d'un diamètre de 42mm est en titane tout comme le bracelet intégré. La petite concession au caractère sportif affirmé de la Laureato est la lunette en platine. Pas forcément logique dans le contexte car alourdissant la montre et la rendant plus sensible aux rayures mais évidemment cette lunette a pour but de renforcer l'exclusivité de cette Girard-Perregaux.

Grâce à son bracelet, la montre se révèle très confortable: il ne faut pas oublier que son objectif est de pouvoir accompagner son propriétaire en toute circonstance (l'étanchéité est de 100 mètres). Cette alchimie particulière entre montre sportive et mouvement exclusif fonctionne donc bien et c'est là toute la réussite de Girard-Perregaux. Cela n'a pas toujours été le cas. En effet, en 1998, Girard-Perregaux avait déjà présenté la Laureato avec le mouvement Tourbillon à 3 ponts d'or. Mais dans ce cas, le côté trop raffiné de l'or ne collait pas avec le boîtier. Ici, l'adaptation du mouvement, l'utilisation des ponts Saphir rend l'ensemble beaucoup plus cohérent.

Montre très stylée, la Laureato EVO3 Tourbillon ne laisse pas indifférent. On peut être fasciné par son cadran ou rebuté par le côté un peu suranné du boîtier. Mais s'attaquant à un exercice très difficile (la montre Tourbillon tout terrain), Girard-Perregaux s'en sort avec les honneurs grâce à une parfaite qualité dans l'exécution.

Un grand merci à l'équipe Chronopassion à Paris.

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