dimanche 22 novembre 2009

Jean-Baptiste Viot: son premier garde-temps

C'est dans l'est de Paris qu'est en train de se concrétiser un des plus beaux projets actuels d'horlogerie française. Il émane de Jean-Baptiste Viot, jeune horloger (né en 1967) qui a décidé de développer sa propre montre après des années de travail au sein de prestigieuses maisons.

Le côté fascinant de l'horlogerie indépendante est de retrouver dans le produit fini toute l'histoire, toute la culture, toute la vision de son créateur. C'est le cas ici aussi évidemment avec le garde-temps de Jean-Baptiste. C'est la raison pour laquelle il est important de revenir sur son parcours.

Jean-Baptiste a débuté en 1983 sa formation en tant qu'horloger réparateur à l’école municipale d’horlogerie de la ville de Paris, l'a poursuivie en 1986 au sein de l'Ecole Technique de la Vallée de Joux puis en 1988 dans le cadre du musée international d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds débouchant sur l'obtention du diplôme de technicien en restauration d’horlogerie ancienne.

C'est au contact de Daniel Gendron, dans son atelier de la rue Saint-Jacques, que Jean-Baptiste se perfectionne. Après le service national, en 1993, c'est de nouveau le départ en Suisse pour travailler chez HDG (Haut-De-Gamme), société nouvellement créée (et vendue en 1999 à Vacheron Constantin) et sous-traitant pour les grandes marques. Jean-Baptiste travaille ainsi initialement sur le montage et ajustage des QP Patek Philippe et ensuite dessine et réalise des mécanismes de complications comme un QP pour des Tourbillons Breguet, des Jaquet-Droz, unTourbillon et une Répétition Minutes ainsi qu'un calibre complet.

L'année qui précède la vente de HDG à Vacheron Constantin, c'est l'aventure Breguet qui débute pour Jean-Baptiste en tant que chef de l'atelier de service après-vente puis en se consacrant totalement à la restauration des pièces anciennes notamment sur celles qui rejoignent le Musée nouvellement créé. C'est un pan entier de l'histoire de l'horlogerie qui passe ainsi entre ses mains et ce pendant 8 ans.

Suite au transfert de l'atelier à la Vallée de Joux, Jean-Baptiste prend la décision de quitter la société et de mettre en application ses idées autour d'un projet personnel.

Parallèlement, comment ne pas évoquer l'incroyable histoire qui s'est déroulée entre septembre 2005 et septembre 2006 avec les Untergunther? Sous la direction de Jean-Baptiste, dans la plus grande discrétion et à l'insu de l'administrateur du Panthéon, les Untergunther ont installé leur atelier sous les toits du bâtiment afin de restaurer l'horloge Wagner qui fut sabotée dans les années 60. Vous trouverez ici une excellente page qui raconte en détail cette aventure qui fut menée à bien et ses conséquences.

Puisque nous parlons de pendule, voici une réalisation de Jean-Baptiste, une superbe pendule à deux balanciers:



Cette grande expérience de restauration de pièces historiques va influencer Jean-Baptiste dans la construction de son garde-temps:
  • le crédo est la facilité de maintenance de la montre et une architecture de calibre orienté vers l'efficacité
  • l'esthétique et la décoration sont en cohérence avec cette démarche
J'avais croisé Jean-Baptiste dans les couloirs du Salon Belles Montres 2008. Il portait son prototype qui bien entendu, n'était pas aussi abouti que celui présenté cette année. J'avais photographié par hasard Jean-Baptiste avec Kari Voutilainen et finalement, cette photographie est chargée de symboles.

Kari et Jean-Baptiste partagent en effet un grand nombre de valeurs dont celle de vouloir faire revivre l'horlogerie traditionnelle à travers des montres actuelles inspirées des chronomètres d'antant. De plus, détail amusant, quelques rouages utilisés par Jean-Baptiste pour son garde-temps proviennent du Peseux 260 qui est le calibre de base de la montre Observatoire de Kari.

Jean-Baptiste a installé son atelier chez lui et réalisé, boîtier et verre à part, quasiment tous les composants de sa montre.

La machine à pointer:

L'atelier:





Le Garde-Temps de Jean-Baptiste est donc fidèle à l'idée directrice qui se résume en un seul mot: pérennité.

Cette pérennité s'exprime à plusieurs niveaux:
  • pérennité esthétique d'abord en choisissant un diamètre "classique" qui ne risque pas d'être démodé dans quelques années: 38mm
  • pérennité des éléments constitutifs: ils doivent être facilement reproduisibles et usinables par un horloger qui devra intervenir sur la montre dans quelques années. La réversibilité de l'assemblage est assurée.
  • pérennité des matériaux: le choix s'est porté sur des matériaux de qualité et facilement disponibles comme l'or, le maillechort, l'acier.
  • pérennité du fonctionnement: la montre présentée est une montre 3 aiguilles, à basse fréquence (2,5hz) et à grand balancier.
  • pérennité des décorations: une fois les pièces de nouveau usinées, leur décoration doit rester simple ce qui d'ailleurs, ne nuit pas au raffinement de la montre. Sont ainsi évités dans la mesure du possible les dorages et autres rhodiages. Les éléments sont entièrement démontables facilitant les interventions et réparations.
Cette simplicité d'architecture de calibre cache en fait de véritables "vieux trucs d'horlogers" dont le plus visible est la position du pont du balancier côté cadran et la raquetterie.

La montre photographiée est donc un prototype. Les finitions du calibre sont achevées mais le boîtier n'est évidemment pas le définitif (le montre aura un boîtier en or). Le verre a été enlevé pour les photos.

Une montre "classique" présente ses ponts à l'arrière et une platine plate côté cadran. Ici, ce n'est pas le cas. La façon dont est construit le calibre donne un sentiment de relief et de profondeur. Il ne s'agit pas d'un calibre squelettée, c'est sa propre architecture qui donne ces ouvertures.


Les contrastes entre les différents matériaux utilisés provoquent de beaux effets de lumière:


Les origines françaises de la montre sont rappelées avec fierté par la gravure très nette qui arbore un "A Paris" qui ne laisse pas insensibles les amateurs français d'horlogerie.


Lorsque nous retournons la montre, la présentation classique du calibre contraste avec l'originalité du système de réglage qui se fait par le biais de la vis transversale.

Vous noterez la finition en traits brouillés de la platine des deux côtés de la montre.

Pour une raison avant tout de cohérence esthétique, la montre est ici présentée sans incabloc. Mais le client pourra en avoir un s'il le souhaite.

Le diamètre du boîtier est idéal dans ce contexte et la montre apparaît comme étant équilibrée une fois au poignet. La lunette est relativement fine, la large ouverture du cadran permet donc d'apprécier les différents éléments qui le composent. La forme du boîtier et sa taille rendent la montre confortable même s'il faudra la juger de nouveau sur ce thème avec le boîtier définitif.

Compte tenu du fait que Jean-Baptiste a la main sur quasiment tous les composants de la montre, la décoration sera personnalisable.


Je fus donc séduit par cette montre, par le produit en lui-même mais surtout par la démarche et les idées qui ont conduit à sa conception. Un des freins à l'achat d'une montre d'un horloger indépendant régulièrement avancés est la maintenance de la montre dans les 10/15 ans qui suivent. Il est donc important de souligner que Jean-Baptiste a bâti son projet autour de ce thème.

Jean-Baptiste présentera son garde-temps, le "Chronomètre J-B. Viot à Paris" lors du Salon Belles Montres 2009. Ce sera une étape importante pour le projet car l'accueil et la perception du public constitueront une sorte d'épreuve de vérité. En fonction des commandes, Jean-Baptiste prévoit la fabrication de 4 montres en 2010. Le prix de vente est estimé aujourd'hui à 26.000 euros, TVA incluse.

Je dois avouer qu'en tant que passionné français d'horlogerie, le projet de Jean-Baptiste me fait extrêmement plaisir. Dans un registre différent, il prouve tout comme celui de FDMN qu'actuellement, un renouveau de la montre française de qualité est en train de s'opérer. Une excellente nouvelle! Souhaitons à Jean-Baptiste tout le succès dans son entreprise!


Pour en savoir plus:
Le site de Jean-Baptiste Viot

mardi 17 novembre 2009

Vacheron Constantin: Chronographe Malte Dubail Edition

Cette édition limitée du Chronographe Malte a été réalisée pour le célèbre détaillant parisien Dubail en 30 exemplaires. Sa spécificité réside dans la décoration et ce changement de couleurs transforme radicalement la montre.

Ici, le cadran noir combiné aux touches de rouge (aiguilles, échelle) donne un style sportif à ce chronographe réputé pour son élégance. Ce contraste peut surprendre et c'est cela qui lui donne du charme.

Pour le reste, nous retrouvons avec plaisir le boîtier d'un diamètre de 41,5mm (en or gris dans cette édition limitée) aux cornes particulières ainsi que les aiguilles glaive. La finition ne souffre évidemment d'aucun reproche, Vacheron étant une des marques les plus exigeantes en la matière.

Côté calibre, le Lemania 2320 retravaillé par Vacheron reprend du service. Le diamètre du calibre étant relativement petit (27mm), les compteurs sont proches du centre. Cependant, la présence de l'échelle télémétrique rééquilibre le dessin côté cadran.

Ce calibre à basse fréquence (2,5hz) est toujours agréable à utiliser dans ce contexte mais bien entendu, nous attendons de la part de Vacheron un calibre de manufacture pour ces chronographes manuels. Cette exigence est renforcée par la présentation par Patek en novembre 2009 de son nouveau calibre. Vacheron se doit maintenant de répondre.

Les surpiqûres rouges sont sûrement de trop pour une montre élégante et heureusement, cela se change sans difficulté. Au poignet, nous retrouvons les sensations du chronographe Malte classique. A noter que le guillochage du cadran noir permet d'y donner de très jolis reflets.


Cette série limitée joue donc sur le contraste entre la destination première de la montre et sa décoration "sportive". Certains la trouveront hors de propos, d'autres seront séduits par cette originalité. Cette série limitée donne une dimension nouvelle à ce chronographe, c'est là son principal atout.

dimanche 15 novembre 2009

Omega: Ploprof Seamaster 1200

L'exercice qui consiste à rééditer une montre mythique est toujours délicat. En présentant la Ploprof Seamaster 1200, Omega ne choisissait pas la facilité tant le modèle original est apprécié des amateurs de la marque pour son originalité et ses caractéristiques.

Et pourtant, Omega a réussi dans son entreprise. Du point de vue puriste des choses, une énorme concession a été cependant faite: exit le boîtier monobloc de la montre originale ce qui peut surprendre car c'était l'argument clé. Mais la version actuelle profite en contrepartie de toutes les avancées technologiques en matière d'usinage, des process qualité actuels (comme le prouve l'étanchéité revue à la hausse, 1.200m) et utilise le calibre in-house 8500.

Côté design: pas de souci, on reconnaît sans difficulté les racines de cette montre. Cependant, plusieurs changements apparaissent:
  • le boîtier qui n'est donc plus monobloc,
  • la taille et la proportion de la montre, différentes (55x48mm, 17,5mm d'épaisseur),
  • le poussoir de déblocage de la lunette tournante en métal,
  • le système protecteur de la couronne,
  • la présence de la date à 4h30.
Le cadran, le boîtier sont excellemment finis donnant une touche luxueuse à cette montre de caractère.

Le nouveau calibre 8500 est particulièrement adapté à ce contexte. Il aurait été en effet dommage d'y loger un calibre plus courant, comme un 2824-2 par exemple, cela aurait donné une impression de moteur de mobylette devant tracter une caravane.

Compte tenu du poids très important de cette Ploprof, il est conseillé de s'orienter vers le bracelet Mesh et ce pour plusieurs raisons: il est d'abord d'une conception très aboutie (finition, fermoir, réglage, confort) et ensuite, son poids propre permet d'équilibrer le poids de l'ensemble. L'utilisation d'un bracelet plus léger donne alors l'impression que tout le poids est "ramassé" dans le boîtier ce qui rend la montre moins confortable.


Le grand atout de cette montre est sa "gueule" incroyable. A titre personnel, je trouve que la gamme Omega actuelle manque de caractère, est trop aseptisée. Cette Ploprof balaye cette impression. Elle est excessive, imposante, hors norme. On l'adore ou on la déteste. Elle est importable dans un contexte habillé et se refuse à être une montre polyvalente. Tant mieux! C'est ce qui lui donne tout ce charme, tout cet attrait. Une montre à voir et à essayer impérativement!


mercredi 11 novembre 2009

Gérald Genta: Fantasy Bi-Retro "Mickey Running".

Nouveauté de l'année 2009, cette Fantasy Bi-Retro a pour thème la course folle d'un Mickey qui bouleverse la tranquille organisation du cadran dans son élan.

Il s'agit d'une série limitée de 80 montres en titane. Derrière l'originalité du thème et l'emplacement original du guichet de l'heure sautante, nous nous retrouvons en terrain connu.

Le boîtier est celui de l'Arena Biretro tout comme le calibre, de nouveau le GG7723 à la fréquence de 4hz et à la réserve de marche de 45 heures (base GP3100 + plateau d'heures sautantes et de minutes et date rétrogrades propre à Genta). Les différences sont donc constituées par la décoration du cadran et la position du guichet.

Comme de coutume chez Genta, la finition du cadran (et du boîtier) est irréprochable et c'est un vrai régal d'observer ses détails. Malheureusement, le Mickey principal n'agit pas sur l'affichage du temps. C'est le Mickey secondaire qui intervient par le biais de l'affichage de la date rétrograde. C'est un grand regret pour moi car, le cadran semble bien moins vivant qu'avec une Fantasy Retro simple.

Côté calibre, aucune surprise: la décoration du GG7723 est identique à celle de l'Arena.

Au poignet, une fois que le caoutchouc est ajusté à la bonne taille, la montre se porte avec confort. Et c'est là que tout l'attrait du cadran prend sa dimension. La question que toute personne intéressée par la montre doit se poser est de savoir si elle est capable d'assumer un cadran aussi ludique voire enfantin y compris dans un contexte qui peut ne pas s'y prêter. Les amateurs du côté décalé de la montre seront ravis, les autres passeront leur chemin et s'orienteront vers l'Arena Bi-Retro.


Montre excellemment finie, ludique, cette Bi-Retro a des atouts certains. Et pourtant, je regrette les Fantasy Retro simples car leur simplicité me semblait plus adaptée au contexte "Mickey". De plus, le personnage de Disney était impliqué dans l'affichage de l'heure ce qui n'est pas le cas ici. Le charme des anciennes n'est plus, hélas...

dimanche 1 novembre 2009

Richard Mille: La RM010 Chronopassion (Black and Blue)

La RM010 Chronopassion est le fruit de la collaboration entre Laurent Picciotto et Richard Mille. Série limitée d'une cinquantaine de montres, la RM010 au boîtier titane se distingue par son traitement en DLC noir et par ses aiguilles et index en superluminova bleu.


Le résultat est particulièrement réussi car ce type de décoration correspond bien à l'esprit de la montre. J'apprécie notamment le joli contraste entre les aiguilles et la platine du calibre et la façon dont le bracelet caoutchouc prolonge le boîtier, donnant ainsi un sentiment de fluidité à l'ensemble. A noter que la boucle du bracelet est également traitée en DLC noir.

Nous retrouvons sinon toutes les caractéristiques de la RM010 "traditionnelle" dont son calibre RM005-S à double-barillet et d'une fréquence de 4hz développé par Vaucher.

La RM010 Chronopassion est une montre d'une très grande légèreté et est donc très confortable à porter, sentiment de confort accentué par l'efficacité du bracelet caoutchouc. A titre personnel, je préfère nettement les montres qui "pèsent", surtout dans ce segment de prix. Mais nombreux sont ceux qui souhaitent bénéficier des avantages liés à l'utilisation des nouveaux matériaux comme la réduction du poids. Avec cette RM010 Chronopassion, ils ne seront pas déçus sur ce thème.


Un grand merci à l'équipe Chronopassion.

Moser: Perpetual 1 Or Rose

En très peu d'années, Moser est devenue une référence dans le segment des montres habillées à remontage manuel. 2006 fut le véritable coup d'envoi commercial suite à la renaissance de la marque par la présentation de 3 montres: La Mayu (montre à petite seconde), La Monard (montre à grande seconde, avec ou sans date) et la Perpetual 1 (montre QP développée avec Andreas Strehler). Cette dernière s'est fait ensuite attendre, la complexité du mouvement ayant entraîné une période de fiabilisation et de correction de certains problèmes.

Même pour ses montres simples, derrière un classicisme de bon aloi, Moser propose des calibres exclusifs, à l'architecture originale et comportant des éléments innovants.

Cette Perpetual 1 constitue le modèle le plus abouti de la collection.

Ce qui surprend au premier abord est la simplicité du cadran pour une montre QP. La montre affiche côté cadran, en plus des heures-minutes-secondes, le quantième, la réserve de marche et le mois par un astucieux système: une petite flèche se positionne devant l'index du cadran correspondant au rang du mois (sur la photo: mois de mars). L'année bissextile est en revanche indiquée côté calibre.

Le boîtier (d'un diamètre de 40,8mm), comme pour tous les modèles de Moser est très réussi: légèrement incurvé, très bien fini avec une carrure très originale, il contribue grandement à l'élégance et au raffinement de la montre.

Le calibre HMC 341.501 est une véritable prouesse. Et ce, pour plusieurs raisons.
  • Sa réserve de marche de 7 jours (grâce au double-barillet), bienvenue dans le contexte d'un QP.
  • La date peut être réglée en avant ou arrière quelque soit l'heure ce qui libère le propriétaire de la montre de fastidieuses contraintes.
  • L'affichage du quantième utilise le système breveté Flash. Lorsque nous sommes le 30 avril, la montre passe au 1er mai sans que le 31 soit affiché.
  • L'échappement est interchangeable ce qui peut faciliter la maintenance de la montre (je suis moins convaincu par ce point. Cela aurait du sens si l'échappement de rechange est disponible mais est-ce le cas du fait des contraintes de production?).
  • Les positions de la couronne se trouvent facilement grâce au "double pull crown mechanism". Le remontage n'est cependant pas des plus doux, le double-barillet se ressent.
  • Sa présentation est très originale avec un pont de balancier très large et la présence de l'indicateur de l'année bissextile.
Certains détails de finition mériteraient cependant d'être améliorés comme la qualité des anglages. Il n'en demeure pas moins que ce calibre est très séduisant.

Grâce à la finition de son boîtier, sa taille équilibrée, la pureté de son cadran, la Perpetual 1 dégage un charme certain une fois au poignet. Il n'y a aucun problème de confort, la montre se positionne parfaitement au poignet.


Le problème que nous pouvons soulever est finalement la simplicité du cadran. Visuellement, peu de différences notables par rapport à une Moser simple. La complexité de la montre se dévoile au fur et à mesure, pas instantanément. Or certains propriétaires de QP aiment le côté un peu compliqué voire un peu fouillis de leurs cadrans.

Malgré quelques points perfectibles, cette Moser Perpetual 1 est une réussite. Elle combine avec succès élégance, touche d'originalité et innovation. Proposée à un tarif contenu pour une telle complication, elle constitue une alternative crédible aux QP des marques du haut de segment non pas grâce à la finition de son calibre mais grâce aux fonctionnalités qu'elle propose. A noter que la Perpetual 1 est disponible en Or Rose, en Or Gris et en Platine.

Lange & Söhne: Zeitwerk Or Gris

La Lange Zeitwerk, par son design et sa complication (affichage digital des minutes et des heures par chiffres sautants) occupe une place à part dans la collection de la Manufacture saxonne. Le cadran et le pont du temps (qui relie les indications de l'affichage de l'heure entre elles) de la version Platine sont en argent rhodié (argent massif pour le cadran, argent allemand pour le pont) si bien qu'il n'existe que très peu de contraste entre les 2.

Le cadran de la Zeiwerk en Or Gris est différent car l'argent massif est noirci. De fait, le pont du temps ("Time Bridge") ressort ce qui donne beaucoup de caractère à cette version et accentue son originalité.



Côté mouvement, aucun changement entre les différents modèles: nous retrouvons ainsi le calibre L043.1 avec son échappement à force constante. La réserve de marche reste de donc de 36 heures ce qui peut sembler peu. Cependant, l'énergie nécessaire au fonctionnement de l'affichage de l'heure (animation sautante des deux disques des minutes et de l'anneau des heures) est considérable, surtout lors du changement d'heure.

Tout comme la Zeitwerk Platine, la Zeitwerk Or Gris est lourde. Car il faut bien considérer qu'une grande partie du poids des montres Lange provient du propre poids du calibre. L'écart de sensation de poids entre les deux versions n'est donc pas si manifeste que cela même si, évidemment, la Zeiwerk Platine, reste la plus lourde. Malgré cela, elle se positionne bien sur le poignet et se porte avec confort. Mais elle ne s'oublie pas une fois au poignet! Les amateurs de montres légères devront passer leur chemin.

Il est tout à fait logique que Lange ait mis plus en avant cette Zeitwerk Or Gris que les autres Zeitwerk: c'est cette version qui se trouve en couverture du catalogue 2009/2010, cette version qui symbolise au mieux cette montre.

En effet, plus originale, mettant en relief le pont du temps, suscitant plus de commentaires tranchés à son égard (positifs ou négatifs), elle est de fait, la plus passionnante des quatre Zeitwerk et à ce titre, la plus désirable.