dimanche 5 juillet 2009

Lange & Söhne: Zeitwerk

La Zeitwerk marque une étape importante pour Lange. En effet, cette montre constitue une rupture esthétique par rapport aux autres modèles de la collection tout en reprenant certains codes inhérents à la marque et surtout présente une complication originale, l'affichage digital des heures et des minutes.

Mais si l'affichage digital ne constitue pas en soi une nouveauté, tout le talent de la manufacture saxonne a été de le traiter de façon innovante:
  • Les minutes sont affichées par le biais d'un système à double unités du même type que celui de la grande date.
  • Le changement de minute s'effectue exactement à la soixantième seconde démontrant une totale maîtrise dans l'exécution.
Lorsque la montre a été officiellement présentée par le biais du communiqué de presse, je ne fus pas séduit la trouvant peut-être un peu trop surprenante voire trop audacieuse pour une Lange. Deux détails me gênaient:
  • La position de la couronne à deux heures.
  • La présence sur le cadran du "time bridge", sorte de plaque à la forme particulière qui englobe les fonctions horaires de la montre.
Cependant, mes doutes furent levés une fois que j'ai eu l'occasion de voir la montre dans sa version platine.


D'un diamètre de 41,9mm et d'une épaisseur de 12,6mm, la montre est bien proportionnée. Le "time bridge" sur la version platine est en argent rhodié et contraste peu avec le cadran en argent. Ce dernier est parfaitement organisé, l'affichage de la réserve de marche complétant les fonctions de la montre. A noter la présence d'un détail de style un peu étonnant: une vis et un rubis sont insérés côté cadran. Heureusement, visuellement, ils sont peu différents l'un de l'autre (et discrets) et l'équilibre de la Zeitwerk est préservé.

Comme toujours avec Lange, la finition est impeccable et malgré sa relative austérité, la montre dégage un certain charme.


Mais la Zeitwerk s'apprécie véritablement lorsqu'on la voit fonctionner. Le côté magique de la montre réside dans ce saut parfait qui justifie d'ailleurs la présence de cette trotteuse. A sept / huit secondes de la fin de la minute, le chiffre des unités des minutes bouge légèrement témoignant en cela du travail du calibre qui commence à préparer le "saut". Puis à la soixantième seconde, l'unité change. Bien évidemment, le changement d'heure est encore plus impressionnant à voir: toutes les informations sautent de façon simultanée et instantanée.

Ces vidéos montrent le changement de minutes, changement qui s'opère donc 1.440 fois par jour.






Un tel exploit nécessitait un calibre à la hauteur. Et le calibre L043.1 répond à nos attentes. Cet affichage particulier de l'heure exigeant beaucoup de puissance, un barillet spécifique a été développé afin de réduire les frottements et les pertes d'énergie lorsque le ressort travaille. Ensuite, entre le barillet et le balancier se trouve un système d'échappement à force constante qui contribue à la stabilité de marche de la montre. Compte tenu des contraintes liées à l'affichage, la réserve de marche a volontairement été limitée à 36 heures. La montre doit donc être impérativement remontée tous les matins mais c'est une habitude qu'ont les propriétaires des chronographes Lange.

L'originalité du cadran se retrouve finalement côté calibre. Le L043.1 est à la fois beau, original et bien dans la tradition des calibres Lange.


Le remontage reste très agréable même si la position de la couronne à deux heures n'est pas des plus confortables. Nos doigts touchent assez fréquemment au début la corne de la montre lors du remontage mais avec un peu de pratique, cela ne pose aucun souci.

La version platine de la Zeitwerk pèse beaucoup mais se positionne bien sur le poignet (ce qui n'est pas forcément le cas de toutes les Lange platine). Les belles proportions de la montre donnent un bel équilibre d'ensemble et elle ne semble ni trop grande ni trop épaisse. A mon poignet, ses dimensions étaient idéales. Le côté surprenant, c'est de ressentir le changement des minutes et bien entendu des heures lorsque la montre est au poignet. Pas besoin de lire l'heure! Nous "sentons" ce changement!


Cette Zeitwerk platine est selon moi une vraie réussite de la part de Lange. La complication est totalement maîtrisée et rend hommage à l'horloge du Semper Opera... bien plus que ne le fait la grande date finalement car ce sont bien les mêmes fonctions que nous retrouvons (affichage des heures et des minutes). Et finalement, il faut bien saluer le pari esthètique pris par la marque. Après tout, pendant des années, les fans de la marque ont regretté un certain manque de prise de risque malgré le classicisme de bon aloi des montres de la collection. Cette Zeitwerk surprend, elle aura ses fans, ses détracteurs mais elle ne laissera pas indifférent et c'est bien l'essentiel.

A noter que la Zeitwerk sera commercialisée en or rose, or jaune, or gris et platine et que la version platine est limitée à 200 pièces. La plus originale du lot demeure la version or gris du fait du contraste fort entre le cadran noir et le "time bridge".

Un grand merci à Gaetan pour m'avoir donné l'opportunité de voir cette montre.

samedi 4 juillet 2009

Peter Speake-Marin: La 1in20 QP

Cette 1in20 QP fait partie des 20 premières montres à être équipées du calibre exclusif développé par Peter Speake-Marin, le SM2 que je vous ai déjà présenté ici. D'ailleurs, 14 des 20 montres sont des QP, les 6 restantes étant les montres à 3 aiguilles. Dans tous les cas de figure, le boîtier est strictement le même, d'un diamètre de 40,6mm et d'une épaisseur de 15mm. En revanche, la Marin-1, qui sera le modèle qui utilisera ensuite le SM2 sera disponible en deux tailles: 38,6 et 42mm.

Nous retrouvons l'organisation du cadran typique des QP de Peter: les mois et l'année bissextile en haut, les quantièmes à droite, les jours à gauche et les phases de lune en bas.


A Bâle, le QP présenté sur la base SM2 avait un cadran en email, ici, la montre est ornée d'un cadran guilloché apportant beaucoup de chaleur et de charme à la montre.

La beauté et la finition du SM2 nous font rapidement oublier les calibres antérieurs basés sur le 2824-2 même si nous retrouvons quelques caractéristiques esthétiques communes comme la forme du rotor par exemple. Mais après admiré le SM2, il est difficile de revenir en arrière!


Si on s'affranchit du rapport diamètre / épaisseur un peu particulier des montres de Peter, cette 1in20 QP se porte avec beaucoup de plaisir grâce notamment aux reflets que prend le cadran et à son confort au poignet. La qualité d'exécution de l'ensemble est irréprochable.

Mon seul regret concerne les aiguilles, de type "Breguet Marine" que j'aime assez peu du fait de la présence de la matière luminescente. Mais compte tenu de la personnalisation possible de la montre, ce détail peut être corrigé pour les acquéreurs qui le souhaitent.

Maintenant, nous attendons la présentation de la Marin-1, à boîtier titane, qui constituera la nouvelle porte d'entrée dans l'univers de Peter Speake-Marin en remplacement de la Piccadilly. Mais l'utilisation du calibre SM2 fera que le segment tarifaire ne sera plus du tout le même.