Swatch: Diaphane One Turning Gold

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler d'une Swatch. Alors, vous allez me dire qu'une Swatch ne correspond pas vraiment à la ligne éditoriale de ce blog. Mais est-ce possible d'animer un blog horloger sans parler à un moment où à un autre de Swatch? Après tout, que serait aujourd'hui l'industrie horlogère suisse sans cette montre en plastique qui est apparu en 1983? N'a-t-elle pas favorisé non plus la résurrection de la montre mécanique en la positionnant dans le haut de gamme horloger?

Cependant, la Swatch que je vous présente n'est pas une Swatch comme une autre. Elle n'est pas à quartz mais utilise un mouvement à remontage manuel. Mais ce mouvement n'est pas quelconque. Il possède même une caractéristique qui est, à ma connaissance, unique dans l'univers horloger: l'organe réglant de la montre effectue deux rotations complètes de cadran par heure. Imaginez une sorte de Freak d'Ulysse Nardin se retrouvant dans un contexte Swatch et vous obtenez la Diaphane One Turning Gold.


Mais pourquoi Turning Gold? Tout simplement parce que la lunette, le rehaut (sur lequel est gravé le numéro de la montre) et la couronne sont en or rose... et que cette expression fait référence au chemin que parcourt cette Swatch, du segment des montres d'entrée de gamme à l'univers de l'horlogerie de luxe. En fait, cette montre est un concentré de paradoxes et d'ironie:
  • le boîtier mélange or et plastique
  • le mouvement, semi-squeletté est finement décoré comme un pied de nez à la haute horlogerie
  • la lunette, le boîtier, les aiguilles rappellent bien qu'il s'agit d'une Swatch... mais son prix de vente lorsqu'elle était commercialisée n'était pas habituel: 7.700 francs suisses.
L'intérêt de cette montre ne consiste pas uniquement en cette espèce de "transgression". Le travail horloger sur le mouvement est en effet fort intéressant. Intéressant par ses décorations: le semi-squelettage côté cadran donne volume et profondeur tandis que l'originalité du verso dénote la qualité du travail. Mais intéressant aussi et surtout par les caractéristiques techniques de ce mouvement grâce à ces deux rotations de cadran par heure de l'organe réglant. Inutile de vous préciser que c'est un vrai plaisir de voir les différentes positions de cet organe au fil du temps et sa lente révolution... pour les plus patients.


Un autre aspect original de cette montre est son poids. Pour une Swatch, il surprend. Elle est bien entendu plus lourde du fait de l'utilisation de l'or rose et du mouvement mécanique mais ce sentiment est accentué par le fait qu'il est essentiellement concentré dans une partie de la montre. Le contraste plastique & or se ressent donc aussi au poignet et pas seulement visuellement!

Cette Diaphane One Turning Gold est donc un véritable ovni voire un oxymore horloger: une Swatch de luxe... La montre photographiée fait partie de ces 100 Diaphane Turning Gold qui furent commercialisées début 2007. Elle a connu une descendance avec la Turn 2 Her (50 exemplaires avec une lunette sertie) et la Turn 2 Him (130 exemplaires à lunette en or gris) qui furent présentées fin 2008 et qui se distinguaient de la Turning Gold par la forme particulière des aiguilles.

Un grand merci à l'ami qui possède cette montre et qui a eu la gentillesse de me la présenter.

Commentaires

FlyingSnail a dit…
A mes yeux, Swatch entretien cette culture des paradoxes, et c'est ce qui me plait dans cette marque... Rien que le fait qu'une marque très grand publique se permettent d'avoir sa boutique sur Vendome, je trouve ce pied de nez magnifique... Et seul Swatch pouvait se le permettre, parce que sans elle, les boutiques de Vendome seraient certainement très différentes...
el_dentisto a dit…
Intéressant objet, que l'on a envie de regarder de plus près, mais le mélange hors-plastique rend la chose un peu trop audacieuse( que dis-je, effrontée?)pour transmettre une réelle impulsion d'achat/possession sur le long terme....
el_dentisto a dit…
errata: or/plastique