dimanche 16 août 2009

Lange & Söhne: Datograph Or Rose

Le Datograph est un des chronos qui ont le plus marqué le paysage horloger ces dernières années. Sa présentation en 1999 avait frappé les esprits: le calibre, volontairement spectaculaire, la douceur des poussoirs, le compteur des minutes instantané, le triangle équilatéral dessiné par la grande date et les deux registres, bref tous ces détails ont rendu le Datograph célèbre. C'était un peu la réincarnation de l'excellence des calibres chronographes de Longines. Ses détracteurs lui reprochaient une RDM très courte (36h) et une relative épaisseur pour une montre de 39mm.

Philippe Dufour lui-même, heureux propriétaire d'un Datograph Or rose - Cadran Noir avait salué le travail réalisé par la Manufacture saxonne sur cette montre.

1999, Gunther Blumlein était alors aux commandes, comme il l'était également chez JLC etIWC au sein de LMH (Mannesmann).

Le Datograph, comme l'étaient auparavant la Lange 1, le Tourbillon PLM, témoignait de son talent à fédérer une équipe autour d'un projet ambitieux.

Le Datograph est aujourd'hui décliné en deux versions dans le catalogue: en platine cadran noir et en or rose, cadran argent. J'aime beaucoup cette dernière version, peut-être la plus élégante. La version platine reste cependant la préférée des fans de la marque pour le contraste entre la grande date, les deux registres et le reste du cadran renforçant ainsi le dessin du triangle équilatéral.


Le calibre L951.1, d'une fréquence de 2,5hz est une pure merveille. Ce qui surprend à chaque fois que l'on observe ce calibre (composé de 405 pièces !), c'est ce sentiment de relief, de profondeur, malgré une épaisseur raisonnable (7,5mm). La finition exceptionnelle, le soin dans les détails, sa décoration, certes un peu baroque mais en cohérence avec l'esprit de la montre, tout cela fait du L951.1 une des références si ce n'est la référence en tant que calibre chronographe à remontage manuel. N'oublions pas en sus du compteur des minutes instantané et de la grande date, la présence de la fonction Retour en Vol.


Sa taille peut sembler presque modeste (39mm) selon les standards d'aujourd'hui mais elle renforce finalement son élégance. Sa relative épaisseur due à la présence de la grande date (12,8mm) s'oublie facilement. La montre est en revanche lourde et doit donc être bien positionnée sur le poignet pour être portée avec confort. Sinon, elle a tendance à basculer ce qui est désagréable.


Du fait du retrait du chrono 1815 du catalogue Lange, le Datograph Or Rose est le chronographe le plus "abordable" de la collection. La question qui revient fréquemment est de savoir quel chronographe Lange choisir. Un Datograph ou un chrono 1815 d'occasion (même si quelques uns peuvent encore se trouver neufs chez des détaillants)?

Le chrono 1815 se distingue du Datograph par l'absence de la grande date, par une échelle différente, par des aiguilles non luminescentes ainsi que par les chiffres arabes. Moins épais, il semble donc plus "raisonnable" que le Datograph.


Cependant, la beauté des appliques, son organisation parfaite (le principe du triangle équilatéral n'est plus respecté sur le chrono 1815), ses registres plus importants font que le Datograph reste incomparable malgré les qualités du chrono 1815. Et puis, le calibre chronographe de Lange a été développé spécifiquement pour le Datograph.

Le Datograph est avec la Lange 1 la montre qui symbolise le mieux l'excellence de la Manufacture saxonne. Je regrette que Lange n'ait pas marqué le coup en célébrant le 10ième anniversaire de cette montre si emblématique. Peut-être que les prochaines années verront une évolution du Datograph? La tâche sera alors ardue car le modèle original est proche de la perfection.

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